Léonard Blomme (Anvers, ― ibidem, ) est un architecte belge (flamand), auteur de nombreux édifices, dont quelques-uns à caractère monumental, souvent fortement ornementés, et situés presque tous dans l’agglomération anversoise ou dans la moitié sud-ouest de la province d'Anvers.

Pratiquant divers styles en fonction des circonstances, il avait toutefois une prédilection pour le néo-gothique et le néo-renaissance. En tant qu’architecte officiel de la province d’Anvers, il conçut à partir de 1869 quantité d’ouvrages publics (écoles, maisons communales, fontaines publiques, églises), tout en enseignant parallèlement à l’Institut supérieur des Beaux-Arts de cette ville. Son œuvre la plus marquante reste la maison communale de Borgerhout, de style néo-renaissance flamande.

Biographie Disciple de Joseph Schadde, alors architecte attitré de la province d’Anvers (« architecte provincial »Cette fonction (provinciale bouwmeester, en néerl.) a existé au sein de l’administration de la province d’Anvers de 1834 à 1970. La vingtaine d’architectes qui l’assumèrent tour à tour ― Ferdinand Berckmans, Joseph Schadde, Léonard Blomme, Eugène Gife, Pieter-Jozef et Jules Taeymans, Eduard Careels, Jozef Schellekens, pour citer les plus illustres ― marquèrent ainsi de leur empreinte particulière l’art architectural dans la province, jusque dans les zones rurales.), Léonard Blomme lui succéda dans cette charge en 1869, qu’il exerça pendant une trentaine d’années ; à ce titre, il eut à réaliser, dans la partie ouest et sud de la province, et à Anvers même, un grand nombre d’ouvrages publics : écoles (souvent avec maison de fonction pour instituteurs), maisons communales, fontaines publiques, églises (souvent avec leur presbytère), orphelinats, etc. Il travaillait généralement en collaboration avec son frère cadet Henri BlommeIl apparaît malaisé parfois de démêler ce qui revient à Léonard Blomme et ce qui revient à son frère Henri, et ce qui a été créé en collaboration. En effet, il advient que les différentes sources se contredisent ; ainsi l’église Saint-François de Merksem est-elle attribuée tantôt à Léonard seul, tantôt à Henri seul, tantôt aux deux conjointement. Nous avons pris le parti de suivre ici les informations contenues dans l’inventaire des monuments historiques établi par la Région flamande..

Il enseigna à l’Institut supérieur des Beaux-Arts d’Anvers et fut vice-président de la Commission royale des Monuments. Son œuvre la plus célèbre reste la maison communale de Borgerhout, de style néo-renaissance flamande.

Pratiquant divers styles selon la vogue de son temps, l'environnement local ou les desiderata de ses commanditaires, il penchait cependant davantage vers le néo-gothique et le néo-renaissance ; très schématiquement, le néo-gothique est préféré pour l’architecture religieuse, le néo-Renaissance flamande pour l’architecture civile publique, et le style anglo-normand pour les maisons privées. Le matériau privilégié est la brique, rehaussée, dans des proportions variables, de grès blanc et de pierre bleue.

Réalisations

Justice de paix de Heist-op-den-Berg

thumb|Heist-op-den-Berg : justice de paix à droite, conçu par Blomme, et ancien presbytère à gauche, restauré et remanié par l'architecte. Ce bâtiment néoclassique, sis sur la Grand’Place (officiellement Kerkplein) de Heist-op-den-Berg, fut la première réalisation majeure de l’architecte, alors âgé de 27 ans. Quoique de dimensions assez modestes, ne comportant en effet qu’un seul étage et présentant une façade côté place d’une travée seulement, l’édifice impose cependant par ses pilastres d’angle du premier étage, ses moulures de pierre sur fond de briques, et son fronton orné d’une balance sculptée, symbole de la justice. Le bâtiment est aujourd’hui intégré à la mairie, qui lui est contiguë.

Bâtiments scolaires

Dans les années 1870, Blomme, en sa qualité d’architecte provincial, se vit confier dans divers villages et petites villes dans le sud de la province d’Anvers, la création d’une série d’écoles primaires, généralement assorties d’une demeure à l’usage de l’instituteur. Au nombre de plus d’une douzaine, et assez semblables entre elles, ce sont des bâtiments de brique, généralement sans étage à l’origine, déployant en longueur leurs façades gouttereau, comportant en moyenne de quatre à cinq travées, sous toiture à bâtière ; les travées sont scandées par des lésènes, ou, plus rarement par des pilastres (Walem, 1873), et parfois interrompues, comme à Itegem (1871), par un ressaut central encadré de pilastres et couronné d’un petit fronton triangulaire d’inspiration classique ; les baies, cintrées en arcs surbaissés, s’inscrivent dans des pans de mur en retrait de même forme. Une frise de briques avec larmier, un soubassement de pierre, des cordons en briques vitrifiées ou grises et des ancres décoratives complètent la sobre ornementation de ces édifices.

Mairies de village

De la même décennie 1870 datent également une série de mairies de village (maisons communales), souvent conçues par Blomme en association avec une maison d’instituteur contiguë.

La plus ancienne est la maison communale de Lippelo (comm. de Saint-Amand ; actuellement bibliothèque municipale), de style néo-Renaissance flamand, dont Blomme dessina les plans en 1875. Elle présente côté rue une façade gouttereau de deux niveaux et de trois travées, à parement dit en « barde de lard » (c'est-à-dire composée de bandes horizontales de brique et de pierre en strates alternées typiques du style néo-Renaissance flamande), et percée de baies à arc surbaissé. La travée centrale, en légère saillie par rapport au reste de la façade, comportant une porte d’entrée à imposte et un balcon, est surmontée d’un pignon à redans ornés de pinacles à 45 degrés.

De 1880-1882 date la maison communale de Berlaar, également de style néo-renaissance flamande, présentant une façade gouttereau de deux niveaux et, à l’origine, de quatre travées (elle en totalise sept aujourd'hui, la demeure d’instituteur attenante, d’aspect plus simple, lui ayant été incorporé ultérieurement). La façade se caractérise par la présence de travées brugeoises, par des moulurations de pierre, par un perron à balustrade, et par une travée en saillie destinée à accueillir une porte d’entrée à imposte plein cintre, un balcon à l’étage, et, plus haut, une lucarne flanquée d’ailerons à volutes et surmontée d’un fronton combinant la forme triangulaire et cintrée.

La maison communale de Leest, près de Malines (1882, actuellement bureau de poste et bibliothèque municipale), résulte elle aussi de la réunion de ce qui était à l’origine deux corps de bâtiment, la mairie proprement dite et une demeure d’instituteur attenante, comprenant ainsi six travées au total. La façade gouttereau, de style néo-renaissance, construite en brique, avec utilisation de pierre pour soubassements, appuis de fenêtres, linteaux et moulurations, est percée de baies rectangulaires, sous arc de décharge surbaissé avec clef en pointe de diamant. Le corps de bâtiment de gauche, correspondant à la mairie originelle, plus large et plus richement élaboré que le corps de bâtiment de droite, plus sobre, correspondant à l’ancienne demeure d’instituteur, possède une travée centrale dotée d’un balcon trapézoïdal sur cul-de-lampe, avec garde-corps ajouré, et couronnée d’une lucarne à trois jours dont le pignon triangulaire s’orne d’un cartouche millésimée à sa base et d’un pinacle à 45 degrés.

La mairie de Koningshooikt (localité appartenant aujourd'hui à la ville de Lierre), de style néo-renaissance flamande, dont l’architecte dessina les plans en 1884, consiste en un corps de logis à façade gouttereau de trois travées et deux niveaux, flanqué de part et d’autre d’une petite dépendance d’une seule travée et sans étage. Construit en brique, l’édifice incorpore également la pierre pour marquer les plinthes, bandeaux, moulures de corniche, trous de boulins, etc. La travée centrale est mise en valeur par un balcon rectangulaire aménagé à l’étage, où se trouve la salle du conseil, et par un pignon à ailerons.

thumb|Maison communale de Kasterlee. Reste à signaler enfin la mairie de Kasterlee, seul ouvrage de Blomme sis dans l’arrondissement de Turnhout (dans l’est de la province). L’édifice actuel compte treize travées, après l’adjonction en 1995 de cinq travées supplémentaires (à gauche) aux huit travées originelles prévues par Blomme ; ces travées nouvelles sont identiques aux cinq travées de droite, donnant à l’ensemble son aspect symétrique actuel. Le bâtiment tel que conçu par l’architecte en 1874, de huit travées (celles de droite) et deux niveaux, est le résultat du remaniement et de l’extension de ce qui était précédemment une maison d’instituteur, refaçonnée en mairie et demeure d’instituteur. L’ensemble présente sur la place du Marché de Kasterlee une façade gouttereau de brique, avec emploi de pierre pour la plinthe et pour le large bandeau en saillie séparant les deux niveaux. Les deux travées d’entrée, la cinquième à partir de la droite et la cinquième de la gauche, en léger ressaut, encadrées de pilastres enduites (traitées en creux au rez-de-chaussée), portent un balcon sur consoles à volute et se terminent par un fronton triangulaire au sommet duquel se trouve incrusté le blason de la commune, au fronton de gauche, et le lion belge à droite. Les baies sont à arc surbaissé, celles de l’étage étant ornées d’une petite corniche récurrente. Depuis l’extension de 1995, le bâtiment fait également office de commissariat de police.

Églises de village

Blomme conçut et réalisa, ou remania de façon importante, plus d’une dizaine d’églises pour le compte de paroisses rurales et de petites villes dans le sud et l’ouest de la province.

L’église paroissiale Saint-Pierre (néerl. Sint-Pieterskerk) de Berlaar, près de Lierre, édifiée entre 1874 et 1880, est la première à être entièrement conçue par l’architecte. Il s’agit d’une basilique en croix à trois vaisseaux, de style néoroman, destinée à remplacer une église plus ancienne, en gothique tardif des , elle-même remplaçant une église d’environ 1230 ; de cette dernière construction, l’antique clocher fut conservé, et l’effort de Blomme tendit à concevoir une église en harmonie avec celui-ci (le clocher fut dynamité en par l’armée belge, mais reconstruit à l’identique, avec récupération maximale des matériaux, entre 1940 et 1943). Nef, transept et chœur sont percés d’ouvertures plein-cintre ou ogivales et de rosaces. Le bras nord du transept se termine par un portail d’entrée surmonté d’un gâble.

L’église paroissiale Saint-Alphonse de Liguori (néerl. Sint-Alfonsius de Liguorikerk) du village de Goor (appartenant aujourd'hui à la commune de Heist-op-den-Berg) fut réalisée entre 1877 et 1879 selon des plans de Blomme établis en 1876. Elle succéda à l’église provisoire, construite en 1873, lorsque Goor fut érigée en paroisse autonome. La pénurie de moyens conduisit à n’utiliser quasiment que de la brique, et donc à délaisser presque entièrement la pierre. L’édifice, de style néo-gothique, forme un ensemble sobre, comprenant une nef de cinq travées voûtée en berceau brisé avec collatéraux, un clocher carré à l’entrée de la nef, un chœur de deux travées, et un transept d’une seule travée ; chœur et bras du transept sont fermés par des murs plats. Façade occidentale, transept, chœur et nef sont percés de fenêtres ogivales et d’oculi.