Le Concorde, avion de ligne supersonique franco-britannique, a été construit en seulement . Six appareils ont servi pour le développement et 14 pour les vols commerciaux.
Il y a ainsi eu : deux prototypes (001 et 002) : 001 assemblé à Toulouse, 002 assemblé à Filton ; deux appareils de pré-production (101 et 102) ; seize appareils de production (201 à 216) dont : les deux premiers, qui n’ont jamais fait de service commercial (la mise au point n’étant pas terminée), les quatorze autres firent les vols commerciaux et neuf étaient encore en service en .
Les avions étaient produits à Toulouse et à Filton. Pour les prototypes et les appareils de production, les avions français avaient un numéro de série impair tandis que celui des britanniques était pair. Pour les appareils de pré-production, c'était l'avion britannique qui portait un numéro impair et l'avion français qui avait un numéro pair. Le dernier à voler a été le 216, qui a effectué son dernier vol le .
Tous sauf deux ont été préservés, ce qui représente 90 % des appareils produits qui n’ont, pour l’instant, pas été détruits. Cela est très rare en aéronautique.
Descriptif détaillé Prototypes
Les deux prototypes sont plus petits que les appareils suivants. Ils mesuraient de long pour d’envergure. (Henri Perrier, Le développement du programme Concorde).
Les prototypes n’ont pas véritablement de verrières mais des sortes de hublots sur le nez, ce qui réduit beaucoup la visibilité en supersonique quand le nez est remonté. Ils sont également équipés d'une trappe d'accès à l'arrière, sous le fuselage, comme sur la Caravelle.
F-WTSS (001) fut le premier Concorde à voler le à Toulouse, et est depuis le au musée de l'air et de l'espace de l’aéroport du Bourget, après avoir effectué d’une durée totale de , dont 255 passées à vitesse supersonique... Cet appareil est détenteur du record d'altitude pour un avion non-militaire () établi le avec André Turcat aux commandesConcorde et son Histoire, Revue de l'aviation française ICARE, éditée par le S.N.P.L. Tome 164 (181 pages), Chapitre 13, "Le prototype 001, du premier vol au Musée de l'Air", par Jacques Noetingler, page 137. L'appareil fut ensuite modifié pour permettre des observations scientifiques lors de l'Éclipse solaire du . Le Concorde 001 est aujourd’hui entretenu par des anciens techniciens bénévoles sous la houlette du service conservation du musée de l’Air et de l’Espace. G-BSST (002) a effectué son premier vol le à Filton, Angleterre. Il est exposé au à l’aéroport naval royal de Yeovilton depuis le Le Concorde au Fleet Air Arm Museum, sur fleetairarm.com.. Il a fait , dont .
Appareils de pré-production
Finalement les appareils de série furent certifiés pour une masse maximale au décollage de (Henri Perrier). Le cône arrière est allongé sur le second de ces appareils. G-AXDN (101) fut installé dans le musée aéronautique de Duxford (Cambridgeshire) Site Web du Imperial War Museum de Duxford, sur duxford.iwm.org.uk., le , après avoir effectué , dont 168 supersoniques. Cet appareil est détenteur du record de vitesse établi à Concorde G-AXDN à Duxford, sur duxford.iwm.org.uk. le . F-WTSA (102) fut le premier Concorde à traverser l’Atlantique. C’est le premier appareil à recevoir des freins en carbone et les tuyères 28 à coquille. Il effectua , dont 189 supersoniques, et fut installé à l’aéroport d'Orly dans le Val-de-Marne le . Il a quitté l’aéroport d’Orly et a été confié à l’association Athis Paray Aviation - musée Delta, située sur la commune d’Athis-Mons dans l’Essonne le après avoir été racheté pour un franc symbolique afin qu’il échappe à la casse. Cet appareil est peint aux couleurs de la sur un côté et aux couleurs d'Air France sur l'autre.
Les appareils de pré-production ont introduit les portes d'accès avant avec une cinématique d'ouverture vers la gauche en entrant dans la cabine alors que les prototypes ont été construits avec une cinématique d'ouverture de porte vers la droite.
Appareils de production non commerciaux
F-WTSB (201) a volé pour la dernière fois en de Châteauroux à ToulouseVisite de l'usine Airbus à Toulouse, sur pagesperso-orange.fr. où il stationnait à l'une des entrées du complexe industriel de la société Aérospatiale (entrée nord, usine Clément-Ader). Il a également permis de valider l'intégration du mini-manche qui allait équiper l'Airbus A320. Après avoir orné l'entrée du site Airbus de Saint-Martin du Touch jusqu'en 2012 sur le site du musée des Ailes Anciennes Toulouse, il a été transporté jusqu'au Airbus Delivery Center de Toulouse (près de la chaine d'assemblage de l'A380). Il est, depuis le , avec le Super Guppy des Ailes Anciennes, l'A300B, et deux Caravelles exposé dans le musée Aeroscopia. G-BBDG (202) a volé pour la dernière fois le après avoir effectué de vol. Il fut utilisé pour tester les mises à jour de l'appareil mais aussi comme source de pièces de rechange. Après avoir été totalement démantelé, il a été entièrement restauré grâce à une équipe de passionnés au musée de Brooklands situé à Weybridge où il est ouvert au public Le site sur la reconstruction du Concorde G-BBDG au Brooklands Museum, sur brooklandsconcorde.com..
Flotte d'Air France Sept avions commerciaux furent aux couleurs d'Air France : F-BTSC (203), dit « Sierra Charlie », d'abord immatriculé F-WTSCVoir également le rapport final du Bureau Enquêtes et Accidents (BEA) au format PDF ou au format HTML. Il est utilisé pour le film Airport 80 Concorde, il transporte le Pape en 1989 entre La Réunion et Lusaka. Il est démonté et rénové en 1998-1999. Il s'est écrasé à Gonesse, à proximité de Paris, le lors du Vol 4590 Air France. Ses débris sont restés sous scellés dans un hangar du Bourget et sont détruits en 2019.
F-BVFA (205) fit le dernier vol vers le Smithsonian's new Air and Space Museum de l'aéroport international de Washington Dulles le , il fut aussi le premier appareil de série livré à Air France pour le service commercial en 1976 Site du musée de Smithsonian, sur nasm.si.edu.. F-BVFB (207) fut vendu pour symbolique au musée de l’automobile et des technologies de Sinsheim en Allemagne. Il fit le vol Karlsruhe-Baden–Aéroport militaire de Baden, dans le sud-ouest de l’Allemagne le . Après qu’on eut démonté ses ailes, sa dérive et ses cônes de nez et de queue, il a été transporté par la route et par les canaux, pour rejoindre un Tupolev Tu-144 (le CCCP-77112) déjà présent à SinsheimTupolev Tu-144 : liste des appareils.Il est avec le F-BTSD et le F-BVFC, un des trois appareils dont le système hydraulique est encore partiellement en état de fonction. Le musée pratique de temps à autre la descente du nez depuis une commande externe située au sol.
F-BVFC (209) est à la retraite à l'usine d'Airbus de Toulouse, où les Concorde « français » (ils ont été en réalité tous franco-anglais) furent construits, depuis le , où il rejoignit le 201 (F-WTSB). Son dernier vol (également le dernier pour la flotte Air France) fut supersonique et se fit au-dessus de Toulouse. Toujours aux couleurs d'Air France, il est aujourd'hui stationné au musée Aeroscopia, où se trouve également le F-WTSB. F-BVFD (211) effectua son vol inaugural le et fut livré à Air France le de la même année. Il fut endommagé lors d'un atterrissage trop rude à Dakar (taux de descente de par seconde au lieu des ) le Description de l'accident, sur aviation-safety.net., ce qui abîma la roulette et le cône de queue, une paupière de réacteur et endommagea sérieusement la cellule. Il fut réparé mais les modifications effectuées entraînèrent une forte surconsommation de carburant.Cet appareil porta aussi l'immatriculation N94FD lors de son exploitation par la société Braniff International pour des vols sur le territoire américain (Dallas ⇄ New York) entre le et le où ses capacités supersoniques n'étaient pas utilisées. Il effectua son dernier vol le et fut retiré du service après seulement de vol et fut ensuite utilisé comme source de pièces de rechange, notamment le poste de pilotage qui servit à alimenter le 214 (G-BOAG) en pièces détachées. Le nez a été vendu aux enchères à un riche collectionneur américain pour la somme de (environ ). Son entreposage à l'extérieur contribua, par la suite, à sa dégradation et il fut démantelé en 1994.Seule la section centrale, un morceau de fuselage de de long, existe encore à Dugny près du Bourget, mais est malheureusement à l'abandon et n'est pas accessible au public.
F-BTSD (213), dit « Sierra Delta »., a été confié au musée de l'air et de l'espace du Bourget le , où il est exposé à côté du premier prototype. En 1996, cet appareil fit une campagne de publicité aux couleurs de Pepsi. Il détient les records du tour du monde, avec escale, par l'est et l'ouest. À noter qu'il est également plus léger de plus de que ses jumeaux. Il est aujourd'hui entretenu par une équipe d'anciens techniciens bénévoles passionnés sous la houlette du service conservation du musée de l'Air et de l'Espace. Ses circuits électriques et hydrauliques sont en état de fonctionnement partiel permettant par exemple des manipulations comme l'actionnement du nez basculant et des commandes de vol, ainsi que la mise sous tension des équipements du cockpitVidéo de la descente du nez au musée de l'air, sur mae.org.. Un projet de remise en route des réacteurs avait été annoncé par le Directeur du Musée de l'Air et de l'Espace, Gérard Feldzer lors de l'émission C dans l'Air diffusée sur le dont le sujet était « Fallait-il arrêter Concorde ? » Site de l’émission “C dans l’Air” avec extrait vidéo].
F-BVFF (215) se trouve dans l'aéroport international Charles-de-Gaulle de Paris. Cet appareil est le seul que la compagnie Air France possède encore. En 2000, lors du crash du SC, cet avion venait d'entrer en grande visite à CDG et était en cours de démontage. Il a effectué son dernier voyage le en étant tracté vers l'emplacement qui lui a été réservé à Roissy, à proximité d'une des tours de contrôle. Le , il a été levé par des grues pour être placé sur trois piliers. Concorde est en position cabrée, et incliné vers la droite, dans une position correspondant au premier virage qu'il effectuait après son décollage sur la piste 27.
Flotte de British Airways
Sept avions commerciaux furent aux couleurs de : G-BOAC (204) Le porte-drapeau de la flotte (à cause de son nom d'enregistrement BOAC) fit son dernier vol vers le parc de visite de l'aéroport de Manchester Alpha Charlie à l'aéroport de Manchester, sur manchesterairport.co.uk. (Royaume-Uni) le . Son premier vol a été effectué le .
G-BOAA (206) est exposé au National Museum of Flight, sur nms.ac.uk. (qui appartient aux ), dans la ville d'East Fortune, près d'Édimbourg. Il a effectué son dernier vol le .
G-BOAB (208) reste à l'aéroport d'Heathrow. Il ne fut jamais modifié, et ne revola plus après l'accident de Roissy. Contrairement aux concordes présents dans des musées qui peuvent être visités, celui-ci a été dépouillé de l'intérieur et reste parqué sur le seuil de la d'Heathrow.
G-BOAD (210) partit d'Heathrow pour la dernière fois le et atterrit à l'aéroport JFK de New York, d'où il fut transféré sur une barge normalement utilisée pour transporter les réservoirs extérieurs de la navette spatiale, vers le de New York, en descendant l'Hudson River et en passant devant la statue de la Liberté. Ses moteurs ont été retirés pour en réduire le poids. Il a été déplacé le devant l' center situé sur le Floyd Bennett Field à Brooklyn jusqu'à la réouverture du porte-avions qui eut lieu en . L'avion est aujourd'hui exposé sur le nouveau quai de l'USS Intrepid, aux côtés d’autres avions supersoniques, tels que le SR-71 Blackbird. Il est possible de le visiter. Entre 1977 et 1980, il a été prêté par British Airways à Singapore Airlines pour une liaison Londres-Singapour, l'appareil ayant pendant cette période été repeint aux couleurs de la compagnie singapourienne sur son flanc gauche..