Léon Bourjade, né le 25 mai 1889 à Montauban (Tarn-et-Garonne) et mort le 22 octobre 1924 sur l'île Yule (territoire australien de Papouasie), est un as de l'aviation de la Première Guerre mondiale et missionnaire français.
Biographie
Enfance et Première Guerre mondiale Léon Bourjade est le fils de Marie Adolphe Maurice Bourjade et de Lucie Marie Stéphanie Henriette Méric de Bellefon. Il est dans une famille bourgeoise de neuf enfants très pieuse, ses parents étant de fidèles abonnés au journal La Croix. Dès son plus jeune âge, il rêve de vie religieuse, mais aussi d'aventure en lisant les récits de peuplades sauvages qu'il rêve d'évangéliser. Après des études à Montauban, il entre en 1908 au noviciat chez les Missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus d'Issoudun (Indre). Le , Bourjade prononce ses vœux. Sa congrégation ayant été interdite par le gouvernement anticlérical de la République, Bourjade est contraint de suivre sa congrégation dans son exil en Espagne. Il y reste peu de temps et rejoint bientôt Fribourg (Suisse). C'est dans cette ville, où il étudie la théologie, que Bourjade se trouve lorsque la guerre éclate en 1914. Mobilisé, il commence la guerre dans l'artillerie dans le d'artillerie à Toulouse avant d'être transféré dans la de bombardiers, en 1915. Il s'y montre particulièrement courageux et quelque peu chanceux.
Il reçoit une première citation :
En 1917, il est affecté à l'aviation, et, après avoir suivi une formation de pilote, il obtient le brevet de pilote militaire le , il intègre l', dite des crocodiles, à Pau avec Ernest Maunoury, une unité qui est affectée sur le front des Vosges. Dans cette unité, il est décrit comme un pilote assez moyenDossier individuel Service Historique de la Défense (Vincennes) cote 1P 26298/1 mais il se spécialise dans une tâche aussi téméraire que dangereuse, l'attaque des ballons d'observation allemands (les Drachens) qui sont très fortement défendus par la DCA, incendiant le premier d'entre eux le . Très pieux, il fait fixer par son mécanicien un fanion du Sacré Cœur derrière le poste de pilotage ainsi qu'une plaque avec le portrait de Sainte Thérèse de Lisieux sur tous les avions qu'il pilote, attribuant à celle qui n'était pas encore canonisée l'ensemble de ses victoires. Cette manifestation de foi est très mal vue par sa hiérarchie et interdite par le règlement des armées, mais les victoires qu'il accumule lui accordent ce privilège.
Il accède à la célébrité en étant cité dans le communiqué aux armées du pour sa victoire, ce qui lui vaut plusieurs articles dans les journaux dont le journal La Croix qui ne manque pas de signaler que ses parents sont de fidèles abonnés. Certains titres le surnomment et affirment qu'il choisit d'attaquer des ballons ennemis pour ne pas avoir de sang à verser. Il tient à démentir cette affirmation en écrivant au journaliste Jacques Mortane : .
À la fin de la guerre, promu au grade de lieutenant, il totalise 254 heures et 45 minutes de vol de guerre, il a livré soixante-sept combats aériens et remporté vingt huit victoires aériennes homologuées dont vingt sept sur des ballons d'observation (Drachen) et une sur avions allemands, ce qui fait de lui l'as des as des chasseurs de Drachen et l'un des plus grands as français de la Grande Guerre. Le , il est fait Chevalier de la Légion d'honneur, puis est promu Officier de la Légion d'honneur le . Il sera également décoré de la Croix de guerre.
Très acrobate, il fait aisément le saut périlleux arrière à pieds joints. La bicyclette à roue fixe, en marche avant et arrière, n'a pas de secret pour lui. Les chevaux les plus rétifs lui obéissentMonographie écrite par son frère Victor..
Ordination et mission en Papouasie
Ordonné prêtre le , Léon Bourjade embarque en vers la Papouasie. Après moins de trois ans de mission auprès des Roros, où il fait preuve d'abnégation, il meurt à Yule Island d'une hématurie, probablement causée par une overdose de quinine contre le paludisme, le , dans les bras de son évêque Monseigneur de Boismenu. Les Papous le surnommèrent « le veuf ». De caractère très réservé, il avait une dévotion particulière à Sainte Thérèse de l'Enfant JésusBiographie de Bourjade - Site du congrégation du Sacré-Cœur , et nous a laissé des notes : Lettres à Sainte Thérèse. Un de ses camarades disait : .
Décorations par décret du .. (15 citations dont 14 palmes).
Hommages
Quelques années après sa mort, le célèbre aviateur Jean Mermoz, durant une de ses traversées de l'Atlantique sud en avion, eut une grave fuite d'huile qui l'assurait d'une perdition en mer ; bien qu'athée, il adressa une « prière » à son collègue pilote Léon Bourjade et atterrit sur une plage du Sénégal, l'hélice « en drapeau ». Il en a confié le témoignage dans un courrier adressé à la congrégation du Père Bourjade.
De 1934 à 1940, la principale escadrille des scouts de l'air chez les Scouts de France portait son nomVoir sur Scoutopedia..
Notes et références
Annexes
Bibliographie Christophe Cony, Bourjade et les crocodiles de la SPA 152., dans la revue AVIONS et 159 (juillet et ). Jean Suberville et abbé Élie Decahors, À la gloire de Léon Bourjade, aviateur-missionnaire, impr. de G. Forestié, 24 pages Édouard Peyriller, Le pilote de sainte-Thérèse. Bourjade, des Pères du Sacré-Cœur d'Issoudun, officier de la Légion d'honneur, 16 citations, 28 victoires, mort à la mission de Port-Léon (Papouasie), Plon, Paris, 1930 G. Norin, Bourjade le Papou., Archiconfrérie de Notre-Dame du Sacré-Cœur, Issoudun, 1934 Henry Montalègre, Le Lieutenant Bourjade : pilote et missionnaire l'as aux 32 victoires, Maison de la Bonne Presse, Paris, 1940
Liens externes
Tableau de chasse et profils couleurs de ses appareils - site as14-18.net Fiche avec une liste détaillée des victoires de Léon Bourjade - The Aerodrome
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