Raymond Rognoni, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un comédien français. Il crée l'École des enfants du spectacle en 1924 et le Centre de jeunesse du spectacle (future École de la rue Blanche) en 1941.

Biographie Raymond Rognoni, de son nom complet Roch-Raymond Rognoni, naît en 1892 à Paris d'un père facteur et d'une mère concierge. Il a trois sœurs, Marguerite Germaine (1889, morte au berceau), Marguerite (1890), et Germaine Françoise (1895-1953).

À peine majeur, Raymond Rognoni est engagé volontaire en , pour 3 ans, au d'infanterie. Il est rappelé aux armées le à la suite de l'ordre de mobilisation générale, mais est fait prisonnier à la bataille de Revigny dès le . Il est détenu jusqu'au . À son retour, il est nommé caporal le . En , il est affecté dans la d'infirmiers et en dans la d'infirmiers. Il est démobilisé le , après près de 9 années de vie militaire, et on lui délivre un simple certificat de bonne conduite.

Raymond Rognoni se marie le avec Antoinette Berthe Guillamaud qui lui donne trois fils, Louis Raymond (1923-2006, auteur), Jean Roch (1924-1996, producteur), et Jacques Antoine (1931-1990).

Reçu au Conservatoire, il en sort avec le Premier Prix en 1922. Il est pensionnaire de la Comédie-Française de 1922 à 1929. Il enseigne au Conservatoire d'Amiens.

Par ailleurs, il fonde en 1924, avec le statut d'association, une école destinée à protéger les jeunes acteurs en rupture de scolarité, l'École des enfants du spectacle. En 1932, cela lui vaut la Légion d'honneur.

En 1932, il ouvre l'une des premières écoles de cinéma, le Cours d'introduction au cinéma : Le directeur du poste parisien de Radio L.L. et un speaker sont chargés de « l’enseignement du micro », l’actrice Odette Talazac des cours de musique, le réalisateur Yvan Noé des cours de scénarios, trois autres professeurs enfin des cours de danse et de langues étrangères.

En 1941, il fonde le Centre de jeunesse du spectacle, ancêtre de l’ENSATT, et le dirige entre 1941 et 1944.

En , il rédige pour le Secrétariat des Beaux-Arts un projet de réorganisation de la Comédie-Française. Il propose de Il réclame que le Conservatoire ait une cohérence pédagogique et artistique, « plutôt que de laisser, de manière disparate et anarchique, les différents professeurs enseigner chacun de leur côté ».

Pendant l'Occupation allemande, Raymond Rognoni est un . Dans son livre Le Juif Süss et la propagande nazie : L'Histoire confisquée, Claude Singer relève plusieurs comportements sans ambiguïté : il est la voix française d'un des personnages du film de propagande nazie Le Juif Süss sorti en 1940 (même si les comédiens déclarèrent après-guerre avoir ignoré le contenu du film) ; il joue dans un film français ouvertement antisémite, Les corrupteurs, de Pierre Ramelot (1942) ; il ; enfin, en , il prête sa voix au documentaire de propagande nazie Katyn.

À la Libération, Raymond Rognoni comparait devant la Commission d'épuration et est condamné à une peine de trois mois d'interdiction professionnelle. Il part trois ans en Amérique du Sud.

Il reprend sa vie parisienne en 1948 et donne des cours au Théâtre des Mathurins. Il meurt le à son domicile au , rue de Verneuil dans le . Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (, ligne 10 face à la division 95, tombe 14 face à la division 93)Registre journalier d'inhumation de Paris Père-Lachaise de 1965, en date du 30 septembre (page 10/31).

L'École des enfants du spectacle (1924)

Créée en 1924, l'École des enfants du spectacle, renommée Collège Rognoni, est un établissement public de l'Éducation nationale, destiné aux collégiens engagés dans une activité extra-scolaire intensive. Elle accueille des élèves venant de la région francilienne qui pratiquent les arts vivants, danse, musique, tennis, patinage, gymnastique rythmique sportive (GRS), cirque, théâtre, comédie, etc. Les élèves sont sélectionnés sur la qualité de leur pratique artistique, sportive ou musicale ainsi que sur leurs résultats scolaires.

Le Centre de formation professionnelle du spectacle (1941)

Créé le , le Centre de formation professionnelle du spectacle, appelé aujourd'hui École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (ENSATT) et autrefois « école de la rue Blanche », occupe alors le de la rue Eugène-Flachat, dans le arrondissement de Paris. Raymond Rognoni apporte avec lui des comédiens (Pierre Dux, Jean Debucourt, Jean Meyer), des danseurs (Guy Laîné), des chanteuses lyriques (Andrée Marillet), qui font partie des premiers enseignants de l'école.

Le , le centre est transformé en "Centre de jeunesse du spectacle" dans le cadre des centres de formation professionnelle institués par le gouvernement de Vichy. C'est alors une école préparatoire gratuite au Conservatoire national supérieur d'art dramatique (alors "Conservatoire de musique et de déclamation"), ouverte à d'autres disciplines, la décoration, l'écriture de pièces, la mise en scène ainsi qu'à des enseignements théoriques et pratiques.

Rôles au théâtre Comédien 1920 : Le Retour de Robert de Flers et Francis de Croisset, théâtre de l'Athénée : Dumont Comédie-Française

1922 : On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset : Blasius 1922 : L'Amour veille de Gaston Arman de Caillavet et Robert de Flers : Julien 1922 : Le Chevalier de Colomb de François Porché : Don Fernand 1922 : George Dandin de Molière : Lubin 1922 : Le Barbier de Séville de Beaumarchais : L'Éveillé 1922 : Les Plaideurs de Jean Racine : Petit-Jean 1923 : Le Dépit amoureux de Molière 1923 : Monsieur Brotonneau de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet : Fridel 1923 : Le Mariage de Figaro de Beaumarchais : Grippesoleil 1923 : Un homme en marche de Henry Marx : Louis 1923 : Jean de La Fontaine de Louis Geandreau et Léon Guillot de Saix : Gros-René 1923 : Les Plaideurs de Jean Racine : le souffleur 1924 : Les Fourberies de Scapin de Molière, mise en scène Charles Granval : Sylvestre 1924 : Je suis trop grand pour moi de Jean Sarment : le voyou 1924 : Le Rez-de-chaussée de Julien Berr de Turique : Célestin 1924 : Le Misanthrope de Molière : Dubois 1924 : Molière et son ombre de Jacques Richepin 1924 : La Part du roi de Catulle Mendès : un valet 1925 : L'École des quinquagénaires de Tristan Bernard : un voyageur 1925 : Dom Juan ou le Festin de pierre de Molière, mise en scène Raphaël Duflos : La Violette 1925 : Dupont et Durand d'Alfred de Musset : Durand 1926 : La Carcasse de Denys Amiel et André Obey : M. Labourdette 1926 : Vieille renommée d'Alfred Athis : Méguin 1926 : À quoi rêvent les jeunes filles d'Alfred de Musset, mise en scène Charles Granval, musique Claude Debussy, décors Marie Laurencin : Quinola 1926 : Les Compères du roi Louis de Paul Fort : Le Glorieux 1927 : Monsieur Scapin de Jean Richepin : Tristan 1928 : Le Philosophe sans le savoir de Michel-Jean Sedaine : un domestique de d'Esparville 1928 : Turcaret ou le Financier d'Alain-René Lesage, mise en scène Émile Fabre : Flamand

Après la Comédie-Française 1939 : Les Vacances d'Apollon de Jean Berthet, mise en scène Raymond Rognoni, théâtre Pigalle 1942 : Sylvie et le fantôme d'Alfred Adam, mise en scène André Barsacq, théâtre de l'Atelier : le baron 1945 : La Vie est belle de Marcel Achard, mise en scène Jean Meyer, théâtre de la Potinière 1945 : Topaze de Marcel Pagnol, mise en scène Alfred Pasquali, théâtre Pigalle : Castel-Benac 1951 : Huturatu de Robert Durran et Jean-Jacques Varoujean, mise en scène Raymond Raynal, théâtre de l'Apollo : Zed 1954 : L'Homme traqué de Frédéric Dard d'après Francis Carco, mise en scène Robert Hossein, théâtre du Casino municipal de Nice : Fouasse

Metteur en scène 1939 : Les Vacances d'Apollon de Jean Berthet, théâtre Pigalle

Rôles au cinéma

1931 : L'Amour à l'américaine de Claude Heymann : le beau-père 1931 : La Chauve-souris de Karel Lamač et Pierre Billon 1931 : La Fortune de Jean Hémard 1931 : Une nuit au paradis de Karel Lamač et Pierre Billon 1932 : Plein la vue de Nico Lek et Edmond carlus - moyen métrage 1933 : La Fille du régiment de Karel Lamač et Pierre Billon 1933 : Plein aux as de Jacques Houssin 1933 : Son autre amour de Constant Rémy et Alfred Machard 1933 : Tambour battant de Arthur Robison et André Beucler 1933 : Une femme au volant de Kurt Gerron et Pierre Billon 1933 : L'École des auteurs de Germain Fried - court métrage 1934 : L'Amour en cage de Karel Lamač et Jean de Limur : le directeur de la prison 1934 : L'Aventurier de Marcel L'Herbier : le gardien-chef de la prison 1934 : Cessez le feu de Jacques de Baroncelli 1934 : Le Chéri de sa concierge de Giuseppe Guarino 1934 : La dactylo se marie de René Pujol et Joe May : Gaillard 1934 : La Maison dans la dune de Pierre Billon 1934 : Turandot, princesse de Chine de Gerhard Lamprecht et Serge Veber : le fruitier 1934 : Votre sourire de Monty Banks et Pierre Caron 1934 : Le Médecin malgré lui de Pierre Weill - court métrage 1934 : Une cliente pas sérieuse ou Le Pharmacien de René Gaveau - court métrage 1935 : La Marche nuptiale de Mario Bonnard : l'hôtelier 1935 : La Fille de Angot de Jean Bernard-Derosne : Cadet 1935 : Promesses de René Delacroix 1935 : Meute et Kangourous de René Delacroix - moyen métrage 1935 : Papa Sandwich de Pierre Weill - court métrage 1936 : L'Argent de Pierre Billon 1936 : Au service du tsar de Pierre Billon 1936 : La Guerre des gosses de Jacques Daroy et Eugène Deslaw : le père Lebrac 1936 : La Madone de l'Atlantique de Pierre Weill 1937 : Claudine à l'école de Serge de Poligny : un examinateur 1938 : Conflit de Léonide Moguy 1938 : Frères corses de Géo Kelber 1938 : Grand-père de Robert Péguy 1938 : Je chante de Christian Stengel 1938 : La Maison du Maltais de Pierre Chenal : un badaud 1938 : Paix sur le Rhin de Jean Choux 1939 : La Famille Duraton de Christian Stengel : Gérard 1939 : Vidocq de Jacques Daroy 1939 : Le monde tremblera ou La Révolte des vivants de Richard Pottier 1939 : Pièges de Robert Siodmak : l'inspecteur de police 1940 : Faut ce qu'il faut ou Monsieur Bibi de René Pujol 1940 : Monsieur Hector de Maurice Cammage : Monturet 1942 : Les Corrupteurs de Pierre Ramelot - court métrage 1943 : L'École de Barbizon de Marco de Gastyne - court métrage 1944 : L'Île d'amour de Maurice Cam 1944 : Les Caves du Majestic de Richard Pottier : le directeur du Majestic 1944 : Mademoiselle X de Pierre Billon : le maire 1945 : Les Enfants du paradis de Marcel Carné : le directeur du Grand Théâtre 1945 : Le Père Goriot de Robert Vernay : Poiret 1946 : Sylvie et le Fantôme de Claude Autant-Lara : Damas 1949 : Plus de vacances pour le Bon Dieu de Robert Vernay : le curé 1950 : Mon phoque et elles de Pierre Billon : le gérant 1950 : Maldonne de Henri Verneuil - court métrage 1951 : L'Agonie des aigles de Jean Alden-Delos : Coutillo 1951 : Ils sont dans les vignes de Robert Vernay 1951 : Le Plaisir de Max Ophüls : le curé 1951 : Seuls au monde de René Chanas : Lassègne 1953 : Leur dernière nuit de Georges Lacombe : un pensionnaire

Doublage Les dates en italique correspondent aux sorties initiales.

Films

Edward G. Robinson dans : Obsessions (1943) - Marshall Tyler Ils étaient tous mes fils (1948) - Joe Keller Les Dix Commandements (1956) - Dathan Ma geisha (1962) - Sam Lewis, le producteur Chubby Johnson dans : Les Affameurs (1952) - Capitaine Mello La Blonde du Far-West (1953) - Rattlesnake Le Justicier impitoyable (1953)Doublé seulement en 1962. - Shorter Je suis un aventurier (1954) - Dusty Robert Burton dans : Taza, fils de Cochise (1954) - le général George Crook La Main gauche du Seigneur (1955) - Révérend Marvin Le Génie du mal (1959) - M. Straus Les Sept Chemins du couchant (1960) : Eavens Peter Lorre dans : Vingt mille lieues sous les mers (1954) : Conseil Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1956) : Le garçon de cabine du Carnatic