Al-Qalam (en , en français : La Plume) est le nom traditionnellement donné à la sourate du Coran, le livre sacré de l'islam. Elle comporte 52 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée, selon la tradition musulmane, durant la période mecquoise.

Origine du nom Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coraniqueA. Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, ., la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate La Plume, en référence au contenu du premier verset : .

Historique

Il n'existe à ce jour pas de sources ou documents historiques permettant de s'assurer de l'ordre chronologique des sourates du Coran. Néanmoins selon une chronologie musulmane attribuée à Ǧaʿfar al-Ṣādiq () et largement diffusée en 1924 sous l’autorité d’al-AzharG.S. Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica 58, 2011, .R. Blachère, Introduction au Coran, ., cette sourate occupe la place. Elle aurait été proclamée pendant la période mecquoise, c'est-à-dire schématiquement durant la première partie de l'histoire de Mahomet avant de quitter La MecqueR. Blachère, Le Coran, 1966, .. Contestée dès le par des recherches universitaires, cette chronologie a été revue par NöldekeG. Dye « Le Coran et son contexte Remarques sur un ouvrage récent », Oriens Christianus , 2011, .E. Stefanidis, « The Qur'an Made Linear: A Study of the Geschichte des Qorâns' Chronological Reordering », Journal of Qur'anic Studies, X, II, 2008, ., pour qui cette sourate est la .

L’exégèse traditionnelle considère que cette sourate est la seconde plus ancienne sourate du Coran après la sourate 96. Ils se basent sur des similarités qui « ne vont pourtant pas de soi »P. Neuenkirchen, "Sourate 68", Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, 1775 et suiv..

Cette sourate est, à l’évidence, composite. Elle est formée de trois sections, la première (v.1-16 et 34-47) étant la plus ancienne. Par-dessus se sont greffées deux autres sections.

Interprétations

Versets 17-34 : la parabole des maîtres du jardin Cet ensemble forme une unité de sens, du genre de la parabole. Elle décrit un jardin dont les maîtres espèrent une subsistance mais qui est soudainement dévasté. L’identité des protagonistes n’est pas explicitée dans le texte.

Les exégètes musulmans ont voulu y voir une évocation des Mecquois et d’un jardin spécifique proche de Sanaa. Bell considère cela comme improbable et y voit davantage une référence à la parabole du riche insensé (Évangile selon Luc). Tor Andrae y voit davantage une allusion à une parabole présente dans une chronique syriaque.

Le verset 18 a été traduit par les traducteurs musulmans comme signifiant que les maîtres ne disaient pas « si Dieu le veut ». Bell le traduit comme le fait qu’ils ne laissaient rien aux pauvres et Blachère par « sans [rien] excepter ».

La morale se trouve dans les derniers versets.

Voir aussi

Articles connexes

Islam, troisième religion abrahamique Coran, livre sacré de l'islam Mahomet, prophète majeur de l'islam Sourate, nom donné pour les chapitres du Coran Ayat, nom donné pour les versets du Coran

Bibliographie

P. Neuenkirchen, "Sourate 68", Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, 1775 et suiv. R. Paret, Der Koran. Kommentar und konkordanz, 1980En 2019, seuls deux ouvrages peuvent être considérés comme des commentaires scientifiques et continus du texte coranique. Il s'agit du Commentary on the Qur'an de Richard Bell publié en 1991 (aujourd'hui daté) et du Coran des historiens publié en 2019. L'ouvrage de Paret s'inscrit, avec ceux de Blachère, Khoury et Reynolds, dans un ensemble de traduction avec apparat critique. Voir : Sourate.

Liens externes

Texte de la sourate 68 en français, d'après la traduction de Claude-Étienne Savary de 1783.

Notes et références

Notes

Références

Qalam