Mian Muhammad Shehbaz Sharif (en ourdou : ), plus connu sous le nom de Shehbaz Sharif ou Shahbaz Sharif, né le à Lahore, est un homme d'État pakistanais, Premier ministre du au et depuis le .
Frère de Nawaz Sharif, qui a été trois fois Premier ministre, il est un membre prédominant de la Ligue musulmane du Pakistan (N) qu'il préside de 2002 à 2010 et de 2018 à 2024. Il est particulièrement influent dans le Pendjab, ayant été élu député local à l'Assemblée provinciale, il a été trois fois ministre en chef, dirigeant le gouvernement local de la province, de 1997 à 1999, puis de 2008 à 2018.
Devenu chef de l'opposition le après la chute de son frère et la défaite de son parti aux législatives de 2018, il est à son tour arrêté pour corruption et brièvement incarcéré. Il travaille parallèlement à l'union de l'opposition et à améliorer ses relations avec les militaires. Profitant de la crise politique de 2022, il est à l'origine d'une motion de censure contre Imran Khan puis est élu Premier ministre le . Il démissionne en , en vue des élections législatives de 2024, à l'issue desquelles il est reconduit.
Famille et éducation vignette|Nawaz Sharif et son frère Shehbaz en train de faire la salât. Shehbaz Sharif est le deuxième fils de Muhammad Sharif, fondateur du puissant groupe industriel Ittefaq Group, dont il est copropriétaire et dont il a contribué fortement au développement avec son frère aîné, Nawaz Sharif.
Marié à Nusrat Shahbaz en 1973, il se remarie avec Aaliya Honey en 1993 dont il divorce alors qu'il est en exil en Arabie saoudite Muslim law and Pakistan sur The Times of India, le 10 avril 2010. En 2003, il épouse Tehmina Durrani, écrivaine et militante féministe..
Carrière politique Premier mandat de ministre en chef
Durant le deuxième mandat de Premier ministre de son frère, il est ministre en chef de la province du Pendjab, c'est-à-dire chef du gouvernement de la province, du au , avant de partir en exil en même temps que son frère alors que ce dernier est renversé par le coup d'État du général Pervez Musharraf.
Exil en Arabie saoudite Il préside la Ligue musulmane du Pakistan (N) alors que son frère en est le dirigeant. Il a été élu à ce poste le pour un mandat de quatre ans... et réélu ....
Il rentre au Pakistan en même temps que son frère, en 2007, grâce à l'intervention du gouvernement saoudien et à l'approche des élections de 2008.
Second mandat de ministre en chef thumb|Composition de l'Assemblée provinciale du Pendjab après les élections de 2008.
Son parti, la Ligue musulmane du Pakistan (N), arrive seconde aux élections de 2008 et remporte presque la moitié des sièges de l'Assemblée provinciale du Pendjab. Il est élu à ce poste le par un vote de l'Assemblée avec sur malgré une controverse sur son éligibilité à exercer cette fonction. Il était alors le seul candidat puisque le PPP se retira en sa faveur et que la Ligue musulmane du Pakistan (Q) boycotta le scrutin. Il prend la tête d'une coalition réunissant le PPP et son parti, qui totalise alors (171 plus 106). Le lendemain, il remporte un vote de confiance avec .
Il est obligé de quitter son poste après un jugement de la Cour suprême le rendant inéligible le . Ce jugement est annulé le par un autre jugement de la Cour et Shahbaz Sharif retrouve son poste.
Le , il est élu président du PMLN au Pendjab..
Il a notamment annoncé sa volonté de transformer Lahore, capitale de la province, en un grand centre technologique mondial. En , il inaugure un réseau de « bus à haut niveau de service », après avoir dû renoncer au projet de métro de Lahore, trop onéreux.
Après un attentat à Lahore le , il a été accusé de laxisme envers les mouvements islamistes basés dans sa province. Shahbaz est régulièrement au cœur de polémiques concernant d'éventuelles interventions de l'armée dans la sud de la province du Pendjab contre des mouvements islamistes interdits.
Troisième mandat de ministre en chef À la suite des élections législatives de 2013, la Ligue remporte une majorité absolue à l'Assemblée nationale et Nawaz Sharif redevient Premier ministre. À l'Assemblée provinciale du Pendjab, la Ligue remporte une majorité écrasante des trois-quarts, et le , Shehbaz est élu à un troisième mandat avec contre 34 Shahbaz sworn in as CM Punjab for third time sur Dawn, le 6 juin 2013.. En , Shehbaz organise une cérémonie pour les premiers tests du métro aérien de Lahore, qui deviendra le premier du pays Lahore's Orange Line Metro Train conducts trial run sur Dawn.com, le 16 mai 2018.
Le , son frère Nawaz Sharif est destitué de son poste de Premier ministre et de député par la Cour suprême.. Son parti désigne dès le lendemain Shahid Khaqan Abbasi pour lui succéder alors que Shehbaz Sharif est pressenti pour prendre ce poste dans l'hypothèse où celui-ci serait député fédéral. Finalement, c'est Kulsoom Nawaz Sharif qui est désignée candidate dans la circonscription de son époux à Lahore après avoir remporté la législative partielle du .. alors que le choix stratégique est fait de conserver Shehbaz à la tête du gouvernement local du Pendjab jusqu'à la fin de la législature.
Élections législatives de 2018
Alors que son frère est de plus en plus acculé par la justice, Shehbaz Sharif le remplace progressivement. Le , la Cour suprême rend un arrêté interdisant à Nawaz Sharif de diriger son parti et le , Shehbaz est désigné président de la Ligue musulmane du Pakistan (N). Il devient ainsi logiquement le candidat au poste de Premier ministre pour les élections législatives de 2018, et abandonne la politique provinciale au profit de la représentation fédérale.
Le , son frère Nawaz est condamné à dix ans de prison pour corruption et sa nièce Maryam Sharif à sept. Nawaz et Maryam sont arrêtés puis emprisonnés alors qu'ils tentent de rentrer au Pakistan le , tandis que Shehbaz organise une manifestation de soutien interdite au cours de laquelle plusieurs militants sont également arrêtés... Le clan Sharif accuse la puissante armée pakistanaise de comploter contre lui, alors que certains médias et fonctionnaires notent une répression contre le parti sortant et dénoncent des censures..
La Ligue musulmane du Pakistan (N) subit une défaite aux élections législatives du 25 juillet 2018 en cédant la première place au Mouvement du Pakistan pour la justice. Avec sur 272, la Ligue devient toutefois la première force de l'opposition. Shehbaz Sharif est élu député fédéral dans la dixième circonscription de Lahore avec 50,4 % des voix mais est largement défait dans les trois autres circonscriptions dans lesquelles il s'est présenté, à Karachi, Dera Ghazi Khan et Swat Shehbaz Sharif bags single National Assembly seat out of 4 sur dailypakistan.com.pk, le 26 juillet 2018 NA 132 Lahore 10 sur geo.tv.
Chef de l'opposition vignette|Shehbaz Sharif accompagné de militaires pakistanais.
Le , Imran Khan est élu Premier ministre par l'Assemblée nationale par favorables, soit quatre de plus que la majorité requise, contre pour Shehbaz Sharif.. Celui-ci devient le chef officiel de l'opposition parlementaire le .
Le , il est arrêté pour corruption au sujet d'un projet immobilier dans le Pendjab. Il est placé en détention pour dix jours.
Le , il est de nouveau arrêté pour une affaire de blanchiment d'argent . Le , il est libéré sur décision de la Haute Cour de Lahore après versement d'une caution de cinq millions de roupies .
En 2021, Shehbaz Sharif semble s'éloigner de son frère Nawaz et de sa nièce Maryam en critiquant la stratégie du parti ainsi que leur confrontation avec les militaires Nawaz rebuffs Shehbaz’s views on political reconciliation sur The Express Tribune, le 3 août 2021. Il améliore notamment ses relations avec des généraux clés. Concentrant sa rhétorique sur les questions économiques, il s'en prend au gouvernement d'Imran Khan pour son bilan Shehbaz Sharif Becomes Pakistan’s Interim Prime Minister Amid Turmoil sur The New York Times, le 1 avril 2022. En , il dépose en tant que chef de l'opposition une motion de censure contre le Premier ministre qui vient de perdre sa majorité à l'Assemblée nationale. La crise politique aboutit finalement à l'adoption de cette motion après intervention de la Cour suprême Shehbaz Sharif elected prime minister of Pakistan sur Dawn.com, le 11 avril 2022. La destitution du Premier ministre ouvre la voie à de nouvelles tractations, orchestrées par l'« État profond » (l'armée et les services de renseignement), pour former une nouvelle coalition..
Premier ministre vignette|Shehbaz Sharif en 2017. Le , Shehbaz Sharif est élu Premier ministre par l'Assemblée nationale avec 174 voix sur un total de 342 sièges, soit deux de plus que la majorité absolue. En plus de son parti, il réunit autour de lui le Parti du peuple pakistanais, l'islamiste Jamiat Ulema-e-Islam et divers petits partis.. Les partisans d'Imran Khan boycottent la session, dénonçant les affaires de corruption entourant Sharif et pointant du doigt une « conspiration étrangère » contre le précédent gouvernement. Shehbaz Sharif décrit sa désignation comme « la victoire du bien sur le mal » et promet de se concentrer sur les difficultés économiques du pays et l'amélioration des relations extérieures.
Son élection constitue un retour du Pakistan dans l’ère des dynasties politiques, qui règnent traditionnellement sur le pays. Le , son fils Hamza Shehbaz est élu ministre en chef du Pendjab Hamza Shehbaz elected Punjab CM after garnering 197 votes in session marred by melees, chaos sur Dawn.com, le 16 avril 2022. Il travaille au retour de son frère, l'ex-premier ministre Nawaz Sharif, exilé à Londres depuis sa condamnation à sept ans de prison pour corruption. Il fait notamment adopter une loi limitant la durée d’inéligibilité des parlementaires à un maximum de cinq ans.
Répression du PTI vignette|Shehbaz Sharif en 2025. Il met en place un régime autoritaire et répressif à l'égard du Mouvement du Pakistan pour la justice (PTI), le parti d'Imran Khan. La police a arrêté tous les dirigeants du parti, les obligeant sous la menace à démissionner de leurs fonctions et à prendre leurs distances avec leur leader. Dix mille citoyens ont été incarcérés. Imran Khan a lui-même été brutalement arrêté en , conduisant à des manifestations massives, et finalement relâché au bout de quelques jours à la demande de la Cour suprême. Des cas de torture par les forces de sécurité ont été signalés, et même plusieurs décès en détention. La censure interdit aux chaînes de télévision de diffuser des images des émeutes, mais celles-ci circulent largement sur les réseaux sociaux, avant que leur accès ne soit bloqué. Imran Khan est de nouveau emprisonné depuis . Un panel d'experts de l'ONU a estimé en 2024 que sa détention « n'a aucune base légale et semble avoir été destinée à disqualifier sa candidature à une fonction politique ».
L'armée a obtenu des pouvoirs étendus qui réduisent considérablement les libertés civiles, criminalisent la critique de l’armée, élargissent le rôle de l’institution dans l’économie du pays et lui accordent un droit de veto concernant les affaires politiques et civiles. Toutes les décisions importantes portant sur l’économie et les finances doivent être validées par une instance, le Special Investment Facilitation Council, sous contrôle militaire. Enfin, les amendements apportés au Pakistan Army Act de 1952, approuvés par le Sénat le , prévoient une peine d'emprisonnement de cinq ans pour toute personne ayant divulgué des informations portant préjudice aux intérêts du Pakistan ou de ses forces armées - une mesure destinée à intimider les potentiels lanceurs d'alerte sur les affaires de corruption.