Un stećak (au pluriel : stećci) est une tombe médiévale monumentale dans certains pays de l'ex-Yougoslavie : Bosnie-Herzégovine, Croatie, Monténégro et Serbie. Le nombre des stećci est estimé à en Bosnie-Herzégovine ; autres tombes ont été découvertes dans les trois pays voisins . Apparus au , les stećci ont atteint leur apogée à la fin du et au , avant de disparaître pendant l'occupation ottomane.
Le , les quatre pays ont proposé conjointement l'inscription des stećci sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, une pareille proposition conjointe constituant une nouveauté. Un ensemble de ont été protégées en 2016, sous le nom de cimetières de tombes médiévales stećci.
Caractéristiques Le trait le plus remarquable des stećci concerne les motifs décoratifs dont ils sont recouverts et qui, pour la plupart, restent énigmatiques encore aujourd'hui. On y trouve des croix, des spirales, des arcades, des rosettes, des feuilles de vigne et des grappes de raisin, des soleils et des croissants de lune. Parmi les motifs figurés, on trouve aussi des daims, des personnages dansant la carole, des scènes de chasse… Des traces de pigments semblent indiquer que certains étaient polychromes, à la manière des tombes valaques de SapântsaIvan Mužić, Vlasi i starobalkanska pretkršćanska simbolika jelena na stećcima in « Starohrvatska prosvjeta », éd. du Musée croate des monuments archéologiques, vol. III, n° 36, Split 2009, pp. 315–349 : . On a compté 384 stećci présentantRedžo Trako, Stećci: Božanska igra brojki i slova (« Stećci: jeux sacrés de nombres et de lettres »), Socijalna ekologija, Zagreb, 2011, in Société croate de sociologie, Institut de Sociologie de la Faculté de Philosophie de l'université de Zagreb, n° 20 (1): pp. 71–84. des inscriptions en caractères glagolitiques ou cyrilliquesDubravko Lovrenović, Stećci : Bosansko i humsko mramorje srednjeg vijeka (« Stećci: marbres médiévaux de Bosnie et d'Homolje »), Ljevak, 2013, , p. 62. : toujours à la manière de Sapântsa, ces inscriptions sont parfois sarcastiques ou poétiques : « Je gis depuis longtemps ici, donc je mentirai encore longtemps » ; « Je suis né dans une grande joie et mort dans un grand chagrin » ; « Je n'étais déjà pas grand-chose, maintenant je ne suis plus rien » ; « J'ai été ce que tu es, tu seras ce que je suis » ou encore « Que soit maudit celui qui bascule cette pierre »Amila Buturovic, Carved in Stone, Etched in Memory : Death, Tombstones and Commemoration in Bosnian Islam since c.1500 sur , Routledge, 2016 , p. 121 et Branka Purgarić-Kužić, Dosadašnja istraživanja o stećcima dans la revue « Radovi » de l'Institut croate d'Histoire, vol. 28, n° 1, Zagreb 1996, pages=242–253 : [url=http://hrcak.srce.hr/57458]… Le stećak le plus célèbre représente l'image d'un homme à la main droite levée, peut-être dans une prestation de serment.
Histoire left|thumb|Les communautés médiévales valaques d'Herzégovine et de la Zeta, auteurs probables d'une partie des stećci. L'origine des stećci se situe au croisement des traditions valaques Ante Milošević, (1991). Stećci i Vlasi: Stećci i vlaške migracije 14. i 15. stoljeća u Dalmaciji i jugozapadnoj Bosni [Stećci and Vlachs: Stećci and Vlach migrations in the 14th and 15th century in Dalmatia and Southwestern Bosnia] (in Croatian)Trako, Redžo (2011). "Stećci: Božanska igra brojki i slova" [Stećci: Divine game of numbers and letters]. Socijalna ekologija (in Croatian). Zagreb: Croatian Sociological Society, Institute of Sociology at Faculty of Philosophy, University of Zagreb. 20 (1): p.71–84.John V. A. Fine,John Van Antwerp Fine, The Late Medieval Balkans: A Critical Survey from the Late Twelfth Century, University of Michigan Press, 1994 p.19 et bogomiles. Quelques-unes de ces tombes ont été déplacées depuis leur site d'origine, comme celles qui se trouvent dans le jardin du musée national de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo.
Controverses Les historiens débattent pour savoir si l'Église bosnienne est issue de la foi bogomile, inspirée par le paulicianisme anatolien, répandue depuis le dans les Balkans et considérée comme une « hérésie » par les Églises tant catholique qu'orthodoxe, et si les stećci sont ou non liés à cette Église Fine, John. The Bosnian Church : Its Place in State and Society from the Thirteenth to the Fifteenth Century: A New Interpretation, Londres, SAQI, The Bosnian Institute, 2007. . Marian Wenzel, considérée comme une autorité en matière d'art et d'artéfacts de la Bosnie-Herzégovine médiévale ., soutient, avec d'autres ., l'idée que les stećci reflètent un phénomène culturel régional plutôt que l'appartenance à une confession religieuse particulière. Wenzel a soutenu l'origine valaque des monuments funérairesMarian Wenzel, Bosnian and Herzegovinian Tombstobes-Who Made Them and Why?" Sudost-Forschungen 21(1962): 102-143 et a combattu l'hypothèse bogomileMarian Wenzel, Bosnian History and Austro-Hungarian policy: some Medieval Belts, the Bogomil Romance and the King Tvrtko Graves, Peristil, 30/1987.
Galerie
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Stèle Église bosnienne Bogomilisme Valaques Cimetières de tombes médiévales stećci Khatchkar Kopjafák Monolithe
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L'apparition des Stecak
*Stecak Catégorie:Stèle Catégorie:Histoire de la Bosnie-Herzégovine Catégorie:Histoire de la Croatie Catégorie:Histoire du Monténégro Catégorie:Histoire de la Serbie Catégorie:Sculpture funéraire Catégorie:Patrimoine mondial inscrit en 2016 Catégorie:Patrimoine mondial en Bosnie-Herzégovine Catégorie:Patrimoine mondial en Croatie Catégorie:Patrimoine mondial au Monténégro Catégorie:Patrimoine mondial en Serbie Catégorie:Bogomilisme