France Pejot (ou « Francette Pejot »), née le . dans le arrondissement de Lyon et morte le à Perpignan, est une résistante française. alt=Acte de naissance de France Pejot|vignette|Acte de naissance de France Pejot
Biographie Après la mort de leur mère, France Pejot et sa sœur Raymonde habitent place des Jacobins à Lyon . Elles secondent leur père qui tient rue Emile-Zola, un commerce dont le nom est La lingerie pratique.
1942 - 1945
Pendant la guerre, elle écoute Radio Londres et entre en contact avec des diffuseurs du journal Le Franc-Tireur, édité dans la clandestinité. Après la mort de leur père, en Bruno Permezel, Résistants à Lyon : , , , BGA Permezel, 1992, France et sa sœur aînée Raymonde rejoignent le mouvement de résistance Franc-TireurGuylaine Guidez, Femmes dans la guerre : 1939-1945, , d. Lavauzelle-Graphic Éditions, 2006, . L'arrière-boutique du magasin sert de dépôt de journaux clandestins. France fait aussi des faux papiers et devient agent de liaison. Le vaste appartement situé au 4e étage du no 4 de la place des Jacobins, est utilisé pour les réunions clandestinesFrancia, , Institut de Paris, , Artemis , 2010 et sert de quartier général à Jean-Pierre Lévy, chef du mouvement Franc Tireur, jusqu'en octobre 1942. Emmanuel d'Astier de la Vigerie, Jean Moulin, et son adjoint Joseph Monjaret, s'y rendent à plusieurs reprises.
Le 24 octobre 1942, la police française perquisitionne l'appartement et trouve des journaux et documents suspects. France est arrêtée avec Micheline Eude-Altman, sa collègue et amie . Celle-ci parvient à cacher les papiers importants. Jean-Pierre Lévy se présente alors à l'appartement. France Pejot, jouant la comédie, parvient à faire croire qu'elle seule est résistante et qu'il n'est pas au courant de son activité, ce qui lui permet d'échapper à l'arrestationJean-Pierre Levy, Dominique Veillon, Mémoires d'un franc-tireur. Itinéraire d'un résistant (1940-1944, 86, Paris, Complexe-CNRS-IHTP, 1998 . Micheline Altman est relâchée 3 semaines plus tard. France Pejot est condamnée à 2 mois de prison. Elle reste détenue jusqu'en à la prison Saint-Joseph de Lyon qui est réservée aux femmes. À la fin de la même année, elle échappe à une arrestation par la Milice.
Elle rejoint Paris où le comité directeur du mouvement Franc-Tireur s'est réfugié et devient agent de liaison pour Franc-Tireur et NAP . Le 30 juin 1944, elle est arrêtée par deux agents de la Gestapo dans un salon de thé, rue Saint Honoré, qui sert de boite aux lettres pour la Résistance. Elle est emmenée rue de la Pompe, siège d'une officine de la Gestapo responsable de nombreuses tortures et exécutions de résistants. Interrogée par Friedrich Berger, elle arrive à le duper et à gagner du temps. Le lendemain, lorsque elle conduit Berger à son logement celui-ci a pu être vidé par ses camarades. Emprisonnée à Fresnes, elle est déportée vers le camp de concentration de Ravensbrück, par le convoi du 1944, dit convoi des 57000.
De Ravensbrück elle est transférée dans les kommandos de Torgau, Abteroda et Markkleeberg. La nuit du 13 avril 1945, lorsque le camp de Markkleeberg est évacué en direction de Dresde, France Pejot parvient, avec cinq camarades, à s'échapper dans un bois proche de Leipzig. Elle est libérée par les troupes américaines quelques jours plus tard, le 18 avril. Elle retourne en France en voyageant sur le toit d'un wagon.
Après-guerre
France Pejot est la mère du musicien Jean-Michel Jarre, né en 1948 de son union avec le compositeur Maurice Jarre en . Puisque celui-ci souhaite poursuivre sa carrière aux États-Unis, le couple divorce cinq ans plus tard. Elle élève son fils seule et s'installe à Vanves, dans la banlieue parisienne. Elle ouvre alors un stand de vêtements pour le théâtre et le cinéma au marché aux puces de la porte de Vanves.
France Pejot meurt à l’âge de , le , dans un hôpital du sud-ouest de la France..
Gérard Collomb, sénateur du Rhône et maire de Lyon, déclare en à l’occasion des cérémonies célébrant la Victoire du 8 mai 1945 : .
Distinctions et hommages Décoration Ruban Observations Officier de la Légion d'honneur par décret du centré|80px Croix de guerre 1939-1945 centré|80px avec palmes Médaille de la Résistance par décret du centré|80px avec rosette
Passage France Péjot
Un passage, rénové et devenu piétonnier et cycliste, sous la gare de Lyon-Perrache dans le arrondissement de Lyon, porte son nom depuis "Lyon : inauguration du passage France Pejot, son fils Jean-Michel Jarre présent" par JD, Lyon Mag, 12 juillet 2020.
Notes et références
Voir aussi Sources Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation Margaret Collins Weitz, Frauen in der Résistance,p. 224-314, éd. Unrast Verlag, 2002, Évelyne Morin-Rotureau (red.), Micheline Eude-Altman, 1939-1945, combats de femmes : Françaises et Allemandes, les oubliées de l'histoire, p. 123-133, éd. Autrement, 2001, Témoignage de Mme Péjot France, épouse Jarre [Vidéocassette] : recueilli le 7 juillet 1997 / Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation
Articles connexes Maurice Jarre | Jean-Michel Jarre Franc-Tireur | Prisons Saint-Paul et Saint-Joseph Convoi des 57000
Liens externes
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