Le Pierre le Grand (, ), est un croiseur à propulsion nucléaire russe de la , quatrième navire de sa classe après l’Amiral Ouchakov, l'Admiral Lazarev et l'Admiral Nakhimov. Il a été commandé par la marine de l'Union soviétique comme croiseur lance-missiles en et lancé en par la marine russe.
Les croiseurs à propulsion nucléaire (CGN, selon le code de classification de l'US Navy) de la classe Kirov ou « Projet 1144 » sont les plus grands et les plus puissants bâtiments de guerre de surface (hormis les porte-aéronefs) ayant été mis en service dans la marine soviétique et tiennent aujourd'hui encore ce rang dans la marine russe.
Leur silhouette est facilement reconnaissable grâce à l'antenne du radar Top-Pair qui est l'une des plus grandes antennes embarquées.
La désignation officielle du type Projet 1144 Orlan, est « croiseur lance-missiles, lourd à propulsion nucléaire ». En raison de leur taille et de leur apparence générale, rappelant celles des anciens bâtiments de ligne de la première moitié du , ces bâtiments sont souvent appelés « croiseurs de bataille » par les observateurs navals occidentaux. Ils auraient joué un rôle non négligeable dans la décision de l'US Navy de réactiver les cuirassés de classe Iowa.
Il pourrait être retiré du service avant 2030.
États de service 1996-2007 Après avoir accompli ses essais en , le bâtiment a été affecté à la Flotte du Nord à la base de Severomorsk et désigné en qualité de vaisseau amiral de la Flotte du Nord. Devant initialement s'appeler le Youri Andropov, il a été renommé Pierre le Grand () après la chute de l'Union soviétique.
Le , le Pierre le Grand conduit en mer de Barents les plus grandes manœuvres menées par la Russie depuis que l'URSS s'est effondrée.
Dans le cadre de ces exercices, le bâtiment devait être la cible du K-141 Koursk, un sous-marin nucléaire de classe et entamait des manœuvres d'évasion lorsque tout contact avec le Koursk fut perdu. Le sous-marin devait, selon la thèse officielle, lancer deux torpilles d'exercice, de type 65-76 (plus familièrement Tolstouchka, « grosse fille ») sur le navire amiral.
L'explosion de ces torpilles, liée à l'usage du peroxyde d'hydrogène comme carburant, causa la perte du sous-marin et de ses d'équipage et interrompit les manœuvres, pourtant lancées en grande pompe par Vladimir Poutine comme preuve de la résurrection de la marine.
Au mois de , le Pierre le Grand est rendu inapte au service par l'amiral en chef de la marine russe Vladimir Kouroïedov, notamment à cause des difficultés liées à l'entretien et à la maintenance du grand bâtiment. L'amiral expose que le croiseur peut exploser à tout moment, mais en même temps indique qu'il pourra faire les réparations dans un délai de deux semaines, ce qui laisse subsister un sérieux doute sur l'état réel du Pierre le Grand.
Le croiseur est donc amarré le au dock flottant PD-50 pour procéder à la peinture de la coque et à l'examen de son gouvernail. Les réparations sont terminées pour que le bâtiment puisse reprendre ses missions en de la même année.
Le croiseur entame le sa première grande croisière, en compagnie du porte-aéronef Amiral Kouznetsov et des destroyers Amiral Tchabanenko et Amiral Ouchakov, qu'il conclura le .
2008-2009 Le , il a été annoncé que le Pierre le Grand naviguerait, de conserve avec le destroyer Amiral Tchabanenko et d'autres navires de soutien, vers la mer des Caraïbes pour participer à des exercices navals avec la marine vénézuélienne. Cette action représenterait la première grande démonstration de force russe dans les Caraïbes depuis la fin de la guerre froide. Le , le Pierre le Grand et l’Amiral Tchabanenko ont quitté leur port d'attache de Severomorsk.
Le , le Pierre le Grand a effectué une escale à Marmaris, en Turquie et du au , le croiseur et l’Amiral Tchabanenko ont effectué une escale à Toulon, en France, avant de quitter la Méditerranée le , en passant par le détroit de Gibraltar.
Le Pierre le Grand est arrivé à La Guaira, au Venezuela, le coïncidant avec une visite du président russe Dmitri Medvedev. Un exercice combiné, VENRUS-200, avec la marine vénézuélienne a eu lieu du au . Après avoir terminé les exercices, l’Amiral Tchabanenko a effectué une courte visite au Panama du au , puis à Bluefields, au Nicaragua, du au avant de mettre le cap sur La Havane, à Cuba, où il arrive le .
Le Pierre le Grand a continué seul jusqu'au Cap, en Afrique du Sud. Le , le chef de l'état-major général russe annonce que le Pierre le Grand et six autres navires de guerre russes participeraient à un exercice naval conjoint avec la marine indienne plus tard le même mois. Le croiseur s'est arrêté pendant trois jours pour visiter Le Cap avant de continuer vers l'Inde.
Le , le Pierre le Grand a quitté le port de Mormugao dans l'État indien de Goa. Après une visite de deux jours qui comprenait un exercice naval avec le destroyer lance-missiles indien , le croiseur repart pour les eaux africaines où le navire rejoint d'autres navires de guerre de la marine russe et mène l'exercice INDRA-2009.
Le , le navire a capturé dix pirates dans trois bateaux au large des côtes somaliennes.
Le , le Pierre le Grand est retourné à son port d'attache de Severomorsk, mettant fin à un déploiement de six mois.
2010 Le , le Pierre le Grand a quitté la Flotte du Nord pour un nouveau déploiement de six mois. Au cours de sa période de service de six mois, le navire de guerre a traversé l'océan Atlantique et la mer Méditerranée avant d'entrer dans l'océan Indien via le canal de Suez. Dans l'océan Indien, le croiseur a mené des manœuvres avec d'autres navires de guerre russes de la flotte de la mer Noire.
Le , le croiseur lance-missiles a visité le port méditerranéen de Tartous en Syrie. En , la Russie aurait été en pourparlers avec la Syrie pour faire de Tartous une base permanente pour les navires de guerre russes au Moyen-Orient.
Début , le Pierre le Grand a rencontré le croiseur Moskva en mer de Chine méridionale. Ils y ont mené des exercices conjoints et organisé une cérémonie d'adieu traditionnelle le . Les deux navires devaient arriver dans le port extrême-oriental russe de Vladivostok pour participer à l'exercice stratégique à grande échelle Vostok-2010.
Le , le Pierre le Grand est retourné à sa base d'attache dans la flotte du Nord après six mois en mer. Le navire amiral de la Flotte du Nord avait parcouru environ marins ( ; ) depuis le début de la mission le .
2013 Début , le Pierre le Grand a dirigé une flottille de navires de la marine russe à travers la Route maritime du Nord en vue de la mise en place de patrouilles régulières.
2014 thumb|HMS Dragon avec le Pierre le Grand en mai 2014 dans la Manche Le Pierre le Grand avec le porte-avions Amiral Kouznetsov et les pétroliers Sergey Osipov, Kama et Dubna ; le remorqueur Altay et le navire de débarquement de classe Ropucha Minsk sont entrés dans la Manche pour naviguer vers le nord. Le destroyer britannique a surveillé la formation russe alors qu'elle s'approchait des eaux du Royaume-Uni. Une fois que les navires se sont repérés, ils ont navigué brièvement à proximité avec un « meet and greet » standard.
Le Pierre le Grand entre au chantier naval Sevmash de Severodvinsk pour une modernisation longue durée avec (entre-autres) l'intégration des missiles hypersoniques 3M22 Tsirkon (code OTAN SS-N-33) à la place des P-700 Granit..
Armement Le croiseur lance-missiles Pierre le Grand est un des navires le plus moderne et le plus puissant de la marine russe, ainsi qu'un des navires de frappe le plus puissant au monde. Ce navire a la possibilité d'atteindre des cibles de surface et de protéger des convois maritimes contre des attaques aériennes et sous-marines. Il a une autonomie de croisière illimitée due à sa propulsion nucléaire, et est équipé de missiles de croisière, capables de frapper des cibles jusqu’à une distance de .
Ce croiseur lance-missiles est doté du système de missile antinavires « Granit » développé par NPO Machinostroïenia, il est équipé de de lancement verticales SM-233 qui sont équipés de missiles P-700 Granit, installés sous le pont supérieur avec un angle d'élévation de 60°. La longueur du missile est de , le calibre est de et sa masse au décollage s'élève à .
La tête de combat est un monobloc nucléaire (), conventionnel ( d’explosifs) ou ogive air-combustible (explosion volumétrique). Le champ de tir est de , la vitesse de vol est de Mach 1,6 (en basse altitude) jusque Mach 2,5 (en haute altitude). Les missiles ont un programme d’attaque de cible à plusieurs variables, une immunité au bruit accrue et sont conçus pour attaquer des cibles de groupe. Lors du tir à la salve, l'un d'entre eux doit se trouver à haute altitude pour élargir la portée de détection de l'ennemi et partager des informations avec les autres, qui se dispersent littéralement à la surface de l'eau. Dans le cas de la destruction du missile leader, sa place est automatiquement prise par l'un des missiles esclaves.
La désignation et le ciblage d'objectif au-delà de l'horizon peuvent être effectués par un avion Tu-95RT, un hélicoptère Ka-25C ou un système de reconnaissance et de ciblage spatial.
Le navire est équipé du complexe antiaérien S-300F « Reef », qui comprend 12 lanceurs et 96 missiles à lancement vertical.
Il existe également un système antiaérien embarqué autonome « ». Chaque unité centrale de type tambour sous-plate-forme est équipée de 8 missiles 9M330-2 à combustible solide à un étage. Le stock total s'élève à 128 missiles.
Le croiseur est armé du complexe de missiles antiaériens et d'artillerie « Kortik » qui assure la défense du navire contre un certain nombre d'armes « précises », notamment des missiles antinavires et antiradars, des bombes aériennes, des avions et des hélicoptères ou des navires de petit tonnage. Chaque unité dispose de deux montures d’artillerie AK-630M1-2 de calibre et de six canons, ainsi que de deux canons de calibre OA-18KD selon le système Gatling, avec une cadence de tir et de deux blocs de 4 missiles 4M311 (SA-N-11) avec fragmentation ogive et fusées de proximité. 16 autres missiles sont positionnés dans la tourelle. Les missiles sont unifiés avec le missile 2S6 « Tunguska ». Le système de contrôle du système de défense aérienne Dirk se compose de systèmes de radars et d'écrans reliés entre eux par l'utilisation d'éléments d'intelligence artificielle. Deux installations du système de missiles de défense aérienne Kortik sont situées à l'avant du navire, des deux côtés du PU Granit, les quatre autres sont situées à l'arrière de la superstructure principale.
En outre, le croiseur Pierre le Grand est équipé de montures de canons automatiques polyvalents AK-130 (calibre ) avec une portée de tir de et une cadence de tir de 20 à 80 coups par minute pour une batterie de 2 canons. Les projectiles sont à fragmentation hautement explosive. Le système de contrôle de tir MR-184 permet de suivre et de tirer simultanément deux cibles.
Le croiseur est également armé de deux complexes anti-sous-marins RPK-6M (5 lanceurs sur chaque bord), torpille-missile de de diamètre, dont les torpilles sont capables d’attaquer les sous-marins ennemis à une distance maximale de . La torpille compacte UMGT-1 est utilisée comme tête de combat.