Les Embolomeri, ou embolomères, forment un ordre fossile de Tétrapodes basaux, historiquement classés parmi les reptiliomorphes. Ils vécurent du Carbonifère au Trias.

Apparus au cours du Carbonifère inférieur (Mississippien), ils représentaient les tétrapodes prédateurs les plus grands et les plus prospères du Carbonifère supérieur (Pennsylvanien). Il s'agissait de prédateurs semi-aquatiques spécialisés, dotés d'un corps allongé leur permettant une nage ondulatoire semblable à celle des anguilles. Les embolomères se distinguent par la structure de leurs centres vertébraux, composés de deux segments cylindriques de taille égale : le pleurocentre à l'arrière et l'intercentre à l'avant. Chez la plupart des autres tétrapodes, ces deux éléments diffèrent considérablement par leur taille et leur forme.

Les embolomères figurent parmi les premiers grands tétrapodes carnivores ; des formes telles que Proterogyrinus, à l'allure de crocodile, sont apparues dès l'étage Viséen du Carbonifère. Leur diversité a décliné au cours du Permien, bien qu'au moins un représentant (Archeria) ait été abondant au début de cette période. Les embolomères se sont éteints peu avant la fin du Permien.

Description

Les embolomères se caractérisent par un crâne haut et étroit ainsi que par un corps allongé, constitué de vertèbres aux pleurocentres discoïdes alternant avec des intercentres de forme similaire. Certains embolomères pouvaient atteindre une grande taille, comme Pholiderpeton qui mesurait de long, tandis que d'autres étaient nettement plus petits. Certaines dents étaient particulièrement développées, prenant l'aspect de défenses.

Paléoécologie et paléobiologie On considère que les embolomères étaient des prédateurs aquatiques occupant une niche écologique comparable à celle des crocodiliens actuels.

Des spécimens juvéniles (probablement des nouveau-nés) d'embolomères découverts à Mazon Creek indiquent qu'ils connaissaient un développement direct plutôt qu'une métamorphose, contrairement à la plupart des amphibiens actuels. Ces jeunes individus sont dépourvus de branchies externes mais possèdent un volumineux sac vitellin interne, une queue haute, des membres antérieurs réduits et de larges lèvres charnues et résistantes (rappelant celles de certains têtards). Le fémur est ossifié, mais les membres postérieurs pourraient encore être internes à ce stade précoce du développement.

Phylogénie Les embolomères semblent proches des amniotes, possédant comme eux un contact entre les os tabulaires (à l'arrière du crâne) et pariétaux. Comme chez les amniotes, l'interclavicule présente un processus antérieur. De plus le condyle occipital est simple. Tous ces arguments appuient l'idée d'une étroite parenté entre les embolomères et les amniotes. Toutefois, certains de ces caractères sont maintenant considérés comme des symplésiomorphies, et non plus comme des synapomorphies. Ils seraient donc apparus avant ce que l'on avait d'abord envisagé. Le statut plus ou moins dérivé des embolomères reste donc discuté. En tout état de cause, ils sont plus proches parents du groupe comprenant les amniotes et les seymouriamorphes que des temnospondyles et des ichthyostegidés.

De nombreuses études menées depuis les années 1990 ont également placé le groupe des Lepospondyli plus près des amniotes que ne l'étaient les embolomères. Les lépospondyles constituent un groupe de tétrapodes particulièrement atypique : certains de leurs membres (comme les brachystéléchidés) ressemblent beaucoup aux lissamphibiens, tandis que d'autres (comme les tuditanidés) présentent une grande ressemblance avec les amniotes. Si les lépospondyles sont à la fois étroitement apparentés aux amniotes et les ancêtres des amphibiens modernes, cela implique que le groupe des tétrapodes apicaux (les descendants de l'ancêtre commun à tous les tétrapodes actuels) est bien plus restreint qu'on ne le pensait auparavant. Dans ce scénario, divers ordres traditionnels de tétrapodes, tels que les Embolomeri et les Temnospondyli, seraient en réalité considérés comme des tétrapodes basaux, car ils auraient évolué avant la divergence entre les amphibiens modernes et les amniotes.

Toutefois, la plupart des auteurs considèrent les temnospondyles comme les ancêtres des amphibiens modernes. Cela suggère que les embolomères sont probablement des reptiliomorphes (plus proches des reptiles) et qu'ils appartiennent au clade des tétrapodes. Cependant, cette classification elle-même n'est pas figée, car de nombreuses analyses récentes situent les embolomères dans une position plus basale que celle des temnospondyles. De nouvelles données fossiles renforcent l'hypothèse selon laquelle les Embolomeri se situeraient en dehors du groupe des tétrapodes ; cette position s'appuie sur des caractères anatomiques plésiomorphes propres à ce groupe, notamment la présence d'une nageoire caudale et de traits par ailleurs observés uniquement chez les tétrapodes basaux, comme une ouverture entre les os de la boîte crânienne appelée fissure basicrânienne.

Ci-dessous figure un cladogramme issu de Ruta (2003) :

Cladogramme d'après Pardo, 2024:

Notes et références

Liens externes

† Catégorie:Reptiliomorphe (nom scientifique) Catégorie:Taxon fossile décrit en 1885