Le Cannet est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont appelés les Cannettans.
Géographie Localisation Chef-lieu de canton, la ville se situe à environ de la mer Méditerranée, au nord des plages et des ports de Cannes. Elle est aussi appelée « le Madère de la France », surnom que l'on doit au docteur Pietra Santa, qui la nomma ainsi en découvrant la ville en 1862, alors qu'il revenait de l'île de Madère. La ville bénéficie d’une vue panoramique sur les îles de Lérins, jusqu'au massif de l'Esterel.
À l'instar de Rome (voir les sept collines de la Rome antique), Le Cannet porte sept collines sur le territoire de sa commune : le Pézou, la Colle, le Bosquet, Serra Capeou, les Clauvins, Font-Marie et les Bréguières. Une importante route romaine, la Via Aurelia (prolongement de la Via Julia Augusta), qui reliait Arles à Rome, passe par les collines, et sa trace est encore visible de nos jours.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Var, Alpes-Maritimes, caractérisée par une pluviométrie abondante en automne et en hiver (250 à en automne), un très bon ensoleillement en été (fraction d’insolation > 75 %), un hiver doux () et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Cannes à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Le Cannet est catégorisée grand centre urbain, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Nice, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Cannes - Antibes, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (89,6 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (87,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (83,1 %), forêts (9,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (6,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,6 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Morphologie urbaine
Le Cannet comporte 7 quartiers qui ont leur vie propre. D'est en ouest : Le Haut Cannet : avec ses luxueuses villas et résidences, c'est le prolongement naturel de Super Cannes vers le nord ; Le vieux Cannet (appelé également « Le Cannet Mairie ») : cœur historique de la ville, il foisonne d'un riche patrimoine culturel/architectural (chapelles, églises, tours...) et artistique (de nombreux artisans d'arts sont présents le long de la rue Saint-Sauveur, principale voie piétonne). Les anciens hameaux (tirant leurs noms des familles fondatrices de la ville : Les Dany, les Ardisson, les Calvy...) entourent le vieux Cannet et forment un « tampon » entre ce cœur ancien et la ville moderne qui s'est constituée à partir du ; Le Bas Cannet connu à travers le Boulevard Sadi Carnot, et le rond-point de Grande-Bretagne, il trace la frontière avec Cannes ; Rocheville : c'est à la fois le plus étendu et le plus peuplé des quartiers. Véritable « ville dans la ville » et actuellement en pleine restructuration, le quartier assure l'avenir économique de la cité dans son ensemble ; Les Mimosas : c'est un quartier à mi-chemin entre Rocheville et l'Aubarède, qui est essentiellement résidentiel ; L'Aubarède : c'est ici que se situe le complexe événementiel et sportif de La Palestre ; Garibondy : quartier le plus occidental, il est géographiquement en marge, mais a été rattaché à la commune dès les années 1970, grâce au Chemin de Carimaï.
Toponymie Le Cannet se situe directement au nord de Cannes, la toponymie « Cannes » et « Le Cannet » est similaire. Le nom de la commune provient du mot ligure Canoa signifiant « hauteur » ou « piton » et se rapportant au lieu antique d’occupation humaine sur la colline du SuquetOrigine du nom de la commune sur son site officiel. Consulté le 21/08/2010..
Histoire
Très tôt, le site du Cannet a été occupé par les Romains qui s'installent, plantent des oliviers et baptisent l'endroit Olivetum. Le Cannet devient très vite une cité romaine, où les voyageurs s’arrêtent, en effet la Via Aurelia, qui relie Rome à Arles traverse le territoire actuel du Cannet, et la Via Aurelia est toujours présente dans le quartier du Haut-Cannet.
Entre 400 et 410, le moine Saint-Honorat s'y installa, il y fonda un monastère, qui était alors le « pied sur le continent » pour les moines des îles de Lérins, situées dans la baie de Cannes.
Au , les moines de Lérins font venir des familles provenant du val d'Oneille (aujourd'hui, un quartier de la ville d'Imperia) en Italie pour défricher et mettre en culture les terres. En 1441, l'abbaye de Lérins concède à Sylvestre Calvy des terres cultivables au Cannet (c'est ce qui est rapporté dans le plus vieux document connu de la ville). Cent quarante familles s'installent au Cannet entre 1441 et 1500 et certaines d'entre elles donneront leur nom aux quartiers de la ville : les familles Dany, Ardisson, Calvy et autres Cavasse, Escarasse, Gallou, Gazan, Gourrin, Michel, Perrissol, Pissarel, Sardou, etc. se répartissent en hameaux tout autour des terres cultivables appelées « le près » (actuel centre-ville et quartier historique) notamment dans ce qui est aujourd'hui le square du Tivoli.
Au , les moines et les habitants construisent la tour des Danys, qui a essentiellement des fonctions défensives pour protéger l'entrée de la ville. Cette tour fait partie intégrante du patrimoine historique cannétan, on peut la voir en haut de la rue de Cannes.
Sous l'Ancien Régime, la ville du Cannet est essentiellement centrée sur deux axes, le Vieux-Cannet actuel, et Rocheville. C'est dans le centre du Vieux-Cannet que se trouve l'essentiel de la population. Ce centre est alors découpé en deux : au sud, l'église Sainte-Catherine qui est la fondation même du « sous-quartier » Sainte-Catherine, et au nord, le sous-quartier Saint-Sauveur. Le nord n'ayant pas d'église propre, les paroissiens décident de construire l'église Sainte-Philomène : cette église est donc une propriété privée qui appartient à la paroisse. Quant à Rocheville, bien moins de personnes y vivent : le quartier est animé par sa place — l’actuelle « place Foch » — et par son église, qui est le plus grand édifice religieux cannettan, l'église Saint-Charles.
« L'an de grâce » pour la commune cannétane est l'année 1774, le précisément, date à laquelle le roi érige, par un arrêt royal, le Cannet en commune indépendante de Cannes et de Mougins, les communes voisines. Le territoire cannettan est d'ailleurs issu des parcelles appartenant à ces deux communes selon cet arrêt royal : la parcelle mouginoise (nommée « les Bréguières ») est cédée en 1852 ; cependant, ce n'est que le que l'arrêt royal instaurant la commune du Cannet est enregistré par le Parlement de Provence.
La conclusion des accords de Munich fin (entre le Troisième Reich, la France, le Royaume-Uni et l’Italie) suscite un soulagement et une joie profonde : contrairement aux usages, le conseil municipal attribue le nom du président du Conseil en exercice et encore en vie, Édouard Daladier, à une rue ; le co-négociateur, Neville Chamberlain, reçoit un hommage équivalent. Dès fin 1939, le même Daladier organise la chasse aux noms de rues évoquant le communisme..
Après 1940, le régime de Vichy applique sa politique rapidement, y compris dans le domaine du symbolique. C’est ainsi que, s’appuyant sur des dispositions remontant aux derniers mois de la Troisième République, il impose la débaptisation de rues dont le nom ne concorde pas avec ses valeurs, notamment celles évoquant l’Angleterre (anglophobie), les Juifs (antisémitisme), le communisme, etc. C’est alors que la rue de Londres et la rue Neville-Chamberlain sont débaptisées () : la première est renommée en l’honneur de Dunkerque afin de stigmatiser la perfidie anglaise ; une voie est nommée d’après le général Huntziger, mort accidentellement en avion, pourtant en partie responsable de la défaite française à la suite de la percée de Sedan en .
Le a permis le développement de la commune, mais ce n'est que dans la seconde moitié du que la ville prend sa forme actuelle, notamment par le développement du quartier de Rocheville, qui est aujourd'hui le centre d’impulsion économique de la commune, également par l’aménagement des quartiers de l'Aubarède et des Mimosas, mais aussi par la « conquête de l'Ouest » dans les années 1970, et le regain d'intérêt pour le quartier de Garibondy, le plus occidental. En effet, ce quartier était isolé du reste de la commune, les habitants devaient passer par la commune voisine de Cannes pour rejoindre le reste de la commune du Cannet, mais à partir des années 1970 et après la construction du « chemin de Carimaï » qui trace la frontière cannétano-mouginoise, Garibonby est enfin rattaché au reste de la ville.
Le quartier du Bas-Cannet qui comprend notamment le boulevard Sadi-Carnot a toujours été un axe principal, notamment dans les années 1930, lorsque le tramway le traversait et reliait Le Cannet à Cannes.