Nicholas CrispeCrispe Family and the African Trade in the Seventeenth Century R. Porter The Journal of African History, Vol. 9, No. 1 (1968), pp. 57-77(article de 21 pages) Published by: Cambridge University Press Stable URL: https://www.jstor.org/stable/179920 ou Crisp. (1598 - ), baronnet, marchand d'esclaves, armateur et député au parlement anglais, était le fondateur de la Guinea Company, une compagnie commerciale anglaise fondée en 1618 pour le commerce sur les côtes de l'Afrique, et devint en 1625 son principal bénéficiaire. C'était l'un des très proches du roi Charles , décapité en 1649, lui-même étant alors contraint de se réfugier en France.

Il est le premier britannique à avoir pratiqué la traite négrière, par le biais d'un monopole royal, qui lui a été retiré par le Parlement en 1640 au début de la première révolution anglaise.

Parcours Fils d'Ellis Crispe, shérif de Londres, il débuta par une fabrique de briques puis se lança dans la fabrication de verroteries à Hammersmith, en Angleterre. Son domicile londonien était Bread Street. Il a importé de la soie, de l'indigo, de l'or et des coquillages. Sa société a réalisé un profit d'un demi-million de sterling au cours des 11 à 12 années qui ont suivi 1632.

Deux de ses frères ont épousé des filles d'un de ses associés, Rowland Wilson"Advancing Empire" par L. H. Roper en 2017, Cambridge University Press, page 176 .

Il est favorable à la répression de la révolte irlandaise et le roi l'avait anobli dès le . Négoce d'or, ivoire et bois de teinture en Afrique Les Aventuriers du Sénégal avaient obtenu en 1588 un monopole de dix ans, tout comme la Compagnie de Biemba en 1618, appelée aussi Guinea Company, qui est suspendu en 1624 au moment de l'activisme parlementaires contre les monopoles mais le site ghanéen de Kormantin avait déjà été visité en 1598 au moins par les PortugaisGhanaian pidgin English in its West African context, par Magnus Huber, page 32.

Le site de Kormantin fut d'abord ignoré par les Portugais puis les Hollandais, malgré une offre en 1624 d'un chef africain local pour commercer. Jusqu'en 1640, les Britanniques n'ont pas d'intérêt pour les esclaves en Afrique"The North Atlantic World in the Seventeenth Century" par K. G. Davies ·en 1974, University of Minnesota Press et ne vont que sur les lieux d'autres approvisionnements (or, ivoire et bois de teinture). Leur premier fort, Kormantin, est construit en 1638, sans que cela témoigne d'un intérêt pour l'esclavage mais Crispe est bien le moteur de cette activité africaine depuis les années 1630.

En 1631, Arent Groote, un ancien employé mécontent de la Dutch West India Company, propose le site du fort aux Anglais en se vantant d'avoir l'accord du chef de l’État africain Fanti pour des droits commerciaux exclusifs. Et en 1631 et 1632, Nicholas Crispe reçoit un monopole sur l'importation de tous les produits d'Afrique y compris l'or.

Arent de Groot arriva en avec quatre navires sur le site de Komenda (Ghana). Il s'installa aussi à Kormantin, où un petit fort en bois fut érigé, et négocia un traité commercial avec les populations de l'ethnie des Fantis, sur les deux sites. Cependant, dès , la population de Komenda obligea les négociants blancs à abandonner la construction de leur fort, qui n'était pas achevée. Le commerce à Kormantin est modeste et surtout effectué via les navires jusqu'en 1635 tandis qu'un navire hollandais est accepté au même endroit par les locaux, pour faire jouer la concurrence.

À Kormantin, il fallut attendre l'arrivée de nouveaux bateaux au milieu des années 1630 pour le développement du site.

Contexte créé par l'arrivée des Hollandais en Angola En , l'escadre hollandaise de l’amiral Cornelis Jol, prend en Angola le plus grand fort portugais, Luanda, capitale de la colonie.

Les Britanniques ont commencé à s’approvisionner sur les côtes de l’Angola quelques années après 1641, mais indirectement et très progressivment.

Dom Francisco Franque et le prince José du Ngoyo, deux notables locaux approchent les trafiquants anglais. En 1642, deux négriers anglais tentent de cèder aux Espagnols environ deux mille esclaves acquis des Néerlandais en Angola.

C'est au cours de ces années que Crispe créé un "dépôt d'esclaves", achetés à d'autres négriers, à Kormantin, Fort qui avait jusque là été utilisé pour réapprovisionner les navires qui partent pour l'Inde ou en reviennent. Au même moment, l'île de la Barbade, aux Antilles anglaises, passe le cap d'un millier d'esclaves importés au cours de l'année 1645. Richard Ligon, présent à la Barbade en 1648-1649 a signalé dans son récit écrit plus tard en 1673 la présence d’esclaves venus d’Angola.

À une mais sans doute proche, les Anglais ont tenté eux-mêmes de trafiquer sur la côte de l’Angola et du royaume Kongo, mais se sont heurtés durablement au gouverneur portugais, selon l’historien américain John K. Thornton. Lorsqu'ils tenteront une décennie au moins plus tard à nouveau d'opérer en 1659, l'Angola sequestre pendant deux ans les marins du navire anglais Hopewell.

Traite négrière sur la Côte de l'Or Chrispe fut un des bâtisseurs de la chaîne des forts de commerce du littoral ghanéen, construite entre 1482 et 1784 par des Portugais, Hollandais, Anglais, Suédois, Danois, Brandebourgeois et Français, dans , avec plus de 50 comptoirs fortifiés sur à peine de côte, ou de quarante forts sur une distance de "Traite, esclavage et fortifications dans l’Ouest africain ()" par Jean-Michel Deveau, dans la revue EchoGéo en 2007 .

En 1482, Diogo de Azambuja, partit à El Mina avec , dont une centaine de maçons, à la tête de dix caravelles. Dès 1503, les apports d'or y que le gouverneur d'El Mina écrivait au roi du Portugal pour le supplier d'investir dans la sécurité. Dès leurs premiers voyages d’exploration, les Portugais croyaient y avoir trouvé l’Eldorado. Les mines du nord guanéennes connaissaient alors une pleine exploitation dont les musulmans exportaient la presque totalité par le Sahara. En 1515, les Portugais, chassés par des villageois d'El Mina, érigent un autre fort, Saint-Antoine d'Axim, près du village d'Axim et acquièrent des terres.

AU et dans la première partie du suivant, la traite des esclaves portugaise se concentre sur le Congo et l'Angola, la région de la Côte de l'Or étant réservée à l'approvisionnement en or "Relations commerciales et culturelles entre le Brésil et le Golfe du Bénin", par Pierre Verger, article dans le Journal de la société des américanistes en 1969 , via des réseaux de coopération avec les populations locales, relations très différentes de celle de l'Angola et du Congo. Et ainsi « vers 1610-1620, pour permettre à El Mina le commerce de l'or en particulier, alors en décadence, les Portugais décident qu'aucun Noir à dix lieues dans l'intérieur et le long de la côte ne sera capturé ni vendu »"Le Portugal et l'Atlantique au XVIIe siècle, 1570-1670" par Frédéric Mauro en 1960, cité par Pierre Verger dans "Relations commerciales et culturelles entre le Brésil et le Golfe du Bénin", article dans le Journal de la société des américanistes en 1969 . Si les Portugais utilisent, quelquefois, des esclaves au Ghanba, ils sont issus du Congo, 1500 km plus au sud et non pas achetés mais vendu quand cela permet d'acquérir de l'or. Ils vendent aussi tissus et fer et autres marchandises, à créditRevue des sciences humaines et des civilisations africaines Décembre 2018 , mais pas d'armes à feu car ils veulent éviter les conflits entre peuples locaux qui pourraient couper la route de l'or. Les Anglais prennent eux leurs premiers esclaves au Bénin, évitant d'en prendre sur la côte de l'or lors de leurs premières décennies, même quand ils s’arrêtent pour s'avitailler.

La concurrence débute entre Européens lors d'une colline , puis Saint-Antoine d'Axim via un petit fort du pays d'Iguira, abandonné par les Portugais selon à cause de la grande concurrence hollandaise et parce qu'ils trouvaient de l'argent au lieu d'or. Ainsi au début du XVIIe siècle, le «royaume» d'Axim ne s'opposait pas à la pénétration des Portugais dans le bassin du fleuve Ankobra, selon l'historien hollandais Albert van Dantzig, même si le Français Jean-Michel Deveau souligne l'inverse et relate qu'en 1623, les riverains de l’Ankobra attaquent une autre expédition portugaise remontant vers le nord pour ouvrir une mine à Aboasi, où le Fort Duma venait d'être érigé à 35 km d'Axim sur les rives de l'Ankobra la même année 1623"L’État de Benyinli et la naissance du peuple nzema : du royaume Aduvolé, XVe siècle- XIXe siècle, Thèse de 3e cycle, Histoire, Université Nationale de Côte d’Ivoire, par René Allou Kouamé, en 1988, pour y extraire de l'or. En 1636, un tremblement de terre endommageant la mine et Fort Duma, les Portugais l'abandonnent. Les Hollandais reprendront ce fort, appelé Brofonson par les Africains, en 1653"Power and State Formation in West Africa Appolonia from the Sixteenth to the Eighteenth Century" par P. Valsecchi en 2011 .

Retrouvée dans les années 1950 "Le continent africain au milieu du siècle, perspectives et problèmes de la mise en valeur économique" par René Laure en 1952, page 170 comme ayant la plus forte teneur mondiale en or au mondeCroissance des jeunes nations en 1973, avec des gisements filoniens de 39 grammes à la tonne de tout venant, la mine d'Obuasi rouvrira dès la fin du , puis assurera au un demi-million d'onces d'or par an. Les Akan furent d'abord intégrés au royaume Denkyera, basé à côté de cette mine, la plus riche de tout le Guana à l'époque portugaise, et sa première version, Bono Manso, négociait son or avec les Mande de la boucle du Niger Bend et les Mossi puis avec tous les forts européens du "Gold-mining and trading among the Ashanti of Ghana" par Kwame Arhin, dans le Journal des Africanistes en 1978 dans lesquels la traite des esclaves ne remplace l'or qu'à la fin du 17e siècle, quand une guerre oppose les Ashanti, qui n'avaient pas accès à l'océan ni à l'or, et le royaume Denkyera en 1701–1702.

Après avoir conquis El Mina en 1637, les Hollandais ont attendu la reddition des derniers Portugais du Fort Saint-Antoine d'Axim: en un délégué fut reçu au château d'Elmina par le général Ruychaver pour lui confier que « les habitants ne reçoivent plus rien de la part des Portugais »"La « Juridiction » du Fort Saint-Antoine d'Axim" par Albert van Dantzig dans la revue d'histoire Outre-Mers en 1979 .

Sa garnison s'était réfugiée chez les Encasser, un peuple de l'intérieur, pour mener six mois une guérilla contre les Hollandais. Les derniers Portugais furent embarqués en sur un vaisseau anglais. Les «Encasser», selon les anciennes cartes, appartenaient largement aux régions aurifères du Sud-Ouest ghanéen. Les premières années, la présence des Hollandais à Axim est assez modeste. Un traité enjoint de payer le droit du cinquième de la pêche et précise que .

Les Hollandais se plaignent de n'avoir reçu que 376 onces d'or au fort. En 1647, les gens du Fort Saint-Antoine d'Axim, excités par des marchands anglais, se refusent à nourrir la garnison et tuent un soldat hollandais mais Henry Caerlof .

Puis en 1649, il se prête aux projets d'un groupe formé autour de Laurens de Geer, fils du métallurgiste célèbre Louis De Geer et propose de nouveaux comptoirs comme Butri en Ahanta et Jumore en Appolonie. Le représentant la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales se tourne ainsi vers la Compagnie suédoise d'Afrique pour bâtir le futur Fort Christiansborg, d'abord appelé Fort Osu.