Le rio Paraná est un fleuve qui s'écoule des hauts plateaux brésiliens vers l'Argentine pour se jeter dans l'océan Atlantique à travers le río de la Plata. Avec ses affluents, il constitue le sixième réseau hydrographique du monde et le troisième d'Amérique.
Long de , ce fleuve impressionne tant par l'impétuosité de son cours supérieur que par la largeur de son cours argentin moyen et inférieur. Sa largeur dans sa partie mésopotamienne est à l'origine de son nom : Paraná signifie en effet « parent de la mer » en guarani. Il donne son nom à l'un des États du Brésil, ainsi qu'à la capitale de la province argentine d'Entre Ríos qu'il traverse.
De sa source à son confluent avec le río Paraguay, il s'agit typiquement d'un cours d'eau de plateau avec cascades et rapides par endroits. À partir de ce confluent, il devient un large fleuve de plaine qui serpente lentement en alimentant bras collatéraux, étangs et marécages, formant de nombreuses îles.
Le fleuve subit une sécheresse historique de à qui fait chuter son débit.. En , l'Argentine annonce que le fleuve a retrouvé son niveau normal..
Cours du fleuve Le Rio Paraná est formé de la confluence de deux puissantes rivières, le rio Paranaíba et le rio Grande au Brésil méridional. À cet endroit, le fleuve doit encore parcourir avant d'atteindre l'Atlantique (les distances et les kilomètres se calculent jusqu'à Buenos Aires). Après ce confluent, le fleuve coule en direction du sud-sud-ouest sur environ avant de rencontrer la ville de Salto del Guairá au Paraguay. C'était l'endroit où se situait la cascade des Sept Chutes, où le Paraná s'engouffrait dans une série de sept énormes cascades de faible hauteur mais de puissant débit. Ce site était réputé rivaliser avec les fameuses chutes d'Iguazú situées plus au sud. Mais depuis lors, ces cascades ont été submergées par le réservoir artificiel créé par la construction du barrage d'Itaipu entré en service en 1984.
Pendant les suivants, le Paraná coule droit vers le sud et forme une frontière naturelle entre le Paraguay et le Brésil, jusqu'à son confluent avec le rio Iguaçu. C'est peu avant ce confluent que le fleuve est barré par l'impressionnant barrage d'Itaipú, qui a créé un immense lac artificiel derrière lui. vignette|right|280px|Vue du rio Paraná depuis la ville argentine de Rosario. vignette|right|280px|La naissance du rio Paraná proprement dit, au niveau du lac de barrage d'Ilha Solteira au Brésil. Au centre coulant du nord au sud, le rio Paranaíba ; à droite, venu du nord-est, le rio Grande (vu par le satellite Spot).
Après le confluent de l'Iguaçu, le Paraná forme la frontière naturelle entre l'Argentine et le Paraguay. Le fleuve poursuit son cours général vers le sud sur environ , avant de tourner graduellement vers l'ouest sur une nouvelle section de , après quoi il rencontre le plus gros affluent de tout son parcours, le río Paraguay. Mais avant ce confluent, le fleuve passe par une seconde réalisation hydroélectrique majeure, le barrage de Yacyretá, projet conjoint entre le Paraguay et l'Argentine. Le réservoir gigantesque créé par le barrage a été la source de nombreux problèmes dans cette zone fort peuplée : après l'achèvement du projet, les eaux ont fortement monté et ont inondé de larges sections des parties basses des villes alentour. Ce problème a surtout concerné les résidents et commerçants les plus pauvres qui habitaient les bas-quartiers de la ville d'Encarnación, la plus grande ville du sud du Paraguay, située à la frontière à cet endroit.
Après son confluent avec le río Paraguay, le Paraná effectue un brusque tournant vers le sud, pour un trajet approximatif de à travers l'Argentine, terminant sa course par une courbe douce vers l'est, près de la grande cité de Rosario, pour un secteur final de moins de , avant de mêler ses eaux avec le fleuve Uruguay et former ainsi le Río de la Plata qui constitue une gigantesque embouchure dans l'océan Atlantique. Dans la dernière partie de son cours argentin, en aval de la ville de Diamante, il se divise en différents bras et forme le delta du Paraná, une longue plaine inondable qui atteint de large et a une superficie de , soit la moitié de celle des Pays-Bas.
Les chiffres décrivant sa longueur sont variables, à cause de l'imprécision de l'endroit de sa source, vu qu'il possède deux branches mères. C'est un problème pour plusieurs grands fleuves d'Amérique du Sud et notamment pour l'Amazone. Comme pour ce dernier, il est de rigueur de prendre la source de la branche mère la plus longue comme source du grand fleuve. En l'occurrence, c'est le rio Grande brésilien. On retient donc le chiffre de de long pour le rio Paraná entre sa source et Buenos Aires, à quoi il faut encore ajouter quelque pour le río de la Plata.
Du point de vue de la navigation, le fleuve se divise en quatre sections.
SectionKilométragede la sectionKilométragedepuis Buenos AiresBuenos Aires-Santa Fe580580Santa Fe-ItaipuItaipu-Confluencebranches mères789Rio Grande brésilien
Subdivisions et affluents thumb|right|280px|Carte du Bassin du haut Paraná brésilien, avec détails pour les affluents dans ce bassin.
La superficie de son bassin est estimée à . Sans le bassin du río Paraguay, il a encore une superficie de approximativement.
Son cours comprend trois secteurs bien différenciés : le haut Paraná, depuis sa naissance jusqu'à l'île argentine d'Apipé, c'est-à-dire au pied du barrage de Yaciretá (donc au nord de la province de Corrientes). Ce cours supérieur est re-divisé en deux sous-secteurs : le haut Paraná brésilien, et le haut Paraná frontalier ; le Paraná moyen depuis Apipé jusqu'à la ville de Rosario où il atteint une largeur de plus de ; le bas Paraná, qui va depuis Rosario jusqu'à son embouchure dans le río de la Plata.
Les deux branches principales de son delta sont le Paraná de las Palmas et le Paraná Guazú.
Ses principaux affluents sont, entre autres, les rivières rio Tietê, rio Paranapanema et rio Iguaçu, au Brésil, le río Paraguay au Paraguay et le río Salado, le río Corriente et le río Carcarañá en Argentine.
Secteur brésilien du haut Paraná Le bassin du haut Paraná est quasi totalement situé au Brésil et s'étend sur des régions parmi les plus densément peuplées du pays. Sa superficie est de , soit 34,5 % ou un gros tiers du bassin total du fleuve.
Peu après la formation du Paraná par la confluence de ses deux branches mères, le fleuve est barré par le barrage d'Ilha Solteira (au par rapport à Buenos Aires), puis par le barrage de Jupiá (au ), qui se trouve à en aval de l'embouchure du rio Tietê. Suivent deux autres barrages : celui de Porto Primavera (au km ) et celui de Ilha Grande (au ). Enfin, le dernier des barrages brésiliens sur le Paraná est le barrage d'Itaipu (au ).
Les deux rivières mères du fleuve sont abondantes, comme toutes celles qui alimentent le Paraná brésilien. Leurs débits respectifs à la confluence sont (Paranaiba) et (rio Grande).
Dans le secteur brésilien du haut Paraná, le fleuve reçoit nombre d'affluents, tant de droite que de gauche.
Parmi les affluents de gauche, venus de l'est, le principal est le rio Tietê, devenu presque entièrement navigable grâce à un véritable chapelet de barrages et d'écluses. Le rio Tietê traverse la mégapole de São Paulo ainsi que l'État de São Paulo, de part en part, ce qui donne une idée de son importance pour l'économie brésilienne. Le rio Paranapanema est un autre affluent important de la rive gauche qui possède un bassin étendu dans les États de São Paulo et de Paraná et qui est doté dans son cours inférieur de trois centrales liées aux barrages de Capivara, Taquaruçu et Rosana.
Parmi les autres affluents de la rive gauche figurent les rios Ivaí et Piquiri, et surtout le rio Iguaçu au débit abondant () et célèbre pour les Chutes d'Iguazú.
thumb|center|800px|Chutes d'Iguazú.
Les affluents de la rive droite du haut Paraná brésilien, tous issus du Mato Grosso do Sul, sont bien moins importants. Cependant, le rio Sucuriú, le rio Verde, le rio Pardo, le rio Invinhema et le rio Amambai possèdent chacun, dans leur cours inférieur, donc communiquant avec le rio Paraná, une section navigable fort utile, surtout en saison des pluies.
Régime Les trois-quarts du débit sont apportés par le haut Paraná brésilien. L'essentiel du débit restant est dû aux apports du río Paraguay, donc du régime des précipitations du Pantanal (lui-même surtout brésilien), de la partie humide de la république du Paraguay (c'est-à-dire la moitié orientale de ce pays), et des Yungas méridionales, argentines surtout, mais aussi boliviennes.
L'Argentine contribue assez peu au débit final. En effet, outre les yungas du nord-ouest, les régions humides du bassin susceptibles de fournir un apport notable y sont réduites et se limitent à la partie occidentale de ce qu'on appelle la Mésopotamie et une frange étroite sur la rive droite du cours argentin du fleuve (plus ou moins au total).
Le régime des précipitations des trois grandes régions formant le bassin du fleuve sont :
le bassin brésilien du haut Paraná () ; le bassin du río Paraguay y compris les Yungas méridionales argentino-boliviennes () ; le bassin du Paraná argentin, qui se subdivise en : bassin argentin oriental comprenant les affluents mésopotamiens du fleuve en Argentine, accessoirement, bassin argentin occidental (presque tout entier dans les régions du sud Chaco et de la partie nord de la Pampa).
Régime du haut Paraná brésilien thumb|right|280px|Au Brésil, le rio Tietê à la hauteur de Salto (Moyen Tietê). vignette|droite|280px|alt=Climogramme de Resistencia.|Climogramme de Resistencia. Le bassin du haut Paraná est traversé par le tropique du Capricorne. Le climat du bassin est tropical de montagne au nord, et subtropical humide au sud. Presque partout, les précipitations sont abondantes, mais concentrées sur la période d'été comme c'est souvent le cas au niveau du tropique (notamment en Afrique, au Katanga et en Angola). La présence du soleil à la verticale dans le ciel active le régime des pluies. À Brasilia, dans la zone nord du bassin, on relève plus de de pluies annuelles moyennes (climat tropical de montagne typique).
À cela s'ajoute sur la partie orientale du bassin surtout, mais ailleurs aussi, un effet de mousson d'été comparable à ce que l'on constate en Afrique aux mêmes latitudes, au Mozambique, en Afrique du Sud (province du KwaZulu-Natal) et à Madagascar, en Australie (au niveau du Queensland) ou en Asie au niveau de la Chine, qui fait que des masses d'air maritime plus frais et chargé d'humidité se précipitent vers l'ouest, et s'engouffrent sur le continent surchauffé, créant les turbulences favorables aux précipitations. Ainsi, à São Paulo, on relevait de précipitations moyennes, et à Curitiba, ville toute proche de l'Atlantique, avec un très net maximum d'été. Plus à l'ouest, ces précipitations diminuent quelque peu, tout simplement parce que les masses d'air venues de l'océan se sont déjà délestées d'une part de leur humidité. Enfin, les précipitations se renforcent comme toujours lorsque les masses d'air rencontrent des élévations quelque peu notables (c'est le même phénomène qu'en Europe, au niveau des Alpes, du massif du Jura, des Vosges ou de l'Ardenne par exemple).
Les précipitations se concentrent donc, et ceci est valable pour la totalité du bassin, durant les mois d'été, c'est-à-dire d'octobre à mars. Les premiers temps, les terres desséchées et l'abondante végétation se gorgent progressivement d'eau, et une partie s'infiltre dans le sol, contribuant ainsi largement à alimenter le gigantesque aquifère Guarani sous-jacent. Puis, rapidement, les eaux des cours d'eau gonflent partout simultanément, entrainant la crue du Paraná supérieur. La crue du fleuve débute en décembre, le débit atteignant son maximum entre mars et mai, et pouvant dépasser les cubes par seconde à Itaipu et Yacyreta.
Bassin du río Paraguay thumb|right|280px|Paysage du Pantanal inondé.