L'hôtel de Réauville, dit de Caumont est un hôtel particulier situé au 3, rue Joseph-Cabassol dans le quartier Mazarin à Aix-en-Provence. Construit entre 1715 et 1742, il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le ..

Historique L'hôtel de Réauville est bâti entre 1715 et 1742 par Georges Vallon à la demande du président de la Cour des comptes, François de Rolland, seigneur de Réauville et marquis de CabannesCabannes. Locus de Cabannis (939). Viguerie de Tarascon, diocèse d'Avignon. Aujourd'hui canton d'Orgon, Bouches-du-Rhône. Seigneurs : Gantelme (), Pontevès (1370-), érigé en marquisat en faveur de Claude de Rolland (1680).Michel Camatte, « 1849. Naissance du conservatoire d'Aix devenu conservatoire Darius Milhaud en 1972 », in Deux siècles d'Aix-en-Provence. 1808-2008, Académie d'Aix éditions, Aix-en-Provence, 2008, . et sur le plan d'un architecte parisien, Robert de CotteAndré Bouyla d'Arnaud, Évocation du vieil Aix-en-Provence, Paris, Les Éditions de Minuit, 1964.. Trois générations de Rolland de Réauville s'y succéderont : après le décès en 1718 de François dit de Rolland-Tertulle (il reprend le nom de sa mère, condition pour hériter de son oncle Joseph François de Raffélis Tertulle, marquis de la Roque, mort sans enfant), les propriétaires en sont : Joseph-François de Rolland Tertulle, seigneur de Réauville (mort en 1728), puis son fils Jean-Baptiste de Rolland de Tertulle-Réauville. L'hôtel est cédé par la veuve de ce dernier, née Covet de Marignane, en 1758.

La deuxième famille propriétaire est celle de François de Bruny, baron de la Tour-d'Aigues. Son fils, Jean-Baptiste Jérome de Bruny de La Tour d'Aigues, président à mortier du parlement d'Aix, tint dans cet hôtel, un train de maison princier. Une de ses filles, Pauline de Bruny, épouse le marquis de Caumont en 1795.

On dit alors que le marquis avait pris à la Provence René Borricand, Les Hôtels Particuliers d'Aix-en-Provence, Aix-en-Provence, Éditions Borricand, 1971..

Cet hôtel de Réauville, devenu de la Tour-d'Aigues, puis Conservatoire Darius Milhaud, est un des plus somptueux du aixois. Il a une superficie totale de .

L'hôtel, y compris sa cour, son portail à carrosses, le jardin, les communs et les murs de clôture sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du .

Aujourd'hui La ville d'Aix-en-Provence acquiert le bâtiment en 1964. De 1970 jusqu'à sa vente, il abrita le Conservatoire de musique d'Aix-en-Provence« À Aix-en-Provence, émoi autour de la vente d'un monument historique », AFP, avril 2010. sans doute ..

En , la municipalité d'Aix-en-Provence annonce son intention de vendre l'hôtel pour douze millions d'euros, ce qui provoque l'inquiétude d'associations de défense du patrimoine aixois« La mairie serait-elle en train de vendre des bijoux de famille ? », La Provence, 30 mars 2010..

C'est finalement Culturespaces, filiale du groupe Suez, qui en fait l'acquisition en 2013 pour un montant de dix millions d'euros, avec l'intention de consacrer le bâtiment à des expositions temporaires consacrées à la peinture et au pianoCarole Barletta, « L’hôtel de Caumont sera un musée privé très particulier », La Provence, éd. Aix-en-Provence, 16 novembre 2010, ..

Dès , Culturespaces va mener une restauration exemplaire à laquelle elle consacre un budget de 12,6 millions d'euros, sous la houlette de Mireille Pellen, Architecte du Patrimoine. Ces travaux concernent aussi bien l'hôtel particulier lui-même que les communs, les cours et les jardins.

L'inauguration du nouveau lieu, baptisé « Caumont Centre d'Art »caumont-centredart.com., s'est faite le caumont-centredart.com.. À cette occasion, une journée portes ouvertes avait été organisée jusqu'à minuit. Le monument contient désormais un lieu d'exposition temporaire, un « musée reconstitué » (décoration et ambiance d'époque), un jardin à la française, ainsi qu'un élégant salon de thé proposant également de la restauration.

Depuis, Culturespaces y a produit plusieurs expositions consacrée à Marilyn Monroe., Fernando Botero., Nicolas de Staël. ou encore Marc Chagall..

Architecture thumb|Plan de l'hôtel de Réauville-Caumont en 1715 Extérieur On pénètre dans la cour d'honneur de l'hôtel de Réauville en franchissant un porche en pierre sculptée, avec un mascaron au visage d'homme à gauche, et celui d'une femme à droite. La grille d'entrée est en fer forgé.

Sa façade offre une composition classique harmonieuse et bien équilibrée, C'est une construction en pierre de taille dite aussi « pierre mousse » ou molasse des Carrières de Bibémus, molasse de Calissanne, pierre en calcaire froid, maçonnée et crépie.

L'édifice comporte trois niveaux qui s'élèvent sur un sous-sol. On accède au rez-de-chaussée par un escalier de trois marches dans un avant-corps encadré de refends en saillie. La porte d'entrée légèrement cintrée, est surmontée d'une clef ornée d'un masque de faune, dû au sculpteur Adrien DhuezArchives municipales d'Aix-en-Provence, HH 101. et encadrée de quatre pilastres doriques soutenant une frise composée de métopes, aux motifs allégoriques des faits d'armes des Réauville, sculptée dès 1717 par Jean-Baptiste Rambot. (Aix 1662–?), ainsi que des roses et des gouttes du balcon central.

L'entablement à modillons, qui supporte le balcon du premier étage est orné d'une belle grille à rinceaux et volutes en fer forgé, dans laquelle la famille de Bruny fit insérer en 1758 un cerf courant, emblème de leur Maison. La fenêtre centrale est encadrée de chaque côté par deux pilastres d'ordre ionique que surmonte un fronton curviligne.

L'étage supérieur comporte un fronton triangulaire sur toute la largeur de l'avant-corps, qui s'appuie sur des pilastres aux chapiteaux ornés de feuilles d'eau de chaque côté d'une petite fenêtre, ainsi que sur le chaînage de refend à ses extrémités.

De chaque côté de l'avant-corps, et sur chacun des étages, s'ouvrent trois fenêtres hautes, ornées d'une grille en fer forgé sur le premier et le second étages.

La toiture à longs pans, avec un toit polygonal en partie centrale, est recouverte en tuile creuse.

Intérieur L'aménagement intérieur correspond à la tradition des demeures du .

Le sous-sol Il est constitué d'une cave voûtée en berceau.

Le rez-de-chaussée Le hall d'entrée Son sol est composé d'un dallage en carreaux carrés alternés, de marbre blanc et marbre noir, il dessert plusieurs pièces. Sur son côté gauche il est flanqué d'un escalier avec une rampe en fer forgé réalisé par le serrurier Raynaud en 1722, avec des volutes et des entrelacs où sont insérés des médaillons ovales ornés de la lettre « R ». La cage de l'escalier est encadrée de deux atlantes qui soutiennent la poutre maîtresse du premier palier. Leurs regards sont inversés, le premier qui a les traits marqués par le temps, regarde vers l'escalier, l'autre plus jeune, regarde vers l'extérieur. Ces deux œuvres sont de Honoré Gastaud et Esprit Routier. Elles sont séparées par un mascaron portant les armes des Bruny.

Dans un angle se trouve une fontaine typique des hôtels particuliers aixois, composée d'une vasque en marbre, surmontée d'un vase décoratif. Les Réauville firent installer des canalisations permettant de recevoir l'eau courante dans leur demeure en 1743.

La librairie-boutique Ces deux pièces en enfilade sont situées à gauche de l'escalier.

Le salon des putti Première pièce en entrant à droite de l'escalier, il a conservé le charme et l'atmosphère des intérieurs anciens. Cette pièce est consacrée à Vénus, déesse de l'Amour. Elle est décorée de gypseries mettant en scène des personnages mythologiques. Elle conserve un mobilier du avec un canapé rognon de style Louis XV, une table bouillotte en acajou et laiton, une console en demi-lune en bois sculpté, un grand miroir Régence, un portrait de jeune femme de l'entourage de Sebastiano Bombelli (vers 1720).

Le salon des Rinceaux Pièce ornée de gypseries comme les autres, elle est dans un ton bleu clair. Les quatre vertus cardinales, les putti, les dragons, Tempérance, Prudence, Force et Justice y sont mis en scène. On y trouve une console galbée en chêne sculpté et ajouré avec son plateau de marbre brèche rouge du Languedoc, un tableau anonyme représentant Jupiter et Léda, un Pan et Syrinx du , un Portrait de Marie-Antoinette lisant et un Portrait de la marquise de Pompadour, une paire d'appliques en bronze redoré de style Régence.

Le salon chinois et la grande galerie Des décors en gypserie mettent en scène des putti et les dieux de l'Olympe, ainsi qu'une allégorie de l'Abondance. La grande galerie offre une belle vue du jardin. C'était le lieu ou le maître de maison accueillait ses invités avant de passer dans les jardins. Un Bouquet de fleurs sur un entablement () est attribué à Pieter Hardimé.

Le premier étage Le salon de musique Cette pièce est considérée comme étant la plus belle de la demeure, son riche décor de gypseries dorées , écrin de clavecin de style Louis XV, avec une table de jeu et un jeu de bingo du , des fauteuils à motifs floraux, une harpe peinte, une paire d'appliques Louis XV en bronze doré, des représentations de putti et de scène mythologiques.

La chambre de Pauline

Cette pièce évoque la jeunesse de cette femme considérée comme étant une des plus belles du pays. On y trouve un bureau à cylindre et un lit à la polonaise. La décoration est de style rocaille, avec des figures de singes orientaux et des putti jouant avec les guirlandes de fleurs. Un guéridon bouillotte en acajou, bronze et marbre blanc, une bergère et une duchesse brisée d'époque Louis XV, une paire d'appliques de même époque en bronze doré, et sur les murs, Artémise attribué à Antoine Rivalz, des Femmes au bain par Caspar Netscher, et devant le grand miroir surplombant la cheminée de marbre gris et rose, un portrait anonyme de Pauline, duchesse de Caumont (vers 1785). Le décor est de gypserie dorée.

Les jardins Ils furent dessinés selon les caractéristiques des jardins dits à la française, sur des tracés géométriques, avec des jeux d'eau.

Le jardin haut On y accède directement depuis le salon chinois et la grande galerie dont il est le prolongement lors des réceptions. Un bassin circulaire est encadré de quatre parterre de gazon ponctués de buis boule.

Le jardin bas Organisé autour d'une palmette végétale, d'après un dessin de Robert de Cotte, il est bordé de buis, de rosiers et chênes verts, d'ifs, et d'une fontaine dite des Trois Tritons.

Expositions temporaires

du au : Canaletto, le triomphe de la lumière; du au : Les collections du Prince de Liechtenstein du au : Turner et la couleur. du au : Marilyn du au : Vladimir Skoda du au : Sisley l’impressionniste..... du au : Botero du au : Nicolas de Staël en Provence du au : Chagall, du noir et blanc à la couleur du au : Chefs-d'œuvre du Guggenheim De Manet à Picasso, la Collection Thannhauser du au : Hokusai, Hiroshige, Utamaro, les grands maîtres du Japon - la collection Georges Leskowicz du au : Joaquin Sorolla, lumières espagnoles du au : Zao Wou-Ki, "il ne fait jamais nuit" du au : Trésors de Venise, la collection Cini du au : Raoul Dufy, l'ivresse de la couleur du au : Yves Klein Intime du au : Max Ernst, Mondes magiques, mondes libérés du au : Mucha, Maître de l'art nouveau du au : Bonnard et le Japon du au : Steve McCurry , Regards du au : Niki de Saint Phalle , Le Bestiaire Magique du au : Toulouse Lautrec, Créateur d'icônes

Notes et références

Annexes

Bibliographie

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Collectif, « Caumont centre d'art », Beaux Arts magazine, numéro hors-série, éditions Claude Pommereau, 2015, 42 p.

Articles connexes Quartier Mazarin Liste des monuments historiques d'Aix-en-Provence Liste des hôtels particuliers d'Aix-en-Provence

Liens externes

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