Les sapeurs-pompiers de Belgique en néerlandais et en allemand sont l'une des trois branches de la sécurité civile belge. Ils assurent les missions d'urgence en cas d'incendie, d'accident, de catastrophe, etc. (missions classiques des pompiers) mais aussi les missions d'aide médicale urgente (ambulances urgentes).
Ils sont répartis en zones de secours depuis la réforme de la sécurité civile entrée en vigueur en 2014 et sont environ au nombre de , volontaires et professionnels confondus, répartis dans les 251 anciens services régionaux d’incendie.
Ils sont régis par la direction générale de la sécurité civile, une des directions générales du service public fédéral Intérieur, excepté pour la partie d’aide médicale urgente qui, elle, dépend du service public fédéral Santé publique.
Les pompiers belges forment la « Discipline 1 », au regard des cinq différentes disciplines de la planification d'urgence en Belgique.
Histoire des pompiers en Belgique
Avant la réforme de 2014
Les premiers corps de sapeurs-pompiers à proprement parler apparaissent dans les villes autour de la fin du siècle. Citons, par exemple, le corps des pompiers de Bruxelles créé le , alors que la Belgique n'existe pas encore en tant qu'état indépendant. Les communes ne disposant pas de services de pompiers, s'accordent alors avec leurs voisines pour en bénéficier, moyennant généralement une compensation financière. Les grandes villes (Bruxelles, Anvers, Liège, Gand etc.) se dotent petit à petit de corps professionnels, tandis que multitude de corps volontaires apparaissent dans les communes rurales, au bon vouloir des bourgmestres locaux.
La première loi régissant réellement l'organisation des services d'incendie en Belgique est celle du . Elle fut complétée par l'arrêté royal du précisant les responsabilités des gouverneurs de province, des bourgmestres et des chefs de corps. Il définit également les divisions en catégories (C, X, Y, ou Z) des différents services régionaux d'incendie (SRI), qui est la dénomination officielle de l'époque, bien que les services soient alors communaux.
En 1964, la loi du instaure la mise en place du numéro d'appel « 900 », à la base pour l'aide médicale urgente, mais qui sera également utilisé pour contacter les services de pompiers. Sont alors créés 16 centrales de réception d'appels, pour couvrir les 40 zones téléphoniques du pays et redistribuer les appels d'urgence vers les casernes territorialement compétentes. En 1987, le numéro d'urgence devient le « 100 » et sera petit à petit remplacé par le numéro d'urgence européen « 112 », au début des années 2000.
Parmi les catastrophes majeures que connut la Belgique en temps de paix, citons notamment celle du Bois du Cazier à Marcinelle qui fait 262 morts en 1956. Ou encore l'incendie de l'Innovation à Bruxelles en 1967, qui causa la mort de 323 personnes et qui reste encore aujourd'hui, l'incendie le plus mortel qu'ait connu le pays.
Actuellement À la suite de la catastrophe de Ghislenghien survenue le où 5 pompiers perdent notamment la vie et qui mit en évidence nombre de lacunes dans l'organisation des secours en Belgique, une réforme de la sécurité civile belge est mise à l'étude. Elle se traduit par la loi sur la sécurité civile du qui divise le pays en 35 zones de secours à l'instar de celui des zones de Police. Certaines zones commencent alors à former des prézones opérationnelles (PZO) afin de mettre en place les différents changements que la Loi imposent. Cette loi est suivie par plusieurs autres ainsi que par des arrêtés royaux qui fixent les modalités pratiques et techniques. Finalement, la réforme entre en vigueur le et les 34 nouvelles zones entrent de facto en service, le SIAMU bruxellois formant la zone du système. Les anciens SRI disparaissent alors et les casernes sont officiellement nommées postes de secours, dépendant d'une zone.
Organisation générale Avant la réforme de 2014
L'organisation des secours se fait actuellement au niveau communal et provincialDécret des 16 et 24 août 1790 bien que les services d'incendie soient une compétence fédérale. Ainsi, chaque entité (commune, province, état) à une part à jouer dans l'organisation des pompiers :
Le bourgmestre et la commune Les services d'incendie belges sont placés sous l'autorité du Bourgmestre de la commune dans laquelle se trouve le service. Ce dernier est donc légalement le responsable des pompiers. Bien entendu, sur le terrain et en pratique, c'est le commandant du service qui est responsable de la direction des opérations et de la gestion de son service. Le Bourgmestre a l'obligation de protéger sa commune et ses habitants contre le feu et les catastrophes, donc de se munir d'un service de pompiers ou de passer un accord avec la commune la plus proche disposant d'un service d'incendie afin que celui-ci couvre le territoire de la commune qui n'en dispose pas. Cet accord implique généralement un cofinancement du service en question par les différentes communes.
Les pompiers étant des agents communaux (sauf à Bruxelles), leurs salaires sont à charge des communes.
Le gouverneur et la province Le gouverneur de la province fixe les communes d'implantation et la composition des services. Dans certaines provinces, cette dernière intervient également dans l'achat et le financement de matériel et de véhicules. De plus les centres de formations des pompiers et des ambulanciers sont généralement organisés à l'échelle provinciale.
L'État fédéral L’État fédéral intervient dans le financement et l'achat de matériel (notamment via des marchés globaux) ainsi que dans les différentes législations déterminant les règles générales des services d'incendie (comme les différentes missions à effectuer etc.). Deux ministères sont concernés par les services d'incendie : le service public fédéral Intérieur pour les pompiers à proprement parler et le service public fédéral Santé publique pour tout ce qui concerne l'aide médicale urgente (les ambulances).
Cependant les dotations de l'état étant généralement insuffisantes ou mal placées, les communes (et parfois les provinces) doivent régulièrement intervenir pour compléter le matériel des casernes afin de maintenir les services dans un état de fonctionnement acceptable. C'est là tout l'atout de la réforme de la sécurité civile de 2014, qui permettra, entre autres, un meilleur investissement du fédéral, une décharge financière des communes et une meilleure répartitions des moyens, via le système des zones de secours.
Classification des services
Les services d’incendie belges étaient répartis en quatre classes (ou catégories)Article 6 de l'arrêté royal du :
C : Corps de pompiers uniquement composés de sapeurs-pompiers volontaires. Elle se distingue du groupe Z par son étendue géographique et sa limite à une seule commune. D'où la lettre « C » pour « communal » X : Corps de pompiers essentiellement composés de sapeurs-pompiers professionnels (la Belgique en compte 5 : Anvers, Bruxelles, Charleroi, Gand, Liège). Y : Corps de pompiers dits « mixtes », composés de professionnels et de volontaires. Z : Corps de pompiers (théoriquement) uniquement composés de sapeurs-pompiers volontaires.
Actuellement
Selon la loi du , la Belgique est subdivisée en 34 zones de secours au vu de la Réforme de la sécurité civile belge. Elles sont une entité légale propre afin de pouvoir gérer les différentes casernes qui la composent. Les pompiers ne dépendent donc plus des communes et de leur bourgmestres mais bien des zones de secours, dirigées par un conseil de gestion composé, d'une part de pompiers et d'autre part de « civils » (notamment de certains bourgmestres). Le but de ces zones et de la réforme est de mieux coordonner les interventions des sapeurs-pompiers (surtout en cas de renforts d'autres corps d'incendie) ainsi que d'améliorer la formation des agents, de répartir plus équitablement les moyens et leur financement et d'améliorer le statut des hommes du feu. Ces nouvelles zones de secours sont opérationnelles depuis 2014, mais certaines fonctionnaient d'ores et déjà en « prézones opérationnelles ».
Numéro d'appel Voici les différents numéros d'appel des pompiers belges depuis que le premier fut instauré dans les années 1960 : le « 900 » : Dès l'apparition du téléphone, ce moyen s’avéra plus qu'efficace pour prévenir les secours en cas de sinistre. Au départ, chaque caserne disposait de son propre numéro. En 1959 la première centrale d'appel unifiés vit le jour à Anvers faisant office de centrale test. Cinq années plus tard, la loi relative à l'aide médicale urgente (A.M.U., autrement dit les ambulances urgentes, gérée également par les pompiers) instaure le « 900 » comme numéro unique partout dans le Royaume ; le « 100 » : Le , le « 100 » est choisi comme nouveau numéro unique pour les pompiers et les ambulances. Ce changement est notamment du aux normes européennes voulant que le numéro des secours dans l'Union commencent par le chiffre « 1 » ; le « 112 » : Aujourd'hui chaque province compte une seule et unique centrale d'appel 100/112. En effet depuis le début des années 2000, l'Union européenne a instauré le numéro d'appel unique européen « 112 » qui devra à l'avenir être utilisé aussi bien pour les pompiers que pour la police. Cela permettra à chaque citoyen européen, peu importe le pays d'où il provient, de n'avoir à retenir qu'un seul numéro en cas d'urgence, qu'elle soit médicale, de sécurité ou autre.
Ce numéro est, comme ses prédécesseurs, gratuit. Il peut être composé de n'importe quel téléphone, même d'un téléphone portable ne disposant pas de carte SIM. Les centrales d'appels de secours actuelles reconnaissent également certains numéros d'appel « internationalement connus » comme le numéro américain 911, qui fonctionne en Belgique.
Pour les appels non urgents mais nécessitant une intervention des pompiers (caves inondées par exemple), un numéro destiné à désengorger le « 112 » a été mis en place à partir du , le « 1722 ». Il n'est activé qu'en cas d'inondations ou de tempêtes et son application a laissé sceptique les syndicats, estimant que .
Les zones de secours
Avec la réforme, les 251 services d'incendie et postes avancés ont été remplacés par 34 zones de secours, couvrant chacune une partie voire la totalité d'une province et est constituée d'au moins deux casernes, dont une constitue l'État-major.
La Belgique compte en réalité une zone de secours, celle du Service d'incendie et d'aide médicale urgente de la région de Bruxelles-Capitale (SIAMU) qui possédait avant la réforme un statut particulier : ce corps est au service de la Région de Bruxelles-Capitale et non d'une administration communale.
Les missions
Une loi du modifie l'article 2bis de la loi de 1963 comme suit les missions en matière de sécurité civile : Les interventions relatives à la lutte contre le feu et l'explosion ; Les opérations de secours techniques ; L'aide médicale urgente ; La prévention en matière d'incendie ; La lutte contre les pollutions chimiques, nucléaires, biologiques et d'hydrocarbures ; Les inondations ; Les télécommunications et la coordination ; Les missions internationales de protection civile ; Les missions préventives lors de grands rassemblements de personnes ; La distribution d'eau ; L'alerte à la population.
Moyens humains Il y a officiellement pompiers en Belgique se répartissant en volontaires (env. 70 % des effectifs) et professionnels (env. 30 %). Cependant, un nombre non négligeable de pompiers professionnels est également volontaire dans un autre service : il n'y a donc pas réellement pompiers en Belgique. Les pompiers sont des agents communaux ou d'associations intercommunales, sauf ceux de la région de Bruxelles-Capitale qui sont des agents de cette région. Les pompiers volontaires n'ont pas cette qualité.
Grades