RMC, sigle de Radio Monte-Carlo, est une station de radio généraliste française, dont les studios se situent à Paris depuis 2002. Créée en 1943 dans la principauté de Monaco, RMC a toujours émis vers la France, même lorsque le monopole d'État interdit alors les stations commerciales (1945-1981). Elle fait alors partie des radios périphériques.
Depuis sa reprise en 2001 par Alain Weill, cette radio fait partie du groupe RMC BFM filiale de CMA CGM depuis 2024, qui possède également BFM TV. Les programmes de RMC s'appuient sur le commentaire de l'actualité sociale et politique et sur celui des principaux sports professionnels. Beaucoup de ses émissions sont des talk-shows.
Historique 1943 : naissance de la radio
thumb|Convention de création de Radio Monte-Carlo, (Archives nationales de France). En , la deuxième conférence internationale de Lucerne sur le plan de fréquences européen attribue une longueur d'onde radio internationale à l'État souverain de la principauté de Monaco. Le propriétaire de Radio Méditerranée, Max Brusset, qui a tenté de créer une station de radio périphérique à Monaco à la fin des années 1930 et qui a tissé des liens avec Otto Abetz, l'ambassadeur d'Allemagne à Paris et des fonctionnaires du régime de Vichy, amène ses relations allemandes à s'intéresser à son projet. Le , débutent à Vichy des négociations entre Max Brusset et le docteur Sonnenholl, secrétaire à l’ambassade d'Allemagne, sur le projet de création de cette radio qui serait une radio de propagande avec laquelle l’occupant allemand pourrait couvrir le sud de la France et l'Italie en la diffusant sur la fréquence monégasque inutilisée.
Mais Monaco étant un État neutre, les protagonistes des deux pays ne peuvent disposer à leur guise de la fréquence convoitée dont la concession ne peut être accordée par la principauté qu'à une société monégasque. Ils utilisent alors l'artifice de sociétés écrans pour créer le la société anonyme monégasque Radio Monte-Carlo, conjointement détenue par Deutsche Auslands Rundfunk Gesellschaft Interradio, l'organisme nazi chargé de contrôler les radios à l'extérieur du Reich et l’Omnium français d’études et de participations (OFEPAR), créé spécialement avec l'aide de banques au tout début de 1942 pour gérer les intérêts français dans la société franco-allemande.
La pression de l'allié italien pour le respect de la convention d'armistice oblige Interradio à céder la moitié de ses parts à la société nationale italienne Ente Italiano Audizioni Radiofoniche le , tandis que l'OFEPAR transfère toutes les siennes le à la Sofira (société financière de radio) nouvellement créée quatre jours plus tôt pour contrôler pour le compte de l'État français des radios privéesEldoradio, mars 1942. et permettre à Pierre Laval, revenu au pouvoir en , d'évincer Brusset et de limiter les ambitions d'Otto Abetz sur cette radio en en devenant l'opérateur.
Le , l'hymne monégasque suivi d'une allocution de Maurice Chevalier inaugurent cette radio « au service de l’Europe nouvelle », placée sous contrôle du ministère des affaires étrangères allemand et qui commence à émettre de façon expérimentale sur () le à 19 h depuis le Sporting d’hiver de Monte-Carlo, au moyen de l'émetteur onde moyenne de de Radio-Méditerranée installé aux Plateaux Fleuris à Antibes qui était à l'arrêt depuis le début de la guerre et qui est loué par Brusset à Radio Monte-Carlo. Cet émetteur passe ensuite à .
Les émissions régulières commencent le et sont diffusées de 19 h à 21 h 45, puis comportent dès la semaine suivante une session le midi. Le programme est d'abord uniquement musical, à base de jazz américain. En effet, les administrateurs français font tout pour retarder la mise à l'antenne des programmes d'information contrôlés par les Allemands, car ceux-ci comptent les utiliser à des fins de propagande, ce qui finit par agacer Otto Abetz, qui impose Charles Morice au poste de directeur général. Ainsi, Radio Monte-Carlo diffuse les informations de la Propagandastaffel dès Eldoradio, mars 1944.. Le , les alliés bombardent Saint-Laurent-du-Var pour préparer le débarquement de Provence, ce qui coupe le circuit reliant le studio de Monaco et l'émetteur d'Antibes. Radio Monte-Carlo doit alors diffuser ses émissions directement depuis l'émetteur des Plateaux-Fleuris dont les installations techniques sont détruites à la masse et le pylône abattu par l'armée allemande en retraite le . Les émissions s'arrêtent alors.
1944-années 1950 : la Libération (sur les ondes moyennes)
Quelques émissions sont à nouveau diffusées à partir du grâce à Arthur Crovetto et à Paul Gilson, avec l'aide technique de l'armée américaine, mais cette initiative est stoppée trois jours plus tard sur ordre du gouvernement français. Radio Monte-Carlo ne reprend ses activités à titre expérimental que le et de façon officielle le après que les gouvernements français et monégasque ont confisqué et repris les parts allemandes et italiennes dans la radio, la France détenant 83,33 % de son capital par l’intermédiaire de la Sofira et la principauté 16,67 %, ainsi qu'une redevance sur la concession de diffusion qu'elle détient correspondant à 7 % du chiffre d'affaires. La radio diffuse ses programmes sur ondes moyennes () grâce au nouvel émetteur de du centre émetteur de Fontbonne sur les pentes du mont Agel mis en service le , suivi rapidement par 2 émetteurs ondes courtes de , diffusant sur et , puis par un nouvel émetteur onde moyenne de en 1949.
Dans les années 1950, Francis Blanche, Cilette Badia et Anne de la Valette sont les principaux animateurs de l’antenne qui reprend largement les émissions produites par les Programmes de France ("Ploum ploum tra la la", "le Crochet radiophonique", "Reine d'un Jour", "Quitte ou double", "la Chose"...), diffusées également sur Radio Luxembourg. En 1952, la station atteint 7 % de parts d’audience sur le territoire français, mais son audience est beaucoup plus forte dans le Midi de la France et surtout dans les Alpes-Maritimes, grâce au nouvel émetteur dont la puissance est portée à en 1958Edition du World Radio Television Handbook de 1959 - Page 71.. Jo Darlay's donne quelques piges épisodiques pour stimuler la connaissance des dates de galas de variétés dans le Sud-Est.
Dans les années 1960, Maurice Gardett anime Gardett Party, les matinales de la station ainsi que les radio-crochets et feuilletons radiophoniques sont à l'antenne. Radio Monte-Carlo est très écoutée en Afrique du Nord francophone notamment durant la guerre d'Algérie.
À cette époque, Radio Monte-Carlo dispose d'une zone d'écoute diurne limitée aux Alpes-Maritimes, au Var et aux Alpes-de-Haute-Provence ainsi qu'à une partie des Bouches-du-Rhône, ce qui est relativement restreint.
Les années De Gaulle et Pompidou (lancement des grandes ondes)
La Sofirad, en accord avec les gouvernements français et monégasque, décide d'élargir la zone de diffusion de la station et de pouvoir ainsi étendre son audience potentielle. RMC entre ainsi dans le monde des grandes radios en inaugurant en 1965 son premier centre émetteur grandes ondes situé à d'altitude à quelques kilomètres de Monaco, sur le territoire de la commune de Peille (Alpes-Maritimes), l'émetteur de la Madone qui, avec une puissance de , permet d'élargir sa zone d'écoute au sud d'une ligne Valence-Bordeaux. RMC est désormais diffusée sur grandes ondes. Depuis le , lors d’une cérémonie présidée par S.A.S le Prince Albert II en présence de nombreuses personnalités le site porte le nom de Lucien Allavena, pionnier de la radiodiffusion, décédé en 2018, qui avait rejoint Radio-Monte-Carlo comme jeune ingénieur en 1955 pour créer et diriger l’ensemble des centres émetteurs.
La station ouvre également des studios à Paris au 12, rue Magellan et des bureaux régionaux à Marseille, Montpellier et Bordeaux.
Dans ces années d'« agrandissement », une « pépinière » de nouveaux journalistes et d'animateurs va voir le jour sur RMC. Du côté des animateurs, Pierre Lescure, José Sacré ou Julien Lepers font leurs débuts sur Radio Monte-Carlo. Jean-Pierre Foucault est le lauréat d'un concours d'animateur organisé par la radio. Pendant cette période, les émissions sont populaires, ponctuées de jeux et divertissements. Certaines sont produites en partenariat avec la Radio des Vallées qui les diffuse également, comme « Toute la ville joue et gagne… à Radio Match », jeu enregistré sous le chapiteau géant du Radio Circus, produit et présenté par Noël Coutisson. La radio revendique ses origines méridionales, elle est amusante, sans prise de tête et les estivants la considèrent comme « la radio des vacances » que tout le monde prend plaisir à écouter dans le Sud, sans parisianisme aucun.
1974-1981 : les années Giscard (les grandes ondes à pleine puissance)
Durant l'été 1974, la station inaugure un nouveau centre émetteur Grandes Ondes à Roumoules, dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, (voir "émetteur de Roumoules") et triple ainsi sa zone d'écoute originelle qui s'étend désormais au sud d'une ligne (approximative) Nantes-Paris-Reims-Dijon-Lons-le-Saunier. Son fondateur est Lucien Allavena alors directeur technique de Radio-Monte-Carlo. Elle entre ainsi dans de nombreuses régions françaises en concurrence frontale avec RTL, Europe 1 et France Inter. Bien plus dégagé par rapport à la chaîne des Alpes, ce centre dispose d'une puissance supérieure () à celui de la Madone (). Le premier émetteur est mis en service le et le second le de la même année.
L'audience, mesurée comme aujourd'hui, entre et passe de à auditeurs. Elle frôlera même les 14 % des auditeurs français à la fin de la décennie 1970.
Radio Monte-Carlo se diversifie et transforme durant l'été 1974 le centre émetteur GO initial en centre de diffusion OM et diffuse sur () un programme à destination de l'Italie et toujours sur le programme français.
Entre 1978 et 1981, sous la direction de Michel Bassi sont ouverts 4 programmes FM spécifiques aux auditeurs de la Côte d'Azur, qui accueille des touristes venus du monde entier. Ainsi naissent "RMC Côte d'Azur", "RMC Rock", "RMC Classique" et un programme en anglais, audibles de Saint-Tropez à Bordighera.
En 1979 et jusqu'à la rentrée 1981, Pierre Lescure est nommé directeur des programmes de la station et un an plus tard, il recrute Alain Chabat, lequel a débuté sur Radio Andorre puis a collaboré à France Inter ainsi que Christian Borde qui fait ses débuts sur Radio Monte-Carlo à cette période.
Radio Monte-Carlo renforce également sa présence dans les régions en ouvrant progressivement des bureaux régionaux à Toulouse, Lyon, Grenoble, Nice, Clermont-Ferrand et Ajaccio. Dans ces années là, 300 collaborateurs officient à Monaco, une quarantaine en province et plus d'une centaine à Paris.
Franck Fernandel est l'animateur qui apportera à la station la meilleure image de la chanson française, comme la couleur méridionale indispensable aux auditeurs.
Des animateurs comme Georges de Caunes ou Yves Mourousi donneront à la station une image dite sérieuse et Jean-Pierre Foucault comme Carole Chabrier continueront à distraire les auditeurs.
1981-1998 : les années Mitterrand ou l’inéluctable déclin