Le Microcèbe mignon (Microcebus murinus) ou Chirogale mignon Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. , 9780444518774. 857 pages. Rechercher dans le document numérisé est une petite espèce de lémurien de Madagascar.
Pesant 58 à , il est le plus grand des microcèbes (genre Microcebus), un groupe qui comprend les plus petits primates au monde. L'espèce est connue localement (en malgache) comme tsidy, koitsiky, titilivaha, pondiky et vakiandry. Le Microcèbe mignon, et les autres microcèbes, sont considérés comme des espèces cryptiques, car ils sont presque impossibles à distinguer les uns des autres par l'apparence. Pour cette raison, le Microcèbe mignon était considéré comme la seule espèce de microcèbe pendant des décennies, jusqu'à ce que des études plus récentes ont commencé à faire la distinction entre les espèces.
Comme tous les microcèbes, cette espèce est nocturne et arboricole. Elle est très active, et, si elle se nourrit seul, elle forme des groupes mixtes pour se coucher et se reposer dans des trous d'arbres pendant la journée. Le Microcèbe mignon présente une forme de dormance appelé « torpeur » pendant les mois d'hiver, frais et secs, et dans certains il peut hiberner, ce qui est rare chez les primates. Le Microcèbe mignon vit dans plusieurs types de forêt dans l'ouest et le sud de Madagascar. Son régime alimentaire se compose principalement de fruits, d'insectes, de fleurs et nectar. Dans la nature, ses prédateurs naturels comprennent les hiboux, les serpents, et certains mammifères endémiques. La pression de prédation est plus élevée pour cette espèce que chez d'autres espèces de primates, avec un individu sur quatre attrapé par un prédateur chaque année. Ceci est contrebalancé par son taux de reproduction élevé. La reproduction est saisonnière, et ses vocalisations bien reconnaissables lui permettent d'éviter l'hybridation avec d'autres espèces partageant son aire de répartition. La gestation dure environ 60 jours, et donne généralement naissance à deux jeunes. Ceux-ci sont généralement indépendants au bout de deux mois, et peuvent se reproduire après un an. Le Microcèbe mignon a une durée de vie moyenne de cinq ans, bien que certains individus en captivité ont atteint un âge allant jusqu'à 15 ans.
Bien que menacé par la déforestation, la dégradation de son habitat et la capture d'animaux vivants pour le commerce illégal, il est considéré comme l'un des petits mammifères indigènes de Madagascar les plus abondants. Il peut tolérer des pénuries alimentaires modérées en ralentissant son métabolisme et en tombant en « torpeur », mais les pénuries alimentaires prolongées liées au changement climatique peuvent présenter un risque significatif pour cette espèce.
Anatomie et physiologie vignette|gauche|alt=Illustration montrant le schéma d'une jambe humaine de de haut pour le comparer au schéma d'un Microcèbe mignon de |Comparaison de la taille d'un Microcèbe mignon par rapport à celle d'un Homme. Le Microcèbe mignon a de nombreuses similitudes avec les autres microcèbes, dont une fourrure douce, une longue queue, de longues pattes postérieures, une bande dorsale sur le dos (pas toujours distincte), un museau court, un crâne arrondi, des yeux proéminents, et de grandes oreilles membraneuses décollées.. Il a de grands yeux et un tapetum lucidum qui lui permet d'avoir une bonne vision nocturne. Le pelage dorsal est gris-brun avec des teintes plus ou moins rougeâtres, les flancs sont gris à beige clairs et le pelage ventral présente des taches beige ou beige-blanchâtre terne discrets sur une partie de l'abdomen. Sur le visage arrondi, il y a une tache blanche pâle au-dessus du nez et entre les yeux et certains individus ont des marques orbitales sombres. La fourrure des mains et des pieds est de couleur blanc cassé.
Le Microcèbe mignon est un des plus petits primates du monde, mais il est paradoxalement le plus grand des microcèbes.. Sa longueur totale est de 25 à , avec une longueur de la tête et du corps de 12 à et une queue de . Le poids moyen pour cette espèce est de , des variations entre , voire entre 40 et ont été reportées. Le Microcèbe mignon est plus petit que le plus petit singe au monde, le Ouistiti pygmée, dont le poids varie entre 85 et . Son poids varie selon la saison, et les animaux des deux sexes peuvent constituer des réserves de graisse représentant jusqu'à 35 % de leur masse corporelle, qui sont situées au niveau de la queue et des pattes arrière, avant la saison sèche et les périodes de dormance. La queue du Microcèbe mignon peut quadrupler de volume pendant la saison des pluies quand il fait ses réserves de graisse. Même en captivité lorsque les contraintes environnementales ne posent pas de problème, le Microcèbe mignon montre des pratiques alimentaires saisonnières, avec une plus grande consommation de protéines au cours de ce qui serait dans la nature leur saison la plus active..
Les chercheurs ont identifié des différences dans la morphologie des premières et deuxièmes molaires entre le Microcèbe mignon et le Microcèbe gris-roux. Chez ce dernier, la première molaire inférieure (M1) est carré et les première et deuxième molaires supérieures (M1 et M2) ont des légères indentations vers le milieu du bord postérieur. Le Microcèbe mignon dispose d'une M1 plus allongée et n'a pas d'indentation sur M1 et M2.. En termes de dentition général, le Microcèbe mignon partage la même formule dentaire avec tous les autres membres de sa famille, les Cheirogaleidae :. 2.1. 3.32.1.3.3 × 2 = 36..
Cette espèce possède 66 chromosomes., et son caryotype ressemble fortement à celui des chirogales (genre Cheirogaleus). À l'exception du chromosome X, tous les chromosomes sont acrocentriques (avec le bras court absent ou quasi absent).. La taille du génome est de (pg).
Écologie Comme les autres membres de la famille des Cheirogaleidae, le Microcèbe mignon est nocturne et arboricole. Il vit dans les forêts tropicales sèches de basse altitude, les broussailles épineuses semi-arides, les forêts galeries, les fourrés épineux, la forêt du littoral est, les forêts décidues sèches, les forêts caduques semi-humides, les forêts des basses terres de Madagascar, les forêts de transition et les forêts secondaires ou plantées, à chaque fois jusqu'à d'altitude. L'espèce est plus commune dans la forêt secondaire que dans la forêt primaire, particulièrement broussailleuse, dans laquelle il ne peut que se limiter à une niche écologique restreinte verticalement à la zone où l'on trouve des petites branches, des lianes et un feuillage dense. Ces lémuriens vivent sur des branches qui mesurent généralement moins de de diamètre. Le Microcèbe mignon préfère les niveaux inférieurs de la forêt et les sous-bois, où les branches et la végétation sont denses.
vignette|upright=1.2|Carte de répartition de Microcebus murinus à Madagascar. Dans la forêt secondaire, on le trouve du niveau du sol jusqu'à une hauteur de , contre entre 15 et dans la canopée des forêts primaires. Des études ont montré que cette espèce pouvait passer jusqu'à 40 % de son temps en dessous de de hauteur, et même 70 % de son temps durant la saison sèche, quand les plantes ne proposent pas beaucoup de nourriture et que son régime alimentaire est composé d'une bonne part d'insectes. Cette espèce est présente en plus grand nombre dans les forêts épineuses comme celle du parc national d'Andohahela que dans les forêts galeries, préférant les forêts plus sèches du littoral quand le Microcèbe roux préfère les forêts tropicales humides de l'intérieur des terres.
On connait mal les limites exactes de son aire de répartition. On pense qu'elle s'étend de la rivière Onilahy ou du lac Tsimanampetsotsa au sud au parc national d'Ankarafantsika au nord. Il existe également une population isolée dans la partie sud-est de l'île, près de Tôlanaro et du parc national d'Andohahela, au-dessus de la Mandena Conservation Zone. Les individus occupent de petits territoires de . Le Microcèbe mignon est sympatrique avec le Microcèbe gris-roux, le Microcèbe brun-doré, le Microcèbe de Mme Berthe et plusieurs autres lémuriens de la famille des Cheirogaleidae. Dans le parc national d'Ankarafantsika, où il vit avec le Microcèbe gris-roux, la densité de sa population est plus importante à des altitudes plus hautes et dans des habitats plus secs, tandis que le Microcèbe gris-roux préfère les zones de basses altitudes et les habitats plus humides. Une autre étude portant sur l'éventuelle cohabitation entre le Microcèbe mignon et le Microcèbe de Mme Berthe a observé que chacune des deux espèces avait sa niche écologique bien particulière, et n'entrait pas en concurrence avec l'autre. gauche|vignette|Microcèbe mignon dans le parc national de Lokobe Le Microcèbe mignon peut présenter des populations avec une très forte densité d'animaux, pouvant atteindre plusieurs centaines d'animaux par (jusqu'à au parc national d'Ankarafantsika et au parc national de Kirindy Mitea). Cette abondance n'est pas uniforme et concerne de petits noyaux d'animaux. Cette particularité rend difficile d'estimer précisément la densité de population sur une grande zone à partir de celle observée sur une zone restreinte. La difficulté à observer les animaux pendant certaines périodes de l'année, notamment la saison sèche, complique aussi un peu plus l'évaluation de la population .
Alimentation Les microcèbes sont omnivores, et se nourrissent principalement d'insectes et de fruits. Le Microcèbe mignon peut même descendre au niveau du sol pour attraper des insectes, mais il retourne ensuite immédiatement retrouver la protection du feuillage des arbres pour consommer sa prise. Le nectar fait également partie du régime alimentaire de ce microcèbe, ce qui en fait un pollinisateur potentiel pour diverses espèces de plantes locales. Un seul cas de cannibalisme d'un mâle sur une femelle adulte est connu.
Prédateurs
Les principaux prédateurs du Microcèbe mignon sont le Hibou malgache (Asio madagascariensis) et la Chouette effraie (Tyto alba). Des études menées dans la réserve spéciale de Beza Mahafaly et dans le parc national de Kirindy Mitea ont montré un taux de prédation de l'ordre de 25 % (pourcentage de la population prise par un prédateur chaque année), soit le plus important connu pour un primate. Toutefois, étant donné le fort taux de reproduction de l'espèce, cela n'a pas un impact trop important sur sa population. D'autres oiseaux de proie, comme l'Autour de Henst (Accipiter henstii) et d'autres chouettes se nourrissent de cette espèce. Des serpents, comme Ithycyphus miniatus (un colubridé endémique de l'île) et le Boa arboricole de Madagascar, (Sanzinia madagascariensis), ainsi que divers mammifères comme la Mangouste à queue annelée, la Mangouste à dix raies, le Fossa, et le chien domestique peuvent également s'attaquer à ce microcèbe. Ces mammifères découvrent souvent les trous dans les arbres servant de nids, et en agrandissent l'ouverture pour y pénétrer et manger les occupant. Cela conduit à une forte pression de sélection sur le choix du nid en fonction du diamètre de l'ouverture et de la profondeur.