Arthaz-Pont-Notre-Dame (prononcé ; mais le -az ne se prononce pas traditionnellementLe -az final ne se prononce pas, mais indique que l'accentuation du mot va sur la première syllabe, (Article publié dans le numéro 13 de La Voix des Allobroges, été 2007) et .) est une commune française située dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle fait partie de l'agglomération du Grand Genève. Petit bourg de la communauté de communes Arve et Salève, la commune comptait en . Elle se situe dans la partie basse de la vallée de l'Arve en Faucigny.
Ce petit village de l'Avant-Pays savoyard sans rôle particulier dans la grande Histoire, comme l'observe en « Avant-propos » de son ouvrage l'historien local Paul Guichonnet, fait tout de même l'objet de deux monographies, en 1881 puis 1985. La commune n'est peut-être pas le théâtre des grands événements qui se déroulent dans le Faucigny ou le duché de Savoie, mais participe à son niveau des différents mouvements profonds de l'histoire. Ainsi de l'Antiquité à nos jours, quelques traces issues de fouilles, de l'observation du bâti ou encore de l'aménagement de l'espace agricole permettent de comprendre l'évolution de cette communauté.
Géographie Localisation Arthaz-Pont-Notre-Dame est une commune située dans la province historique du Faucigny et appartenant à la sous-région naturelle de l'avant-Pays savoyard... Installée sur un plateau sur la rive droite de la rivière appelée l'Arve, elle appartient à la « Basse-Arve ». Elle se trouve sur l'axe traditionnel menant de Genève à la vallée de l'Arve et du mont Blanc.
Arthaz-Pont-Notre-Dame s'étend sur et est située à une altitude moyenne de , sur un plateau entre l'Arve et son affluent la Ménoge. La partie centrale du plateau est occupée par le chef-lieu et les hameaux de la Chapelle, de Pilly de Truaz et du Pont. Au sud, s'étend une cuvette sur la rive droite de l'Arve, où se trouve le hameau de Nant, que l'on peut atteindre par la fameuse côte des Échelettes. Au nord, sur les hauteurs, se trouvent les villages de Rossat, du Cry, de la Forge et des Cormants.
Communes limitrophes vignette|redresse|gauche|Arthaz-Pont-Notre-Dame et les communes voisines.|alt=Carte montrant Arthaz-Pont-Notre-Dame et les communes voisines.
Arthaz-Pont-Notre-Dame possède une frontière communale à l'ouest avec le village de Monnetier-Mornex, au sud, sur la rive gauche de l'Arve avec celui de Reignier-Ésery, puis en continuant vers l'est avec les villages de Nangy, Cranves-Sales et Bonne, enfin au nord, sur la rive droite de la Menoge, avec celui de Vétraz-Monthoux.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Gaillard à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Voie de communication et transport Elle est desservie par la route nationale 505 dans le sens Annemasse-Chamonix et par la D 202 en direction de Reignier.
Urbanisme Typologie Au , Arthaz-Pont-Notre-Dame appartient à la catégorie de ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Genève (SUI)-Annemasse (partie française)Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération internationale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Genève (SUI)-Annemasse (partie française) comprend une ville-centre et ... Par ailleurs, la commune fait partie de l'aire d'attraction de Genève - Annemasse (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , se rattache aux aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (52,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (56,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (30,7 %), zones agricoles hétérogènes (21,9 %), terres arables (21 %), zones urbanisées (16,7 %), prairies (9,7 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
Toponymie Le toponyme Arthaz-Pont-Notre-Dame est un nom issu de la fusion des communes de Pont-Notre-Dame avec Arthaz, en 1818..
Le toponyme Arthaz serait dérivé du mot gaulois artos, qui signifie « ours » (arta, « ourse »), soit un « lieu fréquenté par les ours » ou le nom d'un homme ayant ce nom ou ce sobriquet... Peut-être l'ours était-il l'animal totem des Allobroges, le peuple celte de la région. Une racine indo-européenne *rk-s-o-s, rk-to-s, possède le même sens. Le village est mentionné sous la forme Artas (1275, 1344) et le restera jusqu'à la fin du . On trouve parfois la forme Dardel par substitution, porté par les seigneur d'Arthaz, dit Dardel (mentionnée en 1119 selon le Regeste genevois, n°250, puis en 1279 selon l'armorial de Foras, t. V). D'autres toponymes de la commune ont une origine gauloise.
Pont-Notre-Dame est quant à lui un toponyme composé du mot pont et de l'ancienne paroisse dédiée à Marie. Il n'existe aucune source mentionnant la présence d'un pont en ce lieu, mais comme les auteurs de l'Histoire des communes savoyardes l'indiquent, celui-ci a « dû exister puisqu'il donne son nom à une minuscule paroisse instituée en 1446 ».
En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Artâ selon la graphie de Conflans ou encore Arta selon l'ORB.
Histoire Préhistoire et Antiquité vignette|Territoire des Allobroges.|alt=Carte montrant le territoire des Allobroges.
Paul Guichonnet souligne le fait que la situation de la commune sur un plateau, associée à des terres fertiles y ont permis une installation humaine précoce.
Arthaz se trouve dans le territoire des Allobroges qui contrôlent l'avant-pays plat, entre le Rhône et les Alpes..
Période médiévale Au Moyen Âge, le territoire de la commune relevait de deux seigneuries ; celle d'Arthaz et celle de Truaz.
Arthaz était le siège d'une seigneurie, au centre de laquelle on trouvait la bâtie ou maison forte dite de La Bastie-Dardel, ou Bâtie-Dardel, ou Bâthie Dardel (Bastida (Bastita) Dardellorum, la Batiaz, cadastre n°1241), du , dont il ne subsiste pratiquement plus aucune trace (quelques pans de mur et trace de fossés).. Elle contrôlait le chemin d'Annemasse et fut ruiné par les Genevois en 1589. Il était situé sur promontoire au dessus de la Menoge. Les sires d'Arthaz, surnommés Dardel« Amédée d'Arthaz, dit Dardel, [...] vend au Chapitre de Genève des vignes et des droits à Colonges » dans un acte de vente du (REG 0/0/1/1178), publié dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice., sont mentionnés depuis 1119 (Régeste genevois, n°256Acte de donation du (REG 0/0/1/256), publié dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice.) et sont considérés comme parents des comtes de Genève.
Elle est mentionnée en 1350. dans un inventaire après décès avec : « un moulin et un battoir sur la Menoge., le verger de l'Essert, sous la bâtie., dans la cuisine quatre harnais et des éperons. et une grande quantité de bois pour le pèle. »Archives départementales de Haute-Savoie, IMI453..
Dans la cour de la maison on trouve le four, complété d'un pétrin et d'une pâtière..
Il y a également trois granges, la première est « jointe à ladicte maison » dans laquelle sont entreposés du froment, de l'avoine, du seigle, des fèves, des pois et de la paille de blé. La seconde est distante de la maison ; elle est entourée de fossés dans lesquels il y a du poisson. La troisième, du nom de « Chancol », est cernée de vignes et contient un pressoir..
Histoire administrative : vers la fusion des communes Entre 1780 et 1837, Arthaz fait partie de la province de Carouge, division administrative des États de Savoie. En 1818, Pont-Notre-Dame est incorporée à cette même province. Cette dernière est supprimée en 1837 et les communes sont intégrées à la province de Faucigny.
En 1803, les paroisses de Pont-Notre-Dame et Arthaz sont réunies pour donner naissance à la nouvelle entité.
Il semble que Pont-Notre-Dame soit incapable de faire vivre une paroisse. La distance entre les deux chefs-lieux n'était que de , Arthaz comptait alors 464 habitants contre 75 à Pont-Notre-Dame, et un seul propriétaire pouvant remplir les fonctions de maire, la fusion fut décrétée le , par arrêté du baron Capelle, préfet du Léman.. Pont-Notre-Dame reste autonome tout en étant administrée par le maire d'Arthaz. La fusion est définitive en 1818.
Lors des débats sur l'avenir du duché de Savoie, en 1860, la population est sensible à l'idée d'une union de la partie nord du duché à la Suisse. Une pétition circule dans cette partie du pays (Chablais, Faucigny, Nord du Genevois) et réunit plus de , dont 112 pour Arthaz.. Le duché est réuni à la suite d'un plébiscite organisé les 22 et où 99,8 % des Savoyards répondent « oui » à la question « La Savoie veut-elle être réunie à la France ? »..