Le Saint-Vinage de Boulbon est une fête mi-bacchique, mi-catholique qui se déroule en la chapelle Saint-Marcellin de Boulbon, dans les Bouches-du-Rhône. Elle est placée sous le patronage de saint Marcellin. réputé être aussi Fernand Benoit, , p. 248..

Un Marcellin inclassable

Ce Marcellin, dit de Rome, est fêté le .

Or Marcellin († 304), évêque de Rome de 296 à 304, 29 pape selon la tradition, est fêté le Nominis : Saint Marcellin.

Un autre Marcellin, martyr à Rome, l'est le Nominis : Saint Marcellin, tandis que le Marcellin du , sur lequel on ne sait rien, a sa fête le Nominis : Saint Marcellin.

Il pourrait plus vraisemblablement s'agir de Marcellin d'Embrun († 374), évêque d'Embrun, mais celui-ci est honoré le Nominis : Saint Marcellin d'Embrun.

Enfin, en se basant sur le traditionnel bœuf en daube dégusté lors de la « Fête des tripettes » de BarjolsJean-Pierre Saltarelli, , p. 203., Fernand Benoit suggère qu'il pourrait s'agir de Marcel, évêque de Die vers 463, patron de la ville de Barjols où l'on célèbre cette fête en son honneur depuis 1350.

Le vin des malades Les festivités commencent le , à la tombée de la nuit, et excluent toute présence féminine. Seuls les hommes s'entassent dans la chapelle de saint Marcellin, une bouteille emplie de vin à la main. Le garde champêtre de la commune est chargé d'apporter un panier plein de litres de vin réservés au clergé et à la municipalité. Lors de la messe sont lues les « Noces de Cana », tirées de l'Évangile selon Jean, puis le prêtre se doit d'annoncer : Jean-Pierre Saltarelli, , p. 204.. À ce signal, tous les hommes brandissent leur bouteille pour la bénédiction puis en boivent une rasade car ce vin est devenu souverain contre toute maladie.

Les origines lointaines de la chapelle Saint-Marcellin vignette|gauche|La chapelle Saint-Marcellin de Boulbon. vignette|droite|180px|Le portail à archivolte polylobée. Ce prieuré de l’abbaye de Cendrars est attesté dès 1198. Mais sa fondation remonte plus loin. Sur le contrefort droit de l’édifice est gravée la date de 1175 qui doit correspondre à sa consécration. De plus, sur sa façade occidentale, existent des éléments d’un mur pré-roman en particulier la fenêtre haute. C’est une baie géminée, taillée dans un bloc monolithique. Elle est ornée d’un chrisme, d’une main bénissante et d’un agneau crucifère. L’actuel lieu de culte, daté du a donc succédé à un édifice beaucoup plus ancienJean-Maurice Rouquette, , p. 53..

Il est donc plausible que le culte à saint Marcellin et le Saint-Vinage soient antérieurs à l’époque romane et puissent remonter au haut Moyen Age. Frédéric Mistral y voyait, quant à lui, une réminiscence d'un culte bachique. Il pourrait se situer dans la droite ligne de ces « messes à Bacchus » encore célébrées en Bourgogne au cours de la période médiévaleDaniel-Rops, Histoire de l'Église, T. IV, La cathédrale et la croisade, p. 68..

Notes et références

Bibliographie Jean-Maurice Rouquette, Provence romane 1, éd. Zodiaque coll. « La nuit des temps » Paris 1974. Fernand Benoit, La Provence et le Comtat Venaissin, arts et traditions populaires, Éd. Aubanel, Avignon, 1992, Jean-Pierre Saltarelli, Le fantôme de Boulbon in Contes Truffandiers, Éd. La Mirandole, Pont-Saint-Esprit, 2004,

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