Histoires à rebours est le onzième volume de la première série de La Grande Anthologie de la science-fiction, paru en 1976.

Préfacé par Jacques Goimard, l'ouvrage réunit vingt nouvelles, publiées entre 1949 et 1965.

Publications Jacques Goimard (dir.), Histoires à rebours, Le Livre de poche , 1976 (rééditions en 1978 et en 1984), .

Extraits de la préface (…) Le véritable amateur de science-fiction aime ce qu'il appelle les bonnes idées et ces bonnes idées ont toujours une dimension humoristique : la preuve, c'est qu'elles le font rire aux éclats. Par suite, la science-fiction tout entière apparaît comme un énorme canular, un spectacle de cirque, un jeu de société, et n'importe quel récit est apte à figurer dans une anthologie humoristique. (…) La peur est à la périphérie de la science-fiction et le rire est au centre. Il est plus civilisé, plus policé ; on peut y distinguer des gradations, des hiérarchies, des procédures. Si la science-fiction n'a pas sa Carte du Tendre, on pourrait certainement en dresser sa Carte du Rire. (…)

L’humour est le royaume du second degré : faire une nouvelle humoristique, c’est toujours reprendre à l’envers une nouvelle qui a déjà été faite. Par conséquent les nouvelles humoristiques ne peuvent pas former un ensemble systématique ; à supposer que cet ensemble existe ailleurs, elles n’en laissent pas pierre sur pierre. Leur seul point commun, c’est de renverser. Dans ces conditions, on a adopté un ordre, puisqu'il le fallait bien (le livre est un espace à une dimension allant du titre au mot fin), mais pour mieux le briser. À la fin du livre, il ne restera au lecteur que des morceaux — et le souvenir du vent de l'explosion.

Liste des nouvelles Le Gregory de Gladys Auteur : John Anthony West Titre original : Publication : , février 1963 (traduction de Christine Renard) Situation dans l'anthologie : p. 21 à 31 Résumé : Le récit est un discours adressé aux membres féminines d'un certain club. L'orateur rappelle les données du problème : tout a commencé avec « le Gregory de Gladys », un homme bien dans sa peau, mangeant sainement et sportif, chose insupportable pour son épouse Gladys, qui se sentait ostracisée. Les autres femmes l'aidèrent un temps en « chouchoutant » Gregory, en l'invitant, en lui servant subrepticement les plats les plus gras et les plus sucrés. Peu à peu, Gregory grossit et arrêta le sport. Gladys pensa alors qu’elle pourrait ainsi présenter son mari au concours annuel de l'homme le plus gros du comté. Mais Gregory, ainsi mis en condition de concourir, continua de grossir, faisant regretter leur aide aux amies et rivales de Gladys. Tout le monde pensait qu'elle pourrait concourir d'ici deux ou trois ans, mais le jour du concours arrivé, on découvrit avec stupéfaction que Gregory se présentait et que son poids écrasait celui de ses concurrents : 337 kg ! Ayant gagné le concours, il choisit d'être mangé (comme tous les gagnants avant lui) d'une manière inhabituelle : cru ! Rien dans le règlement n'interdisant cela, on fit droit à sa requête. Le discours se termine sur la proposition d'insérer une nouvelle clause dans le règlement, afin d'interdire à l'avenir que les gagnants ne soient mangés crus. Liens externes :

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Qu’est-ce qu’il fabrique donc là-dedans ? Auteur : Fritz Leiber Titre original : Publication : Galaxy Science Fiction , décembre 1957 (traduction de Rosine Chomet) Situation dans l'anthologie : p. 33 à 42 Résumé : Un professeur américain reçoit chez lui un Martien, dont le reste de l'humanité ignore la présence sur Terre. Lorsque l'extraterrestre demande timidement où il peut « s'isoler », le professeur s'extasie de l'identité des tabous corporels sur Terre et sur Mars. Mais il commence à se poser des questions lorsque le Martien s'éternise dans la salle de bains qu'il lui a indiquée. Son fils, regardant par la fenêtre, rapporte que le Martien s'est fait couler un bain et s'y est immergé. Ne sachant que faire, la famille passe la nuit devant la porte de la salle de bains. Au matin, le Martien catastrophé croit qu'il a les privés de leur lit, car c'est bien ce qu'est une baignoire sur Mars. Le professeur en conclut qu'il est décidément bien difficile de prédire les us et coutumes d'une autre race. Liens externes :

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Une leçon d’écriture Auteur : Arthur Porges Titre original : Parution : , (traduction de Roger Durand) Situation dans l'anthologie : p. 43 à 54 Résumé : Gryzzll Pfrafnick est un Martien arrivé récemment sur Terre. Découvrant la littérature de science-fiction, il se dit qu'il est le mieux placé pour rédiger des nouvelles de ce type et les proposer aux magazines spécialisés. Sa déconvenue n'en est que plus grande : convoqué par un éditeur, ce dernier lui explique que son récit est tout à fait désolant, peu crédible, mal construit, incohérent et faisant état de postulats totalement erronés. L'éditeur lui assène diverses « vérités communément admises » en littérature de science-fiction. Quand Gryzzll Pfrafnick se montre sous sa vraie apparence de Martien, l'éditeur est tout d'abord surpris, mais reprend vite ses certitudes : « Mon cher Mr Pfrafnick, l'excuse la plus usée de l'écrivain débutant est : Mais cela m'est vraiment arrivé, à moi. Les faits réels ne me regardent pas, pas plus qu'ils ne doivent regarder un artiste. La question est de convaincre le lecteur. Il se peut, mon cher monsieur, que vous soyez un Martien tel que vous le décrivez ; mais votre description ne dissipe nullement l’incrédulité. Par conséquent, votre travail est un échec. Et maintenant, si vous voulez m'excuser… » La nouvelle se termine par cette phrase : « Et Gryzzll Pfrafnick, le premier auteur à pouvoir écrire sur Mars de première main, se retira, l'oreille basse. » Liens externes :

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Le Misogyne Auteur : James Gunn Titre original : Parution : Galaxy Science Fiction , (traduction par Simone Hilling) Situation dans l'anthologie : p. 55 à 68 Résumé : Harry, fameux pince-sans-rire selon ses amis (dont le narrateur), développe devant eux une théorie de son cru : les femmes ne sont pas des êtres humains, mais des extraterrestres, qui ont colonisé la Terre il y a des milliers d'années et qui ont su asservir les hommes. Maladroites avec les machines, irrationnelles, versatiles, elles ont besoin qu'ils s'occupent d'elles au quotidien. Le narrateur explique en détail ladite théorie, notamment basée sur de nombreuses affirmations poétiques, littéraires, etc. mais aussi sur quelques questions restées étrangement sans réponses : pourquoi y a-t-il plus de veuves que de veufs ? pourquoi les femmes vivent-elles plus longtemps et en meilleure santé ? pourquoi sont-elles nulles en maths et en sciences ? La soirée se termine, mais le narrateur a l'imprudence de dire à l'épouse d'Harry, en souriant, « Hello, extraterrestre ! » avant de laisser Harry seul avec elle. Le lendemain, le narrateur apprend qu'Harry est mort d'une crise cardiaque, malgré l'intervention rapide de Clarke, docteur en médecine. Le narrateur se sent mal : Harry paraissait en si bonne santé. Il vient de finir de mettre par écrit les déclarations de Harry, formant ainsi le texte de la nouvelle, puis il ajoute qu'il doit aller aider sa femme à mettre en route la chaudière à la cave, avant qu'elle la casse. Liens externes :

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Un problème de chasse Auteur : Robert Sheckley Titre original : Situation dans l'anthologie : p. 69 à 86.

L’Exilée de Mars Auteur : Evelyn E. Smith Titre original : Parution : , (traduction d'Yves Rivière) Situation dans l'anthologie : p. 87 à 97 Résumé : La planète Mars est habitée par des Martiens qui ressemblent à de beaux oiseaux. Les Humains établis sur Mars, essentiellement des mineurs, y sont tout en bas de l’échelle sociale, mais tentent de se rassurer en proclamant qu'ils sont les « vrais gens » et que les Martiens ne sont que des oiseaux pas très malins. L'héroïne, Liza-Jane Kallikak, âgée de 16 ans, fille aînée du vieux Kallilak, mineur alcoolique et violent, rêve d'une nouvelle vie avec un homme qui la sortirait de son milieu familial sordide. Un soir où son père a eu certaines tendances incestueuses à son égard au bistro du village, elle regagne en pleurs la maison. Sur le chemin, elle est accostée par Pp'eepi Rrrr-eep, qui la cajole et lui propose de la ramener chez elle. Elle accepte. En fin de compte, elle cède aux avances du Martien, qui la courtise adroitement et tous deux ont des relations sexuelles. Le Martien lui promet qu'il reviendra la chercher et l'épouser. Néanmoins, le temps passe, et force est de constater que le Martien n'est jamais revenu chercher Liza-Jane. Celle-ci ne peut plus cacher le fruit de sa passade d'un soir avec le Martien : comment avouer aux siens qu'elle couve un œuf ? Remarque : Dans la préface qui introduit la nouvelle, la question est posée : « (…) Si le colon n'était qu'un travailleur immigré ? Si le fier planteur n'était qu'un pauvre Blanc ? ». La nouvelle évoque implicitement le sort des Noirs (ici : les Humains sur Mars) aux États-Unis avant la reconnaissance de leurs droits civiques au milieu du , et les droits des Blancs (ici : les Martiens) ; et au-delà, le pouvoir sexuel des Blancs sur certaines jeunes filles Noires (ou petites blanches) victimes, soit de promesses de mariage non tenues, soit de viols. Liens externes :

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Mimétisme défensif Auteur : Algis Budrys Titre original : Publication : Galaxy Science Fiction , (traduction d'Arlette Rosenblum) Situation dans l'anthologie : p. 99 à 115 Résumé : envoyé sur la piste d'un faux-monnayeur incroyablement habile, l'inspecteur Baumholtzer explore la planète Deneb XI lorsqu'il est capturé par sa proie. Le faussaire, Duodecimus Munger, se propose de le faire exécuter par la tribu dénébienne qu'il domine; mais d'abord, il montre à Baumholtzer la source de sa richesse - un arbre extraordinaire, qui à toute agression, répond en renvoyant le corps étranger multiplié par cent. Baumholtzer est sauvé in extremis mais se retrouve poussé contre l'arbre. Peu après, il précise qu'il va falloir un grand navire pour rapatrier ses cent vingt nouveaux sosies. Liens externes :

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Technique de survie Auteur : Poul Anderson (écrit en collaboration avec Kenneth Gray) Titre original : Publication : , (traduction de Roger Durand) Situation dans l'anthologie : p. 117 à 140 Résumé : trois augustes académiciens sont envoyés explorer la Rome antique en remplaçant trois pauvres Romains. Les superviseurs sont pleins de pitié pour leurs invités, qui vont certainement être terrifiés par l'époque moderne ! Mais ceux-ci (un escroc, une prostituée, et un voleur) s'évadent et disparaissent avec aisance. Par contre, les savants une fois récupérés, racontent qu'ils ont été dévalisés, rossés, emprisonnés, accusés de sorcellerie, envoyés aux galères... Des années plus tard, un des Romains rappelle dans une lettre à son compatriote, comment eux ont parfaitement réussi à survivre au vingtième siècle, devenant politicien, gourou, chef de la mafia, et riche veuve. Liens externes :

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Cesse donc de faire l’avion avec tes mains ! Auteur : Jack Finney Titre original : Publication : , (traduction de Michel Rivelin) Situation dans l'anthologie : p. 141 à 164