François-Isidore, baron Darquier ( - Beaumont-de-Lomagne (aujourd'hui en Tarn-et-Garonne) ✝ - Vitoria-Gasteiz) était un militaire français des qui servit durant les guerres de la Révolution et de l'Empire.

Biographie Guerres révolutionnaires

Fils de François-Alexandre Darquier, receveur ambulant des domaines du roi, et d'Antoinette-Colombe Collonges, François-Isidore Darquier entra au service comme sergent-major le dans le bataillon de volontaires de la Haute-Garonne, qui devint , puis demi-brigade de bataille, et enfin d'infanterie de ligne. Lieutenant à l'élection le , il fit la même année la campagne de Savoie. Capitaine le , il se trouva au siège et à la prise de Toulon.

De l'an III à l'an V, il servit aux armées des Pyrénées-Orientales et d'Italie. À la bataille de Castiglione, il arrêta cinq fois la cavalerie ennemie et donna aux Français le temps de se rallier et de reprendre l'offensive. Au combat de Bassano, il fit plusieurs prisonniers, entra un des premiers dans la ville, s'empara sur la route de Cittadella de 2 pièces de canon et d'un convoi d'artillerie et de munitions de guerre, et, blessé d'un coup de sabre à la tête, il tomba au pouvoir de l'ennemi. Il rentra immédiatement à son corps, et fut atteint d'un coup de feu au bras droit au combat sur la Brenta. Le 10 germinal, marchant contre les insurgés de Bergame, par une nuit obscure, il tomba dans un fossé au moment où l'affaire était engagée, et se blessa grièvement à la cuisse droite avec son sabre.

En l'an VI et en l'an VII, il servit à l'armée d'Angleterre, en l'an VIII et en l'an IX à celle du Rhin, et pendant les ans XII et XIII il fit partie du camp de Saint-Omer.

Premières campagnes napoléoniennes

Membre de la Légion d'honneur le , il passa avec son grade dans les grenadiers à pied de la Garde impériale le , devint chef de bataillon le 14 thermidor, fit les campagnes d'Autriche (1805), de Prusse et de Pologne (1807), et obtint le la décoration d'officier de la Légion d'honneur.

C'est lui qui, à la bataille d'Eylau, sous les ordres du général Dorsenne, commandant le bataillon de grenadiers à pied de la garde qui, chargé par l'Empereur de marcher contre une colonne de 5 à Russes, dédaigna de faire feu et la culbuta à la baïonnette. Ce bataillon, dit l'Empereur, produisit sur les masses russes l'effet de la tête de Méduse.

À Tilsit, l'empereur Alexandre donna au colonel Darquier une boîte enrichie de diamants. L'année suivante, l'appela à Erfurth, pour y faire pendant le congrès le service d'honneur près de sa personne et près des souverains étrangers.

Chevalier de l'Empire avec dotation le , Darquier fut nommé colonel-major le , et chargé de l'organisation et du commandement du régiment de conscrits-grenadiers, qui devint plus tard de tirailleurs-grenadiers de la Jeune Garde, et qui s'essaya glorieusement à la bataille de Wagram.

Il fut nommé, en 1809, membre du collège électoral de Tarn-et-Garonne. Décoré de l'ordre de la Couronne de Fer début 1810, il reçut le le titre de baron de l'Empire avec de nouvelles dotations.

L'Espagne Il partit pour l'Espagne le suivant, et fut chargé dès son début de faire rentrer les contributions et d'escorter les convois. Envoyé le de Valladolid au-devant d'une colonne de prisonniers qui arrivait de Madrid, son avant-garde rencontra la bande du Curé, forte de 600 hommes, la poursuivit pendant trois lieues et lui tua 40 hommes.

Peu de temps après, à Potes, le de tirailleurs et 2 bataillons des 1 et 4 de la de même arme, battirent Juan Díaz Porlier, qui, avec plus de , occupait les hauteurs et de nombreux défilés : le colonel Darquier commandait l'arrière-garde : on doit à son attitude ferme et à ses bonnes dispositions une partie du succès de cet engagement, qui dura deux jours et une nuit.

Le , les armées combinées du Nord et de Portugal avaient l'ordre de ravitailler Ciudad-Rodrigo en présence de l'armée anglo-portugaise, forte de . L'ennemi resta dans sa position de Fuenteguinaldo sans oser s'opposer à cette opération, et le lendemain il fut forcé de passer la Coa et de rentrer au Portugal. Dans ces journées, le colonel Darqnier commandait une brigade de l'armée du Nord. Marquesito, avec , avait pris position sur les hauteurs escarpées de . Le , Darquier, qui n'avait que 300 tirailleurs et 140 dragons de la garde, l'attaqua à la baïonnette, le chassa de rocher en rocher jusque dans le Liébana et lui tua 360 hommes.

Chargé de ramener d'Irun un trésor destiné pour l'armée et de prendre à son passage à Tolosa un convoi d'artillerie, il avait sous ses ordres 4 bataillons, 150 cavaliers et 2 pièces de canon. Il trouva le , en arrivant à Ormaiztegi, entre Tolosa et Villaréal de Álava, les bandes de Mina et du Pastor, fortes de , qui s'étaient réunies pour enlever son convoi. Il les attaqua vigoureusement, les mit en pleine déroute, et les poursuivit jusqu'à Segura. Elles eurent environ 600 hommes hors de combat, Guruchada, l'ami et le premier lieutenant de Mina, fut blessé grièvement et mourut huit jours après.

Envoyé à la recherche des bandes espagnoles avec une colonne de d'infanterie et 150 cavaliers, il se dirigea le 25 du même mois sur Santa Cruz de Campezo. Ce village, occupé par l'ennemi, fut enlevé de vive force. Mina, malgré son canon et sa position avantageuse, dut profiter de la nuit pour se retirer, blessé lui-même d'une balle à la cuisse et après avoir perdu 200 hommes.

Le , Darquier trouva encore en avant d'Acedo (Navarre), près de Los Arcos, les bandes de Mina et de Pelos. Elles avaient pris position dans la plaine au nombre de et de 500 cavaliers, et occupaient le village. français et 50 gendarmes à cheval les mirent dans une déroule complète et leur firent perdre 600 hommes tués ou blessés.

Au commencement d'août, un corps d'insurgés, fort de , coupait les communications entre Miranda de Ebro et Burgos. Chargé de les rétablir, Darquier partit avec de son régiment, 300 cavaliers et 2 pièces de canon : il surprit un des bataillons de , auquel il tua 500 hommes à la baïonnette, le reste se dispersa et les communications furent rétablies.

La réoccupation de Logroño, évacuée volontairement, lui résolue le . Darquier, qui appuyait ce mouvement avec , força le général-major Duran d'abandonner cette ville avec environ , l'attaqua le lendemain dans les positions qu'il avait prises à l'entrée des montagnes, et lui mit 300 hommes hors de combat. Ce fut encore lui qui, le , à la tête d'une colonne de , dispersa les bandes qui entourait la ville de Soria et débloqua cette place. Le , il battit de nouveau, près de Cenicero (La Rioja), la bande de Duran.

Il prit part, à la tête de son régiment, au mouvement combiné des armées du Nord et de Portugal, qui firent lever le blocus du fort de Burgos. Près de Logroño, il défit complètement le chef de partisans Amor, qui commandait une guérilla de d'infanterie et de cavalerie. Près de Ségovie, il dispersa, avec un bataillon de son régiment et 300 chevaux de la Garde impériale, un corps de réu nis par le Médico dans le but d'enlever un convoi qu'il avait mission de protéger. À Sigüenza, il mit en déroule les bandes de l'Empecinado (Juan Martín Díez), lesquelles comptaient plus de .

Enfin, dans les premiers jours de décembre, et près de Tolosa, il remporta un avantage marqué sur la bande de Longa, mais les fatigues de cette guerre terrible déterminèrent chez lui une fluxion de poitrine à laquelle il succomba le .

Le général Dumoustier fit connaître cette perte à la Garde impériale par l'ordre du jour suivant :

L'Empereur honora de ses regrets la mémoire du colonel Darqnier, auquel il destinait le commandement d'une brigade de sa garde.

Le colonel Darquier laissa, en mourant, un fils, qui devint chef d'escadron, et trois filles.

Titres

Chevalier Darquier et de l'Empire (lettres patentes du ) ; Baron Darquier et de l'Empire (décret du , lettres patentes du (Saint-Cloud)) ;

Décorations

Légion d'honneur : Légionnaire (), puis, Officier de la Légion d'honneur () ; Chevalier de l'ordre de la Couronne de Fer (1810).

Armoiries

Figure Blasonnement 80px80pxArmes du chevalier Darquier et de l'Empire.

D'argent, à la bande de gueules au signe des chevaliers, accompagnée en chef d'un casque grillé de sable, taré de profil, accosté de deux étoiles d'azur, et en pointe d'un lion léopardé de gueules, regardant, passant sur une terrasse de sinople et tenant de sa patte levée cinq piques de sable, posées sur son épaule., et ses Compléments sur www.euraldic.com Armes du baron Darquier et de l'Empire

Coupé, au premier parti à dextre d'argent au casque taré de fasce de sable, surmonté de deux étoiles d'azur ; à sénestre des barons tirés de l'armée ; au deuxième d'azur au lion léopardé la tête contournée d'or, portant un faisceau de lance d'argent, posées en barre.

Livrées : blanc, rouge, bleu, jaunePLEADE (C.H.A.N. : Centre historique des Archives nationales (France)).

Annexes Bibliographie

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

d'infanterie de ligne ; de tirailleurs de la Garde impériale ; de tirailleurs de la Garde impériale ; Liste des membres de la noblesse d'Empire ; Armorial des chevaliers de l'Empire ; Armorial des barons de l'Empire ;

Liens externes

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