La guerre d'Algérie a vu l'utilisation d'armes d'origines diverses, à la fois par l'armée française et par les indépendantistes de l'armée de libération nationale (ALN). Les autres forces, qui combattaient les indépendantistes en conflit ouvert avec l'ALN, et vers les derniers mois de la guerre l'OAS, pro-Algérie française mais qui s'attaque également aux intérêts français, utilisent des armes plus légères.

200px|vignette|Soldats de la guerre d'Algérie en 1958. Le conflit voit de nombreuses attaques menées avec des armes légères par l'ALN, les services secrets français ou l'OAS.

Les véhicules terrestres de l'armée française sont surtout employés pour le transport et les pilonnage des forces indépendantistes pendant les opérations d'affrontements. En 2022 des médias révèlent l'utilisation de gaz toxiques par l'armée française dans ce qui est appelé la « guerre des grottes ».

Les forces indépendantistes se révèlent vulnérables face à l'aviation française. Au fur et à mesure de la guerre, bien que disposant de quelques armes lourdes, l'ALN n'a pas les moyens matériels et de couverture pour s'opposer aux opérations conventionnelles aéroterrestres de l'armée française. Sa force réside dans les attaques éclairs et le repli dans des zones de sécurité montagneuses .

Provenance des armes Armée française La France utilise en Algérie une partie du stock restant de la Seconde Guerre mondiale (véhicules légers et chenillés) et de la guerre d'Indochine (MAT-49) mais aussi de l'armement moderne alloué par l'OTAN dans le cadre de la guerre froide et destiné à être utilisé en Europe. Les États-Unis fournissent notamment des hélicoptères Sikorsky dont l'utilisation est décisive pour les opérations aéroportées dans les régions montagneuses de Kabylie et le Nord constantinois.

La cavalerie est fortement employée et déploie des engins blindés légers. Entre autres, en , 114 AMX-13 sont déployés ; en , on compte 355 chars M24 Chaffee et 340 Panhard EBR, 889 M8 Greyhound (222 pour la gendarmerie), half-track et scout-car pour l'armée de terre et 326 pour la gendarmerie en ..

ALN Le FLN et l'ALN utilisent du matériel divers. Lors de la Toussaint rouge, le groupe ne dispose que de 350 armes, dont majoritairement des fusils de chasse. La plupart de l'équipement est formé de modèles de la Seconde Guerre mondiale. Les armes lourdes sont très rares.

D'une part, l'armement provient de l'armée française, qu'il s'agisse d'armes capturées lors d'embuscades ou plus rarement livrées par des déserteurs, notamment des appelés du contingent algérien et aussi certains Français comme le l'aspirant Henri Maillot en 1956.

D'autre part, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie fournissent des armes aux révolutionnaires, livrées clandestinement par la Tunisie et le Maroc. L'Égypte de Nasser fournit également de nombreuses armes. Ainsi, une opération médiatisée du SDECE est l'arraisonnement du cargo Athos le (voir la crise de Suez).

De très nombreuses armes sont achetées à des trafiquants d'armes sur le marché international bien que les services français cherchent à décourager les vendeurs.

Des ateliers de fabrication d'armes américaines ont été implantés au Maroc par la CIA, pour l'ALN (mortiers, grenades, fusils...). Messaoud Zeghar était le principal intermédiaire entre le FLN et les États-Unis...

OAS L'OAS utilise des armes de l'armée française. Un important stock d'armes a été dérobé durant le putsch des généraux en et par la suite été utilisé par l'OAS.

La CIA aurait secrètement prévu de livrer des tonnes d'armes au putschistes par cargos en partance du Portugal, mais avec l'échec du putsch, cette opération clandestine a finalement été annulée.

France 150px|thumb|left|Un appelé dans les Transmissions équipé d’un PM MAT-49, d’une radio AN/PRC-10 et coiffé d'un calot de marsouin.

Armes de poing MAC modèle 1950, prévue comme arme de poing standard des forces armées françaises mais en service conjointement avec les autres types Colt M1911, privilégié par les officiers parachutistes Pistolet automatique modèle 1935S Pistolet automatique modèle 1935A Walther P38, série produite après-guerre et utilisée par les gendarmes et CRS en Algérie Luger P08 Revolver modèle 1892 8 mm, usage limité autres types de pistolets

Pistolets mitrailleurs MAT 49, arme standard MAS 38, arme redistribuée aux troupes de seconde importance PM Thompson, versions M1928A1 et M1A1 Sten Mk 2, utilisé par certaines troupes de secteurs MP 40, utilisé par certaines troupes de secteurs M3 Grease gun, utilisé par certaines troupes de secteurs

Fusils et carabines MAS 36, arme standard des soldats français MAS 36 CR, variante utilisée par certains parachutistes MAS 36-51, variante modifiée pour le tir de grenade à fusil MAS 49, fusil moderne, fourni en priorité aux tireurs d'élite MAS 49/56, variante améliorée et plus courante, remplace le MAS 36 à partir de 1957 dans les unités d'intervention Mousqueton Berthier 1892 M 16, en service dans les troupes de seconde ligne, la Marine, les gendarmes et les CRS M1 Garand, utilisé notamment par les troupes françaises venues d'Allemagne Carabine M1 et M1A1, utilisée par les parachutistes, le génie, les radios, les conducteurs Fusil Lebel, utilisé par les troupes de seconde ligne ou pour l'instruction Fusil Berthier 07/15, utilisé par les troupes de seconde ligne ou pour l'instruction Springfield M1903, utilisé par les troupes de seconde ligne ou pour l'instruction Karabiner 98k, utilisé par les troupes de seconde ligne ou pour l'instruction

Fusils-mitrailleurs et mitrailleuses MAC 24/29, fusil-mitrailleur fiable et efficace, en service au début de la guerre Browning BAR M1918, fusil-mitrailleur peu apprécié par ses utilisateurs Arme automatique modèle 1952 (AA.52), en service à la fin de la guerre Mitrailleuse Browning 1919, lourde à transporter et en conséquence utilisée généralement sur des véhicules ou pour la défense des bases Mitrailleuse Reibel, utilisée dans les blindés Browning M2 cal.50, utilisée généralement sur des véhicules ou pour la défense des bases

Armes chimiques

CN2D, contenant de la diphénylaminechlorarsine (DM).. « L’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques » est interdite par le protocole de Genève signé par la France en 1925 mais la France se serait dispensée de suivre le protocole, considérant que la guerre d'Algérie n'était pas une guerre, mais une opération de maintien de l'ordre.. Le recours aux gaz toxiques a été révélé en grâce à une enquête de la journaliste Claire Billet parue dans la revue XXI, fondée sur des témoignages d’anciens militaires français et ultérieurement avec le documentaire Algérie, sections armes spéciales. A cette date, l'accès aux archives de l'armée française n'est toujours pas autorisé.

Le CN2D n'est pas mortel en règle générale mais peut le devenir dans un lieu fermé. Or il a servi dans le cadre de la « guerre des grottes » contre les nationalistes algériens qui s'étaient réfugiés dans ces lieux souterrains. Cette utilisation des gaz rappelle les enfumades de 1844-1845 qui ont fait des milliers de victimes lors de la conquête de l'Algérie.

Le général de Gaulle étend à travers l'Algérie les « sections des grottes » dans les troupes françaises, dès 1959 ; ces sections recevaient une formation de la part des unités de la batterie des armes spéciales (BAS), créée fin 1956 au d'artillerie. Le Monde parle d'une utilisation des gaz « à large échelle » dans le contexte de la guerre des grottes.

Mortiers Mortier modèle 35 et modèle 35/44

Mortier modèle 27/31 et ses dérivés modèles 1944 ACC, ATS et ARE Mortier M1 de 81 mm

Lance-roquettes et canons sans recul Jeep avec missile () ()

Obusiers Howitzer 105 mm M2A1 Obusier de 105 mm modèle 1950 Obusier de 155 mm Modèle 50

Chars AMX-13 M24 Chaffee Sherman M4

Automitrailleuses thumb|Panhard EBR. Daimler Ferret Panhard AML 60 M8 Greyhound (AMM8) Panhard EBR

Blindés de transport de troupe Halftrack M3 Draisine blindée M3 Scout Car

Véhicules légers Delahaye VLR 4x4 Dodge WC GMC CCKW Vespa 150 TAP

Avions

vignette|Avion T-28 Fennec. Douglas B-26 Invader, bombardier utilisé au début de la guerre Douglas A-1 Skyraider, avion d'attaque utilisé à la fin de la guerre Douglas C-47 Skytrain, avion de transport Chance Vought F4U Corsair, avion d'attaque Consolidated PB4Y Privateer, avion de patrouille maritime Lockheed P2V Neptune, avion de patrouille maritime Max-Holste Broussard, avion léger Morane-Saulnier MS.500, avion léger Morane-Saulnier MS.733 Alcyon, avion léger North American F-100 Super Sabre, chasseur-bombardier, utilisé à partir de la métropole après 1959 North American T-6, principal avion d'attaque à partir de 1956 North American T-28 Fennec, avion d'attaque utilisé à la fin de la guerre Nord 2501 (Noratlas), avion de transport Republic P-47 Thunderbolt, avion d'attaque utilisé au début et au milieu de la guerre SIPA S.111 et S.12, avions d'attaque utilisés au début et au milieu de la guerre SNCASE Mistral, chasseur bombardier

Hélicoptères vignette|Hélicoptère « Banane » de la marine nationale. Bell 47 G Sikorsky S-55 Sikorsky S-58 (dont certains en configuration « Pirate » lourdement armée) Vertol H-21C (Banane) Alouette II

Barrage Ligne Challe Ligne Morice

Révolutionnaires algériens vignette|Soldats de l'ALN armés de pistolets-mitrailleurs Beretta 1938A, MP40, FNAB-43, d'une mitrailleuse MG 42 et de fusils K98k

Armes de poing Luger P08., arme de point le plus utilisé. Colt M1911, courant Browning GP Colt M1917, rare Revolver modèle 1892 8 mm, rare Revolver Mas 1873-1874 11 mm, rare Autre type de pistolet acquit sur les soldats français ou sur le marché noir.

Pistolets mitrailleurs

MAT 49, utilisé en grandes quantités MP 40, utilisé en grandes quantités Beretta 1938A, utilisé en grandes quantités Sturmgewehr 44, parfois utilisé PM FNAB-43 Sten

Fusils et carabines Karabiner 98k, fusil le plus courant parmi l'ALN Mauser FN 24/30/46, acheté au marché noir Vz. 24 MAS 36 M1 Garand Carabine M1 Fusil Lebel Lee–Enfield (SMLE et No. 4) SKS, utilisée uniquement par les troupes algériennes stationnées en Tunisie Fusil de chasse, utilisée principalement avant et au début de la guerre

Fusils-mitrailleurs et mitrailleuses MAC 24/29, fusil-mitrailleur utilisé en grandes quantités Browning BAR M1918, fusil-mitrailleur utilisé en grandes quantités BREN, fusil-mitrailleur utilisé en grandes quantités Lewis Mark I, FM ancien assez rare MG 34, mitrailleuse très courante MG 42, mitrailleuse assez rare Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914, rare Mitrailleuse Vickers, rare Mitrailleuse Browning 1919, rare

Armes lourdes Mortiers (divers types) Bazookas Mine terrestre Divers explosif

OAS Armes légères MAT 49 Pistolet automatique modèle 1935S

Notes et références

Sources

Voir aussi Articles connexes Armes utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale Liste des divisions françaises de la guerre d'Algérie