On qualifie généralement de circuit court ou circuit de commercialisation le circuit de distribution dans lequel intervient au maximum un intermédiaire entre le producteur et le consommateur.

On évoque assez souvent les circuits courts pour les produits agricoles, domaine pour lequel la France dispose d'une définition officielle : selon le Ministère de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche, est considéré comme « un circuit court un mode de commercialisation des produits agricoles qui s’exerce soit par la vente directe du producteur au consommateur, soit par la vente indirecte, à condition qu'il n'y ait qu'un seul intermédiaire ».

En France et en 2010, les achats faits en circuit court représentent 6 à 7 % des achats alimentaires d'après l'Ademe qui estime que ces circuits courts sont Rachida oughriet (2013), Alimentation : le bilan carbone des circuits courts pointé par le CGDD Le Commissariat général au développement durable pointe les performances environnementales des circuits de proximité en matière de consommation d'énergie et d'émissions de générées lors de la production et du transport des produits locaux ; Actu-Environnement 2013-04-05, consulté 2013-04-13. Selon le Recensement agricole de 2020, 23 % des agriculteurs français vendent tout ou partie de leur production en circuits courts. En agriculture biologique, la vente directe est particulièrement développée : plus d’un producteur bio sur deux vend en direct au consommateur au moins une partie de sa production.

Mais la notion de circuit court investit d'autres domaines d'activité. Ainsi, la fabrication et la distribution de matériaux (terre, chanvre, ardoise, chaux, carrières locales, etc.) en particulier pour la restauration du patrimoine bâti.

Les enjeux du développement durable évoqués notamment en France lors du Grenelle de l'environnement ont ravivé l'intérêt et l'urgence de la problématique des circuits courts dans la révision nécessaire des modes de production et de consommation.

Émergence de la notion moderne de circuit court Historiquement, les circuits courts ont été des modes de distribution très répandus, notamment aux abords des villes. L'agriculture périurbaine était une fonction ancienne d'approvisionnement des villes. Il y avait par exemple des villages maraîchers autour de Paris pour approvisionner les Halles et les marchés.

Au , Alexandre Grimod de la Reynière devient négociant en ouvrant à Lyon le commerce « Grimod et compagnie, aux Magasins de Montpellier, rue Mercière » : épicerie, de droguerie et de parfumerie en gros et fabrique de broderie et imagine les principes d’« achat direct au producteur », de « chaînes de magasins » et de « vente à prix fixé ». Il étend les activités de sa société Grimod et Cie à d’autres villes françaises, où il ouvre des établissements.

Les circuits courts ont décliné au cours du avec l'étalement urbain, le développement des transports, et l'internationalisation des marchés et des structures industrielles.

Les circuits courts ont trouvé un regain d'intérêt depuis les années 2000. Les circuits courts font aujourd'hui l'objet de recherches, notamment en France à l'INRA. Ils couvrent également le thème des matériaux locaux pour la construction ou la restauration de patrimoine (carrières de pierres, de lauzes, d'ardoises ; champs de chanvre, fours à chaux, tuileries briqueterie…).

Terminologie Distinction entre circuit court et vente directe Le circuit court inclut la vente directe, pour laquelle il n'y a pas d'intermédiaire entre le producteur et le consommateur, mais il est plus large qu'elle, car il inclut aussi la vente indirecte lorsqu'il n'y a qu'un seul intermédiaire .

Distinction entre circuit court et relocalisation Le circuit est dit « court » lorsqu'il y a, au maximum, un intermédiaire : stricto sensu, il n'y a pas de notion géographique, le producteur peut être proche ou non du consommateur. On parle de relocalisation lorsque le producteur se rapproche géographiquement du consommateur, indépendamment des intermédiaires. Dans de nombreux écrits, circuits courts et relocalisation sont néanmoins souvent, de fait, associés. On devrait parler de circuits courts locaux. C'est notamment le cas lorsqu'on parle de résilience des territoires, où l'approvisionnement local et les circuits sont deux qualités de l'accès aux productions alimentaires souvent associées. Cela fut le cas singulièrement à l'occasion de la crise du Covid-19.

Le circuit court peut trouver place dans des projets alimentaires territoriaux mis en place dès 2014 en France à la suite de la loi d'avenir pour l'agricultureLes experts alim'agri : qu'est-ce qu'un projet alimentaire territorial ?, Site du Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, 5 mai 2022.

En Belgique, dès 2013, sous le terme ceinture alimentaire, une dynamique semblable basée sur la mobilisation citoyenne voit le jour, visant aussi à construire une solidarité alimentaire entre producteurs et consommateursAu-delà des circuits courts, que proposent les Ceintures alimentaires ?, Ceinture Alimentaire Charleroi Métropole, 20 janvier 2018.

Différents types de circuits courts thumb|Étal à un marché d'agriculteurs et d'agriculteurs producteurs fermiers. thumb|Un producteur d'huile d'olive.En vente directe :

En 2020, la vente directe à la ferme est le premier mode de commercialisation en circuit court utilisé par les deux tiers des exploitations concernées. En vente indirecte :

Les agriculteurs en circuits courts peuvent utiliser plusieurs modes de commercialisation mais la majorité (6 sur 10) n'en ont qu'un. Au sein de ces circuits courts, la vente directe domine : vente à la ferme (5 sur 10), vente au marchéAgreste Primeur (numéro 275 - janvier 2012), http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf_primeur275.pdf Un producteur sur cinq vend en circuit court, sur < agreste.agriculture.gouv.fr >. Consulté le <9 mars 2014>..

Caractéristiques Répartition Ce phénomène est réparti de façon inégale sur le territoire français avec une tendance à se développer dans les espaces périurbains et touristiques permettant un maintien de l’agriculture dans ces zones. On remarque un développement plus important dans le sud-est, le nord, la Corse et l’Alsace ainsi que dans le Rhône–Alpes où les points de vente collectifs sont les plus nombreux.

Produits vendus par circuits courts Les produits les plus vendus par circuits courts sont :

En agriculture, les circuits courts sont plus pratiqués pour les productions végétales que les productions animales. En 2010, ce sont les producteurs de miel qui vendent le plus en circuits courts (51 % d'entre eux), suivis des producteurs de légumes (46 %), de fruits (26 %) et des viticulteurs (25 %).

Impact énergétique et climatique des circuits courts Bilan énergétique Les études d'Elmar Schlich et d'autres montrent que certaines filières internationales (banane par exemple, transportée en grande quantité par cargo) peuvent consommer moins d’énergie finale que des distributions en circuits courts et ce, malgré les longues distances parcourues. La « camionnette régionale » à moitié remplie est en concurrence avec les porte-conteneurs et les poids lourds pleinement chargés au niveau mondial. Le système de circuits courts n’est pas encore à l’équilibre et il convient donc de soutenir son développement. Les filières longues internationales ont, quant à elles, su optimiser leurs systèmes de production et de distribution depuis longtemps.

Ne raisonner que sur l’énergie finale fait cependant oublier d’autres critères environnementaux tels que la quantité d’intrants ou la pollution émise à tous les niveaux, ainsi que les avantages sociaux. Selon Elmar Schlich, . Il soutient même que cela peut être obtenu facilement grâce à des coopérations ou des coopératives, ce qui est le cas pour de nombreuses filières par circuits courts.

Il semble que l'un des atouts des circuits courts soit la prise en considération du système de production. Par exemple, en France, selon le recensement agricole de 2010, l'agriculture biologique est plus pratiquée par les agriculteurs en circuits courts que par ceux en circuits longs (10 % contre 2 % en 2010)Agreste Primeur (numéro 275 - janvier 2012), http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf_primeur275.pdf Un producteur sur cinq vend en circuit court (page 3), sur < agreste.agriculture.gouv.fr >. Consulté le <9 février 2014>.. Mais les circuits longs ont beaucoup à apporter en matière d'organisation logistique de distribution.

Bilan carbone des circuits courts relocalisés Sur le plan des émissions de , selon le Commissariat général au développement durable (CGDD) et un avis de l'Ademe d', en l'état actuel des choses, les circuits courts ne sont pas toujours les plus intéressants (notamment pour les produits qui ne sont pas de saison). En France, 57 % des émissions de gaz à effet de serre de la chaîne alimentaire sont induits par la phase de production alors que le transport ne serait responsable que de 17 % de ces émissionsRachida Boughriet (2013), Alimentation : le bilan carbone des circuits courts pointé par le CGDD pointe les performances environnementales des circuits de proximité en matière de consommation d'énergie et d'émissions de générées lors de la production et du transport des produits locaux ; Actu-Environnement 2013-04-05, consulté 2013-04-09. De plus, le caractère local d'un produit et des « distances réduites » entre le producteur et le consommateur « ne suffisent pas à affirmer leur qualité environnementale », prévient le CGDD, mais ces produits ont des avantages « socio-économiques » en favorisant la petite agriculture de proximité, plus créatrice d'emplois. Ceci semble partagé par le public français selon l'enquête annuelle du cabinet Ethicity publiée le qui a trouvé que 56 % des Français (+14 points par rapport à 2012) déclarent qu'« un produit permettant de consommer responsable doit être fabriqué localement ».

Enjeux Au-delà de la réduction d’intermédiaire et de la relation privilégiée entre producteur et consommateur, les circuits courts se définissent généralement par une réduction de la distance géographique existant entre ceux-ci. L’enjeu de proximité prend ici tout son sens comme outil à la réduction de l’empreinte énergétique lié au transport. Ce type de commercialisation apporte donc des réponses aux enjeux de développement durable sur le plan économique avec le maintien de l’exploitation agricole, la création d’emploi et l’augmentation du revenu agricole, sur le plan social avec la création de liens sociaux et des actions en faveur de populations défavorisées en plus de répondre à la problématique environnementale avec le soutien d’une agriculture respectueuse de l’environnement et la réduction des kilomètres alimentaires.

Enjeux économiques D’un point de vue économique, ces circuits ont un grand potentiel car ils permettent la réalisation d’économies sur toute la chaîne de distribution (transport, suppression d’intermédiaire) donc une augmentation des marges, et un paiement immédiat pour l'agriculteur-producteur permettant de diversifier ses activités agricoles et ainsi favoriser l’emploi : en Île-de-France, les fermes mixtes ont une moyenne de de surface agricole utile et 4,4 employés à pleins temps contre et 1,2 employés par circuit conventionnel. De manière générale, par rapport à la moyenne des exploitations françaises, celles en circuits courts sont de taille plus petite, emploient plus de main d'œuvre, et développent davantage d'activités de diversification (transformation, restauration, hébergement...).

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