L’église Saint-Rémi, aussi orthographiée Saint-Rémy, est une église catholique de style classique située à Ottignies, section de la ville belge d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, dans la province du Brabant wallon.

Historique

Origines vignette|droite|redresse=1| La fondation de la paroisse est antérieure à 1213, comme l'atteste une charte de cette année...

Elle est probablement fondée, comme filiale de l'église Notre-Dame de Mousty, par un duc de Brabant qui était à l'origine seigneur d'Ottignies.

La charte de 1213 établit la donation de la dîme (impôt ecclésiastique destiné à couvrir les frais du culte) à la communauté de moniales cisterciennes de l'abbaye d'Aywières (Couture-Saint-Germain).. Au fil du temps, cette abbaye se retrouve responsable de nombreuses églises paroissiales.

On ne sait rien de l'ancienne église, sauf ce qu'en montre une gravure de Jacques Harrewyn en 1682. : une église avec clocher au-dessus de l'entrée et trois annexes de chaque côté., les façades et le chevet étant soutenus par de hauts contreforts.

1785 : édification de l'église classique L'ancienne église d'Ottignies ayant été détruite par un incendie en 1726, une église de style classique est érigée de 1783 à 1785.Inventaire régional du patrimoine en Wallonie..

L'abbaye d'Aywières, qui est alors toujours responsable de l'église, entame l'édification d'une nouvelle église en 1783 ; le gros œuvre est terminé en 1784 et l'église est achevée le ..

Le nom de l'architecte en est inconnu..

L'abbaye d'Aywières doit ensuite restreindre la dépense car, d'un côté, étant responsable depuis le Moyen Âge de nombreuses églises paroissiales, elle avait dû y financer de nombreux travaux. et, de l'autre, elle est engagée à cette époque dans une importante opération immobilière liée à la création de la place Royale de Bruxelles.

Ce manque de moyen des abbesses ne permet d'utiliser qu'un pavement de mauvaise qualité, qu'il fallut remplacer dans le chœur par des dalles dès 1835 aux frais de la fabrique d'église.. C'est un dessin de marbre blanc et noir qui orne alors le sol. À cette occasion, le chœur est blanchi.. En 1860, c'est le pavement de la nef et des collatéraux qu'il faut remplacer par le dallage de marbre noir avec cinq croix blanches visible actuellement. Ce dallage est à son tour en mauvais état, certaines dalles étant remplacées par un matériau temporaire en attendant les fonds suffisants pour le renouveler complètement.

1905 et 1921 : désaffectation du cimetière et extension de la sacristie Le cimetière paroissial, disposé initialement autour de l'égliseOttignies en 1860, Okgni, Revue du cercle d'histoire, d'archéologie et de généalogie d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, , Ottignies, décembre 2004, ., est désaffecté en 1905. Il reste cependant des dalles funéraires à l'intérieur et à l'extérieur de l'église, datant de 1810 à 1905André Léger, La paroisse Saint-Rémi d'Ottignies. 1785-1985, Ottignies-Louvain-La-Neuve, 1985, ..

Entre 1921 et 1926, l'espace gagné grâce à la suppression du cimetière paroissial est mis à profit pour agrandir la sacristie, en doublant son volume et en y insérant des caves..

À la même époque, vers 1920, le chœur est transformé et son plafond plat disparaît au-dessus d'une voûte en berceau plein-cintre.

1944 : bombardement aérien Le , Ottignies est bombardée : ce raid s'inscrivait dans le programme allié de destruction de l'infrastructure logistique allemande et visait les installations ferroviaires du nœud des lignes Bruxelles-Namur et Louvain-Charleroi. et plus particulièrement la gare d'Ottignies et la cinquantaine de locomotives allemandes qui s'y trouvaient.. Il est annoncé par la radio anglaise au cours de la journée : « SEINGITTO (Ottignies à l'envers) mourra ce soir »Paul Pilloy-Cortvriendt, Curtis Sancti Stephani - Guide inventaire de Court-Saint-Étienne, Editions Philsteph, .. Ce bombardement « en tapis », mené par 196 avions alliés, largue à bombes sur une zone allant de Moriensart à Limal et fait 84 victimes dont 41 à Limelette.

Si l'église Saint-Rémi ne subit pas autant de dommages que ses voisines, l'église Saint-Géry de Limelette qui est complètement détruite et l'église Saint-Martin de Limal qui est endommagée, six vitraux datant de 1873 y sont cependant détruits. Un dessin moderne décore ceux qui les remplacèrent entre 1962 et 1968.

1972 : réaménagement de l'intérieur dans l'esprit du concile Vatican II En 1972, pour accueillir la messe du saint Esprit de la nouvelle université de Louvain-la-Neuve, ainsi que pour satisfaire aux exigences du concile Vatican II, l'église subit une transformation importante de son aménagement intérieur.. sous la direction du professeur Raymond Lemaire : le maître-autel est enlevé et remplacé par un autel moderne placé face à la nef pour permettre au célébrant de faire face aux fidèles ; les deux grands tableaux de Maximilien De Haese qui ornaient l'abside sont remisés dans le baptistère (avant d'être placés plus tard dans les collatéraux) ; un immense Christ en croix est suspendu au fond de l'abside, provenant du « calvaire Félix » de l'avenue des CombattantsLe calvaire Félix était situé avenue des Combattants, à droite de la maison communale d'Ottignies, là où se dresse maintenant le centre culturel d'Ottignies ; il était initialement situé sur une parcelle appartenant à Félix Defalque, premier bourgmestre d'Ottignies sous le régime impérialPaul Bauwin, Croix et chapelles à Ottignies-Louvain-la-Neuve, Cercle d'Art et d'Histoire d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, 1987, . ; un écran de maçonnerie de deux mètres est dressé au fond du chœur pour cacher la porte de la sacristie ; le banc de communion est enlevé ; deux des quatre confessionnaux baroques sont supprimés ; l'église est repeinte.

2018 : perte du tilleul centenaire En , la Commune fait abattre le tilleul âgé d'environ 130 ans qui se dressait devant l'église, car il était attaqué par un champignon parasiteBulletin communal d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, , avril /mai 2018, ..

Il est remplacé le par un Tilia cordata (tilleul à petites feuilles en forme de cœur) de 4 à 5 mètres de haut.

Classement et restauration L'ensemble formé par l'église Saint-Rémi, le presbytère et le château d'Ottignies fit l'objet d'un classement au titre des monuments historiques le Patrimoine culturel immobilier classé de la Wallonie. Ce classement permit de limiter l'élargissement de la route. et de préserver les abords de l'église et du presbytère.

À la fin des années 1960, il fallut restaurer partiellement le toit de l'église à la suite de l'effondrement de la partie méridionale, tout en gardant des ardoises naturelles à cause du classement. En 1978, c'est la partie septentrionale du toit qui fut démontée pour y insérer un film plastique empêchant l'infiltration d'eau dans la nefAndré Léger, , ..

En 2014, des travaux sont entrepris pour transformer l'ancien baptistère en « chapelle de semaine ».

Architecture extérieure vignette|droite|redresse=1.2| Matériaux L'église, couverte d'ardoises, est construite en briques et se distingue par l'utilisation de superbes blocs de grès ferrugineux au niveau du soubassement, des corniches du corps du bâtiment et du clocher, des chaînages d'angle et de l'encadrement des baies : ce matériau fait toute l'originalité de l'édifice et lui confère sa couleur.

Le grès ferrugineux du Bruxellien (grès brun du pays) est un matériau peu onéreux, doté d'une résistance moyenne et d'une forte sensibilité au gel. Il est facilement gravable : ici à Ottignies, de nombreux blocs du soubassement portent des marques de carrier (ou marques de tâcheron).

Contrastant avec le grès brun, les appuis de fenêtre et les baies en façade sont en pierre bleue (petit granit).

Clocher et façade occidentale vignette|droite|redresse=1| La façade, large de , intègre le clocher, en légère saillie par rapport aux façades des collatéraux.

Le clocher, surmonté d'une flèche octogonale, présente un soubassement et des chaînages d'angle constitués d'imposants blocs de grès ferrugineux ainsi qu'une corniche biseautée réalisée dans le même matériau.

Chacun des quatre niveaux de la face occidentale du clocher est orné d'une baie de style classique : un portail en pierre bleue à impostes et clé d'arc saillantes, à encadrement mouluré et tympan au motif rayonnant ; une fenêtre, à environ un mètre au-dessus du portail, recouverte d'un arc surbaissé (linteau bombé) ; un oculus (œil-de-bœuf) à quatre clefs ; une baie campanaire à abat-son, répétée à la même hauteur sur chaque face de la tour carrée.

Contrairement aux autres baies de l'édifice, l'encadrement des baies de la façade occidentale est réalisé en pierre bleue (pierre calcaire de couleur bleu gris appelée aussi petit granit).

Façades latérales vignette|droite|redresse=0.9 Chacune des façades latérales, longue de , est percée de six grandes fenêtres de style classique à arc surbaissé présentant un encadrement réalisé en grès ferrugineux (sauf la base en pierre bleue).

Ici aussi, soubassement, chaînages d'angle et corniches biseautées sont réalisés en grès ferrugineux, des chiffres romains gravés sont visibles.

Les blocs de grès du soubassement présentent des marques de tâcheron.

Chevet L'édifice se termine par un imposant chevet pentagonal mis en valeur par ses chaînages d'angle en grès ferrugineux.

Le chœur, en retrait de quatre mètres par rapport aux façades latérales, est éclairé par de grandes fenêtres de style classique en tous points semblables à celles de la nef, mais placées légèrement plus bas, au tiers de la hauteur du bâtiment.

Sacristie Le chevet est prolongé par une sacristie, longue de , qui se trouve dans l'axe du chœur.

Elle présente les mêmes caractéristiques que l'ensemble de l'édifice : briques rouges et soubassement en blocs de grès ferrugineux. Ses façades, ornées d'une frise de dents d'engrenage réalisée en brique, sont percées, au nord, d'une porte orientée vers le presbytère et, au sud, d'une fenêtre encadrées de blocs de grès ferrugineux massifs et surmonté d'un bloc de grès ferrugineux taillé de manière concave en forme d'arc surbaissé.

L'extension de la sacristie érigée entre 1921 et 1926 présente des différences fortement visibles avec la sacristie d'origine. Les encadrements des baies sont réalisés en pierre bleue (petit granit) et plus en grès ferrugineux car celui-ci n'était plus exploité. Le volume est aussi différent, la nouvelle partie étant plus étroite. Les caves sont éclairées par deux petites fenêtre sur le côté méridional de l'extension de la sacristie.

Architecture et décoration intérieure vignette|droite|redresse=0.9| vignette|droite|redresse=0.9| vignette|droite|redresse=0.9|

Plan et style L'édifice présente un plan basilical sans transept, avec un vestibule surmonté de l'orgue à l'ouest, une nef de cinq travées flanquée de deux collatéraux, et un chœur prolongé par une abside à trois pans à l'est.

L'église est de style classique, les colonnes relevant de l'ordre toscan, « l'ordre antique le plus simple et d'ailleurs le plus fréquemment employé dans les églises villageoises de l'époque » selon Duquenne..

Vestibule et baptistère L'accès à l'édifice se fait par un vestibule situé sous la tour, à côté duquel se trouvent deux petites pièces carrées, ajourées chacune d'une fenêtre : l'une est l'ancien baptistère (transformé en chapelle de semaine en 2014-2015), l'autre abrite l'escalier qui donne accès à la tour.

Les fonts baptismaux en marbre rouge et noir ont été déplacés du baptistère vers la nef, où ils se dressent maintenant à côté de l'entrée. Ces fonts baptismaux, où le marbre rouge le dispute au marbre noir, sont composés d'une cuve et d'une colonne octogonales reposant sur un socle partiellement carré et partiellement octogonal.

Au-dessus du vestibule, logée sous une voûte en berceau percée dans la tour, se trouve l'orgue de l'église, précédé d'un balcon à balustrade.

Nef