vignette|Pour frapper l'opinion publique, les nazis firent grand usage de cérémonies, retransmises dans les médias aux actualités cinématographiques. Ici le rassemblement des SA, SS et NSKK au congrès de Nuremberg de 1935Image du fonds historique de la NARA..

La propagande nazie faisait partie des attributions du ministère du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande, dirigé par Joseph Goebbels. Le parti nazi avait lui aussi son office de promotion : la Reichspropagandaleitung der NSDAP, également dirigée par Goebbels.

La propagande du nazisme commence dès les années 1920. Avec l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler, elle peut faire appel à tous les moyens possibles, attachant une importance particulière au sport et au cinéma, dont les films sont conformes à l'idéologie nazie. La propagande devient un élément fondamental de la Gleichschaltung, ou « mise au pas » de la société allemande, et devient un élément central du caractère totalitaire du régime.

L'efficacité de cette prise de pouvoir sur les consciences du peuple est plus ambiguë que ce que les images peuvent suggérer, une distanciation s'opérant : l'auteur anonyme du récit Une femme à Berlin évoque les réflexions des Berlinois aux dernières heures de la guerre, coincés dans les caves alors que l'Armée rouge envahit la ville, se remémorant les ultimes appels des leaders du régime à la radiorelevant d'une vaine invocation de l', la victoire finale.

Propagande et moyens de diffusion Propagande de guerre

La propagande est un moyen de communiquer, de passer un message (publicité, dépliants, affiches) à des fins de persuasions qu’elles soient positives ou négatives. Ce terme qui a progressivement été associé à une connotation négative par certains est synonyme de persuasion ou de communication de masse. La propagande est souvent vue comme négative à cause de certaines motivations cachées, de certaines informations trompeuses et qui peuvent aussi être fabriquées. La propagande, plus précisément en temps de guerre, est considérée comme une forme d’incitation à des actes de violence par la propagation d’idéologies violentes qui persuade les gens à encourager et soutenir leur patrie. La propagande de guerre est aussi définie comme étant une manière de manipuler les perceptions des masses par rapport à la violence (guerre, génocides). Elle peut aussi servir à des fins d’encouragement de l’économie nationale en temps de guerre.

Moyens de diffusion Les principaux moyens de diffusion utilisés par Hitler et le ministre de la propagande Joseph Goebbels (responsable régional politique à Berlin en 1926) sont les journaux, les affiches et les tracts. Les slogans apparaissant autant dans les 3 moyens cités ci-haut sont simples et, dans l’idée, pareils afin de montrer une constance dans le message véhiculé. À la suite de son élection, Hitler, pour pouvoir se débarrasser de ses rivaux et au nom de la protection du peuple et de l’État allemand, a recours à des suppressions de plusieurs droits fondamentaux qui permettent aux gens d’entendre plusieurs points de vue (grèves, rassemblements, pluralisme politique). L'utilisation de la radio comme moyen de diffusion de ses discours contribue à l’acceptation par la masse desdites suppressions. Le poste de Joseph Goebbels au ministre de l’Éducation et de la propagande lui permet d’avoir la mainmise sur tous les moyens de diffusions pour enraciner solidement et durablement le national-socialisme dans les esprits par l’entremise de la culture. Les actualités filmées, la radio et la télévision sont alors utilisées pour faire de la propagande au profit d’Hitler et de son idéologie. Une censure d’œuvres d’auteurs comme Jack London, Sigmund Freud, Karl Marx (au total 300 auteurs) qui sont considérées comme nuisible à cette volonté est aussi observée dès 1933. L’art aussi trouve sa place dans la propagande nazie, par la censure d’artistes comme Van Gogh, Picasso et plusieurs autres, mais aussi par la volonté de Goebbels et Hitler de représenter l’art Germanique comme supérieur aux autres formes d’art. Le président de la Chambre de la presse du Reich, Max Amann, procède à la fermeture de plusieurs journaux indépendants (de 3000 journaux en 1933 à 975 en 1945). Le déploiement de parades et célébrations militaires est aussi utile à la diffusion de la propagande.

Cinéma thumb|Scène du Triomphe de la Volonté de Leni Riefenstahl, la plus célèbre des réalisatrices nazies.

Le cinéma se trouve contraint à être, lui aussi, sur les bancs de la propagande nazie par la présentation de Hitler comme un dieu (Triomphe de la volonté, 1935). La production de film par le régime était un des outils considéré des plus importants. Les dessins animés, les films de fictions et les films historiques ont tous eu leur place dans la stratégie de communication en diffusant des valeurs et des idéologies nazies. Goebbels considérait le cinéma comme l’un des « moyens de manipulation des masses les plus modernes». Certains films étaient utilisés avant des épisodes de massacres, comme outil de mise en condition pour les militaires, par exemple avant des exécutions de masses.

Sur la place de la propagande dans le cinéma allemand, les avis divergent. Pour Nathalie de VoghelaeNathalie de Voghelae, Le Cinéma allemand sous Hitler, L’Harmattan, 2001, page 47. et Gert AlbrechtGerd Albrecht, Nazionalsocialistische Filmpolitik, Ferdinand Enke Verlag, 1969, ., la plupart des films produits sous le nazisme visent à divertir les masses. Ainsi, seul 1/6 de la production cinématographique traitent explicitement de la politique. Sur les 1350 longs-métrages produits entre 1933 et 1945, on compte 1200 divertissements.

Pour David WeinbergWeinberg, David (1984). , , 19: 105–126. doi:10.1177/002200948401900106., le Département, mené par le Reichsamtsleiter Karl Neumann, aurait participé à la production d'entre et films de propagande. L'ensemble de la production cinématographique est progressivement nationalisée. La holding , instrument du ministère de Goebbels et dirigé par Max Winkler, achète en 1937 Universum Film AG. Les actualités hebdomadaires des nazis sont projetées dans toutes les salles de cinéma. Leni Riefenstahl est engagée par Hitler pour filmer le congrès de Nuremberg du NSDAP de 1934 ; elle réalise alors le documentaire Le Triomphe de la volonté. Goebbels demande aux studios fin 1938 de produire des films à des fins de propagande antisémite. C'est ainsi que quatre films authentiquement antisémites sortent des studios : Robert und Bertram de Hanz Heinz Zertlett en 1939, Die Rothschild Aktien von Waterloo d'Erich Waschneck, Jud Süss de Veit Harlan et Der ewige Jude de Fritz Hippler en 1940Gerd Albrecht, Nazionalsocialistische Filmpolitik, Ferdinand Enke Verlag, 1969, .. Le Juif Süss obtient un gros succès populaire à travers l'Europe. Il aurait été vu par plus de 20 millions de spectateurs.

Tout ceci amène l’Allemagne à être le plus grand producteur de films en Europe et à posséder presque de cinéma. Entre 1934 et 1935, le nombre d’entrées annuelles dans les cinémas est estimé à 250 millions. Ce chiffre atteindra 1 milliard en 1940. 1938 est marqué par la mise en place des visionnages obligatoires des actualités filmées qui présentent des images des différents corps d’armées.

Affiches vignette|redresse|Collage d'affiche en faveur d'Adolf Hitler en 1932. thumb|left|upright|alt=Exposition Le Juif éternel à Munich en 1937|Munich, 1937 : l'exposition « Le Juif éternel » présente des caricatures antisémites. Comme tous les mouvements politiques de l'époque, la propagande nazie a abondamment recouru aux affiches. Theo Matejko fut l'un des illustrateurs les plus réputés enrôlés dans cette production d'art militant.

L’exposition « Le Juif éternel » de 1937 permet la diffusion de catalogues et d’affiches diffusés dans toute l'Europe. La propagande antisémite contribue dans ce contexte à banaliser et à légitimer les violences faites aux Juifs.

Autodafés left|thumb|Autodafé du à Berlin.

Les autodafés visent la littérature et plus généralement le pluralisme des idées allant à l'encontre des idées hitlériennes, ce que chaque totalitarisme a intégré. Les nazis brûlent en place publique des livres par milliers.

Les nazis font des incantations lors des autodafés, par exemple :

Par prudence, les Allemands cachent la totalité des œuvres suspectes qu'ils possèdent.

Sport et nazisme

Comme en Italie fasciste, le culte du corps masculin est une valeur centrale du régime. Le sport permet de mettre en évidence non seulement l'esthétique des athlètes mais il est aussi un vecteur pour fédérer la communauté du peuple, concept central du nazisme. Les performances de la prétendue « race aryenne » sont exaltées afin de démontrer la supériorité biologique de celle-ci sur d'autres « races ». vignette|Les Dieux du stade.

processus national de coordination Dès , le parti nazi applique une politique d'infiltration et de dissolution des organisations civiles indépendantes, tels que les clubs sportifs ou les chorales. Appelé processus national de « coordination », Gleichschaltung, la société civile se retrouve atomisée : « Il n’y avait plus de vie sociale ; on ne pouvait même plus avoir son club de boules » témoigne un Allemand d’une petite bourgade. Toutes les associations, y compris les associations sportives, furent obligées d’avoir une majorité de membres du Parti dans leurs comités respectifs : « Quand une organisation recevait du NSDAP l’ordre de dissoudre son comité exécutif et d’en élire un nouveau à majorité nazie, on pensait... que c’était nécessaire pour obéir à la loi ». Les nouvelles structures appliquaient ensuite le dogme eugéniste nazi en triant la population (exclusion des non aryens, surveillance des dissidents, rejet des « sous-races », etc..).

Les Jeux olympiques de Berlin de 1936 avaient été attribués à l'Allemagne du temps de Weimar mais c'est l'Allemagne hitlérienne qui sera en charge de leur organisation. Malgré un pauvre mouvement de boycott international, les jeux ont lieu et sont l'occasion pour le régime de se montrer sous son plus beau jour. Les affiches antisémites disparaissent des cités. Le CIO commande Les Dieux du stade à Leni Riefenstahl.

Alpinisme et nazisme

vignette|Affiche sur les refuges du DÖAV dans les années 1930 : « Les Juifs et les membres du Club Donauland ne sont pas les bienvenus ». Les clubs alpins font ainsi l'objet d'une « épuration » afin d'exclure les Juifs, et ce dès 1921 (et même, pour la section de Berlin, depuis 1899, bien avant la formation du NSDAP. ). En 1924, celle-ci est achevée: le Club alpin allemand et son homologue autrichien n'ont plus aucun membre juif. L'historien Rainer Amstädter affirme ainsi : « À cette date, la totalité des alpinistes juifs sont exclus des Clubs alpins allemand et autrichien, dont tous les postes clés seront progressivement confiés à des dignitaires nazis ».

L'alpinisme devient ainsi un enjeu central de la propagande nazie, avec notamment l'ascension en 1938 de la face nord de l'Eiger, l'une des trois grandes faces nord des Alpes, à laquelle participe le SS autrichien Heinrich Harrer, qui participa également à l'expédition de 1939 au Nanga Parbat, mission dirigée par Peter Aufschnaiter, membre de la Fondation allemande pour l'Himalaya de Paul Bauer.

Jeux olympiques de Berlin

vignette|Salut nazi dans le stade olympique en 1936. Les jeux deviennent la vitrine du régime.

En 1931, le Comité international olympique attribua à Berlin l'organisation des Jeux d'été de l'année 1936. Ce choix marquait le retour de l'Allemagne sur la scène internationale après la période d'isolement qu'elle avait subie à la suite de la Première Guerre mondiale. Toutefois, les organisations juives américaines, le mouvement ouvrier international et des associations démocratiques et humanitaires s’opposent aux JO de Berlin..