Les simples ou simples médecines ( ou selon ses appellations latines) était le nom donné au Moyen Âge aux plantes médicinales.
En France, les savoir-faire entourant la connaissance et le ramassage des simples sont reconnus par l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel.
Définition vignette|Traité arabe (env. 1334) concernant les plantes médicinales, selon le médecin, pharmacologue et botaniste de l'Antiquité grecque Dioscoride. La médecine médiévale était basée sur les vertus des herbes médicinales : elles servaient à fabriquer les médicaments. Les monastères médiévaux en particulier avaient tous, sinon une pharmacie et infirmerie, au moins un jardin de simples (herbularius) : l'officine de l'apothicaire et le jardin des simples étaient liés. À Milly-la-Forêt, dans une ancienne maladrerie (léproserie) se trouvait la chapelle Saint-Blaise-des-Simples : on les cultivait pour soigner les lépreux.
Elles étaient étudiées depuis des temps immémoriaux (on en trouve la trace dans le Livre de la Sagesse, dans la Bible), et dans Dioscoride, et toute la médecine grecque, puis arabe, pour leurs vertus thérapeutiques.
Les simples constituaient un remède (medicina, dans ce cas, les simples peuvent désigner aussi bien des plantes, animaux ou minérauxApothicairerie de l'Abbaye de Lérins : inventaire, néanmoins l'examen des sources disponibles montre que les plantes représentaient au moins 75% de l'effectif des simples référencées) ou une herbe (herba) à base d'une seule plante à la différence des remèdes composés (composita : lochs, électuaires…).
Quelques plantes La sauge était d'une renommée proverbiale : son nom vient du latin qui signifie guérir, sauver, on en avait toujours dans son jardin. L'achillée millefeuille était très réputée au Moyen Âge car vulnéraire et cicatrisante : Hildegarde de Bingen recommande son utilisation en compresses ou en poudre dans du vin chaud. Les moines auraient cultivé la rue dont le nom latin signifie « conserver la santé », pour ses propriétés anti-aphrodisiaques. La consoude soignait les blessures de flèches ou d'arquebuse. L'armoise soulageait les pieds fatigués de voyageurs. Le lys soignait les blessures de serpent (Strabo). La molène soignait la malandre des chevaux (une crevasse suintante, à l'odeur nauséabonde, aux plis de leur jarret). Le millepertuis soulageait en cas de brûlures. La guimauve officinale soignait les dents. L'angélique protégeait de la peste. La verveine soignait les pustules. On cultiva aussi plus tard la mélisse, pour fabriquer l'eau de mélisse. La pulmonaire était utilisée pour les poumons. Roses et violettes entraient dans la composition des électuaires, ainsi que la réglisseSource : le Jardin d'Hérondine, site sur les Plantes médicinales au Moyen Âge : voir liens externes.
Repères chronologiques vignette|Le manuscrit en grec, Codex medicus Graecus, dit « Dioscoride de Vienne » (vers 512), comporte 383 illustrations botaniques, comme celle-ci de διψακος, Dipsacus, avec annotations en arabe.
Charlemagne promulgua le capitulaire De Villis qui établissait la liste des , légumes, simples et tinctoriales à cultiver dans les jardins. Le plan de l'Abbaye de Saint-Gall représente un de seize plantes : menthe et menthe-coq, cumin, rue, fenouil, sauge, rose, lis, iris, pouliot, fenugrec, romarin, sarriette, livèche, mongette, barbarée. Sainte Hildegarde de Bingen, abbesse bénédictine, fut une grande spécialiste des simples médecines : elle écrivit plusieurs ouvrages décrivant , leurs vertus et leur emploi thérapeutique (). Saint Albert le Grand au dans le décrivit de nombreuses plantes et énuméra leurs propriétés médicinales.
Le Livre des simples médecines (), ouvrage écrit par . au , est une sorte de dictionnaire de toutes les plantes médicinales médiévales, avec une notice sur leur emploi. Au les herboristes de Paris étaient tenus sous serment d'en posséder un exemplaire. Il ne fut traduit du latin et publié qu'au par le .
Les vertus des simples
Le ramassage des simples aujourd'hui et la structuration de la filière
L'intérêt pour la botanique n'a jamais vraiment disparu. Aujourd'hui encore, des associations et des connaisseurs se retrouvent pour cueillir des plantes sauvages à des fins médicinales ou alimentaires. Cette pratique se perpétue plus rarement dans le cadre familial. Elle témoigne de la relation qu'a l'homme avec son environnement, mais entre aussi dans une démarche de collecte de savoir-faire liés aux plantes et à leur utilisation. C'est cependant une pratique aujourd'hui reniée et qui tend à disparaître. Pour cela, des recherches ont été faites, notamment en Bretagne pour valoriser ces savoir-faire, qui ont mené à l'inscription de la pratique à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en FranceFiche d'inventaire « Le ramassage des simples en Bretagne » dans l'inventaire du patrimoine culturel immatériel français sur le site PCI Lab (consultée le 22 juin 2021)..
Le renouveau de l'herboristerie est aujourd'hui, en 2024, bien d'actualité. Le Syndicats Simples regroupe les producteurs et cueilleurs de plantes aromatiques et médicinales, respectant une certaine charte de bonnes pratiques disponible et détaillée sur leur site internet. Notes et références
Annexes Articles connexes Plante officinale, herboristerie Plante médicinale, jardin médicinal Chapelle Saint-Blaise-des-Simples de Milly-la-Forêt Liste des plantes potagères recommandées dans le capitulaire De Villis Albarelle Mire Pierre Lieutaghi Plantes médicinales du Briançonnais
Liens externes Iconographie médiévale : Base enluminures Mandragore, La Botanique Le Jardin d'Hérondine
Bibliographie , Walahfrid Strabo, . Le Livre des simples médecines, Matthaeus Platearius, . Les Remèdes de santé d'Hildegarde de Bingen, Paul Ferris, Marabout. Le Livre des subtilités des créatures divines, Physica, sainte Hildegarde de Bingen, . Le Traité des simples, Ibn al-Baytar (Damas, 1245). Le , et . Les Jardins de simples au Moyen Âge, Caroline Mitre, 2004, 184 pages. Plantes et Jardins du Moyen Âge, Michel Cambornac.
(herbier de 293 espèces, toutes récoltées à Freycenet-la-Tour par Théophile Chanal (1862-1937), instituteur).
Catégorie:Remède de jadis Catégorie:Phytothérapie Catégorie:Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France