La présidence de George Washington débuta le , date de l'investiture de George Washington en tant que , et prit fin le . Washington entra en fonction après l'élection présidentielle de 1789, lors de laquelle il fut élu à l'unanimité. Il fut une nouvelle fois réélu à l'unanimité en 1792 et décida de se retirer après son second mandat. Il fut remplacé par son vice-président, le fédéraliste John Adams.

Washington était considéré comme l'un des principaux Pères fondateurs des États-Unis pour avoir commandé en chef l'armée continentale pendant la guerre d'indépendance et présidé la Convention de Philadelphie en 1787. Une fois la Constitution approuvée, tout le monde s'attendait à ce que Washington devienne le premier président des États-Unis, malgré le souhait exprimé par ce dernier de se retirer de la vie publique. Dans son premier discours d'investiture, Washington déclara qu'il n'acceptait la présidence qu'avec réticence et qu'il n'avait pas suffisamment d'expérience dans le domaine de l'administration, mais il se révéla par la suite comme un dirigeant compétent.

Washington présida le pays à l'époque où se mettait en place le nouveau gouvernement fédéral : il nomma ainsi la totalité des hauts fonctionnaires des branches exécutive et judiciaire, établit de nombreux précédents dans la vie politique et sélectionna le site devant accueillir la nouvelle capitale fédérale des États-Unis. Il soutint les politiques économiques d'Alexander Hamilton selon lesquelles le gouvernement fédéral devait assumer les dettes des gouvernements étatiques et il créa également la First Bank of the United States, le United States Mint et le United States Customs Service.

Sous son mandat, le Congrès adopta le tarif de 1789, le tarif de 1790 et une taxe sur le whisky pour procurer des recettes au gouvernement et, dans le cas des tarifs, pour remédier au déséquilibre de la balance commerciale avec la Grande-Bretagne. Washington mena personnellement une armée pour mater la révolte du Whisky dont les instigateurs s'opposaient aux taxes mises en place par son administration. Il déclencha par ailleurs une guerre contre les Amérindiens qui permit aux États-Unis de soumettre les tribus autochtones dans le territoire du Nord-Ouest.

En politique étrangère, il s'efforça de préserver la neutralité de son pays vis-à-vis des puissances européennes dans le contexte des guerres de la Révolution française et négocia en 1795 deux grands traités bilatéraux, le traité de Londres avec la Grande-Bretagne et le traité de Madrid avec l'Espagne, qui favorisaient les relations commerciales et assuraient à la jeune nation américaine une meilleure maîtrise de ses frontières. Afin de protéger le commerce américain des attaques de pirates barbaresques et d'autres types de menaces, il promulgua le Naval Act of 1794 qui redonnait naissance à la marine de guerre américaine.

Très préoccupé par les tensions partisanes qui se manifestaient au sein de son gouvernement et par l'impact négatif des partis politiques sur l'unité encore fragile de la nation, Washington essaya tout au long des huit années de sa présidence de faire cohabiter entre elles les factions rivales. Il reste à ce jour le seul président américain à n'avoir jamais été affilié à un parti politique. En dépit de ses efforts, les débats provoqués par la politique économique d'Hamilton, la Révolution française et le traité de Londres aggravèrent les divergences idéologiques et débouchèrent sur la formation du Parti fédéraliste par les partisans d'Hamilton et sur celle du Parti républicain-démocrate par ceux qui soutenaient les idées du secrétaire d'État Thomas Jefferson.

Critiqué pour avoir accentué les divisions partisanes qu'il souhaitait éviter en soutenant ouvertement Hamilton, Washington est néanmoins considéré par les historiens et les politologues comme l'un des plus grands présidents de l'histoire américaine, figurant généralement dans les trois premières places du classement aux côtés d'Abraham Lincoln et de Franklin Delano Roosevelt.

Élection présidentielle de 1789

Cérémonie d'investiture thumb|upright=.95|Inauguration du 10 avril 1789, Federal Hall, New York Le Congrès n’a pas été en mesure d’atteindre un quorum avant avril Henry, Laurin L. (October 1968). "The Awkward Interval". American Heritage. Vol. 19, no. 6. Archived from the original on July 28, 2017.. La Chambre l'a finalement atteint le , et le Sénat le , date à laquelle les votes électoraux ont été décomptés "The First Quorum of the House of Representatives". US House of Representatives: History, Art & Archives. Consulté le 19 mars 2018.. Washington et Adams ont été certifiés comme élus.

Adams arriva à New York le et fut investi vice-président le lendemain "Vice Presidential Inaugurations". Architect of the Capitol. Washington, D.C. Archived from the original on July 31, 2017. Retrieved July 15, 2017. Sur le chemin de New York, Washington a reçu un accueil triomphal dans presque toutes les villes qu’il a traversées. Il est arrivé à New York le , où il a été accueilli par le gouverneur de New York, George Clinton, ainsi que par de nombreux membres du Congrès et citoyens McMaster, John Bach (2006). A History of the People of the United States: From the Revolution to the Civil War. Cosimo, Inc. pp. 539–540. .. Washington a été investi en tant que premier président des États-Unis le au Federal Hall de New York, alors capitale du pays. Comme les juges des tribunaux fédéraux n’avaient pas encore été nommés, le serment présidentiel a été administré par le chancelier Robert Livingston, le plus haut fonctionnaire judiciaire de l’État de New YorkBordewich, Fergus M. (2016). The First Congress. New York: Simon & Schuster. , pp. 50–51.

Dans son discours d’investiture Washington a de nouveau évoqué sa réticence à accepter la présidence.

Composition du gouvernement

Cabinet

La nouvelle Constitution autorisait le président à nommer les chefs des départements exécutifs avec le consentement du Sénat. Les Articles de la Confédération, entrés en vigueur en 1781, avaient donné naissance à trois départements : le département de la Guerre, le ministère des Affaires étrangères et le bureau des Finances. Le ministère des Affaires étrangères fut rétabli le et prit le nom de « département d'État » au mois de . Le département de la Guerre fut recréé le tandis que le bureau des Finances devint le département du Trésor le . Le Congrès envisagea également de former un département de l'Intérieur afin de superviser, entre autres, les relations avec les tribus amérindiennes et la conservation des documents officiels, mais ces compétences furent finalement attribuées au département d'État. En furent créés le poste de procureur général, destiné à servir de conseiller juridique au président, et celui de Postmaster General, chargé de diriger le service postal. Au départ, Washington s'entretenait individuellement avec les chefs des différents départements et le procureur général, et ce n'est qu'en 1791 qu'il commença à organiser des sessions communes ; la première réunion de ce genre eut lieu le de cette année. Les individus occupant les fonctions de secrétaire à la Guerre, secrétaire d'État, secrétaire au Trésor et procureur général furent collectivement désignés sous le nom de « cabinet » et ce dernier se réunit fréquemment tout au long du second mandat de Washington.

vignette|upright|Le président George Washington. Huile sur toile de Gilbert Stuart, 1797, Crystal Bridges Museum of American Art.

Edmund Randolph devint le premier procureur général et Henry Knox fut maintenu à la tête du département de la Guerre. Pour le poste de secrétaire d'État, Washington fit d'abord appel à John Jay, qui avait servi comme secrétaire aux Affaires étrangères à partir de 1784 puis comme secrétaire d'État par intérim. Jay ayant fait savoir qu'il préférait être nommé à une fonction judiciaire, Washington le remplaça par Thomas Jefferson qui fut ainsi le premier secrétaire d'État permanent. À la tête du département du Trésor, et donc responsable de la politique économique, le président choisit Alexander Hamilton. Washington avait d'abord pensé à Robert Morris pour exercer cette fonction, mais celui-ci avait décliné l'offre par cette réponse : . Le cabinet de Washington se composait initialement d'un individu originaire de la Nouvelle-Angleterre (Knox), d'un autre issu du Mid-Atlantic (Hamilton) et de deux sudistes (Jefferson et Randolph).

Washington s'estimait suffisamment compétent dans le domaine militaire et les affaires étrangères, et selon l'historien Forrest McDonald, . Jefferson quitta le cabinet à la fin de l'année 1793. et fut remplacé par Randolph, William Bradford étant nommé procureur général. À l'instar de Jefferson, Randolph était plutôt francophile en politique étrangère mais son influence au sein du cabinet était très réduite. Durant le second mandat de Washington, Knox, Hamilton et Randolph démissionnèrent. À la suite de ces départs, Timothy Pickering remplaça Knox comme secrétaire à la Guerre, Oliver Wolcott fut nommé secrétaire au Trésor et Charles Lee devint procureur général. En 1795, Pickering hérita du département d'État et fut remplacé à celui de la Guerre par James McHenry. Durant le premier mandat de Washington, Hamilton et Jefferson tinrent un rôle central dans les délibérations du cabinet. Leurs profondes divergences idéologiques ne tardèrent pas à émerger et les deux hommes s'opposèrent fréquemment sur les questions économiques et la politique étrangère.. Après le démission de Jefferson, Hamilton s'affirma comme la principale figure du cabinet. Il quitta à son tour le gouvernement pendant le second mandat de Washington afin d'exercer comme avocat à New York mais son influence au sein de l'administration resta très forte.

Même si la Constitution autorisait le président à mettre son veto à une loi, Washington était réticent à empiéter sur le processus législatif et il ne fit usage de ce pouvoir qu'à deux reprises. La première se produisit le afin d'empêcher l'adoption d'un projet de loi modifiant la répartition des représentants. Celui-ci prévoyait de redistribuer des sièges de la Chambre des représentants parmi les États d'une manière que Washington jugeait contraire à la Constitution.. Après avoir vainement tenté d'outrepasser le veto, le Congrès rédigea une nouvelle version de la loi (Apportionment Act of 1792) qui fut ratifiée par Washington le de la même année..

RangFonctionTitulairePartiMandat1Vice-présidentJohn Adams80px Fédéraliste - ()2Secrétaire d'État John Jay 80px Fédéraliste - () Thomas Jefferson 80px Républicain-démocrate - () Edmund Randolph 80px Fédéraliste - () Timothy Pickering 80px Fédéraliste - ()3Secrétaire au Trésor Alexander Hamilton 80px Fédéraliste - () Oliver Wolcott, Jr. 80px Fédéraliste - ()4Secrétaire à la Guerre Henry Knox 80px Fédéraliste - () Timothy Pickering 80px Fédéraliste - () James McHenry 80px Fédéraliste - ()5Procureur général Edmund Randolph 80px Fédéraliste - () William Bradford 80px Fédéraliste - () Charles Lee 80px Fédéraliste - ()

Vice-présidence

vignette|upright|Le vice-président John Adams. Huile sur toile de Charles Willson Peale, entre 1791 et 1794, Parc national historique de l'indépendance.

Durant ses huit années en tant que vice-président, Adams s'abstint la plupart du temps de participer aux réunions du cabinet et Washington ne le sollicita que rarement pour ses conseils. Toutefois, selon le biographe d'Adams John E. Ferling, les deux hommes . Au Sénat, Adams joua un rôle assez actif, particulièrement lors de son premier mandat. Il participa à de nombreux débats, convainquit à au moins une occasion les sénateurs de voter contre une loi à laquelle il était opposé et s'exprima fréquemment sur les questions de procédure et de politique générale. Il soutint enfin la politique de l'administration Washington en arbitrant 29 votes à partage de voix égal...