La rue du Bac est une voie située dans le de Paris.

Situation et accès Longue de , la rue du Bac part des quais Voltaire et Valéry-Giscard-d'Estaing et se termine rue de Sèvres. Elle traverse la place René-Char.

Rue du Bac est également le nom d'une station de métro située au croisement du boulevard Raspail (ligne 12) et de la rue du Bac.

Le quartier est desservi par les lignes 10 et 12 à la station Sèvres-Babylone et par la ligne 12 à la station Rue du Bac.

Origine du nom La voie doit son nom au bac établi vers 1550 sur l'actuel quai Voltaire, qui transportait au les blocs de pierre destinés à la construction du palais des Tuileries ; il traversait la Seine à l'emplacement de l'actuel pont Royal.

Historique La rue a d'abord été appelée « grand chemin du Bac », puis « ruelle du Bac » et « grande rue du Bac ».

Elle a été construite sous à l'emplacement du pont Rouge, édifié en bois à partir de 1632 par le financier Louis Le Barbier, sur décision de , après qu'il a assisté à un accident du bacPierre Lavedan, Histoire de l'urbanisme à Paris, Paris, Hachette, 1975, ..

Elle est citée sous le nom de « rue du Bacq » dans un manuscrit de 1636.

Le peintre impressionniste anglais James Abbott McNeill Whistler s'y installe en 1892, avec sa femme Beatrice Whistler, dans l'atelier d'Antonio de La Gandara, pour terminer son portrait en cours du comte Robert de Montesquiou.

Le 11 mars 1918, durant la Première Guerre mondiale, une bombe explose au carrefour rue du Bac-boulevard Saint-Germain-boulevard Raspail, sur le refuge central près de la statue de Chappe Monument à Claude Chappe – Paris (75007) (fondu). 1869 – Le Boulevard Raspail. lors d'un raid effectué par des avions allemandsExelsior du 8 janvier 1919 : Carte et liste officielles des bombes d'avions et de zeppelins lancées sur Paris et la banlieue et numérotées suivant leur ordre et leur date de chute.. Le , un autre bombardement aérien touche le .

Le 29 mai 1918, durant la Première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose au rue du Bac Excelsior du 9 janvier 1919 : Carte et liste officielles des obus lancés par le canon monstre et numérotés suivant leur ordre et leur date de chute..

Dans les années 1980, selon plusieurs organes de presse, un groupe pédocriminel composé de personnalités de l’intelligentsia parisienne (écrivain, journaliste, avocat et médecin), aurait opéré dans un « somptueux appartement » de la rue : il s'agit de l'affaire des hommes de la rue du Bac« Les hommes de la rue du Bac : l’enfer d’un réseau pédophile au cœur de l’intelligentsia parisienne », sur radiofrance.fr, 22 juin 2024.Dov Alfon, « Les hommes de la rue du Bac : des faits glaçants et un récit à visage découvert », Libération, 13 juin 2024.Guillaume Malaurie, « Mathilde Brasilier : J’ai vu Claude Imbert avec Michel Tournier chez mon père », Challenges, 22 juin 2024..

En , l'espace du trottoir à l'intersection de la rue du Bac avec la rue de Montalembert prend officiellement le nom de « place Gabriel-García-Márquez« Inauguration de la place Gabriel-Garcia-Marquez », sur le site de la mairie de Paris, dans presse.paris.fr, 23 juin 2017. ».

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

: emplacement de la partie occidentale de l'ancien hôtel de Mailly-Nesle. À cet emplacement s'élevait l'hôtel particulier de Charles de Batz de Castelmore, comte d'Artagnan, capitaine lieutenant des mousquetaires de , tué au siège de Maastricht en 1673. Une plaque sur l'immeuble le rappelle. On y trouve maintenant un immeuble construit par Auguste Rolin et C. La Horgue en 1882-1883. Le nom de la brasserie La Frégate, à l’angle du quai Voltaire, évoque « un beau navire à trois mâts, de 1000 tonneaux », stationné à proximité dans les années 1850-1880, qui servit d’école puis de restaurant et enfin d’établissement de bains avant d’être démantelé en 1883Lucien Gillet, « La Frégate », Bulletin de la Société d’histoire et d’archéologie du arrondissement, 1906.. : Caisse des dépôts et consignations. Îlot des , rue du Bac, rue de Verneuil, rue de Beaune et rue de Lille : ancienne halle Barbier (du nom de Louis Le Barbier) ou halle du Pré-aux-Clercs qui, transformée, devint la caserne des Mousquetaires-Gris. De 1780 à 1833, le marché de Boulainvilliers s’y établit.. : (coin sud-est du croisement avec la rue de Lille) installation d'une agence de la banque Société Générale en 1865 ; agence déménagée au 199 bis boulevard Saint-Germain en 1941.. : Henri Gautreau (1859-1947), inventeur-fabricant, y a vécu dans sa jeunesse. : le général Jean Paul Adam Schramm y décède le . : ancien hôtel des Douanes, construit en 1913 par l’architecte Roger Bouvard. Occupé par la Direction générale des douanes jusqu’en 2007, il a été vendu par l’État et reconverti après rénovation en bureaux et commerces. : l'écrivain Marcel Brion a vécu ici quarante ans. : ancien magasin Le petit Saint-Thomas, créé par Simon Mannoury. Dans ce magasin sont instaurés le prix fixe, la vente à distance et les soldes des invendus. Le futur entrepreneur Aristide Boucicaut y fut vendeur et y apprit les méthodes de vente. L’établissement ferme en 1913. L’immeuble est occupé, pendant la Première Guerre mondiale, par le ministère des Inventions, puis, en 1921, par une annexe du ministère des Finances. Diverses sociétés commerciales y ont, aujourd’hui, leur implantation. : le portail de cet immeuble ouvre sur un passage perpendiculaire à la rue du Bac, l'impasse de Valmy. Cette impasse fut créée à la construction de l'hôtel de Montalembert (au ) (fin ) édifié pour le duc de Valmy (Charles de Montalembert y a vécu) ; au fond de l'impasse se trouve l'hôtel Le Play, fin du (propriété de l'État) ; après avoir accueilli le ministère de la Ville (François Lamy), il est occupé entre 2016 et 2017 par le ministère des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes (Laurence Rossignol)« Élysée, gouvernement : ça déménage à tous les étages », www.liberation.fr, 17 février 2017.. : Henri de Gaulle, père de Charles de Gaulle, y crée en 1907 une école : le Cours Louis de Fontanes, qu'il dirige jusqu'en 1924... : une cour, que l'on peut admirer de la galerie Maeght, située au rez-de-chaussée de l'immeuble, et un immeuble que Chateaubriand appréciait particulièrement.

: la poétesse Élisa Mercœur y a vécu et y est morte en 1835. Une plaque lui rend hommage. Ancien studio photographique de Charles Carey (vers 1860-1870).. C'est dans ce bel immeuble que Proust fait demeurer le professeur Cottard, médecin dÀ la recherche du temps perdu (voir Sodome et Gomorrhe II). : hôtel Le Vayer. Transformé au par l'architecte Gabriel de Lestrade. En 1932, André Malraux y a composé une partie de La Condition humaine (prix Goncourt 1933). Il le quittera le pour l'Espagne en guerre civile, et définitivement après son divorce avec Clara Malraux. Le sculpteur américain Jo Davidson y a loué un appartement meublé Jo Davidson, Between Sittings, Reed Books, 2007, , 151.. Le producteur Darryl F. Zanuck y a habité au début des années 1960Nicolas Ungemuth, « Et Cléopâtre changea la face de Hollywood », Le Figaro Magazine, semaine du , ., ainsi que Maurice Couve de Murville. : le portail, dont les vantaux, sculptés par Michel Varin, représentent La Prudence et La Loi, est un témoignage des transformations réalisées pour Samuel-Jacques Bernard (1686-1753), comte de Coubert, fils du célèbre financier Samuel Bernard, dans un hôtel édifié en 1697-1699 pour Jean-Baptiste Voille par un des Bruand (voir Libéral Bruand). Ces transformations ont pris une grande ampleur à partir de 1739. D'abord confiées à Louis Fourcroy (mort en 1735), qui construit en 1730 le bâtiment sur rue, elles ont probablement été conduites, dans un second temps, par François Debias-Aubry. L'hôtel comportait deux corps de bâtiment disposés perpendiculairement, des dépendances et un jardin. Celui des corps de bâtiment donnant sur la rue du Bac existe toujours, l'autre, qui donnait en retour d'équerre sur la rue Saint Dominique, a été remplacé vers 1890 par des immeubles modernes.. À la mort de Samuel Jacques Bernard, en 1753, l'hôtel est acheté par la famille de Grimberghe, puis passe entre diverses mains.. Le décor intérieur, qui comprenait de somptueuses boiseries ornées de peintures de Carle Van Loo, Jean-Baptiste Oudry (exposées au Salon de peinture et de sculpture en 1742) et Jean Restout a été dispersé en 1887.. Des éléments en ont été remontés au musée Jacquemart-André, à l'hôtel de Pontalba (41, rue du Faubourg-Saint-Honoré), par le baron Edmond de Rothschild, et au château de Vaux-le-Pénil. Cet hôtel porte le nom de « Bologne », du nom d'un riche colon de la Guadeloupe, Georges de Bologne Saint-Georges, qui fut fermier général. Il est le père présumé du chevalier de Saint-George, militaire, mais surtout connu comme musicien noir de talent. Paul Barras y a habité à partir de 1812. De même Louis Veuillot, polémiste ultramontain, fondateur de L'Univers, et Georges Darien, auteur du Voleur et de La Belle France, ont habité cet immeuble. La maison de taxidermie Deyrolle occupe depuis 1888 les plus grandes pièces de l'hôtel., dépourvues de leur ancien décor. Sur l'immeuble, une plaque rappelle que le résistant Roger Connan y a été tué par les Allemands pendant la libération de Paris (1944). La porte cochère et ses vantaux sont classés monuments historiques depuis un arrêté du ; les façades sur rue et sur cour, les toitures, l'entrée cochère, les deux escaliers sont inscrits aux monuments historiques depuis un arrêté du . Siège de la maison de vente Phillips. Carrefour rue du Bac-boulevard Saint-Germain-boulevard Raspail : ancien « carrefour Chappe » où se trouvait la statue de Claude Chappe, en bronze, élevée en 1893 et fondue durant l'Occupation entre 1941 et 1943 sous le gouvernement de Vichy. : emplacement du studio photographique de François Antoine Vizzavona (1876-1961)Dossier de la Légion d'honneur, sur la base Léonore.Son fils, Laurent Vizzavona, qui lui succéda au même endroit était, pendant la Seconde Guerre mondiale, vice-président de la Chambre syndicale française de la photographie et de ses applications. Il avait fait acclamer le gouvernement de Vichy et s'était fait nommer administrateur provisoire de plusieurs studios juifs, dont les studios Lorelle (Amson), Cosmos et Mano ( la liste publiée par Paul Montel dans Le Photographe, , 20 novembre 1942, ; Françoise Demoyelle, La Photographie d'actualité et de propagande sous le régime de Vichy, Paris, CNRS Éditions, 2003, .. : immeuble des années 1830-1840. : l'architecte Ernest Sanson y naît en 1836Gérard Rousset-Charny, Les Palais parisiens de la Belle Époque, Délégation à l’Action artistique de la Ville de Paris, 1990 .. : immeuble de style Empire (1806)Jean-Marc Larbodière, Reconnaître le style des façades, Massin, 2000 . ; la façade sur rue, les devantures et les décors intérieurs sont protégés ; l’immeuble est « Immeuble », Plateforme ouverte du patrimoine (POP). .

: ancien monastère de l'Immaculée Conception, ou des Récollettes, créé en 1637. Il occupait également l'emplacement des 87 et 89 et de la rue de Grenelle, sur laquelle s'étendait le jardin. : ancienne entrée sur le jardin de l’hôtel de Galliffet, dont l'entrée principale est au 73, rue de Grenelle. Marquée par un porche monumental, elle a été supprimée en 1837. : emplacement de l'ancien hôtel Dillon. : le premier atelier de colorisation de films fut créé par Élisabeth Thuillier, née Aléné (1841-1907), et repris par sa fille Berthe (1867-1947) ; l'Atelier de Thuillier employait plus de 200 personnes qui coloriaient à la main les films de celluloïd et des diapositives photographiques. Elles travailleront beaucoup avec le réalisateur Georges Méliès et sa société la Star Film ; on leur doit notamment la colorisation du film Le Voyage dans la Lune (1902). : Henriette Lucy Dillon y naît et grandit. : l'écrivain Georges Perec y habite en 1969Georges Perec, Lieux, Paris, Seuil, 2022, p. 49..