La présidence de John Quincy Adams débuta le , date de l'investiture de John Quincy Adams en tant que président des États-Unis, et prit fin le . Adams entra en fonction après avoir remporté l'élection présidentielle de 1824 face à trois autres candidats du Parti républicain-démocrate . Aucun candidat n'avait initialement obtenu la majorité des voix au sein du collège électoral et ce fut la Chambre des représentants des États-Unis qui désigna le président. Adams fut élu grâce au soutien de Clay et ce dernier devint secrétaire d'État du nouveau gouvernement.
Une fois arrivé au pouvoir, Adams proposa de nombreuses réformes en matière de politique intérieure. Il suggéra la création d'un marché national dans lequel le Nord et le Sud, aussi bien les villes que les campagnes, seraient liés par le commerce et les échanges. Il soutint également le « système américain », un plan économique élaboré par Clay, et plaida pour investir massivement dans les travaux publics (par exemple la construction de routes et de canaux) ainsi que pour la mise en place d'établissements éducatifs, comme une université nationale, afin de concrétiser cette vision. Insuffisamment soutenu par le Congrès, ces mesures furent rejetées pour la plupart. Par ailleurs, sa position favorable au « tarif des abominations » de 1828, qui imposait des taxes douanières particulièrement élevées, fit chuter sa popularité.
Dans le domaine de la politique étrangère, l'administration Adams ne rencontra guère plus de réussite. Elle parvint certes à négocier des traités commerciaux avec plusieurs pays, à prolonger pour une période indéfinie une convention de commerce avec le Royaume-Uni et à résoudre un certain nombre de questions restées en suspens concernant les saisies de biens opérées par les Britanniques pendant la guerre anglo-américaine de 1812. Le gouvernement fut cependant incapable de régler de façon satisfaisante une série de contentieux commerciaux avec la Grande-Bretagne, ce qui eut pour effet d'accroître les tensions avec ce pays et de pénaliser le commerce américain. En 1826, Adams envisagea d'envoyer une délégation au congrès de Panama, qui réunissait les nouvelles républiques d'Amérique latine, mais sa demande de financement fut repoussée par le Congrès.
Le dénouement controversé de l'élection de 1824 entraîna parallèlement la disparition du Parti républicain-démocrate et inaugura une nouvelle ère de la vie politique américaine. Affirmant que la victoire d'Adams avait été obtenue à la suite d'un « marché corrompu » entre Adams et Clay, Jackson et ses partisans, parmi lesquels Martin Van Buren et le vice-président John C. Calhoun, consacrèrent les trois années suivantes à bâtir une nouvelle formation politique qui devint le Parti démocrate actuel. Les soutiens d'Adams essayèrent eux aussi de s'organiser à travers le Parti national-républicain mais ils furent incapables de s'opposer efficacement aux efforts des démocrates menés par Jackson, qui remporta triomphalement l'élection présidentielle de 1828.
Élection présidentielle de 1824
vignette|« Une course à pied » : caricature du temps par David C. Johnston montrant les différents candidats engagés dans la course à la présidence.
Le Parti fédéraliste s'étant effondré à la suite de la guerre anglo-américaine de 1812, ce fut sans opposition que le Parti républicain-démocrate disputa l'élection présidentielle de 1824. De fait, la totalité des principaux candidats étaient issus de ce parti de même que le président sortant James Monroe. À l'approche des élections, le secrétaire d'État John Quincy Adams, le président de la Chambre des représentants Henry Clay, le secrétaire à la Guerre John C. Calhoun et le secrétaire au Trésor William H. Crawford annoncèrent leur intention de participer au scrutin. À l'inverse, Monroe choisit de ne pas s'impliquer dans la campagne. Devenu secrétaire d'État en 1817, Adams était bien placé pour succéder à Monroe dans la mesure où les trois derniers présidents avaient, avant leur accession à la Maison-Blanche, également occupé ce poste. Si son élection à la présidence devait, dans son esprit, réhabiliter son père John Adams, président des États-Unis pour un unique mandat de 1797 à 1801, Adams avait également pour ambition de mener d'importantes réformes en politique intérieure. Son principal atout résidait dans son bilan à la tête du département d'État, poste auquel il avait négocié des accords avec la Russie, le Royaume-Uni et l'Espagne dont la conséquence fut de favoriser l'expansion américaine en Amérique du Nord. Même s'il n'avait pas le charisme de ses adversaires, Adams était une personnalité très respectée et le fait qu'il soit le seul candidat originaire d'un État du Nord joua en sa faveur.
Alors que Crawford défendait la souveraineté des États et une conception restreinte du pouvoir fédéral, Calhoun, Clay et Adams réclamaient tous une politique de travaux publics financée par des investissements fédéraux, le maintien de droits de douane élevés et la création d'une banque nationale. Un autre protagoniste important de l'élection fut le général Andrew Jackson qui, furieux d'avoir été dénoncé par Clay et Crawford pour ses agissements en Floride espagnole au cours de la première guerre séminole, s'était déclaré candidat. Contrairement à ses adversaires dont la notoriété reposait sur leurs activités en tant que parlementaires, ambassadeurs ou membres du gouvernement, Jackson s'était rendu célèbre pour ses exploits militaires, en particulier sa victoire contre les Britanniques à la bataille de La Nouvelle-Orléans en 1815. Il avait ensuite siégé de façon intermittente au Congrès sans y défendre une ligne politique spécifique mais vota en faveur du General Survey Act de 1824 qui encourageait le développement d'un réseau d'infrastructures à l'échelle nationale. Les partisans de Jackson dénonçaient la corruption du gouvernement fédéral et affirmaient que le général, à la différence de ses rivaux, n'était pas mêlé à ce scandale. Réalisant que Jackson avait des chances de l'emporter, Calhoun se retira de la course et reporta ses ambitions sur la vice-présidence.
vignette|Résultats de l'élection présidentielle américaine de 1824. L'élection fut par la suite transférée à la Chambre des représentants.
Alors que les candidats républicains-démocrates à l'élection présidentielle avaient jusqu'alors toujours été choisis par le caucus du Congrès, ce mode de désignation était déconsidéré en 1824. À la place, les candidats furent nommés par les législatures des États ou par des conventions réunies spécialement à cet effet, comme Adams qui reçut le soutien de plusieurs fiefs fédéralistes de Nouvelle-Angleterre. L'ancrage régional de chacun des candidats joua, en conséquence, un rôle important dans le déroulement de l'élection : Adams était populaire en Nouvelle-Angleterre tandis que Clay et Jackson se disputaient l'électorat de l'Ouest ; Jackson était également concurrencé dans le Sud par Crawford malgré les problèmes de santé de ce dernier. Le jour du scrutin, Jackson arriva en tête du collège électoral avec 99 voix sur 261, ce qui lui octroyait la majorité relative devant Adams (84 voix), Crawford (41 voix) et Clay (37 voix). Jackson obtint également la majorité du vote populaire sur l'ensemble du territoire national, abstraction faite des six États qui n'organisaient pas de suffrage populaire pour l'élection du président. Toutefois, aucun candidat n'ayant obtenu la majorité absolue des votes de grands électeurs, ce fut à la Chambre des représentants que revint la tâche d'élire le président en vertu du de la Constitution. La possibilité de se présenter au vote de la Chambre était restreinte aux trois premiers candidats, à raison d'un vote par délégation d'État ; Henry Clay fut donc éliminé.
Adams savait que le soutien de Clay lui était nécessaire pour l'emporter car l'influence de ce dernier au sein de la Chambre était considérable.. En dépit de leur différence de tempérament et de leurs affrontements passés, les deux hommes partageaient des vues globalement identiques sur les affaires de la nation, alors que Clay voyait Jackson comme un dangereux démagogue et était réticent à soutenir Crawford, de santé fragile. Lors d'une entrevue avec Adams peu avant l'élection, Clay accepta d'appuyer la candidature de son ancien rival.
Le , Adams remporta l'élection au premier tour de scrutin, raflant 13 des 24 délégations d'État, ce qui fit de lui le deuxième président élu par la Chambre des représentants après Thomas Jefferson en 1800.. Sa victoire fut obtenue grâce aux suffrages des délégations de tous les États où lui et Clay avaient obtenu la majorité des votes du collège électoral, ainsi que des délégations de l'Illinois, de la Louisiane et du Maryland. À l'issue du vote, les jacksoniens accusèrent leurs adversaires d'avoir truqué l'élection dans le cadre d'un « marché corrompu » qui aurait vu Adams promettre à Clay le poste de secrétaire d'État en échange de son soutien.
Cérémonie d'investiture
Adams prêta le serment présidentiel sous l'autorité du juge en chef John Marshall le , lors d'une cérémonie organisée dans la salle des séances de la Chambre des représentants à l'intérieur du Capitole. Le président-élu prêta serment sur un livre de loi et non sur la Bible.. Dans son discours d'investiture, Adams adopta une ligne transpartisane en promettant de s'opposer à la montée en puissance des partis et de ne pas effectuer de nomination en fonction de considérations politiques. Il proposa également la mise en œuvre d'une politique de travaux publics de grande ampleur, avec la construction de routes, de ports et de canaux. Même si la faisabilité de ce type de projets fut mise en doute sur un plan constitutionnel, Adams affirma que la clause d'intérêt général lui octroyait une marge de manœuvre suffisante. Ses prédécesseurs avaient entrepris un certain nombre de travaux comme la construction d'une route nationale et Adams promit de faire pression sur le Congrès pour autoriser de nombreux autres chantiers similaires.
Composition du gouvernement
À l'instar de Monroe, Adams voulut former un cabinet géographiquement équilibré dans lequel toutes les factions partisanes seraient représentées, et il demanda en conséquence aux membres du cabinet Monroe de rester en place dans son administration. Samuel L. Southard du New Jersey fut maintenu comme secrétaire à la Marine tandis que William Wirt, qui avait des attaches très fortes en Virginie et dans le Maryland, continua de servir en tant que procureur général. John McLean de l'Ohio resta lui aussi à la tête du service des postes, une fonction importante mais qui ne dépendait pas du cabinet. Southard et McLean avaient tous les deux soutenu Calhoun et Jackson en 1824 alors que Wirt était généralement réticent à se mêler de politique électorale.