Chronologie de l'Afrique 2008 au Sénégal - 2009 au Sénégal - 2010 au Sénégal - 2011 au Sénégal - 2012 au Sénégal 2008 par pays en Afrique - 2009 par pays en Afrique - 2010 par pays en Afrique - 2011 par pays en Afrique - 2012 par pays en Afrique -

Chronologie

Janvier 2010

Mercredi : Le président Abdoulaye Wade a nommé Mamadou Bamba Ndiaye ministre chargé des Affaires religieuses dans un contexte de relations difficiles entre des religieux et le chef de l'État. La création de ce ministère est une première au Sénégal dont 95 % de la population est musulmane et 5 % chrétienne, alors que la Constitution du pays est laïque. Jeudi : Mort à Dakar du poète sénégalais d'origine haïtienne, Lucien Lemoine (86 ans)Le Figaro.fr, Mort du poète sénégalais Lucien Lemoine .

Vendredi : Plusieurs centaines d'habitants de la Casamance, — 79 familles, soit un total de 579 personnes — région du sud du Sénégal en proie à une rébellion indépendantiste, ont été obligées de « quitter leurs villages par des rebelles » armés du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, indépendantiste). Les assaillants ont pillé les récoltes et brûlé des cases, pour forcer les habitants à partir. Ces familles, originaires des villages sénégalais de Sanou 1, Sanou 2 et Sanou 3, dans la région de Kolda, sont arrivées ce vendredi à Begene en Guinée-BissauLe Figaro.fr, 579 villageois chassés de la Casamance .

Février 2010

Mars 2010 Lundi , Casamance : Un nouvel accrochage a opposé des soldats en position à Sareyoba à des rebelles indépendantistes à 30 km au sud de Kolda, près de la frontière avec la Guinée-Bissau. Depuis jeudi, trois militaires ont été tués et neuf autres blessés lors d'opérations menées contre les rebelles à une dizaine de kilomètres au sud de Ziguinchor.

Mardi : L’Assemblée nationale adopte à l’unanimité le projet de loi déclarant l’esclavage et la traite négrière, crimes contre l’humanitéAdoption de la loi déclarant l’esclavage et la traite négrière comme crimes contre l’humanité, Agence de presse sénégalaise, 23 mars 2010, devenant ainsi le premier pays africain à se doter d'une telle législation. Selon le président Abdoulaye Wade : « Il s'agit d'une loi mémorielle, d'un devoir de mémoire. C'est une réponse juridique à un fait historique, même lointain, pour montrer l'ampleur de l'horreur et ses conséquences dramatiques sur l'Afrique ». La loi prévoit désormais une commémoration nationale chaque année le « correspondant à la date de l'abolition de la traite négrière dans les colonies françaises, le , à l'initiative de Victor Schœlcher ».

Jeudi : Selon le Fonds monétaire international, l'économie du Sénégal, deuxième en importance de l'Afrique de l'Ouest francophone, « devrait amorcer un redressement progressif » en 2010, après deux années de croissance « plus lente qu'à l'accoutumée ». « Le taux de croissance du PIB réel, qui a été de 2 % en moyenne en 2008 et 2009, devrait passer à près de 3,5 % en 2010 ». Mais selon le rapport du FMI, il existe « déficit budgétaire global plus élevé que prévu dans le programme 2009, atteignant 5 % du PIB » ; de plus, les recettes ont été « insuffisantes », en raison principalement des « arriérés d'impôt des entreprises publiques, surtout Sénélec, et des dépenses courantes plus élevées que prévu ». « Une vaste réforme du secteur énergétique doit être mise en œuvre sans délai », « il importe de remédier aux goulots d'étranglement au niveau des approvisionnements énergétiques » car les coupures incessantes d'électricité entravent l'activité économique et sont à l'origine, surtout pendant la saison chaude de mouvements de colère au sein de la population, notamment dans les quartiers déshérités de la banlieue de DakarIZF.net, L'actualité du Sénégal.

Avril 2010 Samedi : Inauguration à Dakar du monument de la « Renaissance africaine » en présence d'une vingtaine de chefs d'État africains. Le président Abdoulaye Wade a appelé à la mise en place des « États-Unis d'Afrique », affirmant que « le temps du décollage était arrivé » pour un continent de plus en plus courtisé pour les richesses de son sous-sol et son marché d'un milliard d'habitants. Ce monument de 52 mètres, construit pas des ouvriers nord-coréens, est plus haut que la statue de la Liberté de New YorkLe Figaro.fr, L'Afrique inaugure sa "Renaissance" . Un millier de personnes ont manifesté contre ce monument dont le coût est trop élevé pour un pays pauvre et ont demandé le départ du président sénégalais âgé de 84 ans. Des dirigeants de l'opposition se sont associés à cette manifestation dont le chef du Parti socialiste, parti ayant dirigé le Sénégal de 1960 à 2000, Ousmane Tanor Dieng, ainsi que d'anciens premiers ministres comme Moustapha Niasse et Macky Sall. Le président Abdoulaye Wade annonce, à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance du Sénégal, que son pays reprenait à partir du à 00H00 (locales et GMT) « toutes les bases militaires antérieurement détenues par la France et entend y exercer sa souveraineté ». La France et le Sénégal sont liés par un accord de défense depuis 1974. Quelque militaires français sont « pré-positionnés » à Dakar dans le cadre des « Forces françaises du Cap Vert ».

Dimanche : Le ministère français de la Défense annonce que des discussions se poursuivent avec Dakar sur le maintien de soldats français au Sénégal, portant sur « les modalités précises de la coopération et notamment l'éventualité du maintien d'un dispositif français plus modeste » qui pourrait prendre « la forme d'une plate-forme opérationnelle de coopération à vocation régionale » et « découlera de ce qui aura été déterminé d'un commun accord avec le Sénégal »Le Figaro.fr, Poursuite des discussions sur le maintien des soldats français. En février, les deux capitales se sont entendues pour fermer ces installations. Paris veut à la place créer un « pôle de coopération militaire à vocation régionale » mais avec seulement 300 militaires. L'impact économique de la présence militaire française au Sénégal pourrait être estimé « entre 25 et 30 millions d'euros »Le Figaro.fr, Le Sénégal "reprend" les bases de Dakar.

Vendredi : Les Pays-Bas accordent au Sénégal un appui budgétaire de 23 millions d'euros pour la protection de l'environnement en 2010 et 2011. Le Sénégal, confronté aux aléas climatiques, a défini cinq priorités dans le domaine de l'environnement : la lutte contre l'érosion côtière et les feux de brousse et la création d'une « Grande muraille verte », un projet censé stopper l'avancée du désert du Sahara du Sénégal à Djibouti. La création d'éco-villages, pour protéger l'environnement en milieu rural, et de bassins de rétention, pour stocker l'eau de pluie, sont les deux autres priorités.

Lundi : Ouverture du Salon international des mines à Dakar. Le président Abdoulaye Wade, jugeant « choquante » la misère en Afrique malgré les richesses minières du continent, appelle les pays africains à exploiter leurs ressources minières en commun, pour en diminuer les coûts d'exploitation : « Ça choque l'esprit. Nous avons des mines d'or et de diamant et tout autour, c'est la misère […] Il faut privilégier l'intégration africaine dans les stratégies d'exploitation des mines […] Nous avons surtout intérêt à procéder à l'exploitation de concert […] Nous devons avoir un code de mines unique pour la Cédéao. On se fait une concurrence ruineuse […] Il faut penser aux populations et aux générations futures. Les ressources minières actuelles, nous ne devons pas les dépenser en biens de consommation en les ignorant ». Selon lui, l'exploitation intégrée des mines permettrait aux pays africains de supporter ensemble beaucoup de « coûts communs » liés notamment aux infrastructures. L'Afrique abrite au moins un tiers des richesses minières mondiales. Mais les retombées de l'exploitation minière ne sont généralement pas bénéfiques aux populations africaines dont la majorité vit dans la pauvreté.

Jeudi : La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, en visite à Dakar demande au Sénégal d'agir pour régler le problème des « milliers d'enfants livrés à la mendicité » dans le pays, assimilant leur sort à de « l'esclavage ».

Jeudi : Le conglomérat saoudien Saudi Binladin Group rachète à la société Petrosen (État sénégalais) 34 % des actions de la Société africaine de raffinage, qui exploite l'unique raffinerie du Sénégal pour 10,6 millions d'euros. L'État conserve encore 46 % et le groupe pétrolier français Total 20 %, mais il est prévu qu'à terme, Saudi Binladin group (SBG) devienne l'actionnaire majoritaire. Un plan d'investissement de 380 millions d'euros est prévu pour étendre de moderniser les installations de la raffinerie afin d'augmenter sa capacité de production.

Mai 2010 Vendredi : Ouverture à Dakar de la Biennale de l'art africain contemporain, Dak'Art, une des plus importantes manifestations des arts visuels en Afrique, avec 28 artistes venus de 16 paysLe Figaro.fr, Dakar: la Biennale de l'art africain ouvre .

Dimanche : Le président Abdoulaye Wade met en cause le conseiller Afrique de l'Élysée André Parant, affirmant que la jeune universitaire française Clotilde Reiss aurait pu être libérée « il y a déjà six mois » sans son intervention, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad lui avait dès le début « donné son accord » pour la libérer, en tant que président de l'Organisation de la conférence islamique, mais l'Élysée lui aurait demandé de ne pas intervenirLe Figaro.fr, Abdoulaye Wade: Reiss aurait pu être libérée avant .

Lundi : Des journaux sénégalais dénoncent le battage organisé par l'entourage du président Abdoulaye Wade autour de son rôle dans la libération par l'Iran de la Française Clotilde Reiss, sous les termes de « grand bluff des Wade », de « tintamarre sénégalais » et de « diplomatie tout à l'égo »Le Figaro.fr, Clotilde Reiss: les Wade critiqués.

Samedi : Recevant l'ambassadrice des États-Unis, Marcia S. Bernicat, qui avait dernièrement traité, le Sénégal de pays corrompu, le président Abdoulaye Wade l'admoneste : « Je ne comprends pas pourquoi vous êtes le seul pays, à longueur de journée, à nous traiter de corrompus ! […] D'autres pays, l'Union européenne, la France, l'Arabie saoudite, la Chine, nous donnent des milliards — plus que le demi-milliard [de dollars] que vous nous donnez — mais on ne les entend pas ! Vous, tous les jours, alors que [le programme Millenium challenge corporation] n'a même pas commencé encore, [que] nous sommes déjà des corrompus […] reprenez-le et amenez-le dans des pays où on peut accepter d'être injurié, mais pas ici au Sénégal ! »Le Figaro.fr, Wade répond à l'ambassade américaine.

Juin 2010 Lundi : 17 organisations de femmes, dont l'Association des femmes de l'Afrique de l'Ouest (Afao), l'Association des femmes juristes sénégalaises et le Conseil sénégalais des femmes (Cosef), dénoncent l'arraisonnement israélien le d'une flottille pro-palestinienne à destination de Gaza et demandent « aux Nations unies de prendre des sanctions sévères pour la levée immédiate du blocus de Gaza ».

Mercredi : Les emprises militaires françaises au Sénégal sont « symboliquement » restituées aux autorités sénégalaises. Selon le ministère français de la Défense : « cette cérémonie marque le point de départ de l’évolution du dispositif français au Sénégal où la France ne conservera plus de base militaire […]' 'En accord avec le Sénégal, la France propose de conserver à Dakar un simple "pôle opérationnel de coopération à vocation régionale", fort d’environ trois cents militaires'' ». Dakar, avec quelque hommes prépositionnés, constituait l'une des trois installations permanentes de l'armée française en Afrique, avec Libreville et Djibouti.