Le régiment des grenadiers de la garde, (En langue russe : лейб-гвардии Гренадерский полк) est un régiment de l'Empire russe. C'est par le décret du , que l'impératrice Élisabeth de Russie ordonna la création de quatre régiments de grenadiers, le comte Roumiantsev recevant la mission de former le régiment des grenadiers de grenadiers. Il fut doté de deux bataillons, de cinq compagnies et d'un groupe d'artilleurs. Cette unité militaire fut constituée à partir de la compagnie de grenadiers des régiments suivants : (régiment d'infanterie de Kiev, régiment d'infanterie de Kazan, régiment d'infanterie de Nijni-Novgorod, régiment d'infanterie de Tchernigov, régiment d'infanterie de Souzdal, régiment d'infanterie d'Ouglitch, régiment d'infanterie de Mourom, régiment d'infanterie de Keksgolm, régiment d'infanterie d'Arkhangelsk et le régiment de Vologda). La fête de ce régiment fut fixée au , jour anniversaire de la naissance de l'impératriceregiment.ru.

Historique

De 1756 à 1761, le régiment des grenadiers livra de nombreuses batailles pendant la Guerre de Sept Ans, aux côtés des armées franco-autrichiennes.

Du au , il participa au siège puis à la prise du port de Memel. Le , cette unité d'infanterie, commandée par le général Apraxine, prit part à la défaite infligée aux troupes prussiennes à Gross-Jägersdorf. Le , il s'illustra lors des combats et à la prise de la ville de Labiau. Le , il fut engagé dans les combats et la prise de la ville d'Elbing. Le , le régiment traversa la rivière de la Warthe et prit possession, le , de la ville de Landsberg. Un mois plus tard, ses fantassins furent engagés dans les combats qui aboutirent à la prise de la place-forte stratégique de Köstrin. Le régiment de grenadiers, commandé par le général Fermor (1702-1811) combattit ensuite le les troupes prussiennes à Zorndorf. Le , il se distingua à la bataille de Paltsige, et le , à Kunersdorf, où les fantassins furent partie prenante dans la terrible défaite infligée à Frédéric II de Prusse. Cette victoire des armées russo-autrichiennes ouvrit la route de Berlin. Au terme d'un année catasthophique pour la Prusse, le régiment prit part à l'occupation de Berlin, le , au sein des armées austro-russes, puis il se distingua à Spandau, la même année, sous le commandement du général Tekeli (1720-1793). Il mit en déroute les troupes prussiennes du général Gyulzena: les troupes russes capturèrent deux canons et une centaine de soldats prussiens. Le , cette unité militaire défit un détachement prussien près de Golnau et au cours du mois d'août de la même année, les et de ce régiment de grenadiers furent engagés dans la bataille de Treppau. En ce même mois, ce fut l'unité entière qui se distingua lors de la bataille de Tsarmine. Le régiment prit part au siège de Kolberg du au , puis à la prise de la ville. Le régiment se vit attribuer pour son comportement héroïque deux trompettes d'argent avec cette inscription : « premier régiment de grenadiers à la prise de Berlin, le »

Pendant la Guerre russo-turque de 1768-1774, le régiment fut impliqué dans diverses batailles: Le , les grenadiers du régiment livrèrent bataille sous les murs de Khotin, le ; se saisirent, le , après d'âpres combats, de la ville détenue par les Ottomans depuis 1768; le régiment se distingua par son courage en 1770 à la bataille de Kagoule. Au moment critique de la bataille, son commandant en chef Piotr Ivanovitch Olits (?-1771) se plaça à la tête de ses hommes et mena une puissante attaque à la baïonnette sauvant ainsi l'armée russe. Dans une lettre adressée à Catherine II, le comte Roumiantsev informa l'impératrice du glorieux fait d'armes du régiment des grenadiers en Moldavie. Bientôt, toute l'Armée impériale fut informée du comportement héroïque des grenadiers à Kagoule. le lieutenant-colonel du régiment de grenadiers, Fiodor Ivanovitch Fabritsian démontra un tel courage que le , il devint le premier chevalier de l'Ordre de Saint-Georges. En 1773, le régiment fut engagé dans la bataille de Silistra, il défit le , l'armée ottomane placée sous le commandement d'Osman Pacha, il s'empara le de la forteresse de Silistra. En hommage au courage des grenadiers de régiment, l'impératrice Catherine II porta le grade de colonel et fut nommée chef de cette unité militaire, le .

Le régiment fut impliqué de 1788 à 1790 dans le conflit opposant la Russie à la Suède.

Le , la compagnie des grenadiers de la garde forma le régiment de mousquetaires Petrovski (devenu le le régiment d'infanterie de la forteresse de Cronstadt).

Le régiment des grenadiers dela garde prit part à la bataille d'Austerlitz en 1805 et à celle de Friedland, le , sous le commandement de Benningsen.

De 1808 à 1809, cette unité fut impliquée dans diverses opérations militaires en Finlandecontre la Suède. En mars 1809, le régiment traversa le golfe gelé de Botnie sous le commandement du lieutenant-général Barclay de Tolly, et fit une incursion à Umeå en Suède.

Au sein de la Armée de l'Ouest, les et du régiment de grenadiers de la garde prirent part à la bataille de Lublin, petit village situé près de Smolensk, le . Les et retranchés dans une zone marécageuse le , repoussèrent les attaques menées par le maréchal Ney. Ils prirent position le à gauche du petit village de Borodino (redoute Outistki), aux côtés du régiment de la garde Pavlovski et des soldats formant la Milice de Moscou. Les fantassins repoussèrent ainsi plusieurs attaques de l'infanterie commandée par le prince Poniatowski. Cette unité militaire fut également impliquée dans les batailles de Kliastitsy ( au ), de Polotsk ( au ), de Krasnoï ( au ), de Borissov ( au ).

Au cours de la Guerre de la Sixième Coalition, le régiment de grenadiers de la garde prit part le à la bataille de Lützen, les et à la bataille de Bautzen, les et à la bataille de Dresde, le à la bataille de Kulm et du au à la Bataille des Nations. En récompense de son héroïque comportement pendant la guerre patriotique de 1812, Alexandre accorda au régiment les droits et privilèges de la jeune garde: désormais il porta le nom de régiment des grenadiers de la garde. Le régiment fut également impliqué dans la prise de Paris qui se déroula du au .

Le , deux officiers rejoignirent les rebelles décembristes sur la place du Sénat.

Pendant la guerre russo-persane, le régiment se distingua à différentes batailles qui l'opposa aux armées perses: ainsi il prit part le à celle de Djelal-Boulak, et au siège et à la prise de la forteresse Abbas Abad le suivant. Entre le et le , le régiment fut impliqué dans les combats qui aboutirent au siège et à la prise de Sadar-Abad. Les grenadiers livrèrent bataille et s'emparèrent de la ville d'Erevan après six jours de siège, le .

Lorsque les hostilités furent déclenchées en 1828 contre l'Empire ottoman, les et du régiment de grenadiers de la garde furent mobilisés. En , ils traversèrent le Danube et pénétrèrent dans la Dobroudja. Les grenadiers mirent le siège le devant la ville de Varna qui tomba le suivant. Lors des opérations militaires qui se déroulèrent dans les environs de Galata, ces unités démontrèrent une nouvelle fois leur valeur au combat. Les deux bataillons se distinguèrent de nouveau par leur bravoure à Kütelpe, le .

Entre 1830 et 1831, le régiment mena une campagne de répression sanglante contre les insurgés polonais, sous le commandement du prince Paskevitch. Ils se distinguèrent à l'assaut lancé sur Varsovie qui fut investie le . Son courage aux combats pour la prise de la capitale polonaise lui valut les droits et privilèges de la vieille garde. Nicolas remit au régiment en mars 1856, au jour anniversaire de la création du régiment de grenadiers, la bannière de Saint-Georges et le ruban de l'Ordre de Saint-Andréru-sky.com.

Le régiment participa aussi à la pacification de la révolution hongroise de à , mais ne prit aucune part à la répression menée contre les révoltés, se contentant de stationner.

Le régiment ne combattit pas pendant la Guerre de Crimée, mais il fut déployé sur la frontière occidentale et la Baltique, pour des missions de surveillanceww.imha.ru.

En 1863 débuta une nouvelle insurrection polonaise dans la partie russe. Les grenadiers de la garde furent une nouvelle fois impliqués dans la répression menée contre les insurgés polonais.

Un nouveau conflit armé éclata entre la Russie et l'Empire Ottoman, en . Le régiment franchit le Danube et traversa la partie septentrionale de la Bulgarie. Les grenadiers livrèrent bataille, le , entre Telichem et le col de Shipka, pour la prise d'une position fortifiée tenue par les Ottomans. Au terme de sanglants combats, le régiment déplora d'énormes pertes. En , les fantassins du régiment mirent le siège devant la ville de Plevna tenue par Osman Pacha. Ce dernier capitula , puis le régiment s'empara de Plovdiv entre le et le suivants.

Première Guerre mondiale et guerre civile Pendant la Première Guerre mondiale, le régiment de grenadiers de la garde prit part aux différentes batailles du front de l'Est. Entre les et , il prit part aux combats près du village de Tarnavka en Galicie. Du au , il participa aux combats de positionnement près de la ville de Smorgon. Le régiment fut placé sous le commandement du général Broussilov du au . Du au , il effectua à Ternopil, des opérations de défense et d'arrière-gardes. Le régiment fut dissous en . D'anciens soldats et officiers rejoignirent les armées blanches.

Dix-huit anciens officiers du régiment prirent part en 1918 à la première campagne du Kouban sous les ordres du colonel Dorochevitch. À l'été 1919, ce régiment de l'Armée blanche comprenait trois compagnies formant un bataillon du de la garde renforcé.

54 officiers trouvèrent la mort sur le Front de l'Est au cours des combats de la Grande Guerre, et 24 furent tués ou succombèrent des suites de leurs blessures pendant la guerre civile. À ce jour, le nombre de morts pendant la Terreur rouge reste inconnulj.rossia.org.

Signes distinctifs

Les grenadiers de cette unité de la garde portaient des rouflaquettes et la moustache.

Insignes régimentaires Nicolas II lui accorde le (date du du régiment) une triple grenade encadrée de feuilles de laurier et de chêne. Nicolas II lui décerne le un nouvel insigne régimentaire, une croix Virtuti Militari.

La croix Virturi Militari est composée d'émail noir et bordée d'or avec, à chacune des extrémités des quatre branches, deux boules d'or. On trouve en son centre, sur fond cramoisi, un aigle bicéphale d'argent entouré d'une couronne de feuilles de laurier verte. Sur la branche supérieure est inscrit MILI, sur la branche inférieure TARI, sur la branche de gauche VIR, sur la branche de droite TUTI.

Bannières du régiment

En 1756, la première bannière attribuée au régiment des grenadiers était de couleur rouge et blanche avec en son centre un aigle bicéphale noir. En 1797, le régiment se voit remettre une nouvelle bannière qui se compose d'une croix de Saint-Georges blanche, les angles étant de couleur bleue. On trouve en son centre un médaillon de couleur orangée, en son milieu, l'aigle bicéphale noir surmonté de la couronne impériale de Russie, avec sur son ventre un écusson de couleur rouge entouré d'une couronne de laurier vert.