Dotée de représentants à la chambre haute du Parlement français depuis 1947, la Nouvelle-Calédonie fait partie du groupe B pour le renouvellement par tiers des sénateurs, le dernier ayant eu lieu en 2001. À partir des élections sénatoriales de 2011 incluses, la Nouvelle-Calédonie obtient un second sénateur et fait désormais partie de la série 1. Le mandat passe alors également de neuf à six ans.
Mode d'élection Jusqu'en 2011, le scrutin est uninominal majoritaire à deux tours, et est devenu plurinominal lors de l'acquisition du deuxième siège de sénateur. Le collège électoral est composé de 536 membres (avec le cumul des mandats de certains, ils sont en réalité 524) pour les élections sénatoriales de 2011 : les 2 députés les 76 membres des trois Assemblées de Province (40 pour le Sud, 22 pour le Nord et 14 pour les îles Loyauté), soit 38 anti-indépendantistes (16 Rassemblement-UMP, 12 Calédonie ensemble, 7 Avenir ensemble, 2 RPC et 1 LMD) et 38 indépendantistes (29 FLNKS dont 15 UC, 10 Palika, 2 UPM et 2 RDO, 5 Parti travailliste, 2 LKS, 1 UC Renouveau et 1 FDIL). 458 délégués municipaux en 2008 : 114 pour Nouméa en 2008 (commune de plus de habitants donc : les 53 conseillers municipaux plus un délégué supplémentaire par tranche de habitants en sus de ), 136 pour les quatre communes de plus de habitants (35 pour le Mont-Dore et Dumbéa, 33 pour Païta et Lifou) en 2008 (communes dont tous les conseillers municipaux sont membres du collège électoral sénatorial), 105 pour les sept communes comprises entre et habitants (Maré, Poindimié, Bourail, Houaïlou, Koné, Ouvéa et Canala) en 2008 (communes envoyant chacune 15 délégués), 42 pour les six communes comprises entre et habitants (Koumac, La Foa, Thio, Ponérihouen, Hienghène et Poya) en 2008 (communes envoyant chacune 7 délégués), 45 pour les neuf communes comprises entre et habitants (Pouébo, Touho, Voh, Ouégoa, Boulouparis, Kaala-Gomen, Yaté, l'île des Pins et Kouaoua) en 2008 (communes envoyant chacune 5 délégués), 15 pour les cinq communes comprises entre 500 et habitants (Pouembout, Poum, les îles Belep, Sarraméa et Moindou) en 2008 (communes envoyant chacune 3 délégués), 1 pour l'unique commune de moins de 500 habitants (Farino) en 2008.
Historique des sénateurs
Sénateurs élus au Conseil de la République puis au Sénat Début de mandat Fin de mandat Sénateur élu Parti politique Qualité Suppléants Henri Lafleur RI Conseiller général - Henri Lafleur RI Conseiller général - Armand Ohlen UC, IOM Conseiller général puis président de l'AT - Henri Lafleur Rascal, RI Conseiller territorial - Henri Lafleur Rascal, RI Conseiller territorial - Henri Lafleur EDS, RI Décédé en fonction Lionel Cherrier Lionel Cherrier EDS puis RPC puis FNSC, RI Conseiller territorial - Dick Ukeiwé RPCR, RPR Conseiller territorial, président du gouvernementpuis du Congrès, député européen Jean Lèques Simon Loueckhote RPCR, RPR Président du Congrès Jean Lèques Simon Loueckhote RPCR puis R-UMP puis RPC puis LMD, RPR puis UMP Président du Congrès, membre du Gouvernement Jean Lèques Pierre FrogierHilarion Vendégou R-UMP, UMP puis LR Président de la Province SudMaire de l'Île des Pins Isabelle ChampmoreauGhislaine Arlie Pierre FrogierGérard Poadja R-LR, LRCE, UDI Membre du Congrès et Conseiller provincial du Nord Léontine PongaNina Julié En cours Georges NaturelRobert Xowie R-LR, LRFLNKS-UC Maire de DumbéaMaire de Lifou Henriette HamuValentine Eurisouké
Historique des élections
Sénatoriale de 1947
L'élection a lieu en Nouvelle-Calédonie de manière décalée avec la France métropolitaine, le . Le collège électoral est limité aux seuls membres du conseil général (19 élus). C'est la première fois que la Nouvelle-Calédonie, désormais Territoire d'outre-mer, obtient un siège à la chambre haute du Parlement français, baptisée alors Conseil de la République sous la Constitution de la .
!style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Candidats !style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Partis !style="background-color:#E9E9E9" align=right|Votes du !style="background-color:#E9E9E9" align=right|% |- |align=left|Henri Lafleur |align=left| Républicains indépendants (RI) |11 |61,11 % |- |align=left|Georges Gaudriault |align=left|Divers droite |7 |38,89 % |- | align=left colspan=2 style="background-color:#E9E9E9"|Total (participation 94,74 %) |width="75" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|18 |width="30" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|100,0 |- |colspan=4 align=left|Source: P. O'REILLY, Calédoniens, 1953,
Sénatoriale de 1948
L'élection a lieu encore une fois en léger décalage avec la France métropolitaine, le . Henri Lafleur (RI) est réélu sans concurrent par les conseillers généraux.
Sénatoriale de 1955
L'élection a lieu pour la première fois le même jour qu'en France métropolitaine, le . Le nombre de conseillers généraux, et donc de grands électeurs, a été porté à 25 depuis 1953.
!style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Candidats !style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Partis !style="background-color:#E9E9E9" align=right|Votes du !style="background-color:#E9E9E9" align=right|% |- |align=left|Armand Ohlen |align=left|Union calédonienne (UC) |14 |58,33 % |- |align=left|Henri Lafleur (sortant) |align=left|RI |10 |41,67 % |- | align=left colspan=2 style="background-color:#E9E9E9"|Total (participation 96 %) |width="75" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|25 |width="30" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|100,0 |- |colspan=4 align=left|Source: J. LE BORGNE, Nouvelle-Calédonie, 1945-1968: la confiance trahie, 2005,
Sénatoriale de 1959
Il s'agit de la première élection sénatoriale sous la . Le Conseil de la République a retrouvé le nom de Sénat. La Nouvelle-Calédonie y dispose toujours d'un seul représentant. Les grands électeurs comprennent, outre les 30 membres de l'Assemblée territoriale (qui a remplacé en 1957 le conseil général), le député (Maurice Lenormand, de l'UC) et 36 représentants du conseil municipal de Nouméa (alors seule commune de droit commun français en Nouvelle-Calédonie) et des commissions municipales de l'intérieur. Le scrutin a lieu le .
!style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Candidats !style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Partis !style="background-color:#E9E9E9" align=right|Votes du !style="background-color:#E9E9E9" align=right|% !style="background-color:#E9E9E9" align=right|Votes du 2nd tour !style="background-color:#E9E9E9" align=right|% |- |align=left|Henri Lafleur |align=left| RI |33 |49,25 % |38 |57,58 % |- |align=left|Armand Ohlen (sortant) |align=left|UC (groupe des Indépendants d'outre-mer) |18 |26,87 % |28 |42,42 % |- |align=left|Georges Chatenay |align=left|Union pour la nouvelle République (UNR) |16 |23,88 % | colspan=2 | |- | align=left colspan=2 style="background-color:#E9E9E9"|Total (participation 100 %) |width="75" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|67 |width="30" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|100,0 |width="75" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|66 |width="30" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|100,0 |- |colspan=6 align=left|Source: J. LE BORGNE, Nouvelle-Calédonie, 1945-1968: la confiance trahie, 2005,
Sénatoriale de 1965
Pour l'élection du , le nombre de grands électeurs est porté à 80 : les 30 membres de l'Assemblée territoriale, 19 délégués élus par le Conseil municipal de Nouméa, les 30 maires de l'intérieur et le député du Territoire (Rock Pidjot, de l'UC).
!style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Candidats !style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Partis !style="background-color:#E9E9E9" align=right|Votes du !style="background-color:#E9E9E9" align=right|% |- |align=left|Henri Lafleur (sortant) |align=left|Rassemblement calédonien (Rascal, groupe des RI) |46 |58,23 % |- |align=left|Armand Ohlen |align=left|UC |33 |41,77 % |- | align=left colspan=2 style="background-color:#E9E9E9"|Total (participation 98,75 %) |width="75" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|79 |width="30" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|100,0 |- |colspan=4 align=left|Sources: Notes et études documentaires, à 4841, La Documentation française, 1987, ; B. BROU, 30 ans d'histoire politique et sociale de la Nouvelle-Calédonie de 1945 à 1977, 1982,
Sénatoriale de 1974
Pour l'élection du , le nombre de grands électeurs a particulièrement augmenté (255). Depuis cette date, et à la suite de la généralisation de l'organisation en communes de droit commun français à l'ensemble du Territoire, le corps électoral pour la désignation des sénateurs néo-calédoniens est la même que dans le reste de la République.
!style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Candidats !style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Partis !style="background-color:#E9E9E9" align=right|Votes du 2nd tour !style="background-color:#E9E9E9" align=right|% |- |align=left|Henri Lafleur (sortant) |align=left| Entente démocratique et sociale (EDS, groupe des RI et investiture « Majorité présidentielle ») |135 |53,15 % |- |align=left|Maurice Lenormand |align=left|UC |119 |46,85 % |- | align=left colspan=2 style="background-color:#E9E9E9"|Total (participation 99,61 %) |width="75" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|254 |width="30" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|100,0 |- |colspan=4 align=left|Source: Biographie de Henri Lafleur, site du Sénat
Sénatoriale de 1983
Pour l'élection du , le nombre de grands électeurs inscrits s'établit à 324.
!style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Candidats !style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Partis !style="background-color:#E9E9E9" align=right|Votes du !style="background-color:#E9E9E9" align=right|% |- |align=left|Dick Ukeiwé |align=left| Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR, investi par le RPR) |173 |54,23 % |- |align=left|Lionel Cherrier (sortant) |align=left|Fédération pour une nouvelle société calédonienne (FNSC, du groupe de l'Union des républicains et des indépendants, également soutenu par le Front indépendantiste moins le LKS) |114 |35,74 % |- |align=left|Jacob Kapéa Népamoindou |align=left|Libération kanak socialiste (LKS) |32 |10,03 % |- | align=left colspan=2 style="background-color:#E9E9E9"|Total (participation 98,46 %) |width="75" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|319 |width="30" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|100,0 |- |colspan=4 align=left|Source: F. ANGLEVIEL, Histoire de la Nouvelle-Calédonie: nouvelles approches, nouveaux objets, 2005,
Sénatoriale de 1992
Pour l'élection du , le nombre de grands électeurs inscrits s'établit à 388.
!style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Candidats !style="background-color:#E9E9E9" align=left valign=top|Partis !style="background-color:#E9E9E9" align=right|Votes du !style="background-color:#E9E9E9" align=right|% !style="background-color:#E9E9E9" align=right|Votes du 2nd tour !style="background-color:#E9E9E9" align=right|% |- |align=left|Simon Loueckhote |align=left| RPCR (investi par le RPR) |172 |44,33 % |192 |49,87 % |- |align=left|Rock Wamytan |align=left|Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS, membre de l'UC) |172 |44,33 % |188 |48,83 % |- |align=left|Dick Ukeiwé (sortant) |align=left|RPCR dissident (du groupe RPR, également soutenu par Calédonie demain) |44 |11,34 % |5 |1,3 % |- | align=left colspan=2 style="background-color:#E9E9E9"|Total (participation 100 %) |width="75" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|388 |width="30" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|100,0 |width="75" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|385 |width="30" align="right" style="background-color:#E9E9E9"|100,0 |- |colspan=6 align=left|Source: F. SODTER, « Political Reviews : New Caledonia », The Contemporary Pacific, automne 1993, p. 409