Les titres pontificaux sont des appellations données au pape, qui expriment divers aspects de sa place et de son rôle dans la vie de l’Église catholique romaine. Ils sont tous liés au plus ancien et principal qui est celui d’évêque de Rome. L’Annuaire pontifical donne officiels au pape. Le pape a, en 2013, huit titres officiels..

Titres canoniques Évêque de Rome est le titre le plus ancien et le plus important. Le pape est l'évêque diocésainCode de droit canonique, 376 : « Sont appelés diocésains les Évêques auxquels est confiée la charge d'un diocèse ». de l'Église de Rome. En effet, l'église particulière de Rome est un diocèse dont le siège est l'archibasilique Saint-Jean-de-Latran. Il est doublement siège apostolique, étant donné la mort de deux apôtres à Rome : Pierre et Paul. Cette prééminence comme premier siège apostolique lui est reconnue depuis les débuts du Christianisme par les autres Églises. Vicaire du Christ est un titre introduit dans la titulaire papale par (-) qui est le premier évêque de Rome à en avoir été gratifié, au du . Durant les premiers siècles le terme ‘vicaire du Christ’ pouvait être appliqué, au sens étymologique du terme, c'est-à-dire de « substitut », à chaque évêque, car les évêques gouvernent leur Église locale et y agissent au nom même du Christ. C'est progressivement que le titre est réservé au Pape, l'évêque de Rome, et donc le Successeur de l'apôtre Pierre, à qui le Christ a confié la charge pastorale universelle : (). Au , le pape proclamera solennellement : .. Ce titre n'est pas reconnu au Pape par les confessions chrétiennes qui ont rompu leur communion avec Rome (Églises orthodoxes, et les diverses confessions protestantes). Dans l'Église catholique, tous les Codes de Droit canonique successifs reconnaissent juridiquement le titre ; le plus récent Code de droit canonique, actuellement en vigueur, promulgué en 1983 par le pape , définit, en son , que : Code de Droit Canonique (1983) - , « La Constitution Hiérarchique de l'Église » - « L'Autorité suprême de l'Église - ().. Toutefois, en 2021, le pape François retire ce titre dans l'annuaire pontificalLe pape François abandonne le titre de «Vicaire du Christ» dans l’annuaire du VaticanLe pape n'est plus le «Vicaire de Jésus-Christ»Le pape est-il toujours « vicaire de Jésus-Christ » ?. Successeur du Prince des apôtres : comme tout évêque, le pape est successeur des apôtresCode de droit canonique, 375, § 1 : .. Le prince des apôtres dont l'évêque de Rome est le successeur est l'apôtre Pierre. En effet, selon la tradition, rapportée par le et reprise par le , Pierre est le premier évêque de Rome. En termes de droit canonique, il en est le successeur immédiat, investi par le Christ même, et non par la vertu de la succession des papes. Ce qui fait qu'un pape ne peut pas se donner un coadjuteur, ni choisir le pape suivant, ni interférer dans son élection.. Souverain pontife de l’Église universelle : le pontife est le prêtre dans la tradition pré-chrétienne. Il fait le pont entre Dieu et les hommes. Le pape est le ‘suprême médiateur’, celui qui fait le pont entre Dieu et l’ensemble de la communauté chrétienne. Dans l’Antiquité romaine, le titre (« grand pontife ») ().. était réservé au pontife qui présidait le collège des pontifes, chargés de l’organisation du culte public, de l’établissement du calendrier et du règlement des litiges d’ordre religieux. Les empereurs romains se le réservèrent. L’empereur Gratien (-) l’abandonne entre , date à laquelle Ausone l’en gratifie, et l’hiver -, d’après Zosime. À partir de 900 exclusivement attribué au pape, il devient par la suite le plus fréquemment utilisé dans les documents pontificaux. L'Église universelle dont l'évêque de Rome est le pontife suprême s'entend de l'Église catholique dont les composantes sont l'Église latine et les Églises catholiques orientales. L'évêque de Rome détient, dans l'Église universelle, un pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu'il peut toujours exercer librementCode de droit canonique, 331 : .. La signature du pape renvoie à son titre de pontife : elle est composée de son nom suivi de P.P. pour le latin (« premier pontife ») ou (« pontife des pontifes »). Primat d’Italie : le pape est un primat. L’Italie dont l'évêque de Rome est le primat s'entend des églises particulières relevant de la Conférence épiscopale italienne (CEI) : elle couvre, outre la République italienne, la République de Saint-Marin, dont le territoire est compris dans le diocèse de Saint-Marin-Montefeltro, et le Vatican, dont le territoire est compris dans le diocèse de Rome. Ce titre lui reconnaît une suprématie d’honneur qui lui confère aussi la prérogative de nommer le président de la CEI, alors que la présidence des autres conférences épiscopales est élective. Depuis , le pape choisit le président de la CEI sur une liste de trois candidats préalablement désignés, chacun à la majorité absolue, par l'assemblée plénière de la CEI. Dès le concile d’Arles (314), il est évident que « Rome a une primatie », qui « s’étend à toute l’Italie, y compris la Sardaigne et la Sicile : l’évêque de Rome est l’évêque des évêques d’Italie ».. Le ressort métropolitain du pape sur toute l’Italie et ses îles fut réduit au bénéfice de Milan, qui reçut pouvoir d’instituer et ordonner les évêques du « vicariatus Italiæ », plus tard subdivisé par la création des provinces de Ravenne et Aquilée.. Si la partie septentrionale de la péninsule reçut entre le une organisation métropolitaine stable, les papes restèrent pendant des siècles seuls métropolitains de l'Italie du Sud: « le Siège apostolique remplit pour les provinces suburbicaires le rôle que dans les autres provinces remplit le métropolitain ou primat ». Sur ces régions privées de métropolitain et de concile provincial, le pape exerçait donc « une autorité immédiate quasi monarchique : il ordonne leurs évêques, au besoin il les juge et les dépose : il les surveille : il les admoneste, il les tient dans une sujétion affectueuse, mais étroite ». Il reste de cette antique prépondérance le titre de primat d'Italie, répertorié, comme tous les autres titres pontificaux (patriarche d'Occident...) dans les versions successives de l'Annuaire pontifical en 1850-1851 et depuis 1863Prospetto della gerarchia episcopale in ogni rito dei Vicariati, Delegazioni e Prefetture nei luoghi di missione della S. Chiesa cattolica, apostolica, romana in tutto l'orbe al 1. Gennaio 1850, 1850, p. viii ; Gerarchia cattolica 1851, p. iii ; Gerarchia cattolica 1863, p. 39..., et revendiqué par Pie XIAAS 23 (1931), p. 230; AAS 25 (1933), p. 115., Paul VIAAS 55 (1963), p. 973; AAS 59 (1967), p. 6-7., Jean-Paul IIAAS 90 (1998), p. 179.... Archevêque et métropolite de la Province de Rome : le diocèse de Rome est un siège métropolitain. La province romaine dont l'évêque de Rome est le métropolitain est la province ecclésiastique de Rome qui comprend le diocèse de Rome et ses suffragants : les sept Églises suburbicaires d'Albano, Frascati, Ostie, Palestrina, Porto-Santa Rufina, Sabina-Poggio Mirteto (-Farfa) et Velletri-Segni. Chaque Église suburbicaire a la particularité d'être un titre cardinalice et un diocèse. Pour l’accomplissement de sa charge d’archevêque métropolitain, le pape est assisté d’un vicaire général qu’il nomme. Souverain de l’État de la Cité du Vatican (en latin : ; en italien : ) est un titre récent. Souverain séculier du minuscule État du Vatican (le ‘Saint-Siège’ pour les instances internationales et la diplomatie) totalement englobé dans la ville de Rome. Le titre fut ajouté après les accords du Latran de 1929, réglant les relations entre l’Italie et l’Église. Serviteur des serviteurs de Dieu est un titre ancien, ajouté à la titulature du pape par (-) après le concile . (-) serait le premier évêque de Rome à l'avoir porté ; il l'aurait emprunté à Benoît de Nursie. Comme beaucoup d’autres, il n'a pas été exclusivement attribué au pape. Il fait indirectement référence au message donné par le Christ à Pierre par le lavement des pieds lors de la dernière Cène (Jn.13:12-15). Patriarche de Rome, et plus tard patriarche d'Occident. Le titre apparaît dans l'Antiquité tardive, au moment de la prise de conscience occidentale que l'ensemble de la Chrétienté latine est née de l'apostolat de Rome. Le titre fut retiré de la titulature canonique en 2006 par le pape , voulant marquer par là que le Pontife romain, par rapport aux patriarcats orientaux, ne saurait être réduit à son statut patriarcal strictement occidental (notion historique), il est avant tout, du point de vue catholique, pasteur universel de l'Église. Réintroduit par François en 2024.

Titre non canonique, mais d'usage courant

Pape. Le mot pape (en grec / ) n’est pas un titre de la titulature canonique. Son origine est une appellation d’affection respectueuse, celle que l’enfant donne à son père (« Papa »). La première attestation documentée de ce terme pour désigner un hiérarque remonte à 306 à Alexandrie : la population chrétienne de cette ville le donna comme « titre » à son évêque Pierre d'Alexandrie qui avait organisé la résistance face à la grande persécution décrétée par Dioclétien. À partir du concile œcuménique de Nicée, où siégèrent des évêques au nombre traditionnel de 318, l'appellation « pape » fut alors affectueusement donnée à tout évêque en tant que chef de l'Église locale qu'il préside. Ce n'est que progressivement, surtout à partir du , que l'appellation a été de plus en plus réservée au seul pontife romain, et ce à l'échelle de l'Église universelle (Orient et Occident)Philippe Levillain, Dictionnaire historique de la papauté, Fayard, 2003, s. v. « Pape »..

Titres tombés en désuétude, ou d'usage ponctuel

Vicaire de Pierre. Le titre se rencontre durant les premiers siècles du Christianisme, mais tombe rapidement en désuétude. Le titre est tombé en désuétude, au fur et à mesure de l'approfondissement de la réflexion ecclésiologique, le pape n'étant pas l'intendant de l'apôtre Pierre, mais l'intendant du Christ, succédant à Pierre dans cette intendance (voir plus haut : Vicaire de Jésus-Christ).

Successeur de Saint Pierre et Saint Paul. Tous les papes ont insisté sur la double apostolicité du siège de Rome. Les deux apôtres Pierre et Paul étant morts martyrs à Rome, ce qui donne à la Ville son rang unique parmi les autres sièges apostoliques (Alexandrie, Antioche, Jérusalem et Constantinople). Cependant, seul , au , a parlé de lui-même comme du ‘Successeur de Pierre et Paul’, dans le contexte particulier d'un débat où était contestée la double fondation apostolique du Siège romain.

Évêque de l’Église catholique. Titre par lequel signe, de manière nouvelle et audacieuse, tous les documents du concile (Constitutions dogmatiques et pastorales, décrets, déclarations), soulignant par là son rôle de pasteur épiscopal universel, en collégialité avec tous les évêques de l’Église catholique romaine.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie John W. O'Malley, , , Plymouth (U.K.), 2010, Code de droit canonique de 1983 . . . . . . . . .

Liens externes sur le site officiel de l’État de la Cité du Vatican.

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