thumb|Photographie cadrée à mi-corps d'une statue de photographe paparazzi en train de cadrer, autrefois à Bratislava.

En photographie, au cinéma, à la télévision et en vidéo, le cadre définit les limites de l'.

Le « cadrage » peut être l'action de choisir ce qui entre dans les limites du cadre de l'image en photographie ou en cinéma et vidéo ou le résultat de cette opération., l'un des éléments de définition d'un plan. En audiovisuel, le cadreur est responsable du cadrage, qui est presque toujours définitif. En photographie, on le modifie après la prise de vue par « recadrage » pour mettre en évidence un sujet..

La réalisation d'une image photographique sur un sujet donné se décompose en choix d'un format d'image parmi ceux offerts par les fabricants d'appareils photos et de pellicules, en choix de l'orientation, horizontale ou verticale, en détermination d'un point de vue et d'un angle de vue. En photographie, on peut revenir partiellement sur certaines de ces décisions au tirage ou à la post-production numérique. Ces opérations qui répartissent les éléments du sujet à l'intérieur du cadre constituent la composition picturale des images photographiques.

Plusieurs sortes de viseurs permettent d'effectuer le cadrage.

Généralités Le cadrage . C'est ce choix qui détermine la limite de la composition picturale. La problématique du cadre existe dès lors qu'une représentation visuelle a des limites. Elle n'est pas ou peu présente dans l'art pariétal, dans les grandes décorations murales comme celle de la chapelle Sixtine, ni dans le cinéma projeté sur dôme, où l'image dépasse largement ce que la vision humaine peut embrasser d'un coup. Dès lors que la limite définit une forme, généralement un rectangle, cette forme fait partie de la représentation, et la composition picturale s'organise à partir de cette forme, dans laquelle l'artiste figurant la réalité doit organiser les éléments qu'il a choisi de montrer. Dans la peinture, on traite en général de la composition sans en séparer le cadrage.

En cinéma et en photographie, le cadrage est le choix de ce qui va être représenté et de ce qui va être laissé hors-champ. écrit Sergueï Eisenstein. C'est cette acception qui s'est répandue en littérature, en psychologie, en économie, en comptabilité, etc. Si dans les arts plastiques, le cadrage est indissociable de la composition, en cinéma et en photographie, l'organisation des formes à l'intérieur du cadre relève de la construction des décors et de leur éclairage, de la mise en scène, de la chorégraphie. Lorsqu'on prend des vues sans intervenir sur ces éléments, la composition se limite au choix de la focale et du cadre. En photographie d'extérieur, celle-ci est essentiellement un choix de point de vue, d'angle et de focale : , écrit un des premiers théoriciens de l'esthétique photographique.. Dans ce contexte, le cadrage peut désigner, par synecdoque, la composition ; ce sens apparu vers 1920, avec les débuts de la critique cinématographiqueLire par exemple , s'est répandu dans les arts plastiques.

Choix du format Dans le cadrage, quel que soit le support, la première décision concerne le choix du format. Plusieurs considérations influent sur ce choix : la forme générale du sujet, la disponibilité du matériel, la destination de l'image. Par exemple, l'architecture des chapelles dicte le format des tableaux d'autel ; la mise en page des livres gouverne les illustrations ; une figure humaine debout isolée appelle un cadre plus haut que large. Le peintre peut décider des dimensions de sa toile, mais il choisit le plus souvent un châssis dans une des trois proportions communes : « figure » (4:5), « paysage » (3:2), « marine » (9:5).

La caractéristique principale du format est son orientation. L'orientation d'une forme est une des perceptions fondamentales de la vision humaine.. En photographie, les surfaces sensibles sont le plus souvent rectangulaires. L'opérateur a le choix d'orienter son appareil dans le sens horizontal ou dans le sens vertical. En infographie, l'orientation horizontale du format est appelée « paysage », tandis que « portrait » désigne l'orientation verticale, du nom de leur usage le plus typique.

Les proportions des formats industriels s'imposent au photographe ; s'il en choisit d'autres, s'il n'est pas satisfait de sa prise de vue, si le format de prise de vue ne correspond pas au format de diffusion, comme souvent dans le cas de la presse, il effectuera un « recadrage » au moment du tirage ou de la postproduction numérique. En rognant le cadre pour supprimer une partie de l'image issue de la prise de vue, on obtient les proportions désirées. On revoit à cette occasion la composition. Le cadre d'une photographie terminée peut être un rectangle de proportions quelconques, mais aussi, comme pour n'importe quelle autre image, toute sorte de forme, notamment un cercle ou un ovale.

Le cinéma propose un choix limité de formats de projection, la télévision et la vidéo imposent le leur, toujours d'orientation horizontale. Pour adapter le format au sujet, le cinéaste n'a d'autre possibilité que délimiter un cadre dans le cadre, un « cadre secondaire » selon Christian Metz, par exemple une vue à travers une porte ouverte de telle sorte qu'une partie de l'écran reste obscure ; à propos de l'usage didactique du cadre secondaire, .. Dans certains cas, on filme de façon à obtenir des images acceptables dans deux formats différents, par exemple le 4:3 de l'ancienne télévision et le 5:3 du cinéma écran large, correspondant à deux modes de distribution du film. Voir aussi ..

Certains ont voulu que la proportion du nombre d'or s'appliquât au format d'image standard des photographies. On aurait ainsi un format dont la base serait d'environ ou la hauteur ; mais finalement presque tous s'en éloignent, préférant, pour le 5:4 de la photographie grand format, les proportions des châssis « portrait » de la peinture, puis pour le cinéma et de la première télévision SD, un rapport 4:3. Les formats plus récents s'élargissent en général. Les premiers appareils à film en rouleau, connus ensuite comme appareils de moyen format, prennent des vues de par 4,5, 6, 7 ou , soit 1:1, 7:6, 4:3 ou 3:2, comme les châssis « paysage » de la peinture. La photographie en petit format, conçue pour l'extérieur avec un appareil portable, adopte le 3:2. Des anciens formats de pellicule argentique comme le format 126 (Instamatic) et certains films Polaroid (SX-70 et autres) sont carrés. Les formats larges du cinéma sont au 5:3 et dépassent un peu la proportion d'or, tandis que la télévision HD au format 16/9 et les formats panoramiques comme le CinémaScope sont encore plus allongés. Les premiers films du cinéma, pris en 1891 au moyen de la première version du Kinétographe par les collaborateurs de Thomas Edison sur une pellicule de de large à défilement horizontal, ont un cadrage parfaitement circulaire de de pouce (soit environ ), reliquat de l'esthétique des jouets optiques du pré-cinéma.

Types de cadrages Dès qu'on cherche à communiquer sur des images, soit en vue d'un travail d'équipe, soit pour en établir des catalogues, on établit un petit nombre de types conventionnels qui permettent d'analyser, de décrire et surtout d'indexer les images. Une fois établis le genre et le sujet, il peut être intéressant de réduire le cadrage à quelques types, de façon à permettre la rédaction d'une requête. Les bibliothécaires et archivistes ne font généralement aucune différence entre les types d'imageComme l'indique la norme AFNOR FD Z44-077 septembre 1997 , qui reprend des textes établis par des associations internationales de bibliothécaires., qu'elles soient peintures, gravures, photographies. Quand il s'agit de représentation humaine, on utilise les termes descriptifs de la peinture figurative et des arts graphiques : « en pied » (de la tête aux pieds), « à mi-jambe », « à mi-corps », « en buste », « tête ». 300 px|right En cinéma et en vidéo, le travail en équipe a fait adopter pour le découpage technique des projets une nomenclature conventionnelle des cadrages, ou « échelle des plans ; , article « Syntaxe ». ». Il est convenu de les classer d'après l'échelle du personnage dans l'espace du cadrage. On a ainsi les valeurs de plan suivantes : un « plan moyen » est un cadre contenant le personnage des pieds à la tête ; en se rapprochant, on grossit le cadre : à mi-cuisse, c'est le « plan américain », à la ceinture, c'est le « plan mi-moyen » ou « plan taille », au niveau du buste, « plan rapproché » ou « plan poitrine », au bas du cou, le « gros plan », ., ou parfois « plan cravate »Le tournage vidéo : Les différents types de plans - l'École numérique.

Les plans plus rapprochés, qui peuvent porter sur toute chose ou objet, comme sur les visages ou des parties du corps, sont des « détails » ou « très gros plans ». Les vues qui montrent plus que le plan moyen sont des « plans larges ». Ceux qui montrent l'ensemble du décor sont des « plans d'ensemble . » ou « plan générauxSynonymes selon , article « Syntaxe ». », et, en référence à leur utilité narrative, « plans de situation ».

Ces dénominations varient quelque peu selon les professions et les écoles.

vignette|Face nord de l'Eiger, « plein cadre ». Lorsque l'image ne présente pas des personnages, on n'utilise guère que les dénominations les plus générales, comme « gros plan » et « plan d'ensemble », qui seules sont définies dans un texte international. Si le sujet occupe la majeure partie de l'image, on dit qu'il est « plein cadre ».

On caractérise aussi les cadrages par le type de perspective de l'image. Dans un cadrage « frontal », tous les éléments du sujet sont à la même distance de l'appareil, sur un même plan. Dans un cadrage « oblique » ou « en profondeur », ils s'étagent à des distances différentes, premier plan, second plan, et ainsi de suite jusqu'au fond. Si ces éléments sont des personnages, la caractérisation de l'échelle des plans s'applique différemment à chaque figure. Une même image peut contenir un comédien en plan rapproché et un autre, plus loin, en plan moyen. Ils peuvent être nets l'un et l'autre, ou l'un net et l'autre flou, article « Syntaxe »., ou, au cinéma, passer du flou au net. Si l'axe de la prise de vue s'éloigne de l'horizontale, on dit que l'image est en « plongée » si le sujet est plus bas que l'appareil, en « contre-plongée » dans le cas contraire. Les théoriciens du cinéma s'intéressent aux types de cadrage en tant que figure de style du cinéma ; voir aussi en plusieurs endroits, notamment « Les cadrages »..

Pour les portraits et les prises de vues de personnages, certains reprennent en photographie la typologie du cadre du cinéma en tout ou en partieAnimation école et cinéma « portraits » - Damien Bressy, CPAV, février 2012, : .Richard Avedon : 60 ans de photos cultes - Actuphoto, 3 décembre 2014 : .. Cette nomenclature est appropriée pour le roman-photo..

Dans le jargon du cinéma et de la photographie ; ., « serrer » sur le sujet, c'est utiliser le zoom pour grossir le sujet dans le cadre ; par extension, on parle d'un cadrage « serré », ou « plus serré » ou « moins serré » en référence au cadre précédent.. Ce terme a l'avantage de s'appliquer à n'importe quel sujet.

thumb|Après rotation à 90° de l'appareil au format rectangulaire, le cadrage passe de « plan américain » à un plan beaucoup plus serré.

L'action de cadrer Pour certains, le terme « cadrage » ne décrit pas, ou pas seulement, la disposition du sujet dans le cadre, mais l'action de cadrer, qui peut inclure, en photographie, le basculement de l'appareil en orientation horizontale ou verticale.