— existant également sous des variantes comme De chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins ou De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins — est un adage résumant de manière générale les principes d'une société socialiste — ou communiste, au sens premier du terme.

Apparu sous diverses formes, chez des auteurs comme Étienne Cabet ou Louis Blanc, il connaît une fortune particulière au temps du socialisme utopique, puis dans la pensée anarchiste ; il est ensuite repris et popularisé par la Critique du programme de Gotha de Karl Marx (écrit en 1875, publié en 1891). Plus tard, en 1946, il sera repris comme principe de la Sécurité sociale en France.

L'idée peut être résumée grossièrement ainsi : Chacun doit participer selon ses possibilités et chacun doit recevoir selon ses nécessités.

Dans la pensée de Marx, cette idée se rejoint également avec un autre adage pouvant définir la société communiste où la visée de ce mode de production sera de bâtir « une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ». Le communisme garantissant ainsi une forme de liberté individuelle.

Origines Des formes primitives de l'adage s'observent dans le Nouveau Testament, dans les Actes des Apôtres, à propos de la vie en communauté comportant le partage des biens, notamment et entre autres dans l'Acte 2 44-45 et l'Acte 4 32-35.

Le Étienne-Gabriel Morelly développe cette idée dans le Code de la Nature en 1755.

Étienne Cabet, théoricien du communisme chrétien cite, dans son Voyage en Icarie (1840), la formule parmi les principes de sa cité idéale d'Icarie. a été utilisée comme telle pour la première fois par Louis Blanc dans son Plus de Girondins de 1851. comme une révision de la citation d'Henri de Saint-Simon . La formule est mise en avant lors de la révolution de 1848.

Elle a été reprise dans La Critique du programme socialiste allemand de Gotha de 1875, par Karl Marx selon les vœux des ouvriers allemands In Souvenir sur Marx, partie Wilhelm Liebknecht, Souvenirs sur Marx (extrait), éd. du Sandre, p. 34, 1896.. En 1883, Pierre Kropotkine reprend la formule dans la proclamation rédigée lors du Procès des 66, qui visait des militants anarchistes.

Des groupes politiques (anarcho-communisme par exemple) ou des syndicats ont ensuite repris cet adage à leur compte. Ainsi de la CGT qui l'a inclus dans la Charte d'Amiens de 1912.

La formule traduite du programme est Karl Marx, les Gloses marginales au programme du Parti Ouvrier, 1875 entre guillemetsFormule peut-être pas de Marx mais un vœu du peuple.. D'après cette critique, elle doit être portée ou pourrait être portée Karl Marx, la Gloses marginales au programme du Parti Ouvrier, 1875 une fois le communisme achevé. Et, selon Lénine, dans L'État et la Révolution de 1917, Lénine, L'État et la Révolution (1917), éd. de Pékin, 1978, chapitre V. Les bases économiques de l'extinction de l'État, p. 120..

Lénine pose la question de savoir Lénine L'état et la révolution, 1917.

En 1936, Léon Trotsky s'en sert comme levier contre la constitution soviétique et plus particulièrement contre le premier titre, Léon Trotsky, La Révolution trahie, 1936. En cette période d'avant guerre, Staline aurait donc trouvé la solution à la réalisation concrète de l'adage par . Pour Trotsky, ce système mis en place est La Révolution trahie et .

Critiques Jules Guesde L'expression est pour Jules Guesde un Jules Guesde, Une formule prétendue communiste, L'Égalité, 14 mai 1882Cf aussi Jules Guesde, En Garde !, éd. Rouff, p 106-111, 1911.

Dans cet article de L'Égalité de 1882Cf aussi article dans La Petite République du 10 mars 1894 in En Garde !, Instruisez-Vous Mr R. Poincaré, p 447 à 454, son journal, il y écrit que cet adage a été détourné par : Louis Blanc. C'est à Louis Blanc que cet adage associatif a été repris à leur compte par certains socialistes du Parti ouvrier français l'opposant à la formule collectiviste : .

Ainsi, . Et

Alors, Et

.

Alexandre Zinoviev D'après Alexandre ZinovievL'originalité de Alexandre Zinoviev est en effet (in Les Confessions d'un homme en trop) dans Les Confessions d'un homme en trop, cet adage, ou une partie de celui-ci, , est souvent discuté dans les écoles de Moscou des années 1930. Les difficultés du système soviétique ne doivent pas être mises en évidence, puisque ce système assène que le communisme en URSS est achevé, parfait. Dès lors, toute critique scientifique est rejetée par la société, par . Ainsi, ce communisme supposément réel va à l'encontre du communisme idéalAlexandre Zinoviev, Les Confessions d'un homme en trop, Folio actuel, 1991, 695 p.. Zinoviev remarque que, Alexandre Zinoviev, Les Confessions d'un homme en trop, folio actuel, 1991, p. 55..

Cela n'est pas la conséquence d'actes individuels obscurs : ce sont des lois objectives de la société. Alexandre Zinoviev remarque que les phénomènes sociaux de la société communiste sont proches de ceux des milieux naturels. Il pose ainsi la société communiste dans les conditions historiques de sa formation et de sa maturation comme une anti-civilisation par opposition à la civilisation générée par les pays occidentaux, bien que les phénomènes de ces pays ne reposent pas essentiellement sur des phénomènes civilisateurs. Dans la sphère communaliste, où le mouvement de chacun est de rechercher le « pouvoir », l'attitude des individus est pragmatique. Alexandre Zinoviev, 1984 et 1984 in Science Fiction - Politique (1983), éd. Denoël, 1984 , t. 2, p. 42. Ainsi, dans son ouvrage Le Communisme comme réalité, Zinoviev montre que cet adage est en réalité « à chacun sa situation sociale » ou « à chacun sa position sociale ». Le statut, la hiérarchie, la situation, la position sociale, dans le discours du communisme soviétique, supposément réel, n'est liée ni à l'argent, ni à la richesse comme dans les pays occidentaux, mais à des privilèges matériels ou sociaux selon la débrouillardise, le carriérisme, ou autres, des individus. Dans la pratique, selon Zinoviev, « De chacun selon ses moyens/ses capacités » devient « à chacun sa situation sociale » ; « De chacun selon son travail » devient « à chacun sa situation sociale » ; « à chacun selon ses besoins » devient « à chacun sa position sociale ».

Léon Trotsky Pour Trotsky :

Notes et références

Annexes

Articles connexes Christianisme, anarchisme, communisme, communisme libertaire, conseillisme Redistribution des richesses Prix libre Équité Art équitable Cyber-socialisme

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