L'abbaye Notre-Dame de Daoulas est une ancienne abbaye de l'ordre de Saint-Augustin située dans la commune de Daoulas, dans le département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Elle fait partie d'un enclos paroissial.
Propriété du conseil départemental du Finistère depuis 1984, la gestion de l’abbaye est confiée à l'établissement public de coopération culturelle (EPCC) Chemins du patrimoine en Finistère.. Depuis le , cinq domaines patrimoniaux du Finistère - l’abbaye de Daoulas, l’abbaye du Relec, le manoir de Kernault, le château de Kerjean et le château de Trévarez - sont réunis au sein de cet établissement public de coopération culturelle « Chemins du patrimoine en Finistère ». Pour l’année 2009, ces cinq équipements ont accueilli 173 555 visiteurs, soit un peu plus de 10 % de la fréquentation totale des structures du Finistère.
L'église et le cloître de l'ancienne abbaye font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le . Après une inscription en 1995, le porche de l'église abbatiale, dans sa totalité, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le .
Expositions L'établissement public de coopération culturelle Chemins du patrimoine en Finistère organise des expositions ethnographiques ou socio-anthropologiques sur différents sujets transversaux liés à la diversité culturelle :
Liste des expositions de l'abbaye de Daoulas 2024 : « Des samouraïs au kawaii » 2023 : « Mourir, quelle histoire ! » 2022 : « Afrique. Les religions de l’extase » 2021 : « Amour. Récits d’Orient et d’Occident » 2019 : « Liberté, Égalité, Diversité » 2018 : « Cheveux chéris » 2017 : « A fleur de peau » 2016 : « Bonne fortune et mauvais sort » 2015 : « Petits arrangements avec l'amour » 2014 : « Le goût des autres » 2013 : « Tous des sauvages ! » 2012 : « L’Air du temps » 2011 : « Rencontres en Polynésie » 2010 : « Grand Nord Grand Sud - Artistes inuit et aborigènes » 2009 : « De la Grèce à Rome : Tarente et les lumières de la Méditerranée » 2008 : « Berbères, de rives en rêves » 2007 : « Primitifs ? » 2006 : « Léopold Sédar Senghor » 2006 : « Masques d'Asie » 2005 : « Rêves d’Amazonie » 2005 : « L'Herbier » 2004 : « L’Europe des Vikings » 2003 : « Vaudou » 2002 : « Fées, elfes, dragons et autres créatures… » 2000 : « Indiens des plaines, les peuples du bison » 1999 : « Pérou - dieux, peuples et traditions » 1999 : « La légende de Naymlap » 1998 : « Le royaume du Bhoutan » 1997 : « Les Mayas au pays de Copàn » 1997 : « L'abbaye de Daoulas » 1996 : « Collections impériales : sars et peuples de Russie » 1994 : « Bretagne d'Or et d'Argent, les orfèvres de basse Bretagne » 1993 : « Chine d’hier et d’aujourd’hui » 1993 : « Rome face aux Barbares » 1992 : « Chine antique, Voyage de l'âme » 1992 : « Le voyage imaginaire de Victor Segalen » 1991 : « La Bretagne au temps des ducs » 1990 : « L’œuf, Nature et Symbole » 1989 : « Couronnes du monde » 1988 : « Avant les Celtes. L'Europe à l'âge du bronze » 1987 : « Les inuits » 1987 : « 400 ans d'art : Faïences et porcelaines des provinces françaises » 1986 : « Au temps des Celtes »
Jardins Le conseil général, après en être devenu propriétaire en 1984, décide de créer un jardin de simples. Il s'agit tout d'abord d'une terrasse consacrée aux plantes médicinales de Bretagne, structuré selon le style des jardins d'abbayes du Moyen Âge et de la Renaissance (plantations en plates-bandes carrées, bordées de buis). En 1996 avec le passage à une surface de ² le jardin est remodelé et étendu avec un jardin des plantes médicinales des cinq continents, des plantes tinctoriales, plantes médicinales en voie de disparition et des plantes médicinales toxiquesJardins médiévaux, Mic Chamblas-Ploton, la maison rustique, Flammarion, .
Le jardin devient aussi un lieu d'échanges s'adressant aux particuliers ou aux professionnels à la recherche de savoirs et de compétences en matière de plantes médicinales. Il bénéficie d'une reconnaissance scientifique et du soutien du Conservatoire botanique national de Brest, de la faculté de pharmacie de Lille et de la Société française d'ethnopharmacologie de Metz. Une collaboration s'établit avec des spécialistes des plantes (ethnopharmacologue, laboratoire d'homéopathie…).
À partir de 2015 les 3 ha du parc clos sont réaménagés dans le cadre du projet de Jardin des Arbres Médicinaux. Il accueille au sein d’un parcours paysager une sélection d’arbres et d’arbustes médicinaux : la diversité des espèces illustre celle des pharmacopées constituées par les sociétés humaines dans leur rapport au corps, à la maladie, en fonction de leurs croyances ou connaissances scientifiques, et selon les ressources offertes par leur environnement.
Histoire L'ancienne abbaye est aujourd'hui divisée entre une école, un site culturel, une église et son cimetière.
La tradition rapporte que l'abbaye de Daoulas fut fondée en 1173 par Guyomarch IV de Léon, vicomte de Léon en expiation du meurtre de son frère Hamon, évêque de Léon, et qu'il y mit des chanoines réguliers de l'Ordre de Saint Augustin. Cette fondation fut approuvée par Geoffroy, évêque de Quimper. Un château préexistant et appartenant au vicomte aurait été transformé en communauté abbatialeAlbert Le Grand, "Les vies des saints de la Bretagne Armorique", J. Salaun, Quimper, réédition 1901,consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5038760/f93.image.r=Daoulas.langFR.
Mais la légende de saint Tadec et saint Judulus rapportée par Albert Le Grand dans la « Vie de saint Jaoua » et reprise ensuite par plusieurs auteurs évoque une fondation antérieureHippolyte Violeau, La maison du cap, Revue étrangère de la littérature, des sciences et des arts, 1848, consultable sur Gallica : la légende dit qu'un seigneur du Faou, encore païen, ait commis un double crimeSelon une autre version, c'est Guyomarch IV de Léon qui serait le meurtrier dans l'église de Daoulas :
L'abbé de Daoulas était de droit premier chanoine de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.
Plusieurs statues (celle de saint Jean-Baptiste qui se trouve dans l'église abbatiale, celles de saint Sébastien et saint André qui sont dans les jardins de l'abbaye) ont été réalisées par l'atelier ducal du Folgoët..
Chronologie vers 550 (selon la légende) : création d'un monastère (peut-être d'une église seulement) par le seigneur du Faou dont saint Jaoua aurait été le premier abbé et, après lui, saint Tugen (ou saint Tujan), tous deux patrons de Brasparts.. Le monastère est ensuite détruit pendant les invasions vikings. 1173 : charte de fondation de l'abbaye (ordre de Saint-Augustin), par Guyomarch IV de Léon (ou Guiomar), vicomte du Léon, Nobile sa femme et ses fils Guyomarch et Hervé (pour expier le meurtre de son oncle Hamon, évêque de Léon, qu'il a commis en 1171), sur le site de son château de Daoulas. 1218 (confirmé en 1243 et 1255) : l'abbaye de Daoulas se voit attribuer le droit d'annate sur les prébendes de la cathédrale de Quimper. 1232 : consécration de l'abbatiale en présence des évêques Renaud de Quimper et Cadioc de Vannes. Période de prospérité de deux siècles qui voit se multiplier les donations importantes par les seigneurs de Léon et les évêques de Quimper. L'abbaye subit des dégâts pendant la guerre de Cent Ans, réparés pendant l´abbatiat de Jean Guerault (1350-1398). 1519-1535 : construction d'un vaste chœur gothique à l'emplacement de l'abside romane. Plus large que l'édifice roman, il était long de trois travées et précédé d'un transept. Il s'achevait par une grande verrière. 1566 : élargissement du bas-côté sud et ajout d'un porche sud typique de l'architecture régionale de la période, mélange de style gothique et Renaissance. 1600 nomination du premier abbé commendataire. 1692 : rattachement aux Jésuites (aumôniers de la marine de Brest). 1771 : suppression du séminaire. Déclin de l'abbaye. : vente des bâtiments à des propriétaires privés (principalement François Guiastrannec, de Brest, qui revend quelque temps plus tard à l'ingénieur de la marine Barbé, qui vient habiter à Daoulas). Martelage des armoiries existantes. vers 1800 : modification architecturale de l'abbaye (construction des bâtiments administratifs subsistant actuellement). Deux premiers tiers du : les héritiers du général Barbé abattent le corps principal des bâtiments monastiques, puis de Berdoaré, nouvelle propriétaire, vend des pierres des diverses constructions de l'abbaye, y compris du cloître, à tous ceux qui ont des constructions à faire. 1880 : début de la restauration de l'abbaye par l'architecte diocésain Yves Bigot à l'initiative de son propriétaire François de Goësbriand. L'architecte décide de revenir à l'état roman supposé de l'abbatiale. Il rase le chœur gothique pour construire une abside néo-gothique, remanie le bas-côté sud et déplace le porche sud à son emplacement actuel au sud-ouest de l'église, le transformant en entrée de l'enclos paroissial. 1947 : rachat par la Congrégation des Sœurs Franciscaines de Blois et transformation en école. 1960 : l'abbaye devient une maison de repos. 1984 : achat de l'abbaye par le Conseil général du Finistère. 1985 : première exposition La pierre et la vie
L'abbaye de Daoulas, une seigneurie puissante L'abbé de Daoulas et les religieux jouissaient de puissants et nombreux droits seigneuriaux : ils nommaient leurs officiers de justice, disposant par exemple du droit de prévôtéCe droit de prévôté se montait par exemple à la dix-huitième gerbe de blé au Fresq et à Saint-Éloy, au onzième des deniers et fruits sur certains villages de Logonna à Ploudiry, Sizun, Logonna, Forquilly (Saint-Éloy), Pontois (Ploudiry, La Martyre, Le Tréhou), Le Fresq (trève d'Irvillac), et les gardes de leurs bois, disposaient du droit de haute justice dans plusieurs paroisses (des fourches patibulaires étaient dressées par exemple à Saint-Éloy, à Irvillac, etc.), disposaient de « droit de cohuageDroit à payer pour pouvoir entrer dans une cohue, c'est-à-dire un marché ou encore une assemblée de justice et de boutiques, foires et marchés, de mortuageDroit pour le seigneur de s'approprier tous les meubles du premier mourant des mariés, réformé en 1127 lors du Concile de Nantes et alors attribué au clergé sous le nom de tierçage, ou tiers des meubles des décédés pour prix de leur sépulture. Ce droit est réduit au neuvième des biens meubles des décédés en 1309 (doit de neuf me), de four banal, de moulin, de pêche, poids, mesure, étalonnage, champart, corvées, écobues, etc. ». L'abbaye disposait de nombreuses rentes et redevances, par exemple « dîmes et prémices de blé à la trente-sixième gerbe » à Logonna (Logonna-Daoulas) ou le droit de « trois rais d'avoine payés annuellement par les seigneuries du Faou, d'Irvillac et de Logonna », etc. Elle bénéficiait aussi de droits d'annate et de prébendes sur les paroisses ou trèves de Bannalec, Berrien, Beuzec-Cap-Sizun, Carnoët, Kerfeunteun, Landeleau, Névet, Plomodiern, Plozévet, Scaër, Spézet, etc. En 1703, selon l'estimation de Dom Louis PinsonDom Louis Pinson, "Histoire succincte et abrégée de l'abbaïe de Daoulas, 1703, l'abbaye jouissait annuellement de de rentesP. Levot, « Daoulas et son abbaye », Bulletin de la Société académique du Finistère, 1875, consultable gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2075543/f164.r=Daoulas.langFR.
L'abbé de Daoulas jouissait aussi du droit d'offrande dans de nombreuses églises et chapelles (par exemple dans la chapelle de la Fontaine-Blanche en Plougastel), des droits d'honneurs et de préséances, d'enfeus et d'armoiries en maints endroits, par exemple dans l'église de la trève de Trévarn en Saint-Éloy.