Cordyline australis est une espèce de plantes à fleurs monocotylédones de la famille des Asparagaceae. C'est une plante arborescente, largement ramifiée, endémique de Nouvelle-Zélande. Elle atteignent jusqu'à de haut avec un tronc robuste et des feuilles en forme d'épée, qui sont regroupées à l'extrémité des branches et peuvent mesurer jusqu'à de long. Connu par les Maoris sous le nom de Ti Kouka, l'arbre était utilisé comme source de nourriture, en particulier dans l'île du Sud, où il était cultivé dans les zones où d'autres cultures ne se développaient pas. Il fournissait des fibres durables pour les textiles, les cordes d'ancrage, les lignes de pêche, les paniers, des capes imperméables, des manteaux et des sandales. Il est également cultivé comme arbre d'ornement dans les pays de l'hémisphère Nord au climat tempéré océanique, comme sur le littoral breton ou dans les parties les plus chaudes de la Grande-Bretagne où il est connu sous le nom de Torquay palm.

Avec sa haute taille, son tronc droit et dense, ses têtes de feuilles rondes, C. australis est un arbre caractéristique du paysage de Nouvelle-Zélande. Il est courant sur une vaste bande de latitude allant de l'extrême nord de l'île du Nord (à 34° 25' S), au sud de l'île du Sud (à 46° 30'S). Absent de la plus grande partie des Fiordland, il a été probablement introduit par des Maoris aux îles Chatham (à 44° 00'S) et sur l'île Stewart (à 46° 50'S)Simpson, . Il pousse dans un large éventail d'habitats, comme les lisières des forêts, les berges de rivières et les endroits dégagés et il est abondant à proximité de marécages. Le plus grand arbre connu avec un seul tronc pousse à Pakawau, dans le district de Golden Bay. On estime qu'il a 400 ou 500 ans et atteint de hauteur avec une circonférence de de diamètre à la baseSimpson, .

Robuste et à croissance rapide, C. australis est largement planté dans les jardins en Nouvelle-Zélande, les parcs et les rues, et de nombreux cultivars sont disponibles. Son fruit est une source de nourriture de prédilection pour le Carpophage de Nouvelle-Zélande et d'autres espèces d'oiseaux indigènes. On peut également le trouver en grand nombre dans des projets de restauration d'îles comme l'île Tiritiri Matangi, où il a été parmi les premiers arbres à être plantés.

Description vignette|redresse=0.7|Old giant, à Waiotahi, dans la Bay of Plenty, en Nouvelle Zélande. Cordyline australis pousse jusqu'à de hauteur avec un tronc de 1,5 à de diamètre. Avant de fleurir, il forme une mince tige non ramifiée. Après la première floraison, il se divise pour former une couronne très ramifiées avec des touffes de feuilles à l'extrémité des branches. Chaque branche peut se ramifier après avoir produit une tige florale. Son écorce, gris pâle à gris foncé, liégeuse, persistante et fissuré semble spongieuse au toucherSalmon J. T. (1973). The Native Trees of New Zealand. Wellington. AH & AW Reed. , ..

Les feuilles sont longues et étroites, en forme d'épée, dressées, vert clair à vert foncé, de 40 à de longueur et 3 à de largeur à la base, et ont de nombreuses nervures parallèles. Les feuilles poussent en grappes à l'extrémité des branches et peuvent retomber un peu à l'extrémité et même plier vers le bas à partir de la base quand elles sont vieilles. Elles sont épaisses et ont une nervure médiane indistincte des autres nervures fines qui sont plus ou moins égales et parallèles. Les surfaces supérieures et inférieures des feuilles sont semblables.

Au printemps et au début de l'été, des fleurs très parfumées apparaissent portées par de grandes panicules denses (épis portant des fleurs) de 60 à de long, bien espacées mais quelquefois un peu serrées, presque sessiles à sessiles. Les fleurs sont regroupées le long des ultimes rameaux du panicule. Les bractées qui protègent les fleurs avant leur développement ont souvent une teinte rose distincte avant que les fleurs ne soient ouvertes. Dans le sud de Canterbury et "North Otago" près d'Oamaru les bractées sont vertesSimpson, .

Les fleurs font de 5 à (de diamètre), les tépales sont libres presque jusqu'à la base, et recourbés. Les étamines ont la même longueur que les pétales. Les stigmates sont courts et trifides. Le fruit est une baie blanche de 5 à de diamètre, qui est appréciée des oiseaux. Le nectar attire un grand nombre d'insectes, dont les abeilles, sur les fleurs. Dans les zones périurbaines où il est planté en Europe, la cordyline est une excellente plante mellifère.

De longs rhizomes, comme de longs doigts, couverts d'une écorce molle, violacée, pouvant atteindre jusqu'à de long dans les vieilles plantations, poussent verticalement sous terre. Ils servent à ancrer la plante dans le sol et à stocker le fructose sous forme de fructanes. Lorsqu'ils sont jeunes, les rhizomes sont pour la plupart charnus et sont constitués de cellules de stockage à paroi mince. Ils se développent à partir d'une couche appelée méristème secondaireSimpson, .

Diversité régionale vignette|gauche|Aire de répartition et écotypes. Cliquez sur l'image pour accéder aux légendes.

Les espèces néozélandaises de Cordyline proviennent d'une arrivée de plantes tropicales depuis le nord il y a 15 millions d'années au Miocène chaudSimpson, . Parce qu'il a évolué en fonction des conditions climatiques locales, de la géologie et d'autres facteurs, C. australis varie en apparence d'un endroit à l'autre. Ces variations peuvent se traduire sur l'apparence générale de l'arbre, la forme et la taille des branches, la forme, la taille, la couleur et la rigidité relatives des feuilles. Elles peuvent être également invisibles comme pour la résistance aux maladies ou aux insectesSimpson, . Certaines de ces différencnces régionales sont suffisamment importantes pour que C. australis soit appelé par les Maoris dans l'île du Nord: Titi dans le nord, Manu Ti dans les hauts plateaux centraux, Tarariki dans l'Est et Wharanui à l'ouestSimpson, .

Dans le Northland, C. australis montre une grande diversité génétique, suggérant que c'est là que les vieilles lignées se sont le mieux adaptéesSimpson, . Certains arbres dans le Grand Nord ont des feuilles souples, étroites, que le botaniste Philip Simpson attribue à l'hybridation avec C. pumilioSimpson, . Dans l'est du Northland, C. australis a généralement des feuilles étroites, droites, vert foncé mais certains arbres ont des feuilles beaucoup plus larges que la normale et sont peut-être hybridés avec C. obtecta qui pousse au Cap Nord et sur des îles voisines. Ces caractéristiques se retrouvent dans les populations de C. australis poussant le long de certaines parties de la côte orientale de la péninsule Karikari jusqu'à la péninsule de Coromandel. Dans l'Ouest du Northland et à Auckland, pousse une forme souvent appelée Titi. Lorsqu'il est jeune, les Titis sont en général très fins et sont courants dans les jeunes forêts de KaurisSimpson, . Quand il pousse dans les zones dégagées, il peut devenir avec un tronc massif avec de nombreuses et longues branches fines et des feuilles relativement courtes et largesSimpson, .

Dans le centre volcanique du plateau, les arbres sont grands, avec de grosses branches relativement peu ramifiées et les feuilles sont raides, grandes, érigées. Les plus beaux spécimens se trouvent le long de la partie supérieure du fleuve Whanganui. Sur les vieux arbres, les feuilles ont tendance à être relativement larges. Les feuilles rayonnent fortement, ce qui suggère que le Manu ti s'est adapté aux hivers froids du haut plateau central. Il pourrait avoir son origine dans le nouveau pays de lave, de cendres volcaniques et de pierre ponce. Les arbres du type Manu ti se trouvent aussi dans le nord de Taranaki, les plaines de King Country et de la Bay of Plenty.

Le Tarariki se trouve dans l'est de l'île du Nord, depuis East Cape jusqu'à Wairarapa. Les Maoris apprécient ses feuilles étroites et piquantes comme source de fibres particulièrement résistantes et durables. Ces fortes fibres peuvent être une adaptation du Tarariki à la chaleur de la région et à ses étés secs. Dans certaines zones de Wairarapa, les arbres sont particulièrement épineux, avec des feuilles rigides et partiellement enroulées. Les arbres à proximité d’East Cape, en revanche, ont des feuilles qui pendent mollement sur l'arbre. À Hawke's Bay, certains arbres ont des feuilles plus vertes, plus larges, peut-être en raison du fait que les caractéristiques du Wwharanui seraient arrivées là à travers les gorges de ManawatuSimpson, ,71.

Le Wharanui pousse à l'ouest de la principale fracture de l'île du Nord. Ils ont de longues et larges feuilles flasques qui peuvent être une adaptation à la persistance des vents d'ouest. Le type Wharanui se rencontre à Wellington, Horowhenua et Whanganui et se prolonge avec quelques modifications sur la côte au sud de Taranaki. À Taranaki, les arbres ont généralement un couvert compact avec de larges feuilles droitesSimpson, . Dans l'île du Sud, le Wharanui est la forme la plus commune, mais il est variable. La forme typique se développe, avec peu de variation, depuis Cap-Campbell jusqu'au nord de The Catlins et de la côte Est aux contreforts des Alpes du Sud. Dans la vallée Wairau dans la région de Marlborough, les arbres ont tendance à conserver leurs vieilles feuilles mortes, leur donnant une apparence négligée. Le climat y est extrême, avec des étés chauds et secs et des hivers froids.

Dans le nord-ouest de Nelson, on trouve trois écotypes définis par le sol et l'exposition. Les arbres qui poussent sur les falaises de calcaire ont des feuilles raides et bleu-vert. Au bord des rivières, les arbres sont grands avec des feuilles étroites, molles, vert foncé, et ont un auvent inégal. Ils ressemblent aux arbres du cap Est de l'île du Nord. Le long de la côte vers le Grand-Ouest, les arbres sont robustes avec de larges feuilles bleutées. Les deux dernières formes s'étendent vers le bas de la côte Ouest, avec les formes aux feuilles souples poussant dans les vallées fluviales humides, fertiles, abritées tandis que les formes à feuilles bleutées préfèrent les pentes rocheuses exposées aux vents chargés de sel du littoral.

Dans l'Otago, les arbres deviennent progressivement de plus en plus rare au fur et à mesure qu'on avance vers le sud jusqu'à ce qu'ils disparaissent au nord de CatlinsSimpson, . Ils réapparaissent sur la côte sud, à Waikawa, dans le Southland, mais ils ne sont pas le type Wharanui. Ce sont plutôt des arbres vigoureux à larges feuilles vertes et aux larges auvents. On les trouve le long de la côte vers Fiordland et, à l'intérieur des terres, au bord de quelques lacs glaciaires. Très vigoureux quand ils sont jeunes, ces arbres semblent bien adaptés aux hivers froids du sud.

Une étude de plants issus de semences recueillies dans 28 régions ont montré un changement Nord-Sud dans la forme des feuilles et des dimensions. Les feuilles de ces plants s'allongent et sont étroites vers le sud. Les plantules ont souvent des feuilles de couleur d'un brun-rouge qui disparaît en vieillissant et cette couleur devient de plus en plus commune vers le sud. Les changements de forme des feuilles se rétrécissant et devenant plus robustes du nord au sud et de la plaine vers la montagne suggère des adaptations aux temps plus froidsSimpson, .

Taxonomie et nom vignette|redresse=1|Diagramme montrant une grosse branche (1) qui donne 10 à 50 branches secondaires (2) qui à son tour donne des branches tertiaires (100 à 500) plus petites (3), et parfois des branches encore plus petites (5). Les fleurs apparaissent aux extrémités des branches 3,4 et 5.