vignette|240px|L'Homme de Cro-Magnon (28 000 ans), découvert en 1868 par Louis Lartet.

La Préhistoire de la France est la période qui commence avec la première occupation humaine du territoire actuel de la France et qui s'achève avec la conquête romaine, lorsque le territoire entre dans le domaine de l'histoire écrite.

Le Pléistocène est caractérisé par de longues périodes glaciaires accompagnées de régressions marines, entrecoupées à intervalles plus ou moins réguliers par des stades interglaciaires plus cléments mais plus courts. Les populations humaines sont alors constituées de groupes de chasseurs-cueilleurs nomades. Plusieurs espèces humaines se succèdent sur le territoire actuel de la France jusqu'à l'arrivée de l'Homme moderne au Paléolithique supérieur.

La première trace d'occupation humaine en France est datée de plus de 1,1 million d'années. Le premier homme fossile connu est l'Homme de Tautavel, à partir de . L'Homme de Néandertal, dont les plus anciens fossiles sont datés de à Atapuerca, en Espagne, est attesté en France à partir d'environ avant le présent. Homo sapiens lui succède à partir de avant le présent. Il est l'auteur d'un riche art pariétal et mobilier.

Au Néolithique, qui commence dans le sud de la France au milieu du , apparaissent l'agriculture et l'élevage, qui renforcent la sédentarisation des hommes. Ces innovations sont apportées par deux courants migratoires venus de l'est : celui de la céramique cardiale, par la côte méditerranéenne, et celui de la culture rubanée, par la vallée du Danube. Les premiers mégalithes sont érigés au milieu du et se multiplient par la suite jusqu'au Néolithique final.

La recherche préhistorique a commencé sur le territoire français au début du . Elle a bénéficié des travaux de pionniers comme Paul Tournal, Jacques Boucher de Perthes et Jean-Baptiste Noulet, puis de grands chercheurs comme Henri Breuil, François Bordes et André Leroi-Gourhan.

Contexte

La Préhistoire de la France s'inscrit dans le Quaternaire, dernière période du Cénozoïque, composée des époques pléistocène et holocène.

Le début de l'Holocène remonte à 11 700 ans BP.

Premiers hommes

vignette|350px|Représentation de quelques espèces du genre Homo.|alt=Représentation de quelques espèces du genre Homo.

Les premiers hommes sont attribués à Homo heidelbergensis et Homo neanderthalensis au Paléolithique inférieur puis moyen.

Hommes modernes

+ Préhistoire de la France. Dates Société Période Territoire Population Langues50 000 à 6 000 ans BCE Chasseurs-cueilleurs nomades Paléolithique supérieur puis Mésolithique Ensemble de l'Europe Arrivée des hommes modernes d'Afrique, croisement avec des hommes et femmes de Néandertal ?6 000 à 4 000 BCE Arrivée des colons agriculteurs originaires du Proche-Orient Néolithique Europe centrale puis occidentale Colons venus du Proche-Orient absorbant les chasseurs-cueilleurs indigènes ?4 000 à 750 BCE Sociétés à chefferie Âge du cuivre puis Âge de bronze Divers ensembles culturels régionaux Apports supplémentaires venus des steppes orientales Émergence de langues celtiques ?750 à 52 BCE Soixantaine de petits États gaulois Âge de fer (Cultures de Hallstatt et de La Tène) Monde celtique, des Îles britanniques à la Tchéquie Populations celtiques Langues celtiques

Les langues germaniques, celtiques et italiques sont issues d'un rameau commun des langues indo-européennes, le celtique et l'italique étant considérées plus proches l'une de l'autre que du germanique, même si les emprunts entre celtique et germanique ont été plus élevés..

Paléolithique archaïque Le Paléolithique archaïque débute en France il y a plus d'un million d'années avec les premières occupations humaines trouvées sur le territoire. Les industries de cette époque sont de type Oldowayen, également appelées de mode 1, constituées de galets aménagés et d'éclats de débitage.

5 sites préhistoriques en France sont datés entre 1 et 1,2 million d'années. : le Bois-de-Riquet, à Lézignan-la-Cèbe, dans l'Hérault (1,2 Ma), découvert en 2008 la grotte du Vallonnet, à Roquebrune-Cap-Martin, dans les Alpes-Maritimes (1,15 Ma), découvert en 1958 la Terre-des-Sablons, à Lunery-Rosières, dans le Cher (1,15 Ma), Pont-de-Lavaud, à Éguzon-Chantôme, dans l'Indre (1,05 Ma), Pont-de-la-Hulauderie, à Saint-Hilaire-la-Gravelle, dans le Loir-et-Cher (1 Ma).

Après 1 million d'années et avant l'apparition de l'Acheuléen, on peut encore mentionner les sites oldowayens de Soleilhac, à Blanzac, en Haute-Loire, et de la grotte de Pradayrol, à Caniac-du-Causse, dans le Lot.

Aucun de ces sites n'a livré de fossile humain associé à l'industrie lithique mise au jour. On ne connait donc pas l'espèce humaine qui en est l'auteur.

Paléolithique inférieur

Aux premières industries lithiques à galets aménagés succède l'Acheuléen. Cette industrie doit son nom au site français de Saint-Acheul, à Amiens, et comprend des bifaces et des hachereaux.

Le Paléolithique inférieur débute en France il y a au moins avec l'apparition sur le territoire de l'industrie acheuléenne.

Les sites acheuléens les plus anciens de France sont : le Bois-de-Riquet, à Lézignan-la-Cèbe, dans l'Hérault (760 ka), découvert en 2008, la Noira, à Brinay, dans le Cher (665 ka), le Moulin Quignon et la carrière Carpentier, à Abbeville, dans la Somme (650 à 600 ka).

Parmi les sites français acheuléens plus récents, on peut mentionner la caune de l'Arago (450 à 400 ka), Terra Amata (380 ka), et Menez Dregan. Ce dernier site abrite l'un des plus anciens foyers aménagés connus en Europe, daté d'environ . Il a livré une industrie nommée Colombanien, qui s'étendrait autour de la Péninsule armoricaineAnne Gebhardt, Bernard Hallegouet, Stéphan Hinguant, Jean-Laurent Monnier, 1992 - Le gisement Paléolithique inférieur de Ménez-Drégan 1 (Plouhinec, Finistère). Bulletin de la Société Préhistorique Française, 89, 3, pp. 77-81. Le Clactonien est une industrie définie par Henri Breuil. Il la considérait comme contemporaine de l'Acheuléen en Europe du Nord-ouest. Ne présentant pas de bifaces, elle est désormais plutôt considérée comme un faciès particulier de l'Acheuléen.

Les plus anciens ossements fossiles connus en France, attribués à Homo heidelbergensis, sont ceux de l'Homme de Tautavel, datés de à , mis au jour depuis 1965 à la caune de l'Arago, dans les Pyrénées-Orientales.

Paléolithique moyen La principale culture du Paléolithique moyen en Europe et au Moyen-Orient est le Moustérien, dont le site éponyme est Le Moustier (Dordogne). En France, elle est l'œuvre des Néandertaliens. Ces derniers auraient évolué en Europe à partir dHomo heidelbergensis.

En France, les sites moustériens les plus anciens sont datés entre 350 et : les Fieux, à Miers, dans le Lot (340 ka), le Petit-Bost, à Neuvic, en Dordogne (325 ka)Laurence Bourguignon et al., Le gisement Saalien de Petit-Bost (Neuvic, Dordogne) à l’origine du Moustérien d’Aquitaine ?, Mémoire XLVII de la Société Préhistorique française, 2008, lire en ligne.

Le Moustérien a été divisé en plusieurs faciès technologiques (Moustérien de type Quina, Moustérien de tradition acheuléenne, etc.) dont les interprétations sont nombreuses et controversées. Le Moustérien est marqué par la généralisation d'une innovation technique dans les méthodes de débitage de la pierre avec la méthode Levallois, nommée d'après les industries lithiques de Levallois-Perret. François Bordes et d'autres auteurs l'ont définie comme une méthode de débitage caractérisée par une préparation préalable du nucléus impliquant une prédétermination de l'éclat recherché. Ces définitions ont été développées par Éric Boëda pour inclure les modalités récurrentes permettant le débitage de plusieurs éclats Levallois prédéterminés successifs aux dépens d'un même nucléus préparé.

Les premières sépultures néandertaliennes identifiées ont été découvertes à La Chapelle-aux-Saints en 1908 (70 ka) puis à La Ferrassie en 1909Nougier L.-R., 1963, La préhistoire : essai de paléosociologie religieuse. Paris : Bloud & Gay : 43-44. Elles ont apporté des arguments majeurs concernant la capacité des Néandertaliens à développer des croyances métaphysiquesBinant P., 1991 - Les sépultures du Paléolithique. Paris : ErranceCollectif, 1976 - Sépultures néandertaliennes. CNRS, conférant à cette espèce une forme d'humanité alors qu'on lui prêtait jusqu'alors volontiers des caractères plutôt archaïquesPostel B., 2008 - « Néandertal et la mort », Archéologia n°458 : 6-11.

On a trouvé des preuves de cannibalisme chez les Néandertaliens sur les sites de Moula-Guercy et des Pradelles...

Le plus ancien fossile néandertalien connu en France a été trouvé en 1998 dans la grotte de Pradayrol, à Caniac-du-Causse, dans le Lot. Une incisive néandertalienne y a été datée de .

Le site de Mutzig est l'..

Vieux d'environ 80 000 ans, le site paléolithique du Rozel se révèle paléoichnologiquement exceptionnel.

Paléolithique supérieur Le Paléolithique supérieur débute en France vers avant le présent (AP) avec le Châtelperronien, du nom du site français de Châtelperron, dans l'Allier. Présente à Arcy-sur-Cure, dans l'Yonne, de à AP, mais surtout dans le sud-ouest de la France, cette industrie est généralement attribuée aux derniers Néandertaliens. Le Châtelperronien est caractérisé par les premiers éléments de parure européens ainsi que par le développement de l'industrie sur matière dure animale (os, bois).

Homo sapiens s'étend sur le territoire français à partir de l'Europe centrale, où il est attesté il y a , mais y fait déjà des incursions il y a environ . (entre .). Il apporte avec lui l'industrie aurignacienne, dont le site éponyme est la grotte d'Aurignac, en Haute-Garonne, au pied des Pyrénées. Les Néandertaliens disparaissent du territoire actuel de la France aux alentours de AP. En France, l'Aurignacien est caractérisé par l'une des plus anciennes grottes ornées au monde, la grotte Chauvet. Datée d'environ avant le présent, son dispositif pariétal témoigne d'une complète maitrise technique et artistique, brisant les idées jusqu'alors établies d'une progression de l'art paléolithique depuis des expressions abstraites jusqu'au réalisme.

À l'Aurignacien succède le Gravettien à partir de avant le présent. Alors qu'il s'étend sur toute l'Europe, il doit aussi son nom à un site français, La Gravette (Bayac, Dordogne). Le Gravettien est surtout connu pour la généralisation des statuettes anthropomorphes dites « Vénus paléolithiques », bien que quelques exemples de ce type de représentation féminine apparaissent dès l'Aurignacien. En France, la fameuse dame de Brassempouy est attribuée au Gravettien.

Le Solutréen, dont le site éponyme est la Roche de Solutré (Saône-et-Loire), apparait aux alentours de avant le présent et est présent dans la zone franco-cantabrique. Toutefois, le nord de la France est quasi-inhabité puisqu'on est alors en plein maximum glaciaire. Les sites solutréens les plus septentrionaux se trouvent dans le sud du bassin parisien et en Mayenne. Cette culture est caractérisée par des éléments lithiques d'une étonnante finesse comme les feuilles de laurier. L'aiguille à chas et le propulseur seraient deux innovations majeures de cette période.

Le Badegoulien apparait vers avant le présent et sa zone de répartition est à peine plus étendue que celle du SolutréenLe Badegoulien était auparavant appelé Magdalénien ancien ; toutefois les dernières recherches ont conduit à donner à ce que l'on pensait être une phase ancienne du Magdalénien une appellation propre..

Le Magdalénien apparait vers avant le présent. Il est marqué par l'utilisation du harpon, la généralisation du propulseur ainsi que de l'art figuratif sur les outils en matières dures animales. L'art magdalénien est en général caractérisé par son grand réalisme, avec une attention particulière portée au rendu du mouvement. La grotte de Font-de-Gaume est un exemple de site magdalénien célèbre pour son art pariétal.

Mésolithique