Remire-MontjolyFiche de Remire-Montjoly dans le Code officiel géographique sur le site de l’Insee. Consulté le 29 décembre 2012. (prononcé ; souvent nommée Rémire-Montjoly non officiellement) est une commune française située dans le département de la Guyane. Issue de la fusion par décret des communes de Rémire et de Montjoly en 1969, Remire-Montjoly fait partie de la banlieue résidentielle de Cayenne.

Ses habitants sont appelés les Rémire-Montjoliens..

Géographie Localisation

La ville est formée de l'ancien bourg de Rémire et du quartier de Montjoly. La commune possède de longues plages. Les cinq îles au large (les îles de Rémire) dépendent administrativement de Cayenne. Le nord-est de la commune est une zone côtière bordée par l'océan Atlantique. Rémire-Montjoly est délimitée, au sud, par le fleuve Mahury.

Les communes limitrophes avec Rémire-Montjoly sont Matoury à l'ouest, Roura au sud (via le fleuve Mahury) et Cayenne au nord-ouest. Rémire-Montjoly, Matoury et Cayenne font partie géographiquement de l'Île de Cayenne.

Climat Le climat y est équatorial humide, type Af selon la classification de Koppen. Toutefois, du fait de sa situation en bordure de l'océan Atlantique, la côte est très ventilée.

Voies de communication et transports Les infrastructures de communication sont presque toutes exclusivement destinées à l'automobile. Aux portes de Cayenne et confrontée à son propre développement démographique ainsi qu'à celui des communes périphériques, Rémire-Montjoly subit des encombrements presque quotidiens qui sont essentiellement liés aux déplacements domicile-travail et exacerbés par une relative insuffisance de voies structurantes.

Le port de commerce de Dégrad des Cannes, nommé depuis le « Grand Port Maritime de la Guyane » est implanté sur la commune.

Urbanisme Typologie Remire-Montjoly est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'InseeSelon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités..... Elle appartient à l'unité urbaine de Cayenne, une agglomération intra-départementale regroupant . et en , dont elle est une commune de la banlieue...

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Cayenne, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par l'océan Atlantique au nord-est et par le Mahury au sud-est, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, par exemple le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit...

Morphologie urbaine La mise en place de la zone d'aménagement différé (ZAD) du Moulin à Vent dans la zone d'implantation du nouvel hôtel de ville, inauguré en 1993, traduit une volonté de créer un trait d'union entre le bourg de Rémire et du quartier de Montjoly.

La résidence Arc-en-Ciel est un quartier de la commune, également appelé village brésilien ou BP 134. Il compte environ , la plupart d'origine brésilienne ou haïtienne.

Logements En 2009, la commune comptait dont 94,5 % de résidences principales, 0,8 % de résidences secondaires et 4,7 % de logements vacants. Parmi ces logements, 77,1 % étaient des maisons et 21,6 % des appartementsDonnées mises à jour par l'Insee le 28 juin 2012, tableau LOG T2 - Catégories et types de logements, .. Parmi ces logements, 50,4 % étaient occupés par leurs propriétaires, 44,0 % par des locataires et 5,6 % par des personnes logées à titre gratuitDonnées mises à jour par l'Insee le 28 juin 2012, tableau LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation, ..

Projets d'aménagement

Toponymie La commune tient son nom des deux anciennes communes de Rémire et de Montjoly, fusionnées en 1969.

Le nom de Rémire provient de la déformation de l'ancien nom de Armire dont l'origine prête à débat. Pour certains, il s'agirait d'une toponymie d'origine amérindienne, alors que pour d'autres, il s'agirait de la déformation du lieu-dit l'anse de Miret, d'abord déformé en Irmire par les colons juifs hollandais, puis en Armire par les Français qui prirent la suite.

Histoire Des vestiges précolombiens ont été découverts sur le territoire de la commune. En 2019, des milliers de fragments ont été mis au jour. Il pourrait s’agir de restes humains qui se trouvaient dans une urne funéraire. Plusieurs morceaux de céramiques ont retenu l’attention des scientifiques : sur l’un d’eux figure un motif qui pourrait être un symbole, le second représente la moitié d’un visage. Selon les estimations des archéologues, ils datent de 1300 à 1400 de notre ère.. Cependant , une datation « absolue » - par radiocarbone – n’a pas encore été effectuée.

D'autres vestiges de la période précolombienne ont été découverts sur le site des roches gravées de Mahury, tels que le serpent Pascaud et les pétroglyphes préhistoriques amérindiens de l'Abattis Evrard.

Suite à la colonisation du continent, quelques Anglais s'installent en 1608 sur un plateau du Mahury où ils auraient été tués par des Amérindienshttps://excerpts.numilog.com/books/9782844503503.pdf. La ville sera fondée en par monsieur Vertaumon, général-adjoint de la Compagnie de la France équinoxiale et quelques colons dans l'anse de Rémire. La paroisse de Remire est créée la même année Eglise du bourg de Remire en Guyane voir https://delaunay-kourou.over-blog.com/2016/10/eglise-du-bourg-de-remire-en-guyane.html. En 1653, 300 Galibis attaquent les colons, provoquant leur départ. En décembre 1653, les Hollandais prennent possession de la Guyane.

Le , David Cohen Nassi conclut un accord avec la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales pour la création d'un village juif, à Rémire-Montjoly, appelé aussi Irmire, sur la côte ouest de l'île, où s'installent également des Gorneyim.

En 1664, à l'arrivée des Français à Cayenne, les Néerlandais se rendent sans combattre mais obtiennent la garantie du libre exercice de leur religion pour les juifs. Néanmoins, les deux tiers des juifs de Rémire-Montjoly, soit environ 300 personnes, partent s'établir au Suriname. Soixante Français s'installent également à Rémire.

L'activité de la commune à cette époque est essentiellement agricole avec la culture de la canne à sucre et l'apparition de distilleries. Les jésuites s'y installent dès 1651 et développent jusqu'en 1765, date de leur expulsion de Guyane, une riche plantation agricole, de plus de , où ils emploient jusqu'à 400 esclaves importés d'Afrique : l'habitation Loyola, dont la maison de maître, située sur le flanc de la montagne de Rémire, sert également de centre de séjour pour les jésuites épuisés par leur mission en terre étrangère.

Plus tard, l'économie agricole périclite lors de la première abolition temporaire de l'esclavage en 1794 puis celle, définitive, de 1848. En 1867, les travaux d'adduction d'eau potable de la ville de Cayenne, toute proche, se font à partir du lac du Rorota niché au sein de la montagne du Mahury qui surplombe le bourg de Rémire. La loi sur les municipalités de 1879 permet la création administrative de la commune et son premier maire, Eugène Pajot, est élu en 1880. La première pierre de la première mairie (qui abrite désormais la bibliothèque municipale et l'office de tourisme) sera posée deux ans plus tard, le , date commémorée par la fête communale annuelle.

Pendant et après la Seconde Guerre mondiale, les activités deviendront maraîchères et industrielles avec la distillerie du Rorota. Après la départementalisation en 1946, la commune devient une zone résidentielle, les activités rurales sont peu à peu abandonnées et les distilleries ferment.

Les sinistrés de Montjoly (1902-1969) vignette|268x268px|Lakou Mango de Montjoly. Lieu où furent érigés les premiers bâtiments destinés à accueillir les Pierrotins. Au début du , une des plus grandes catastrophes naturelles répertoriées dans le monde contemporain eut lieu au nord de la Martinique. En effet, le , l'éruption de la montagne Pelée a totalement rasé Saint-Pierre de la Martinique, seuls quelques individus présents sur place survécurent. La destruction de cette ville renommée pour l'ambiance festive de son port et son rayonnement culturel attise l’empathie et la solidarité de personnes, d’associations et d’institutions du monde entier afin d’aider les survivants.. C’est dans ce contexte que des Martiniquais de Saint-Pierre seront amenés à migrer en Guyane et plus particulièrement sur le Domaine de Montjoly situé dans la presqu’île de Cayenne. Les jours qui suivirent la catastrophe, le Conseil Général de Guyane décide de proposer une “aide humanitaire” pour les sinistrés. Quelques mois plus tard, avec l’accord d’une Commission créée pour analyser les projets d’accueil, le Conseil Général de Guyane achète un terrain de 164 hectares en partie marécageux mais surtout quasiment vierge. Ce domaine abritait autrefois, plus à l'est, les haras du roi et la maison de convalescence des bagnards, souvent considéré à tort comme la résidence du gouverneur Tardy de Montravel, qui donna son nom à la colline de Montjoly. Les autorités coloniales s’accordent sur ce choix, d’autant plus qu’il y a déjà sur place des dizaines de réfugiés martiniquais. En effet, parmi les Montjoliens connus où tout du moins, dont les noms sont connus, le Docteur Moges arrive le suivi le lendemain par Louis Caristan et cinq compagnons de route. vignette|269x269px|Vestiges de Lakou Mango sur la place des sinistrés de Montjoly. En , le défrichement et l’aménagement du terrain commence réellement grâce aux concours de 150 bagnards mis à disposition par l’administration pénitentiaire de Guyane. D’après des archives des relations entre les différentes administrations, cet élan de solidarité n’est pas totalement dénué d’intérêt. En effet, l’objectif des élus et des administrateurs de la colonie est également de favoriser le développement de l’agriculture grâce au peuplement d’un territoire qui était alors très peu dense.. À partir du , 235 personnes vont débarquer dans l’Ile de Cayenne pour s’installer dans le lieu que Joseph Deydier, chef des travaux publics de Guyane, a décrit dans un rapport sur l’installation des réfugiés martiniquais en 1905. Dans son rapport, il note toutes les informations ayant, selon lui, un intérêt pour l’administration coloniale. Il décrit l’avancement du chantier dont le but est de construire le plus rapidement possible un toit pour les Pierrotins. Il décrit la construction de deux bâtiments d’environ 70 mètres de longueur afin d’accueillir 46 familles en tout. Il explique que par la suite, chaque famille a reçu un hectare de terrain à cultiver et ce qui est nécessaire à la mise en culture (outils, plants, etc.) ainsi qu'une case avec du mobilier et des ustensiles nécessaires à la vie quotidienne mise à disposition des nouveaux colons de Guyane. À la fin de l’année 1903, il fait état de 317 personnes installées à Montjoly parmi lesquelles figurent 133 hommes. Le quartier Lakou Mango de Montjoly est né.Dès lors, le nouveau bourg égale en population le bourg de Rémire, attestant là des désirs de peuplement des administrateurs guyanais de cette époque.