Charleroi est une ville francophone de Belgique, située en Wallonie, province de Hainaut, sur la Sambre. C'est le chef-lieu de l'arrondissement administratif de Charleroi englobant 12 communes sur une superficie totale de .
Charleroi compte, au , https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK ( dans l'agglomération – la cinquième de Belgique – qui s'étend de Thuin à Sambreville). Elle est ainsi la première commune wallonne et la troisième commune belge en nombre d'habitants. Ses habitants s'appellent les Carolorégiens (par abréviation : CarolosÀ ne pas confondre avec les Carolomacériens, habitants de Charleville-Mézières, eux aussi couramment appelés Carolos.).
Charleroi se situe au centre d'un ancien bassin houiller communément appelé Pays Noir et a constitué au cours de la révolution industrielle un pôle économique de première importance en Belgique. Malgré une longue période de déclin, elle reste un centre industriel : sidérurgie, verreries, produits chimiques, constructions électriques, constructions mécaniques..
La ville, sous l’impulsion d’acteurs publics et privés, s'est réorientée sur des activités économiques centrées sur les techniques de pointe.
La ville compte une trentainte de terrils ainsi que des anciennes carrières où la nature a repris ses droits et de nombreux espaces verts.
Charleroi est consideré comme la capitale sociale de la Wallonie.. C'est à ce titre qu'elle est le siège des institutions sociales de la Région wallonne, comme le FOREM ou la SWCS.
Géographie Localisation
Communes limitrophes thumb|left|Communes limitrophes Les communes limitrophes de Charleroi sont : a. Les Bons Villers b. Fleurus c. Châtelet d. Gerpinnes e. Ham-sur-Heure-Nalinnes f. Montigny-le-Tilleul g. Fontaine-l'Évêque h. Courcelles i. Pont-à-Celles
Sections de la commune thumb|left|Sections # Nom Superf.(km).. Habitants(2025). Habitantspar km Code INS 1 Charleroi 3,85 21.295 5.526 52011A 2 Dampremy (II) 2,75 6.870 2.496 52011B 3 Lodelinsart (III) 2,95 8.450 2.866 52011C 4 Gilly (IV) 7,39 20.037 2.710 52011D 5 Montignies-sur-Sambre (V) 6,04 18.900 3.131 52011E 6 Couillet (VI) 5,00 11.589 2.320 52011F 7 Marcinelle (VII) 13,22 24.066 1.821 52011G 8 Mont-sur-Marchienne (VIII) 9,27 12.782 1.379 52011H 9 Marchienne-au-Pont (IX) 6,74 15.020 2.229 52011J 10 Monceau-sur-Sambre (X) 7,09 9.911 1.398 52011K 11 Goutroux (XI) 2,70 2.873 1.063 52011L 12 Roux (XII) 5,51 8.951 1.593 52011M 13 Jumet (XIII) 12,65 24.938 1.972 52011N 14 Gosselies (XIV) 12,11 11.159 922 52011P 15 Ransart (XV) 5,69 8.808 1.549 52011R
Quartiers de la commune
Districts de la commune vignette|gauche|Subdivision de la ville en cinq districts (districts en noir et sections en blanc. Le principe des districts est un redécoupage de la ville qui résulte en la centralisation des services publics dont les guichets administratifs seront répartis au sein d’une maison citoyenne pour chaque district. La Ville a également exprimé sa volonté de mettre sur pied un système de guichet en ligne destiné à faciliter et moderniser les démarches administratives. Il résultera également de ce découpage l’attribution d’identités globales spécifiques à chacun des districts. Pour chaque district, des projets d’aménagement sont prévus ou en cours de réalisation dans le cadre du redéveloppement de la région.
Les districts de Charleroi sont : Centre : composé des sections Charleroi, Dampremy et Lodelinsart, Nord : composé des sections de GosseliesAvant les fusions de 1977, Gosselies portait le titre de ville., Ransart et Jumet, Sud : composé des sections de Marcinelle, Mont-sur-Marchienne et Couillet, Ouest : composé des sections de Goutroux, Monceau-sur-Sambre, Roux et Marchienne-au-Pont, Est : composé des sections de Gilly et Montignies-sur-Sambre.
Topographie et hydrographie vignette|gauche|Le quai Arthur Rimbaud (anciennement quai de Brabant) le long de la Sambre après rénovation. Le relief de Charleroi est influencé par la vallée de la rivière Sambre qui coule d'ouest en est avant de rejoindre la Meuse à Namur. Le ruisseau Piéton coule du nord au sud pour se jeter dans la Sambre à Dampremy. Dans la vallée de ce ruisseau est creusé le canal Charleroi-Bruxelles. L'Eau d'Heure vient du sud et se jette également dans la Sambre à Marchienne-au-Pont. Une vingtaine de ruisseaux parcourent le territoire de la commune..
L'altitude va de (vallée de la Sambre et du Piéton) pour culminer à plus de au Bois du Prince à Marcinelle. Le niveau est de sur la place Vauban. L'altitude des terrils dépasse souvent , le terril Saint-Charles du bois du Cazier atteint .
Géologie Charleroi est traversé par les plaines alluviales situées le long des rivières Sambre, Piéton et Eau d'Heure. Le territoire de la ville est également traversé par l'étroit synclinal houiller qui caractérise le sillon Sambre et Meuse. Plus généralement, le sous-sol est constitué d'une variété de composants, en premier lieu d'importants gisements de houille grasse et parfois de fer, du grès, du schiste et des calcaires de la deuxième moitié de l’ère primaire (il y a +/- 350 millions d’années). Au nord de Charleroi, les sables et les argiles de l’Éocène s'avancent du Brabant jusqu'à Gosselies et se retrouvent même plus au sud dans la Formation de Couillet en remplissage de poches karstiques. Les terrils qui ponctuent le paysage carolorégien sont constitués de résidus miniers, principalement de schistes et, en plus petite quantité, de grès carbonifères et de résidus divers.
Charleroi se situe sur la « Faille du midi » qui court du nord de la France à Liège presque à l'horizontale. Cette faille correspond à une importante ligne de rupture géologique située à la limite nord du massif du midi (Condroz-Ardenne), apparue au paléozoïqueProf. F. Boulvain, Dr. J.-L. Pingot (UCL) Une introduction à la Géologie de la Wallonie, 2011, Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Géologie).. En bord d'Eau d'Heure, le plissement hercynien a dressé les couches de roches calcaires, déposées au fond de la mer tropicale du Carbonifère qui occupait le territoire à cette époque.
Aire métropolitaine Charleroi Métropole se situe dans un bassin de vie. de constitué de 30 communes. Ce territoire s'étend sur 80 km du nord au sud, de la frontière française à la grande périphérie bruxelloise, soit plus de . Ce territoire se dessine à la fois par rapport aux structures territoriales de ces cinq plateaux paysagers (le plateau hesbignon, le plateau urbain, le plateau du Condroz, le plateau de la Fagne et le plateau des Ardennes) et aussi par rapport ses interactions sociales, économiques et culturelles.
Climat C'est un climat tempéré océaniqueSite de l'Institut royal météorologique (IRM) comme pour l'ensemble de la partie occidentale de la Belgique, dû à la proximité de l'océan Atlantique qui régule le temps grâce à l'inertie thermique de ses eaux. Il est influencé soit par des masses d'air humide et doux en provenance de l'océan, soit par des masses d'air sec (chaud en été et froid en hiver) en provenance de l'intérieur du continent européen. En moyenne (moyenne faite sur une période couvrant les 100 dernières années), on observe environ de pluie par an dans la région de Charleroi..
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous différentes formes depuis 1666 : Charle Roy , Charles Roy ou Charles le Roy à l'origine, puis orthographié Charleroy (selon l'orthographe ancienne du mot roi).
Charleroi est nommé ainsi en l'honneur de Charles II, roi d'Espagne et des Pays-Bas en 1666, année de la fondation de la forteresse qui deviendra la ville.
Ce type de formation toponymique désignant directement un souverain, est plutôt insolite. Une création telle que *Charleville ou *Charlebourg, tout comme Philippeville et Mariebourg (devenu Mariembourg), exemples tout proches, aurait été plus conforme à l'usage. Cependant, ce néo-toponyme répond à une intention de propagande politique. Il était destiné à populariser le nom du jeune souverain, qui est alors âgé de quatre ans, et en imposer aux Français à la veille de la guerre de Dévolution. Ce nom est traduit ou donné pour équivalent du latin , forme qui apparait dans le chronogramme FVNDATVR CAROLOREGIVM inscrit dans le registre des baptêmes de la paroisse de Charnoy en date du , c'est-à-dire le jour de l'ouverture des travaux de la forteresseVoici la transcription du texte : ..
Pendant la Révolution française, la ville portera plusieurs appellations transitoires. Depuis la bataille de Jemappes et l'arrivée des Français à Charleroi le et jusqu'au retour des Autrichiens après la bataille de Neerwinden en , la ville portera successivement les noms de Char-sur-Sambre et Charles-sur-Sambre. Après la bataille de Fleurus en et le retour des forces révolutionnaires française, la ville prendra le nom de Libre-sur-Sambre. À partir du Consulat en 1800, la ville retrouve son nom d'origine.
L'orthographe officielle Charleroi au lieu de Charleroy sera définitive en à la suite d'une communication du ministre de l'Intérieur au Conseil communal. Avant cette date, les deux orthographes étaient officiellement en usageExemple : .
Charleroi est traduit par en wallon ( en wallon de Charleroi). La ville n'a pas de nom en néerlandais. Le nom est un néologisme créé par une émission radiophonique flamande et n'est pas en usage.
Histoire
Moyen Âge vignette|right|Charnoy au début du .|200px Sur le site, actuellement occupé par le centre de Charleroi, habitait une petite communauté villageoise. La plus ancienne mention en est faite sous le nom de en 863 dans un polyptyque des possessions de l'abbaye de Lobbes. Le village sera ensuite nommé (980) puis (1188). Situé sur la rive gauche de l'ancien lit de la Sambre, il fait partie du comté de Namur. La rive droite, territoire de l'actuelle Ville Basse, fait partie de Marcinelle, qui dépend de la principauté de Liège.
Temps modernes Un dénombrement de 1602 indique que le territoire s'étend sur (environ ) et est habité par une cinquantaine de , essentiellement des cloutiers et des houilleurs. Le site habité comprend trois parties, la plus importante se situant sur le bord de la Sambre.
Forteresse espagnole (1666)
Par le traité des Pyrénées de 1659, la frontière entre la France et les Pays-Bas espagnols est modifiée. Plusieurs places-fortes deviennent françaises, laissant entre Mons et Namur un large couloir sans défenses en direction de Bruxelles.
Le marquis Francisco de Castel Rodrigo, gouverneur des Pays-Bas en 1664, veut renforcer les défenses militaires. Le village de Charnoy, le long de la Sambre, est un des rares endroits propices à l'installation d'une forteresse et appartenant au Comté de Namur (donc aux Pays-Bas).
Le roi d'Espagne passe donc une convention avec le seigneur des lieux, par laquelle il achète la seigneurie de Charnoy.
Le Charnoy cède la place à Charleroy, nommé ainsi en l'honneur de Charles II, roi d'Espagne et des Pays-Bas.
La construction de la nouvelle forteresse commence vers la mi-septembre. Dès le début de la construction, informé par des espions, Louis XIV décide de prendre Charleroy. Devant la menace, Castel Rodrigo envisage d'abandonner et même de démolir la forteresse qui a coûté 28 % de la recette moyenne pour les années 1665 à 1667. Les derniers soldats espagnols quittent les lieux le .
Développement de la ville vignette|Prise de Charleroi, le 2 juin 1667 par Adam François van der Meulen.