L'Illusionniste (, titre original) est un film d'animation franco-britannique écrit et réalisé par Sylvain Chomet d'après le scénario inédit de Jacques Tati basé sur une lettre intime à sa fille Helga Marie-Jeanne Schiel, avec les voix de Jean-Claude Donda et Edith Rankin. Après avoir été présenté au festival de Berlin le , ce film est sorti le en France et au Royaume-Uni.
Synopsis À la fin des années 1950, le monde du music-hall penche vers sa fin depuis la naissance du rock 'n' roll. Un vieil illusionniste se considère comme un artiste en voie de disparition et quitte les salles de spectacle parisiennes pour tenter sa nouvelle chance à Londres, mais la situation est malheureusement la même au Royaume-Uni. Il continue à faire ses tours dans de petits théâtres et dans des bars. Un jour, il rencontre une jeune fille nommée Alice dans un pub d'un village écossais qui le prend pour un vrai magicien.
Fiche technique Titre : L'Illusionniste Titre original : Réalisation : Sylvain Chomet Scénario : Sylvain Chomet d'après l'œuvre originale de Jacques Tati réalisateur : Paul Dutton Directeur artistique : Bjarne Hansen Orchestration, distribution et production : Thierry Davis Chansons interprétées : The Britoons, Didier Gustin, Jil Aigrot et Frédéric Lebon Décors : Isobel Stenhouse et Bjørn-Erik Aschim Couleurs : Anne Hoffmann et Marcin Lichowski Création sonore : Jean Goudier Montage et musique : Sylvain Chomet Superviseur compositing : Jean-Pierre Bouchet Superviseur technique : Campbell McAllister Superviseur de la mise en couleur des personnages : Emma McCann Création graphique des personnages : Sylvain Chomet et Pierre-Henry Laporterie Chefs animateurs : Laurent Kircher, Thierry Torres Rubio, Nic Debray, Victor Ens, Antonio Mengual Llobet, Charlotte Walton, Sandra Gaudi et Antoine Antin Effets spéciaux 2D : Olivier Malric Studios d'animation : Néomis animation, Ink Digital, Guy Movie, Sunwoo, La Station et Django Films Direction de production : Fiona Hall Production : Bob Last et Sally Chomet Producteurs associés : Philippe Carcassonne et Jake Eberts Coproducteur associé : Jinko Gotoh Société de production : Django Films, Ciné B, France 3 Cinéma avec la participation de Canal+, CinéCinéma, France 3 Distribution : Pathé Distribution Budget : 11 millions d'euros Pays de production : et Langue : français, anglais Format : couleur - 1.85 : 1 - 35 mm Genre : animation Durée : 77 minutes Dates de sortie : Allemagne : au festival de Berlin France, Royaume-Uni :
Distribution Jean-Claude Donda : Tatischeff, le vieil illusionniste sous l'apparence frappante de Jacques Tati lui-même. Edith Rankin : Alice
Production Après son premier long-métrage Les Triplettes de Belleville (2003) qui a reçu une nomination aux Oscars, tombé amoureux de l'Écosse en 2004, le réalisateur Sylvain Chomet s'est installé à Édimbourg en 2006, où il a aménagé ses propres studios d'animation, Django Films pour produire un gros projet qu'est L'Illusionniste, prévu au départ en images de synthèse pour une sortie en 2008.
Du script au scénario Jacques Tati avait écrit un script nommé Film Tati 4, très simple et sans dialogue, entre 1955 et 1959 comme une lettre personnelle à sa fille aînée Helga Marie-Jeanne Schiel, qu'il avait longtemps abandonnée et qu'il n'avait jamais osé partager avec les autres, en collaboration avec son partenaire de toujours Henri Marquet, décorateur et coscénariste de Mon oncle (1958) et de Playtime (1967). Ce script a longtemps été gardé par Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff : ; ils avaient immédiatement pensé au réalisateur Sylvain Chomet qui pourrait en faire un film.
Pourquoi Jacques Tati n'a-t-il pas pu tourner son propre scénario ? Il y a à cela plusieurs raisons, comme l'explique Sylvain Chomet : .
Avant tout, Sylvain Chomet, réécrivant le scénario sous le titre provisoire L'homme au Lapin blanc, respecte la plus grande partie de l'histoire de Jacques Tati dans laquelle l'action se déroule à Prague : il l'a transportée à Édimbourg, où d'ailleurs se trouve le studio Django Films, tout en gardant . . Le scénario original parlait des poules du magicien, mais Sylvain les a remplacées par un lapin blanc parce que les poules , ce qu'avait vécu Nick Park, le réalisateur anglais, durant la mise en scène de Chicken Run.
Animation Techniques Contrairement aux Triplettes de Belleville, qui comprend environ mille deux cents plans, L'Illusionniste n'en compte que quatre cents.
Décors C'est le directeur artistique danois Bjarne Hansen qui, avec d'autres animateurs, s'est occupé des décors au trait faits sur papier, comme les dessins d'animation des personnages, ensuite scannés et coloriés à la palette graphique. Son pays a une petite similitude avec l'Écosse où se déroule l'action. L'essentiel des recherches et développement des décors basés à Edimbourg ont été réalisés sous forme d'esquisses poussées par Pierre-Henry Laporterie sous la supervision de Sylvain Chomet.
Choix des interprètes Le comédien Jean-Claude Donda retrouve Sylvain Chomet avec qui il a déjà travaillé pour les rôles d'un commentateur sportif, d'un mendiant et du Général de Gaulle dans Les Triplettes de Belleville (2003) ; il prête ici sa voix au personnage Tatischeff, le vieil illusionniste.
Réception Critique par certains membres de la famille de Tati Une polémique est survenue fin : la famille McDonald, notamment les fils de Helga Marie-Jeanne Schiel et petits-fils de Jacques Tati, a exprimé sa colère à travers une lettre de l'un d'eux, Richard McDonald, destinée à la maison britannique de The Observer et à Roger Ebert au Chicago Sun-Times. ().
Festivals La sortie en salles de L'Illusionniste était d'abord prévue en 2007, puis 2008. Comme l'avait dévoilé le quotidien écossais Herald Scotland en , il a été présenté dans la section spéciale pour la première fois au public au festival de Berlin du 11 au , très précisément le . Ce fut un succès qui a même permis aux studios Sony Pictures Classics de recevoir les droits de distribution en Amérique du Nord. Il est également présenté en avant-première le , jour de l'ouverture du Festival international du film d'animation d'Annecy.
Pathé Distribution avait annoncé sur son site que sa sortie officielle serait le , avant d'être à nouveau repoussé au .
Box-office Selon le webzine cinématographique Excessif, L'Illusionniste a séduit dans quatre-vingt quatre salles au cours de son premier week-end d'exploitation en France, ce qui donne le meilleur remplissage des 19 et . Trois jours plus tard, le film intègre finalement le Top 10 de la semaine en France, classé huitième, avec , affichant une moyenne par copie supérieure à .
Fin 2014, il totalise un peu plus de entrées en FranceFiche Allociné. et de dollars de recettes à l'internationalL'Illusioniste, TheNumbers.com.
Distinctions Récompenses European Film Awards 2010 Meilleur film d'animation National Board of Review 2010 Spotlight Award New York Film Critics Circle Awards 2010 Meilleur film d'animation César 2011 Meilleur film d'animation« Des Hommes et des dieux César du meilleur film », article dans Libération (source AFP) le 26 février 2011. Page consultée le 26 février 2011.
Nominations British Independent Film Awards 2010 Meilleure contribution technique Chicago Film Critics Association 2010 Meilleur film d'animation Las Vegas Film Critics Society Awards 2010 Meilleur film d'animation Festival international du film de Mar del Plata 2010 Meilleur film San Diego Film Critics Society Awards 2010 Meilleur film d'animation Satellite Awards 2010 Meilleur film d'animation Golden Globes 2011 Meilleur film d'animation Academy Award 2011 Meilleur film d'animation Broadcast Film Critics Association Awards 2011 Meilleur film d'animation Annie Awards 2011 Meilleur film d'animation Online Film Critics Society Awards 2011 Meilleur film d'animation
Analyse Références à d'autres œuvres
Lorsque Taticheff embarque pour se rendre en Écosse, on peut apercevoir un agent de police qui est le personnage principal d'un court métrage de Sylvain Chomet, La Vieille Dame et les Pigeons. Lors d'une scène où Taticheff se déplace en train après son voyage en ferry en provenance de France on peut voir un paysage montrant l'usine Battersea Power Station représentée sur la pochette d'album Animals de Pink Floyd. Le film My Uncle (version anglaise de Mon oncle), de Jacques Tati, est projeté dans un cinéma d'Édimbourg lorsque Taticheff y pénètre par erreur. Le clin d'œil est double car ce cinéma s'appelle Caméo et existe réellement. Lorsque Taticheff quitte son travail d'illusionniste de vitrines, son remplaçant (un nain aux dents de lapin habillé en maharadjah) est un personnage des Triplettes de Belleville, le film précédent de Sylvain Chomet, en 2003.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Sophie Tatischeff
Liens externes
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