La rue Sadovaïa (, Sadovaïa oulitsa), ou rue des Jardins, est une rue prestigieuse du centre historique de Saint-Pétersbourg. Percée en 1710, elle est bordée d'anciens hôtels particuliers et d'immeubles de rapport. Elle s'étend sur .

La rue démarre à l'ouest de la Fontanka, jusqu'à la Moïka, près du jardin d'Été. Des boutiques de luxe ont ouvert dans la partie située près de la place du marché au Foin et de la perspective Nevski. Elle est bordée aussi de marchés historiques, comme le marché Apraxine, le marché au Foin, et le Gostiny Dvor (halle aux marchands).

Histoire

La rue a été percée vers 1710 entre la perspective Nevski et la rue Gorokhovaïa et a été nommée ainsi à cause des grands jardins des hôtels particuliers qui la bordaient. La rue est prolongée dans les vers le sud-ouest, traversée de deux places, la place au Foin (décrite par Dostoïevski) et la place Tourguéniev (ancienne place de l'Intercession). C'est alors une rue fort commerçante avec ses marchés. Plus tard, en 1820, la rue des Jardins est encore prolongée au nord vers le champ de Mars. Elle était appelée pour une partie Bolchaïa Sadovaïa (grande rue des jardins) et pour l'autre Malaïa Sadovaïa (petite rue des jardins), jusqu'en 1887, date à laquelle elle s'est appelée simplement Sadovaïa. La partie près des marchés était surtout habitée par des paysans (dont beaucoup de la région de Yaroslavl et des petits bourgeois. Après 1917, les immeubles de rapport sont nationalisés et les appartements divisés en appartements communautaires. Aujourd'hui, les immeubles et les appartements sont réhabilités dans un quartier qui a gardé son cachet historique.

De la Moïka à la perspective Nevski

Palais Michel et jardin Michel. Musée russe d'ethnographie Château des Ingénieurs Maison de l'Ordonnance, Hôtel particulier du ministre de la Guerre, Hôtel particulier de la princesse Yakovlev, (vers 1820, par Carlo Rossi) Ancienne caserne du régiment électrotechnique, (1872-1873) Immeuble de rapport Ratkov-Rojnov, (1883, par Mikhaïl Peterson) Dépendance du corps des cadets pour les officiers du corps enseignant, (1888, par Hauger) Caserne du bataillon de sapeurs (1872, par Pokotilov) Hôtel Dagmar, (1877, par Vassili Nekora) Lycée militaire , au (1875-1877), aujourd'hui centre d'affaires Senator Maison aux quatre colonnades, (1750-1760, selon les plans d'Alexandre Kokorinov). La façade a été reconstruite en 1809-1810 par Luigi Rusca avec quatre portiques octostyles à colonnade ionique, dont trois donnent sur la rue Sadovaïa. Les façades sont ornées de médaillons et bas-reliefs à thème mythologique. Cet hôtel particulier a été construit pour le comte Ivan Chouvalov, à la place d'un ancien palais du qui abritait la chancellerie secrète. Ce bâtiment est la propriété du ministère des finances au . L'intérieur est réaménagé dans les , 1870 et 1880. La compagnie industrielo-commerciale Grigori Beckensohn achète l'immeuble en 1912. Il est alors restauré par Nicolas Lanceray et Alexandre Hausch, on y construitL'architecte est Jakob Bluwstein. une dépendance en 1914 avec salle de cinéma et un théâtre miniature nommé Pavillon de Paris. On ouvre au rez-de-chaussée un café nommé Empire. Jusqu'en 1917 la rédaction de la revue Famille et école louait des bureaux à l'étage, ainsi que l'administration du syndicat des établissements de crédit de Russie, et une librairie. Tout a été démantelé à la Révolution d'Octobre. On y installe ensuite un établissement de poste et télégraphe, et un théâtre ukrainien (le théâtre communiste ukrainien Chevchenko), et au pavillon de Paris, le théâtre de la Comédie volontaire et le cabaret Bagalantchik. En 1928 le cinéma Capitole ouvre ses portes (devenu cinéma de la jeunesse ouvrière en 1929).

Dans les années 1950-1960, du côté de la rue Sadovaïa, il existait un restaurant d'État nommé restaurant du Nord, devenu restaurant Bakou dans les , privatisé sous le nom de Shanghaï dans les (jusqu'en 2002). Aujourd'hui le rez-de-chaussée est occupé par les restaurants et bars Bakou, Mini, Tsar, et Hippopotame (Béguémot). , immeuble de rapport Ramenski, construit en style éclectique en 1874-1876 par Alexandre Chtchédrine, qui appartenait avant la révolution à l'un des propriétaires immobiliers les plus importants de Saint-Pétersbourg. Le magasin d'antiquités Savostine s'y trouvait. , maison Borozdine, construite au et reconstruite en 1850 par Boguslaw Heidenreich. Elle appartenait au milieu du à la riche famille de négociants, Richter, et au début du aux frères Oskar et Johann Schröder, propriétaires de la firme Schröder qui fabriquait des pianos. Une salle de concert se trouvait dans l'hôtel particulier, ainsi qu'un grand magasin de musique. Il appartint ensuite à la famille Dobbert. Il y avait dans les une grande librairie, la librairie Tcherkessov qui fut la première à vendre Le capital de Karl Marx. Le poète Demian Bedny vécut ici en 1908. Un théâtre de marionnette ouvrit dans les . , hôtel particulier Koussov, à l'angle de la perspective Nevski. Il fut construit en 1744 pour le marchand Kokouchkine et reconstruit en 1876 par Alexandre Chtchédrine, avec une façade de style éclectique. La maison appartenait alors à la veuve d'un conseiller d'État, A.P. Koussova.

De la perspective Nevski à la place au Foin

, bibliothèque nationale russe, avec sa longue colonnade, à l'angle de la perspective Nevski, construite par Egor Sokolov (1750-1824) en style néoclassique, inaugurée le 2 (14) . Elle s'appelait bibliothèque Saltykov-Chtchedrine entre 1931 et 1991. , Gostiny Dvor, ou halle des marchands, construit par Rastrelli et Vallin de La Mothe dans la seconde moitié du . C'est ici que se trouve la station de métro Gostiny Dvor. , immeuble de rapport construit en 1874 par Anton Novitski. Après la Révolution d'Octobre, on y installa le fonds littéraire national et l'administration de la bibliothèque nationale. , petit Gostiny Dvor, construit à la fin du , reconstruit entre 1845 et 1850 par Nikolaï Grebenka, et réaménagé une vingtaine d'années plus tard pour installer entre autres des arcades. On y trouvait avant la révolution la grande parfumerie Rallé et compagnie. , maison Krylov, en trois corps de bâtiment. Le rez-de-chaussée était loué avant la révolution à une grande librairie et les étages aux employés de la librairie. Ivan Krylov y habita entre 1816 et 1841 au premier étage, et au second étage le poète Mikhaïl Lobanov (1787-1846), ainsi que le poète et traducteur de l'Iliade, Nikolaï Gneditch (1784-1833). Avant la révolution il y avait le magasin de confection Eduard Dichter, une librairie, un magasin de photographe, la maison d'édition Caspari, et la rédaction de la revue Rodina (La Patrie). Il y a toujours une librairie aujourd'hui. , ancienne Banque d'État des assignats, construite par Giocomo Quarenghi entre 1783 et 1790, dans le style du Gostiny Dvor avec un portique hexastyle corinthien. La façade est décorée d'un buste de Quarenghi (1967) de Levon Lazarev. Ce bâtiment abrite depuis les l'une des dépendances de l'université d'État d'économie et de finances de Saint-Pétersbourg. , maison Korovine et Gavrilov, à l'angle de la rue Krylov, construite en style néoclassique à la fin du par un architecte inconnu. C'est débord un immeuble de rapport pour les négociants Korovine et Gavrilov. Une partie est reconstruite et louée au célèbre restaurateur Nementchinski qui ouvrit un restaurant nommé Gostiny Dvor rebaptisé plus tard Luxe. Ce restaurant était fréquenté par les marchands venus faire des affaires au Gostiny Dvor. La maison est reconstruite en 1847 par Hadrien Robin. Le restaurant fait faillite en 1903 et il est acquis par la « compagnie des serveurs et cuisiniers de Saint-Pétersbourg ». En 1910-1911, on construisit une partie supplémentaire et un escalier d'honneur. Le restaurant est nationalisé après la NEP et baptisé restaurant Métropole. C'était un lieu de rencontre prestigieux de la nomenklatura soviétique. Brejnev, Reagan et Jacques Chirac s'y sont rendus. Le restaurant a fermé en 2002, mais une pâtisserie est toujours ouverte au rez-de-chaussée, ainsi que des boutiques de vêtements de luxe. , magasin Alfiorov, construit en 1903-1904, à la place d'une maison du , dans le style Art nouveau, par Wilhelm Schaub, avec de grandes vitrines. C'est aujourd'hui un magasin de vêtements, en particulier de robes de mariée. , immeuble de rapport Novinski, construit en 1885-1886 par Boris Vesselovski avec des pilastres corinthiens. Au début du , c'était le siège de la firme Vacuum Oil Company, société russe par actions spécialisée dans la vente d'huile de moteur pour les automobiles. C'est aujourd'hui un immeuble abritant un dépôt des gravures, estampes, et tableaux du musée de l'Ermitage.

, maison des Nikolaïev, construite à la fin du par un architecte inconnu à l'angle de la ruelle Moutchny. En 1842, Andreas Lieven construit des arcades au rez-de-chaussée pour y abriter des échoppes du côté de la rue des Jardins. Pavel Volkov en 1879-1880 réaménage l'ensemble et ferme les arcades de vitrines. La façade du côté de la ruelle est refaite en style éclectique. En 1903, Grigori Lioutsedarski rajoute des décorations de granite et des têtes de femmes dans le style Art nouveau. Au début du , il y avait ici la librairie d'Ivan Sytine (1851-1934).

, palais Vorontsov, construit entre 1747 et 1759 pour le comte Vorontsov, chancelier de l'Empire, par Rastrelli, qui abrite aujourd'hui l'école militaire Souvorov, après avoir abrité avant la révolution le fameux corps des Pages. Paul y fit construire par Quarenghi en 1800 la chapelle de l'ordre de Malte pour les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. , bâtiment du , à l'angle de la ruelle Moutchny. Il y avait là un cinéma L'Empire, dénommé ensuite Temp (« cadence » en français), puis Saturne et le restaurant Ivanovski. Depuis 1997, s'y trouve le théâtre Priout Komedianta (L'abri du comediante), théâtre dramatique fondé par Iouri Tomachevski. , Marché Apraxine, marché historique de la ville de , dénommé d'après le premier propriétaire du terrain, le comte Apraxine (1661-1728). , maison Arkhipov, construite en 1832-1833 pour le marchand Arkhipov par Avraam Melnikov. À partir de 1876, s'y trouvait la boutique du célèbre photographe Lvov. , immeuble de rapport Rasteriaïev, à l'angle de la rue Gorokhovaïa, construit en 1845 par Nikolaï Grebenka. Il y avait plusieurs magasins jusqu'à la révolution, dont celui de Likhatchev, fournisseur en papier peint de la famille impériale, ainsi que la rédaction de l'hebdomadaire Revue illustrée des pays du monde et de celle de Santé populaire, ainsi que les bureaux de la maison d'édition Ramm. , immeuble de rapport Tomiline, à l'angle de la ruelle Apraxine. Il fut construit en 1903-1906 par Léonid Kharlamov et Nikolaï Dmitriev dans le style Art nouveau. La corniche est décorée de dix-sept bustes de femmes. La compagnie russe de crédit mutuel industrielo-commercial, fondée en 1907, se trouvait ici en 1916, ainsi qu'un cinéma, le Montré, la rédaction de la revue scientifique Connaissance de la Russie, la société des universités populaires, la représentation des fameuses faïences et porcelaines Kouznetsov et une école supérieure commerciale. En 1917, le soviet des députés ouvriers et militaires du deuxième district municipal s'y installa et dans les la maison de la culture des peuples d'Orient. Aujourd'hui un grand magasin de vêtements et de jeans s'y trouve.

, maison Dourychkine, à l'angle de la rue Gorokhovaïa, construite en 1865 par Emmanuel Jurgens. Il y avait des crèmeries à la fin du et un magasin de musique au début du : Vinokourov et Sienicki, ainsi que les restaurants : Vassiliev et Rostov-sur-le-DonLa bibliothèque municipale Griboïedov s'y installa en 1934. L'étage était loué avant la révolution par la société de crédit mutuel de la bourse des fruits, du thé, du vin et des poissons de Petrograd.