Le Vietnam....., Viet Nam ou Viêt Nam, en forme longue la république socialiste du Vietnam, ( et ) est un pays d'Asie du Sud-Est situé dans l'est de la péninsule indochinoise. Constitué d'une longue côte maritime qui s'étend sur près de , le Vietnam est bordé par le golfe du Tonkin au nord, la mer de Chine méridionale à l'est et le golfe de Thaïlande au sud-ouest et partage ses frontières avec la Chine au nord, le Laos au nord-ouest et le Cambodge au sud-ouest. Sa capitale est Hanoï, tandis que sa municipalité la plus peuplée est Hô Chi Minh-Ville (ex Saïgon). La langue officielle est le vietnamien, et la monnaie, le dong. C'est un État communiste à parti unique (Parti communiste vietnamien) où existe la liberté d'entreprendre. D'autres partis siègent à l'Assemblée nationale, mais lui sont étroitement affiliés.
Le pays est classé pays par ordre de superficie () et le seizième pays le plus peuplé du monde avec environ 102 millions d'habitants en 2026. La population est à 85 % d'ethnie Kinh, anciennement Viêt. Les 15 % restants appartiennent aux ethnies minoritaires reconnus par le gouvernement, essentiellement originaires des régions montagneuses. La désignation « Viêt » n'est plus employée officiellement car le mot signifie « vietnamien » et les gens des minorités le sont aussi.
Fruit d'une histoire longue et mouvementée, marquée par des occupations étrangères et des guerres de résistance successives, le Vietnam est, avec une économie dynamique affichant l'un des taux de croissance les plus élevés de la région, un des nouveaux pays industrialisés, comptant parmi les Tigres asiatiques. Son économie repose sur l'industrie, le bâtiment et les travaux publics, les services, l'agriculture et les exportations avec la Chine, les États-Unis, Singapour, la Corée du Sud et le Japon comme principaux partenaires commerciaux.
Le Vietnam est un pays en développement à revenu moyen inférieur. Le pays est confronté à un niveau élevé de corruption, à la censure, à des problèmes environnementaux et à un mauvais bilan en matière de droits de l'homme. Le pays se classe parmi les plus bas dans les mesures internationales des libertés civiles, de la liberté de la presse et de la liberté de religion. Le Vietnam fait partie d'institutions internationales et intergouvernementales telles que l'ASEAN, la APEC, le PTPGP, le Mouvement des non-alignés, l'OIF et l'OMC. Le pays a siégé deux fois au Conseil de sécurité des Nations unies.
Le Vietnam est habité dès le Paléolithique, avec des États établis au premier millénaire avant J.-C. dans le delta du fleuve Rouge dans le nord du Vietnam actuel. La dynastie Hồng Bàng des rois Hùng, vénérés en tant que fondateurs du pays a régné sur le Van Lang puis le roi An Dương Vương fonde le royaume d'Âu Lac (–) dont la capitale est la citadelle de Cổ Loa située à seize kilomètres au Nord du centre de Hanoï. Zhao Tuo, un général de l'armée Han, appelé Triệu Đà par les Vietnamiens, a profité de la campagne de la dynastie Qin contre les tribus Yue pour fonder son royaume, le Nanyue (traduit en vietnamien « Nam Viet ») et sa dynastie séparatrice à Panyu, en l'actuelle Canton. Il a, en suite, annexé le royaume d'Âu Lac (ancien Vietnam) mais en , son successeur et petit-fils, Zhao Mo, est mis au pas par les Han. La dynastie Han annexa le nord et le centre du Vietnam, qui furent ensuite sous domination chinoise jusqu'à l'émergence de la première dynastie en . Les dynasties monarchiques successives absorbèrent les influences chinoises à travers le confucianisme et le bouddhisme, et s'étendirent vers le sud jusqu'au delta du Mékong, conquérant le Champa.
Depuis la conquête du royaume de Champa par l'empereur Lê Thanh Tông en 1471, le pays a hérité également de nombreux temples rattachés à l'hindouisme. Les temples et musées chams comme le musée de la sculpture chame de Đà Nẵng ou le sanctuaire de Mỹ Sơn, qui est l'un des premiers sites chams au Vietnam, sont des témoignages du passé du royaume de Champa et de la culture chame. Ce dernier a été fondé au . Les Chams vivent toujours au Vietnam, même si nombre d'entre eux ont émigré au Cambodge durant la conquête du royaume de Champa. En 2020, il restait au Vietnam.
Étymologie Avant de s'appeler « Vietnam », le pays a connu au moins une dizaine d'appellations nationales ponctuées de nombreux changements.
Dans la langue vietnamienne, langue monosyllabique, « Viêt Nam » s'écrit en deux mots : et .. Le mot Việt est un nom propre qui désigne le groupe ethnique des Viets, qui vivait autrefois dans une région s'étendant du Sud du Yangzi Jiang en Chine à la partie Nord du Viêt Nam actuel. Quant au mot , il signifie le sud. Le nom « Viêt Nam » peut donc être traduit littéralement par « pays des Viets du Sud ».
Histoire
L'histoire du pays, dont les origines sont semi-légendaires, se confond en grande partie avec celle du peuple viêt, aussi appelé Kinh, qui, de son berceau primitif du Van Lang, aurait ensuite essaimé vers le delta du fleuve Rouge (). Les Viêts ne prennent que très progressivement possession de l'espace géographique qui est aujourd'hui celui du Vietnam. En , le Van Lang est intégré au royaume élargi d'Âu Lạc, qui passe à son tour sous la coupe de l'empire de Chine. En , un général chinois, Zhao Tuo () se proclame roi d'un nouvel État indépendant, le Nam Việt (comprenant des territoires du Sud de la Chine et du Nord de l'actuel Vietnam), qui existe jusqu'en , date à laquelle il est reconquis par la Chine sous le règne de l'empereur Wudi de la dynastie Han ().
Le futur Vietnam demeure en effet une possession chinoise pendant environ un millénaire, malgré des révoltes parmi lesquelles celles menées par les deux sœurs Trung (Hai Bà Trưng) et Triệu Thị Trinh sont les plus célèbres, et des périodes d'indépendance plus ou moins longues. Sous la dynastie chinoise des Tang, le pays est un protectorat désigné sous le nom d'Annam, le « Sud pacifié », nom qui servira longtemps à le désigner en Occident. Ce n'est qu'en 939 que l'effondrement du pouvoir central permet au Đại Việt, le « Grand Viêt », de devenir un royaume indépendant, qui continue cependant de payer tribut à la Chine. Au cours d'un processus séculaire appelé Nam Tiên, la « Marche vers le Sud », les Viêt conquièrent le territoire qui va devenir celui du Vietnam, aux dépens du royaume de Champa et de l'Empire khmer. Plusieurs dynasties se succèdent à la tête du pays qui, au , atteint peu ou prou la configuration de l'actuel Vietnam. Entre le milieu du et la fin du , le pays est politiquement divisé en deux, la famille des ministres Trịnh () contrôlant le Nord et la famille Nguyễn () le Sud, tandis que les empereurs de la dynastie Lê (Nhà Lê) ne conservent qu'un pouvoir symbolique. Les Tây Sơn () disputent ensuite le pouvoir aux deux familles, mais ce sont les Nguyễn, avec l'aide de la France, qui remportent la victoire. Au début du , Gia Long de la famille Nguyễn devient l'empereur du pays, qui prend le nom de Vietnam et continue de reconnaître la Chine comme puissance suzeraine.
Au milieu du siècle, la fermeture du pays au commerce étranger et au christianisme finit par entraîner un conflit avec la France : le Second Empire intervient en 1858 et s'empare du Sud du pays, qu'il annexe pour en faire la colonie de Cochinchine. En 1883 commence l'expédition du Tonkin, la France souhaitant à la fois sécuriser sa colonie et s'emparer des richesses du Tonkin au nord du pays. Des traités de protectorat aboutissent à la création de deux nouvelles entités, le protectorat d'Annam (centre) et le protectorat du Tonkin (nord). Le pays est désormais divisé en trois, les empereurs Nguyễn ne conservant qu'une autorité symbolique sur l'Annam et le Tonkin, tandis que la Cochinchine fait partie intégrante du territoire de la France et que survient un premier mouvement de résistance à l'invasion française, le Mouvement Cần Vương. En 1887, les trois entités sont intégrées à l'Indochine française.
Malgré de nombreux soulèvements nationalistes, les Français maintiennent leur contrôle sur le territoire vietnamien ; dans les années 1930, le Parti communiste indochinois, dirigé par Nguyen Aï Quoc, futur Hô Chi Minh, organise à son tour des insurrections, durement réprimées. Les nationalistes vietnamiens modérés et l'empereur Bảo Đại tentent d'obtenir par la négociation une autonomie accrue, mais n'ont pas plus de succès. En 1945, le Japon, qui occupait l'Indochine française depuis 1940, démantèle l'appareil colonial français pour prendre le contrôle du territoire. La reddition japonaise, quelques mois plus tard, permet au Việt Minh, front nationaliste dirigé par le Parti communiste de Hô Chi Minh, de prendre le pouvoir lors de la révolution d'Août. Les Français ne parviennent que progressivement à reprendre le contrôle de l'Indochine ; Hô Chi Minh, dont le pouvoir est encore très fragile, tente la voie de la négociation, mais les pourparlers achoppent et, fin 1946, le conflit larvé débouche sur la guerre d'Indochine. En 1949, les Français réorganisent le pays, unifiant les trois territoires au sein de l'État du Vietnam () dirigé par Bảo Đại ; le soutien de la Chine communiste permet cependant à partir de 1950 au Việt Minh de prendre militairement l'avantage. Après leur défaite lors de la bataille de Diên Biên Phu (), les Français renoncent à poursuivre un conflit ingagnable sans le soutien des Américains, encore affaiblis par la guerre de Corée et, lors des accords de Genève en juillet 1954, reconnaissent l'indépendance de la partie nord du pays. Avant cela, le 4 juin 1954, la France a reconnu l'indépendance de l'État du Vietnam.
À la suite des accords de Genève de 1954, le Vietnam a été divisé au niveau du 17e parallèle : les communistes ayant le contrôle du Nord et le gouvernement de Bảo Đại celui du Sud. Ngô Đình Diệm, premier ministre du Sud, refuse le référendum prévu par les accords pour réunifier le pays et prend le pouvoir, évinçant Bảo Đại et proclamant la république. Deux États ennemis, la république démocratique du Vietnam au Nord () et la république du Vietnam au Sud () se font désormais face, le Vietnam devenant l'un des fronts les plus chauds de la guerre froide. Une guerre civile entre le Nord et le Sud allait bientôt éclater. Les États-Unis, désireux d'endiguer la progression du communisme en Asie, se substituent aux Français comme protecteurs du et aident Diệm à combattre l'insurrection communiste. Si la politique du président sud-vietnamien en matière économique et sociale s'avère positive, avec la construction de nouvelles écoles publiques ainsi qu'une rapide croissance économique du Sud Vietnam., l'autoritarisme croissant de celui-ci le rend de plus en plus impopulaire, en particulier à cause de sa politique religieuse et du sentiment, ressenti par une partie des bouddhistes, de favoritisme envers la minorité catholique et de persécution à la suite des immolations de bonzes et de leur médiatisation. En 1963, avec l'assentiment des Américains, il est renversé lors d'un putsch.