vignette|Logo d'Apple. Apple Inc., anciennement Apple Computer Inc., est une entreprise multinationale américaine d'informatique, créée le à Cupertino par Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne, puis constituée sous forme de société le .

À ses débuts, Apple Computer est principalement un fabricant d'ordinateurs personnels, notamment avec les gammes Apple II, Macintosh et Power Mac, mais elle connaît des ventes difficiles et une faible part de marché dans les années 1990. Steve Jobs, qui est évincé de la société en 1985, revient à la tête d'Apple en 1997 après le rachat de sa société NeXT, au moment où l'entreprise qu'il a cofondée est au bord de la faillite. L'année suivante, il devient le président-directeur général par intérim de la société avant d'occuper totalement cette fonction. Jobs instaure ensuite une nouvelle philosophie d'entreprise fondée sur des produits reconnaissables et un design simple, en commençant par l'iMac en 1998.

Avec le lancement du baladeur numérique iPod, de la plateforme musicale iTunes et de la chaîne de magasins Apple Store en 2001, puis de l'ITunes Store en 2003, Apple s'impose comme un leader dans les secteurs de l'électronique grand public et de la vente de médias, ce qui la conduit à abandonner le terme associé à son nom en 2007, année où l'entreprise se lance dans le marché du smartphone avec l'iPhone, qui rencontre un succès planétaire et constitue dès lors l'essentiel de ses ventes. Le développement à l'ère Jobs se poursuit en 2010 avec la mise sur le marché d'une tablette tactile, l'iPad, puis après son décès et son remplacement un temps (15 ans) par Tim Cook, d'autres produits comme la montre connectée Apple Watch. En , elle devient la première entreprise privée de l'histoire à atteindre une valeur de de dollars de capitalisation boursière..

1970 - 1984

Genèse d'Apple et l'Apple I

vignette|2066 Crist Drive, Los Altos. L'ancienne maison des Jobs, là où tout a commencé.

En 1971, Steve Wozniak et Bill Fernandez, étudiants et voisins, se réunissent dans un garage afin de créer leur premier ordinateur à partir de pièces détachées. Cet appareil est nommé , d'après la boisson que les deux étudiants consomment pendant la fabrication. Lors d'une démonstration de l'appareil devant un journaliste de presse locale, l'alimentation électrique brûle mais Wozniak ne se décourage pas. Malgré le coût élevé des pièces détachées, il continue de dessiner des ordinateurs qui posséderaient peu de puces..

Fernandez présente son meilleur ami, Steve Jobs, à Wozniak et pense que les peuvent bien s'entendre sur leur intérêt commun pour l'électronique. Le professeur McCollum, de la Homestead High School McCollum, se souvient de Jobs comme étant .

vignette|gauche|L'une des Blue Box montée par Wozniak.

À l'automne 1971, les deux amis retournent à l'université de Californie à Berkeley et se lancent dans l'aventure de la commercialisation. Ils vendent des conçues par Wozniak sur la base des numéros enregistrés dans le magazine Esquire d'. Ces boîtiers électroniques portatifs permettent de passer gratuitement des appels téléphoniques illégaux en reproduisant les signaux utilisés par une compagnie de téléphone et sont vendus au prix de dans les dortoirs de l'université. Lors de ce phreaking, Wozniak se fait appeler Berkeley Blue et Jobs se fait appeler Oaf Tobark. Pendant une démonstration de leur boîtier, ils appellent le Vatican, se font passer pour Henry Kissinger, Secrétaire d'État, et demandent à parler au pape Paul VI. Informé que le pape dormait, Wozniak perd son sang-froid et raccroche. Après plusieurs altercations avec la police et un acheteur armé, Jobs et Wozniak cessent la production de leurs , dont ils ont vendu .

Durant l'été 1972, les deux étudiants et la petite-amie de Jobs trouvent un emploi, payé de l'heure au Centre commercial de San José et se déguisent en personnages dAlice au pays des merveilles. Un an plus tard, Wozniak travaille dans le secteur de l'APD dans l'entreprise Hewlett-Packard, puis Fernandez le rejoint et ils conçoivent des calculatrices portables. Jobs quitte son travail en , mais reste sur le campus de l'université. Deux ans plus tard, en 1974, Jobs devient employé pour Atari, une entreprise de jeux vidéos et empoche de l'heure en travaillant comme technicien. Selon Al Corne, il est si arrogant et insolent avec les autres employés que son emploi du temps est réorganisé pour qu'il travaille la nuit.

vignette|Premier logo de Apple, mettant en scène Isaac Newton et la découverte de la gravitation universelle.

Markkula et l'Apple II

Listes des premiers employés d'Apple Computer Inc. Steve Wozniak Steve JobsOfficiellement employé , Steve Jobs n'appréciait pas être le second ; d'un commun accord avec Michael Scott, il obtient officieusement le statut d'employé . Officieusement, car le système de listing utilisé par la Bank of America n'autorisait pas d'employé . Mike Markkula Bill Fernandez Rod Holt Randy Wigginton Michael Scott Chris Espinosa

Pendant la recherche d'investisseurs, Jobs se tourne vers son ancien patron, Nolan Bushnel ; celui-ci lui recommande de rencontrer Don Valentine de la société capital risque Sequoia Capital, qui a aidé Atari quelques années plus tôt. Valentine, peu intéressé à l'époque, le renvoie vers Mike Markkula, qui s'est monté une petite fortune avec ses stock options faites chez les fabricants de semi-conducteurs Intel et Fairchild Semiconductor. Fin 1976, les Apple Computer ne sont vendus que dans dix boutiques aux États-Unis. Markkula établit un objectif de croissance des revenus à de dollars en dix ans. Pour rendre cela réalisable, il investit personnellement dans la société et cosigne un prêt de contracté auprès de la Bank of America. Le financement de la société étant assuré, Steve Jobs, Mike Markkula et Steve Wozniak signent l'acte d'incorporation le , actant la création officielle d'Apple Computer Inc. Afin d'éviter quelques problèmes légaux, la firme rachète le partenariat pour , dont un tiers est envoyé à Ron Wayne malgré son départ. Pensant qu'une direction expérimentée est nécessaire au cas où la société réaliserait son ambitieux plan d'affaires, Markkula se tourne vers Michael Scott, ex-collègue lorsqu'il travaillait chez Fairchild. Scott accepte le poste en pour un salaire initial annuel de , ce qui ne correspond qu'au tiers de ce qu'il gagnait lorsqu'il était directeur de la fabrication chez National Semiconductor. Une fois à la tête d'Apple, il met en place une organisation interne avec des badges d'identification numérotés en fonction de la date d'embauche. Il se réserve le , son chiffre porte-bonheur, et attribue à Wozniak le car, selon lui, sans sa conception brillante de l', il n'y aurait pas d'Apple.

vignette|100px|gauche|Le logo d'Apple créé par Rob Janoff avec ses couleurs arc-en-ciel, utilisé de 1977 à 1998.

Alors que Steve Wozniak travaille sur le futur , Steve Jobs s'occupe de son aspect. Il avait horreur des boîtiers en métal des ordinateurs de l'époque et souhaitait pour l' un boîtier en plastique dessiné par des professionnels qui plairait plus facilement au grand public. De plus, le logo dessiné par Wayne lui paraît trop cérébral et difficilement reproductible à petite taille. Il engage donc, début 1977, les services de la Regis McKenna Advertising pour dessiner le nouveau logo (la pomme), le logotype (Motter Tektura), et réaliser la première publicité professionnelle d'Apple. Le logo de la pomme est l'œuvre de Rob Janoff ; les couleurs témoignent de la capacité de l' à afficher des couleurs, et la morsure sur la droite évite que la pomme ressemble trop à une tomate cerise . Le boîtier de l' est conçu par Jerry Manock, qui réalisa également celui de l'Apple III et du Macintosh .

L'Apple II est lancé le lors du qui se tient à San Francisco. Les ventes se portent bien et permettent en à Apple d'atteindre un flux de trésorerie positif qui permet à Michael Scott de négocier avec Microsoft une licence de huit ans de leur langage BASIC gérant la virgule flottante pour . Il est ensuite adapté pour l'Apple II, par Randy Wigginton entre autres. Parmi les éléments qui ont fait le succès de l'Apple II, se trouve le lecteur de disquette maison, le , vendu à partir de pour , faisant de lui le lecteur le moins cher à l'époque . VisiCalc, premier tableur pour ordinateur personnel, développé par Dan Bricklin et Bob Frankston, uniquement disponible sur Apple II, eut aussi un rôle dans son succès. Lancé quelques mois après le lancement de l'Apple II Plus en , de VisiCalc sont vendus, faisant d'elle l'une des premières , qui justifie à elle seule l'achat d'un Apple II.

Ne comptant pas sur un succès éternel de l'Apple II, Apple lance en 1979 trois projets distincts destinés à développer trois machines différentes : l’Apple III, l’Apple Lisa et le Macintosh.

L'Apple III, déboires et entrée en bourse

vignette|L'Apple III.

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, la concurrence croît fortement et de nouveaux concurrents se lancent sur le marché. L'Apple II se voit relégué aux marchés des particuliers et de l'éducation, pour laisser la place à l'Apple III sur le marché des entreprises, tout en étant rétro-compatible avec son prédécesseur. Il est présenté le lors de la à Anaheim. Des problèmes de production obligent à repousser sa sortie à l'automne suivant. Contrairement à ses deux prédécesseurs qui étaient principalement l'œuvre d'un homme, Steve Wozniak, l'Apple III est l'œuvre d'un comité dirigé par Steve Jobs, qui pouvait demander d'un jour à l'autre une chose et son contraire. L'absence souhaitée par ce dernier d'un système de ventilation mène à des surchauffes de la machine et à des désolidarisations. Lors des premiers envois en masse, à partir de , 20 % des Apple III arrivent hors-service. Les déboires avec la machine s'enchaînent jusqu'en 1983 et la sortie de l’Apple III Plus, qui corrige les principaux défauts de son prédécesseur. Mais le mal est fait : la mauvaise publicité, conséquences des déboires, et le manque de logiciels tirant parti de son système , font de l'Apple III le premier échec d'Apple. La base installée atteint selon estimation (III et III plus confondus) contre plus de pour les Apple II. Sa production est arrêtée en , peu après la sortie du Macintosh.

Malgré les déboires que connaît Apple, la firme est introduite en bourse le par Morgan Stanley et Hambrecht & Quist. d'actions sont mises en vente. De à l'ouverture, l'action monte de plus 30 % pour clore à , portant la valeur de marché de la compagnie à de dollars. Jobs, premier actionnaire individuel avec d'actions devient donc millionnaire avec de dollars notionnels ; il en est de même pour Wozniak et Markkula et leurs 4 et d'actions respectives. Parmi les d'Apple, plus de quarante deviennent également millionnaires grâce à leur stock options. C'est l'introduction en bourse la plus importante depuis celle de Ford en 1956. Le , d'actions supplémentaires viennent s'ajouter à celles déjà présentes sur le marché. Deux mois plus tôt, Mike Markkula a remplacé Michael Scott à la tête de la compagnie et Steve Jobs le remplace en tant que président du conseil d'administration ().

Xerox PARC, Lisa, Macintosh et départ de Steve Jobs

vignette|Le Macintosh 128K, le premier ordinateur personnel utilisant une souris et une interface graphique qui a rencontré un succès commercial.

Le projet Lisa voit le jour à la fin de l'année 1978, alors qu'Apple cherchait à développer la prochaine génération d'ordinateurs. Le projet prend de l'impulsion lorsque Ken Rothmuller est engagé en tant que chef de projet en ; il n'était alors question que d'un ordinateur de dont le lancement était prévu en 1981. Toutefois, deux visites de Steve Jobs et d'une dizaine d'ingénieurs d'Apple au Xerox PARC allaient faire de Lisa ce qu'il est devenu.