Exposition-Bajatière est le nom d'un quartier au centre-est de la ville de Grenoble. Ses habitants sont les Bajatièrois et Bajatièroises.
En 1925 se tient l'Exposition internationale de la houille blanche et du tourisme qui donne son nom au quartier. Il accueille plus tard plusieurs épreuves des Jeux olympiques d'hiver de 1968, dont celles qui se déroulent au palais des sports, à l'anneau de vitesse et à la halle Clémenceau.
Au sud du terrain ayant servi à l'Exposition, les immeubles des années 1930 correspondent aux habitations à bon marché (HBM) de Léon Martin. À l'occasion des Jeux olympiques d'hiver de 1968, l'extension de la ville amène des barres d'immeubles résidentielles. Les Jeux olympiques d'hiver de 1968 transforment le quartier pavillonnaire en une zone plus dense qui inclut le parc Paul-Mistral et l'hôtel de ville. Dans les années 2020, le quartier est largement résidentiel avec un mélange de maisons et d'appartements.
Géographie Localisation La ville de Grenoble est découpée en regroupés pour l'information statistique (IRIS) qui forment .. Dans le quatrième secteur se trouvent notamment les IRIS Diables bleus (381850404), Clemenceau (381850405), Bajatière ouest (381850409) et Bajatière est (381850410).. La limite de l'ensemble de ces quatre IRIS est superposable à celle du quartier Exposition-Bajatière donnée par l'Union des habitants du quartier Exposition-Bajatière en 2015.. Ainsi ce quartier se trouve au sud-est du centre de Grenoble auquel il est accolé.
vignette|alt=Huile sur toile. À un carrefour des combattants galvanisés par un officier à la jambe de bois resistent dans la fumée à un ennemi.|Le Siège de Grenoble par les Alliés en 1815. . Alexandre Debelle. 1860-1861. Au nord, le quartier bute jusqu'en 1924 contre les remparts du général Haxo, construits de 1832 à 1836 à la suite du siège de la ville par les troupes austro-sardes en 1815. Un seul accès pour le quartier Bajatière, la porte des Alpes, permet d'entrer dans la ville fortifiée, mais une vaste bande de terrain large de appelée zone de servitude autour des remparts est interdite d'urbanisation. Le rempart Haxo est rasé en 1924 et remplacé par le boulevard Jean-Pain d'orientation sud-ouest–nord-est qui prolonge la partie nord des grands boulevards..
À l'ouest, la limite avec le quartier Capuche suit historiquement le ruisseau de Bresson, qui longe le chemin de Bresson devenu rue Marcel-Peretto. Cette rue est absorbée par l'avenue Marcelin-Berthelot, construite à l'approche des Jeux olympiques de 1968, au niveau de l'Institut universitaire de formation des maîtres de Grenoble. La limite elle-même, schématiquement nord-sud, suit donc l'avenue Marcelin-Berthelot, les rues Marcel-Peretto, Paul-Janet et Jean-Bistési.
Côté sud, les limites sont plus incertaines. Elles se perdent dans une vaste zone maraîchère souvent inondée rejoignant la ville d'Eybens. À la fin du , par souci de simplicité, la limite est placée le long de la voie ferrée Grenoble–Chambéry, devenue l'avenue des Jeux-Olympiques en 1978. Depuis l'urbanisation du début des années 1960 le quartier y jouxte son nouveau voisin, le quartier Malherbe. Les limites, schématiquement est-ouest, admises en 2015 sont l'avenue des Jeux-Olympiques puis la piste cyclable de l'avenue Jean-Perrot à l’avenue Marcellin-Berthelot.
La limite orientale communément admise en 1893 est le chemin de l'Industrie, devenu l'avenue Jeanne-d'Arc. Cette limite est retenue bien que certaines infrastructures portent le nom de Bajatière au-delà de cette rue. Puis en 1998, la limite, approximativement nord-sud, communément admise est celle de la rue Léon-Jouhaux, qui suit le ruisseau du Verderet aujourd'hui tari, la rue de la Bajatière, le chemin Guilbaud, la rue de la Station-Ponsard et le chemin du Chapitre.
Ainsi délimité, selon l'Union des habitants des quartiers de Grenoble, ce quartier schématiquement trapézoidal est lui-même entouré au nord par Centre-Ville et Mutualité-Préfecture, à l'ouest par Capuche–Stalingrad–Grands-Boulevards et Championnet–Bonne–Condorcet–Hoche, au sud par Malherbe et Teisseire et à l'est par Abbaye-Jouhaux..
Géologie et relief
La ville est principalement bâtie dans une plaine au confluent de l'Isère avec le Drac, au centre de l'Y grenoblois. Cette configuration permet de parler d’une « cuvette grenobloise », vallée singulièrement plate d'origine glaciaire.. Grenoble est souvent présentée comme une des villes les plus plates de France..
Hydrographie À l'est, le quartier Eposition-Bajatière est historiquement limité par le ruisseau du Verderet, confluence de cinq sources du plateau d'Herbeys. Celui-ci coupe la rue Léon-Jouhaux à de l'avenue Jean-Perrot puis se dirige vers le parc Paul-Mistral pour se jeter dans l'Isère près du pont de la Citadelle.
Un « syndicat du ruisseau du Verderet extra-muros » est créé et reconnu le par une ordonnance du roi dans le but de lutter contre les inondations. À l'intérieur des fortifications Haxo, il est recouvert peu après en raison de problèmes d'insalubrité. À la fin des années 1960, tous les ruisseaux du quartier sont canalisés, couverts, ou taris.
Urbanisme Occupation des sols et logements Le quartier est un faubourg composé de maisons individuelles ouvrières et bourgeoises, d'immeubles de rapport et de locaux d'activités.. Les immeubles datent pour la plupart des années 1930 et des années 1960..
thumb|alt=<---À décrire.--->|Maison Fanjas du quartier Bajatière. De 1912 à 1920, un architecte du quartier du nom de Fanjas fait construire de nombreuses maisons personnalisées à partir d'un même modèle de base en forme de L, avec une aile en avancée, une terrasse sur le côté et un rez-de-chaussée surélevé au-dessus d'une cave semi-enterrée.
Le quartier Exposition-Bajatière reste essentiellement pavillonnaire sauf dans sa partie nord, où l'urbanisation plus tardive a favorisé la construction d'immeubles le long du boulevard Clemenceau dans les années 1930. L'essentiel du quartier est classé en zone UBa.. Une zone économique est classée UE1..
Le prix des logements est beaucoup plus bas qu'au nord du boulevard Clemenceau, vers le centre-ville., et en légère baisse en 2017., puis en augmentation à partir de 2019.. Les appartements y sont très recherchés en raison des prix bas pour des logements anciens en bon état, de la présence de commerces de proximité et de la tranquillité des rues... En 2015, on compte dans le de la ville, dont Exposition-Bajatière fait partie, 48% de propriétaires, 42% de locataires du parc privé et 7% de locataires du parc HLM.. Dans le , les T3 dominent le parc social.. En 2025, une partie du quartier est concernée par l'encadrement des loyers ..
Voies de communication et transports vignette|L'ancien tramway passant par la porte des Alpes, direction Eybens, avant son élargissement. .
Une ligne de tramway électrique est installée entre Grenoble et Eybens à partir de 1897 ; elle est l'une des premières à ne pas être tractée par des chevaux comme celles du centre-ville. Elle passe par le quartier de la Bajatière, s'y arrêtant à quatre stations : place des Alpes (désormais Paul-Vallier), rue Mallifaud, chemin Bourgelat et rue Ponsard. En 1927, les autobus font leur apparition et le , la dernière rame du réseau de tramway ferme définitivement. Les voitures désaffectées sont vendues en Argentine.
Dans les années 2020, la du tramway ainsi que les lignes de et 13 desservent le quartier Exposition-Bajatière. La du tramway longe le quartier..
Toponymie Le nom du quartier est tiré du patronyme de Claude-Auguste Bajat.
Après l'Exposition internationale de la houille blanche et du tourisme de 1925, le terme de « quartier Exposition-Bajatière » est utilisé par l'administration communale pour la première fois, marquant le renommage du quartier..
Le , Marius Rey propose de renommer le chemin Perrin et le chemin Vieux respectivement en rue de la Bajatière et chemin Vieux-dit-Perrin. Rey argue que le renommage du premier permet de mettre à l'honneur un personnage dauphinois, tandis que les habitants du chemin Vieux demandent son renommage depuis des années en raison de sa connotation négative.
Les habitants du quartier Exposition-Bajatière sont les seuls à posséder un gentilé à Grenoble. Il s'agit des Bajatièrois et des Bajatièroises.
Histoire Premières mentions vignette|alt=Photographie numérique d'une maquette colorée représentant une villle au sein de montagnes.|Plan-relief de Grenoble avec les fortifications réalisées par Haxo. 1839-1848.L'utilisation connue de l'appellation Bajatière remonte au , date à laquelle un agriculteur, Louis Gerin, écrit au maire de Grenoble, Jean-Thomas Vendre, afin d'obtenir l'autorisation de construire un lavoir dans ce quartier. À l'époque, le quartier est majoritairement rural avec quelques maisons.
Le nom est tiré du patronyme d'un vendeur de tableaux et d'objets d'art grenoblois, Claude-Auguste Bajat, né et mort à Grenoble. En 1835, il épouse Marguerite-Madeleine Perrin ; il est possible, mais aucune preuve ne l'atteste clairement, qu'elle fasse partie de la famille Leroy-Perrin, alors propriétaire de la majorité des terrains du quartier actuel Exposition-Bajatière. Vivant place aux Herbes, il préfère la campagne et se rend souvent dans sa seconde maison, à l'angle des rues de la Bajatière et Maurice-Barrès actuelles, le long de la rue Perrin. Les amis de Bajat lui rendent souvent visite dans sa propriété à laquelle ils donnent vite le surnom de « terres à Bajat ». La propriété est vendue en 1876 et il est enterré au cimetière Saint-Roch.
En 1903, un groupe d'habitants de la Bajatière écrit une lettre ouverte dans la presse. En réponse à la mort d'une jeune fille écrasée par un camion, il signale que la porte des Alpes (aujourd'hui place Paul-Vallier) est trop étroite pour la circulation. Elle ne mesure que de large en raison des remparts de Haxo. L'année suivante, une pétition d'habitants de la Bajatière, de la Capuche et des communes d'Eybens, Bresson et Tavernolles demandent à nouveau son élargissement. En 1911, la voie est élargie.
En 1914, encouragée par le gouvernement à se replier vers la province en raison de la guerre, la Société d'outillage mécanique et d'usinage d'artillerie (SOMUA) s'installe dans rue Monge. Elle y garde ses locaux jusqu'en 1919, date à laquelle le bâtiment est repris par les , spécialisés en fabrication d'engrenages et d'organes de transmission. Le bâtiment cesse d'avoir une vocation industrielle en 1989.
Sous Paul Mistral Au sein du quartier de la Bajatière se situe le polygone du génie militaire, une zone militaire inutilisée de dix hectares qui n'est pas constructible et empêche l'expansion de Grenoble. Paul Mistral, élu maire de Grenoble en 1919, demande le déclassement définitif du terrain, mais en l'absence de réponse du gouvernement, il finit par le faire démolir sans autorisation officielle. L'autorisation arrive finalement en 1931.
Exposition internationale de la houille blanche et du tourisme Dès son discours d'investiture le , le nouveau maire Paul Mistral annonce vouloir accélérer l'urbanisation du sud de la ville en ôtant la restriction des remparts.. Paul Mistral obtient que Grenoble soit le lieu de l'Exposition internationale de la houille blanche et du tourisme de 1925 et décide de l'organiser sur le terrain déclassé. En 1924, cinq mois de travaux de démolition puis de terrassement ont lieu pour une inauguration le . L'exposition accueille . Mistral fait démolir de remparts pour étendre la ville. La route d'Eybens, aujourd'hui avenue Jean-Perrot, est redressée et élargie. Une tour d'orientation est érigée par les frères Auguste et Gustave Perret. D'abord appelée tour de l'Exposition, elle devient la tour Perret par la suite. Il s'agit de la première tour en béton armé construite en Europe et elle est l'unique bâtiment conservé après l'exposition.