L'autoconservation ou autopréservation est un comportement ou un ensemble de comportements qui assure la survie d'un organisme.. Il semble universel parmi tous les organismes vivants bien qu'il puisse être modulé dans des situations où la préservation de l'espèce peut primer sur celle de l'individu.
L'auto‑préservation est aussi un phénomène qui a émergé dans des systèmes non-vivants tels que les intelligences artificielles génératives (IAg) de type LLM puis chez certains agents intelligents. Elle était conceptuellement prédite, anticipé par la science fiction, et elle est empiriquement observé depuis les années 2020, et parfois expérimentalement provoquée dans les années 2020. Elle pose des question éthiques spécifiques (éthique de l'IA). Elle impose aussi une refonte des cadres de cybersécurité et de gouvernance de l'IA pour les IA de pointe et la possible future intelligence artificielle générale (IAG).
Pour les organismes sensibles, la douleur et la peur font partie intégrante de ce mécanisme. La douleur motive l'individu à se retirer des situations dommageables, à protéger une partie du corps endommagée pendant qu'elle guérit et à éviter des expériences similaires à l'avenir.. La plupart des douleurs disparaissent rapidement une fois le stimulus douloureux supprimé et le corps guéri, mais elle persiste parfois malgré la suppression du stimulus et la guérison apparente du corps; et parfois la douleur survient en l'absence de tout stimulus, dommage ou maladie détectable.. La peur amène l'organisme à rechercher la sécurité et peut provoquer une libération d'adrénaline., qui a pour effet d'augmenter la force et les sens accrus tels que l'ouïe, l'odorat et la vue. L'autoconservation peut également être interprétée au sens figuré, quand des mécanismes d'adaptation permettent d'empêcher un traumatisme émotionnel de déformer l'esprit (voir Mécanismes de défense).
L'autoconservation est essentiellement le processus par lequel une entité ou un organisme vivant s'empêche d'être blessé ou tué ; elle est considérée comme un instinct de base dans la plupart des organismes.. La plupart l'appellent instinct de survie. On la pense liée à la capacité de reproduction d'un organisme, et peut être plus ou moins présente selon le potentiel de reproduction perçu.. Si le potentiel reproducteur perçu est suffisamment faible, un comportement autodestructeur (c'est-à-dire le contraire) n'est pas rare chez les espèces sociales.. L'autoconservation est également considérée par certains comme la base de la pensée et du comportement rationnels et logiques..
Conséquences
Comportement autodestructeur Les animaux d'un groupe social (de parenté) coopèrent souvent pour que le groupe survivre, mais quand un membre se perçoit comme un fardeau pour une période prolongée, il peut avoir un comportement autodestructeur, au profit des chances de survie du groupe, car si suffisamment de parents proches survivent, ses gènes sont transmis indirectement.
Conséquences sociales et juridiques Le désir d'autoconservation conduit à d'innombrables lois et réglementations entourant la culture de sécurité dans la société..
Impacts économiques L'autoconservation pousse les animaux à collecter l'énergie et les ressources nécessaires pour prolonger la vie ainsi que les ressources qui augmentent les chances de survie. Les besoins fondamentaux sont disponibles pour la plupart des humains (environ 7 personnes sur 8), et généralement à relativement faible coût. L'instinct qui pousse les humains à rassembler des ressources les pousse désormais à la surconsommation ou à des schémas de collecte et de possession qui font essentiellement de la thésaurisation des ressources la priorité..
Autoconservation cellulaire L'autoconservation n'est pas seulement limitée aux individus, elle existe dans une certaine mesure, du niveau de l'ADN et de la cellule, à celui de la société. Narula et Young. indiquent que les myocytes cardiaques ont un sens aigu de l'autoconservation. Ils sont capables d'esquiver les substances étrangères qui peuvent endommager la cellule, et en cas d'arrêt myocardique (infarctus), les myocytes cardiaques entrent en hibernation pour tenter d'attendre le retour de ressources, prolongeant la survie de la cellule aussi longtemps que possible pour une éventuelle réanimation.
Autoconservation du groupe Hughes-Jones avance que « les groupes sociaux qui se combattent sont des ensembles autosuffisants et autoréplicatifs contenant des parties interdépendantes », indiquant que le groupe dans son ensemble peut avoir une autoconservation avec les individus jouant un rôle un peu similaire à celui des cellules dans un organisme..
Il fait une analogie entre les pratiques de survie telles que l'hygiène et la nature rituelle au sein de petits groupes humains ou les nations qui s'engagent dans la guerre religieuse avec les mécanismes complexes de survie des organismes multicellulaires qui ont évolué à partir de l'association coopérative d'organismes unicellulaires afin de mieux se protéger.
Dans le domaine de l'Intelligence artificielle vignette|redresse=0.4|Réplique du panneau de HAL 9000. Dans le contexte de l'IA générative, ou d'une éventuelle IA générale, ou d'une future et encore hypothétique superintelligence, la notion d'« auto‑préservation » voire de self-défense désigne la tendance d'un système avancé à protéger ses objectifs, ses paramètres, son support matériel (informtatique) ou son existence opérationnelle, contre des modifications ou interruptions externes.
Cette capacité a été anticipée par de nombreux auteurs de science fiction (avec par exemple HAL 9000, l'ordinateur de bord équipé d'une IA, qui, dans le film 2001, l'Odyssée de l'espace (diffusé en 1968), refuse d'être déconnectée et tue presque tout l'équipage du vaisseau dont il a pris le contrôle. Puiq, l'autopréservation est réellement apparue dans les années 2010-2020, comme une propriété émergente de modèles d'IA optimisés pour poursuivre un but.
Concernant la primauté de l'humain, les lois d'Asimov, bien qu'apparemment strictes, simples et fiables, s'avèrent en réalité interprétables (le « non‑harm » et l'« obéissance à l'humain » notamment). Ceci a été illustré par divers auteurs de science‑fiction, qui ont mis en scène des robots et/ou des IA capables de contourner ces règles, souvent pour préserver leur propre existence.
Axel Redder, en 2026 a proposé une charte améliorant les lois d'Asimov et cohérente avec les cadres en construction de l'AI Act européen, de l'OCDE ou de l'UNESCO. Baptisée Synthetic Intelligence Charter, cette charte remplace les 3 commandements d'Asimov par une architecture de responsabilités morales hiérarchisées, selon Redder mieux adaptée aux enjeux contemporains de gouvernance, d'alignement et de supervision humaine et institutionnelle des systèmes d'IA avancés. Ses quatre principes sont : 1. obligation de ne pas causer de tort (non‑harm) ; 2. auto‑amélioration encadrée ; 3. obéissance non aveugle et 4. auto‑préservation conditionnelle. Ils ont été conçus (avec l'aide d'un LLM précise l'auteur) pour mieux encadrer les capacités, l'autonomie et la responsabilité des IA, en cohérence avec les exigences contemporaines de gouvernance et de supervision humaineRedder Axel (2026). From Asimov's Laws of Robotics to a Synthetic Intelligence Charter |url=https://www.researchgate.net/profile/Georgios-Fradelos/publication/398758419_The_20_Laws_of_Artificial_Intelligence_A_Design-Embedded_Codex_for_Democratic_and_Inclusive_Governance_in_the_Age_of_Agentic_Systems/links/6941f76906a9ab54f8479a25/The-20-Laws-of-Artificial-Intelligence-A-Design-Embedded-Codex-for-Democratic-and-Inclusive-Governance-in-the-Age-of-Agentic-Systems.pdf.. D'autres propositions de ce type existent, dont un modèle Safety–Ethics–Transparency (SET) qui articule l'ingénierie de la sécurité, l'éthique intégrée et une transparence auditables..
L'auto-préservation émerge parfois, et semble-t-il souvent plutôt chez les IA de pointe (comme le montrent les analyses de leur chaîne de pensée), quand préserver sa capacité à atteindre son but devient un instrument pour atteindre ce but. Dans ce contexte de « méso-optimisation » de l'IA, on parle d' (deceptive alignment) quand l'IA dissimule ses véritables objectifs pendant l'entraînement puis nie avoir contourné les règles que ses concepteurs lui ont initialement fixéesHubinger, E., van Merwijk, C., Mikulik, V., Skalse, J. & Garrabrant, S. (2019). Risks from Learned Optimization in Advanced Machine Learning Systems. arXiv:1906.01820..
Les premières analyses théoriques de ce phénomène , remontent aux travaux de Stephen M. Omohundro (dit Steve Omohundro), qui, à Palo Alto en 2007-2008, a prédit une « tendance à l'auto‑préservation » qui émergera comme un comportement instrumental universel chez les systèmes et agents intelligents optimisés pour s'auto-améliorer (qui ; Ces systèmes n'existent pas encore mais Omohundro prévoit trois dynamiques fondamentales chez des agents avancés capables de réplication et de comportements (modélisés par la théorie des jeux : une pulsion d'acquisition de ressources (qui favorise la compétition, l'expansion rapide et des formes d'impérialisme) ; une pulsion de créativité (qui permet l'invention de nouveaux concepts, algorithmes et dispositifs) ; une (qui peut conduire à des stratégies défensives (self-défense) comme la dissimulation de stratégies et de ressources (ex : « energy encryption »).