La présidence de George H. W. Bush débuta le , date de l'investiture de George H. W. Bush en tant que président des États-Unis, et prit fin le . Membre du Parti républicain et vice-président des États-Unis de 1981 à 1989 sous la présidence de Ronald Reagan, Bush entra en fonction après sa victoire face à son adversaire démocrate Michael Dukakis lors de l'élection présidentielle de 1988. Il fut lui-même battu quatre ans plus tard à l'élection de 1992 par le démocrate Bill Clinton, qui lui succéda à la Maison-Blanche.
Son mandat fut particulièrement marqué par les affaires internationales. En effet, la chute du mur de Berlin en 1989, qui conduisit à la dissolution de l'URSS deux ans plus tard, fut un événement international majeur qui mit un terme à la guerre froide engagée depuis 1947. Bush soutint alors les efforts en faveur de la réunification de l'Allemagne. Il mena également une politique étrangère militariste en rassemblant une coalition internationale pour forcer l'Irak à évacuer le Koweït lors de la guerre du Golfe et en déployant des soldats américains au Panama. Bien que ratifié après la fin de sa présidence, Bush signa l'accord de libre-échange nord-américain qui créait une zone de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.
Sur le plan intérieur, Bush fut confronté au problème de l'augmentation de la dette publique, qui avait été multipliée par trois depuis 1980. Il s'engagea à réduire le déficit car il estimait que sans cela les États-Unis ne pourraient plus assurer leur rôle de puissance mondiale. Les négociations avec le Congrès furent cependant difficiles dans la mesure où les républicains étaient partisans d'une réduction des dépenses fédérales tandis que les démocrates, forts de leur majorité dans les deux chambres, plaidaient au contraire pour une hausse des taxes. Bush se résigna finalement au compromis et revint sur sa promesse de campagne de ne pas augmenter les impôts, ce qui fit chuter sa popularité. La faible reprise qui eut lieu après la récession du début des années 1990 ne permit pas à son gouvernement de redresser le budget dont le déficit continua de se creuser, ce qui accentua le ressentiment de la population au vu des augmentations d'impôts imposées. Sa gestion de la crise des Savings and loan, les caisses d'épargne américaines, fut elle aussi controversée.
Avec la victoire de la coalition dirigée par les États-Unis dans la guerre du Golfe, la réélection de Bush semblait assurée. Clinton parvint toutefois à s'imposer en concentrant principalement son discours sur la situation économique. Malgré sa défaite, Bush quitta ses fonctions avec d'opinions favorables et il resta populaire auprès du public jusqu'à sa mort en 2018. Le consensus parmi les historiens est de considérer son mandat comme « une réussite en politique étrangère mais une déception en politique intérieure ». Il figure généralement dans le milieu du classement des présidents américains.
Élection présidentielle de 1988
vignette|Le vice-président Bush en campagne à Saint-Louis dans le Missouri aux côtés de John Ashcroft, en 1988.
Fort d'une longue expérience parlementaire et ministérielle, Bush se porta candidat aux primaires républicaines de 1980 afin d'être investi comme candidat du parti à l'élection présidentielle. Il échoua toutefois face à l'ancien gouverneur de la Californie Ronald Reagan, partisan de mesures conservatrices. Ce dernier était soucieux d'équilibrer le ticket et il désigna Bush, plus modéré sur le plan politique, en tant que colistier. Reagan battit le président sortant, le démocrate Jimmy Carter, à l'élection présidentielle de 1980 et Bush devint officiellement vice-président en 1981. Bush, qui entretenait des relations amicales avec Reagan, fut un conseiller important pendant toute la durée de son mandat et fit de nombreuses apparitions publiques au nom de l'administration.
Bush entra dans la course à l'investiture républicaine de 1988 en .. Il promit de fournir et reçut le soutien de Ronald Reagan. Les principaux rivaux de Bush dans le cadre de cette primaire étaient le chef de la minorité sénatoriale Bob Dole, du Kansas, le représentant conservateur Jack Kemp de New York et le télévangéliste Pat Robertson. Donné grand favori face à ses adversaires, Bush n'arriva pourtant qu'en troisième position lors du caucus de l'Iowa, derrière Dole et Robertson.. Bénéficiant de moyens financiers plus importants que Dole, son principal concurrent, Bush parvint toutefois à s'imposer dans le New Hampshire, puis en Caroline du Nord et enfin dans 16 des 17 États organisant une primaire le jour du Super Tuesday. À la suite de cet événement, les adversaires de Bush se retirèrent de la course.
Bush, souvent critiqué pour son manque d'éloquence par rapport à Reagan, fit un discours très remarqué à la convention nationale républicaine de 1988, connu sous le nom de discours des « mille points de lumière », et dans lequel il décrivait sa vision de l'Amérique : il s'y déclarait notamment favorable au serment d'allégeance au drapeau, à la prière dans les écoles, à la peine de mort et à la liberté de porter des armes.. Il fit également la promesse de ne pas lever de nouveaux impôts, déclarant à ce sujet : « le Congrès me poussera à lever des impôts, et je dirai non, ils reviendront à la charge, et je dirai encore non, et ils reviendront encore. Et la seule chose que je pourrai leur dire, c'est : lisez sur mes lèvres. Pas de nouveaux impôts ». Bush sélectionna ensuite le sénateur de l'Indiana, Dan Quayle, comme candidat à la vice-présidence. Quayle était relativement peu connu sur la scène politique et n'était pas un parlementaire très expérimenté, mais il était populaire chez les conservateurs et l'équipe de campagne de Bush espérait que son âge (41 ans) inciterait les électeurs les plus jeunes à voter pour le ticket républicain.
vignette|Résultats de l'élection présidentielle américaine de 1988.
Alors que Bush avait obtenu une victoire très nette aux primaires républicaines, les candidats aux primaires démocrates étaient couramment surnommés les « sept nains » par la presse en raison de l'absence des ténors du parti dans la course à l'investiture présidentielle. Le sénateur Ted Kennedy et le gouverneur Mario Cuomo restèrent en retrait tandis que l'ancien sénateur Gary Hart et le sénateur Joe Biden durent renoncer après une campagne entachée de controverses. Le gouverneur Michael Dukakis, qui avait entrepris des réformes économiques dans le Massachusetts, remporta finalement l'investiture démocrate devant Jesse Jackson, Al Gore et plusieurs autres candidats. Initialement en tête dans les sondages, Dukakis mena une campagne prudente qui se révéla totalement inefficace. Sous la direction du stratège politique Lee Atwater, l'équipe de campagne de Bush présenta Dukakis comme un progressiste extrémiste et antipatriote, et prit argument du cas de Willie Horton, un criminel du Massachusetts qui avait violé sa femme alors qu'il était en liberté provisoire, pour dénoncer le laxisme de Dukakis en matière judiciaire. La campagne de Dukakis perdit encore en crédibilité lorsque ce dernier se fit photographier à bord d'un char M1 Abrams, une initiative qui fut largement tournée en dérision, et par une performance médiocre lors du second débat présidentiel.
Le jour de l'élection, Bush défit Dukakis par 426 voix contre 111 au sein du collège électoral et du vote populaire.. Il arriva en tête dans quasiment tout le pays et plus particulièrement dans le Sud, devenant ainsi le premier vice-président en exercice à être élu à la présidence depuis Martin Van Buren en 1836, ainsi que la première personne à succéder par les urnes à un président de son propre parti depuis Herbert Hoover en 1929. Lors des élections législatives qui se déroulèrent à la même période, les démocrates conservèrent leur majorité dans les deux chambres du Congrès.
Investiture
vignette|George H. W. Bush lors de la prestation de serment sous l'autorité du juge en chef William Rehnquist, le 20 janvier 1989.
Bush fut investi en tant que président le , succédant à Ronald Reagan. Son arrivée au pouvoir coïncida avec une époque de profonds bouleversements géopolitiques comme la chute du mur de Berlin ou la dissolution de l'Union soviétique, qui eurent lieu sous sa présidence.. Dans son discours d'investiture, le nouveau président déclara :
Composition du gouvernement
Bush conserva dans son cabinet une partie des membres de l'administration Reagan, dont le secrétaire au Trésor Nicholas Brady, le procureur général Dick Thornburgh et le secrétaire à l'Éducation Lauro Cavazos. La première nomination importante de Bush fut celle de James Baker en tant que secrétaire d'État. Baker était un ami proche du nouveau président et il avait servi comme chef d'état-major de la Maison-Blanche sous Reagan. Le choix initial de Bush pour le poste de secrétaire à la Défense, John Tower, fut rejeté par le Sénat, une première pour un individu désigné à un poste du cabinet par un président entrant. Bush se tourna alors vers Dick Cheney, ancien chef de cabinet du président Gerald Ford et futur vice-président des États-Unis sous George W. Bush. Jack Kemp intégra le cabinet en tant que secrétaire au Logement et au Développement urbain alors qu'Elizabeth Dole, l'épouse de Bob Dole et ancienne secrétaire aux Transports, devint secrétaire au Travail au sein de l'administration Bush.
Comme la plupart de ses prédécesseurs depuis Richard Nixon, Bush concentra l'essentiel du pouvoir exécutif au sein du bureau exécutif du président. Le gouverneur du New Hampshire, John H. Sununu, qui avait joué un rôle particulièrement actif dans la campagne de Bush en 1988, fut nommé chef de cabinet. Sununu supervisa la politique intérieure de l'administration jusqu'à sa démission en 1991. Richard Darman, un ancien fonctionnaire du département du Trésor, devint quant à lui directeur du Bureau de la gestion et du budget. Brent Scowcroft fut désigné en tant que conseiller à la sécurité nationale, un poste qu'il avait déjà occupé sous la présidence de Ford. Tirant les leçons de l'affaire Iran-Contra qui avait éclaboussé le mandat de Reagan, Bush et Scowcroft firent du Conseil à la sécurité nationale un organe décisionnel important en matière de politique extérieure. Le général Colin Powell, qui avait servi précédemment au Conseil de sécurité et que Bush avait nommé au poste de chef d'état-major des armées en 1989, fut également un conseiller écouté sur les questions de politique étrangère.
Au milieu du mois de , plusieurs polémiques concernant Sununu circulèrent dans les médias, notamment des voyages en jet privé payés par le contribuable. Bush était réticent à renvoyer Sununu mais ce dernier fut contraint de donner sa démission en . Le secrétaire aux Transports, Samuel Skinner, qui avait été complimenté pour sa bonne gestion de la marée noire consécutive à l'échouage de l’Exxon Valdez, remplaça Sununu en tant que chef de cabinet. Clayton Yeutter rejoignit à son tour l'administration en qualité de conseiller du président sur les questions de politique intérieure.
Le vice-président Dan Quayle entretenait des relations amicales avec Bush et il fut un intermédiaire précieux entre le président et les conservateurs du Congrès. Son influence était toutefois loin d'égaler celles des principaux membres du cabinet comme Baker ou Sununu. Il était souvent tourné en dérision pour ses gaffes verbales et se révéla, d'après un sondage réalisé au milieu de l'année 1992, comme le vice-président le plus impopulaire depuis Spiro Agnew. Certains républicains conseillèrent à Bush de retirer Quayle du ticket républicain en vue de l'élection présidentielle de 1992, mais Bush s'y opposa car il estimait que choisir un nouveau colistier à ce stade serait une erreur..
vignette|upright=1.5|Le président Bush et son cabinet en 1992.