Margarita Iossifovna Aliguer () (en ), est une poétesse, bibliothécaire, journaliste et traductrice soviétique, née le à Odessa (Empire russe) et morte le près de Moscou (Russie).
Biographie Fille d'un petit employé d'Odessa, elle suit les cours d'une école d'expertise chimique en travaillant parallèlement dans une usine chimique. À 16 ans, elle quitte Odessa et part poursuivre ses études secondaires à Moscou. C'est aussi l'âge où elle commence à écrire ses premiers poèmes. En 1932, elle rate ses examens d'entrée à l'université et commence alors à travailler, d'abord comme bibliothécaire, puis comme rédactrice dans des journaux d'entreprise à grand tirage.
En 1933, ses premiers vers sont publiés dans un magazine puis elle rejoint l'association des jeunes écrivains. En 1934, elle est admise à l'Institut de littérature Maxime-Gorki, fondé l'année précédente, d'où elle sortira en 1937. Au cours de ces trois années, elle travaille au journal Komsomolskaïa Pravda et pour d'autres revues et traduit des textes de l'ouzbek et de l'azéri. Son premier recueil, L'anniversaire, est publié en 1938, suivi en 1939 par Train et Les pierres et l'herbe en 1940.
En 1938, elle rejoint l'Union des écrivains soviétiques.
Pendant la Grande Guerre patriotique, elle est correspondante de guerre lors du blocus de Léningrad. Elle écrit également dans le journal du ministère de l'Air et pour des journaux du front. Pendant les hostilités, elle n'a pas fait paraître La grande mémoire, Lyrique et Zoia, cette dernière œuvre en hommage à la partisane de 18 ans Zoïa Kosmodemianskaïa, qui fut condamnée à la pendaison par les nazis et dont les derniers mots adressés à ses bourreaux furent en substance « Vous allez me pendre, mais je ne suis pas seule. Nous sommes 200 millions et vous ne pourrez pas nous éliminer tous ».
Elle s'inscrit au Parti communiste en 1942. Elle obtient le Prix Staline en 1943.
Nicanor Parra l'a fait connaître aux Chiliens et aux lecteurs de langue hispanique en traduisant certains de ses poèmes édités dans une anthologie en 1965.
Vie privée Le premier amour de jeunesse de Margarita Aliguer est le poète Iaroslav Smeliakov.. De plus, ses biographes lui prêtent des aventures avec Alekseï Fatianov, Nikolaï Tikhonov et Arseni TarkovskiНесчётный счёт минувших дней | Номер 19 (2009) | Литературная Россия.. Elle se marie une première fois en 1937 avec le compositeur Konstantin Makarov-Rakitine (1912-1941). Avant que celui-ci ne meure au front, elle a avec lui un fils, Dmitri (mort en bas âge) et une fille, Tatiana (1940-1974), qui sera emportée par une leucémie. Sa plus jeune fille, Maria Aliguer-Enzensberger est née le de la relation qu'entretenait Margarita avec l'écrivain Alexandre Fadéïev, lui-même marié à cette époque à l'actrice Anguelina Stepanova. Maria épousera le poète allemand Hans Magnus Enzensberger, puis vivra longtemps à Londres (où elle exercera comme traductrice aussi). Lors du putsch de Moscou d'août 1991, elle reviendra en Russie, où elle s'apprêtera même à déménager définitivement. Cependant, de retour en Grande-Bretagne, elle se suicidera dans un accès de dépression le .
Le deuxième et dernier mari de Margarita est le littérateur, membre du Comité central du Parti, Igor Tchernooutsan (1918—1990)Московские могилы. Черноуцан И.С..
Elle survivra à tous ses enfants et maris.
Décès Le , Margarita Aliguer meurt après une chute dans un profond fossé, non loin de sa datcha, dans le petit village de Mitchourinets, dans la région de Moscou. Le , le journal Literatournaïa gazeta publie une nécrologie signée par 25 poètes et écrivains célèbres, dont Andreï Voznessenski, Evguéni Evtouchenko, Evgueni Dolmatovski, Lidia Libedinskaïa, Boulat Okoudjava et Lev Razgon. Elle est enterrée avec ses filles au cimetière de Peredelkino.
Œuvres Les titres des poèmes indiquent une œuvre que l'on trouve peut-être dans un ouvrage édité sous un autre titre. 1938 : L'anniversaire 1938 : Cet hiver là 1939 : Train 1940 : Les pierres et l'herbe 1940 : Lyrique 1942 : Zoïa Kosmodemianskaïa 1942 : Printemps à Léningrad, titre d'un poème 1946 : Votre victoire 1946 : À quoi sert arracher d'un mot juste, titre d'un poème 1947 : Le Livre noir, participation avec 39 autres écrivains à ce recueil de textes et de témoignages réunis par Ilya Ehrenbourg et Vassili Grossman 1953 : Les Monts Lénine 1954 : Lettre à un ami, titre d'un poème 1967 : Vers
Œuvres dont la date n'a pas été retrouvée : Japon pour les touristes Pain chaud, titre d'un poème L'heure des espérances, titre inspiré par un roman de Dickens L'histoire de la vérité, une pièce de théâtre
Sources Le Grand Larousse Universel lui consacre un article d'où ont été pris certains titres des œuvres. La poésie russe anthologie bilingue réunie et publiée sous la direction d'Elsa Triolet chez Seghers en 1965 lui consacre 4 pages avec une petite biographie d'où est extraite une partie des informations de cette page. On y trouve aussi deux poèmes À quoi sert arracher d'un mot juste et Lettre à un ami traduits par François Kérel et Charles Dobzynski.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Zoïa Kosmodemianskaïa
Liens externes
Escritores rusos « Алигер Маргарита Иосифовна », dans la Grande Encyclopédie soviétique (BSE)
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