Marcia Langton, née le à Brisbane, est l'une des principales personnalités aborigènes d'Australie. Anthropologue et géographe, elle enseigne les études indigènes australiennes à l'Université de Melbourne.
Après une enfance nomade avec sa famille, elle se bat dès l'université contre le racisme et pour le droit des femmes. Elle quitte l'Australie à et voyage pendant cinq ans avant d'y revenir pour reprendre ses études supérieures. Après un B.A. et un doctorat ès lettres, elle devient la première indigène diplômée en anthropologie et obtient plus tardivement un doctorat en géographie.
Elle s'investit sur les questions sociales et culturelles autochtones, notamment sur les revendications territoriales, les titres autochtones et les décès d'autochtones en détention, dans le champ associatif comme universitaire. En 2000, elle est titulaire de la chaire de la Fondation des études indigènes australiennes à l'Université de Melbourne et devient, en 2017, la première vice-rectrice de cet établissement.
Parmi ses responsabilités au sein de divers comités de haut niveau sur les questions autochtones, elle devient, en 2019, la coprésidente du Groupe consultatif principal de la voix autochtone au gouvernement. En 2023, elle milite pour le référendum qui propose d'ajouter un neuvième chapitre à la Constitution de 1901, reconnaissant les Aborigènes et les Insulaires du détroit de Torres comme les premiers peuples de l’Australie.
Biographie
Débuts et formation vignette|gauche|alt=Carte géographique grise sur laquelle figure en rose les territoires dans lesquels vivent les aborigènes|Aborigènes d'Australie Marcia Langton naît en 1951 à Brisbane, fille de Kathleen Waddy et d'un père avec lequel elle n'a pas de relations. Un an après sa naissance, sa mère épouse Douglas Langton. Marcia Langton est une descendante des nations Yiman et Bidjara, deux peuples aborigènes australiens. Elle grandit et voyage avec sa famille dans le centre-sud du Queensland et à Brisbane.
Dans les années 1970, elle milite dans le mouvement pour la libération des femmes, en particulier des femmes noires. À l'Université du Queensland, elle milite pour les droits des autochtones. Elle fonde le quotidien aborigène Kooribina (« oreilles noires »). À , en butte au racisme à l'université et à la répression policière du Queensland lors de manifestations, elle part pour un voyage de cinq ans à travers la Papouasie-Nouvelle-Guinée, New York, Tokyo et Taïwan. C'est là qu'elle se convertit au bouddhisme. L'artiste Wiradjuri a peint Langton dans une pose bouddhiste.
À son retour en Australie dans les années 1980, Marcia Langton entame sa formation universitaire. En 1985, elle obtient son Bachelor of Arts (Honours) First Class puis son doctorat ès Lettres à l'Université nationale australienne. Elle étudie l'anthropologie, devenant la première indigène diplômée en anthropologie.
Sa thèse de doctorat en géographie de 2005, soutenue à l'Université Macquarie, applique la théorie phénoménologique à l'étude des peuples autochtones de l'est de la péninsule du Cap York.
Instances autochtones thumb|alt=Peinture pointilliste à dominante grise et cerclés bleus|Art Aborigène Elle travaille avec plusieurs organisations traitant des questions sociales et culturelles autochtones et de leurs et . Celles-ci comprennent l', le (où elle est anthropologue des revendications territoriales), le gouvernement du Queensland et, au début des années 1990, le . En tant que membre de l'Unité des questions autochtones du Territoire du Nord, elle travaille pour la .
En 2012, elle devient marraine de l', une organisation caritative qui utilise la technologie numérique pour améliorer la capacité de lecture des enfants aborigènes et insulaires du détroit de Torres.
Langton fait partie du jury du depuis sa création en 2016.
Le , elle devient coprésidente du Groupe consultatif principal de la voix autochtone au gouvernement (), convoqué par le ministre des Affaires indigènes Ken Wyatt (2019-2022), aux côtés du professeur .
Carrière universitaire Langton est connue pour son travail universitaire en faveur des droits autochtones, de la justice et de l'expression artistique. Elle mène des travaux anthropologiques pour soutenir les revendications territoriales des peuples autochtones et leurs négociations avec les sociétés minières et l'État.
En 1995, elle s'oriente à temps plein vers la recherche et l'enseignement universitaires. Elle passe cinq ans à l'université du Territoire du Nord (aujourd'hui l'université Charles Darwin) à Darwin avant de déménager à Melbourne. En 2000, elle est titulaire de la chaire de la Fondation des études indigènes australiennes au , , à l'Université de Melbourne. En 2017, elle est la première vice-rectrice nommée à l'Université de Melbourne.
Militantisme thumb|alt=Photo noir et blanc de 3 aborigènes devant une tente décorée de slogans|Drapeau de l'Embassade aborigène, 1974 Langton siège à divers comités de haut niveau sur les questions autochtones, tels le (), le , le et le .
En 2000, elle est l'une des cinq leaders indigènes à obtenir une audience avec la reine Élisabeth II pour discuter d'excuses aux peuples autochtones d'Australie et de la reconnaissance des indigènes dans la Constitution australienne.
En , le gouvernement fédéral la nomme au groupe de travail sur les paiements des titres autochtones qui étudie la réforme du processus australien des titres autochtones.
Marcia Langton travaille à la modernisation des engagements entre les sociétés minières et les autochtones. Elle fait valoir que le règlement avec des sociétés minières sur des terres aborigènes profite souvent plus aux intérêts locaux qu'au gouvernement australien et que la taxe sur les ressources minières proposée en 2010 en Australie nécessite une refonte pour soutenir les droits et l'emploi des aborigènes. En 2017, elle s'oppose aux « écologistes » qui contrecarrent la réforme des titres autochtones afin de renforcer leur campagne contre le projet de mine de charbon Carmichael Adani. Sa position est combattue par Tony McAvoy, un autre avocat autochtone.
Le , un référendum a lieu sur le projet d'ajouter un neuvième chapitre à la Constitution de 1901, reconnaissant les Aborigènes et les Insulaires du détroit de Torres comme les premiers peuples de l’Australie. Cette reconnaissance devant s'accompagner de la création d'une « Voix » auprès du Parlement et du gouvernement fédéraux. 60 % des australiens rejettent le référendum et Marcia Langton qui a beaucoup milité en faveur de cette adoption estime que . Un mois avant ce vote, le , elle plaide pour que le gouvernement Albanese planifie une consultation en cas d'échec du référendum sur la Voix, arguant que le « statu quo brisé » de l'Australie risquait d'entraîner la disparition des Aborigènes et des insulaires du détroit de Torres.
Distinctions
Prix le prix Neville Bonner du professeur autochtone de l'année, 2002 (conjointement avec Larissa Behrendt) ; le prix Alfred Deakin pour un essai faisant progresser le débat public, pour , 2008 ; le prix Macquarie pour services rendus, 2009 ; le pour catégorie voyage en prose, 2018 ; le prix Ancienne élève de l'année de l'Université nationale australienne, la première indigène à recevoir ce prix, 2023.
Honneurs Elle est décorée membre de l'ordre d'Australie en 1993 en raison de ses « services en tant qu'anthropologue et défenseuse des questions autochtones ». Elle est promue officière de l'ordre d'Australie lors des honneurs de la Journée de l'Australie 2020 pour « service distingué à l'enseignement supérieur et en tant que défenseuse des aborigènes et des insulaires du détroit de Torres ». Elle est également nommée :
membre de l'Académie des sciences sociales d'Australie, élue en 2001 ; intronisée au en 2001 ; membre du élue en 2012 ; membre de l'Emmanuel College de l'Université du Queensland, 2016 ; professeure distinguée Redmond Barry de l'Université de Melbourne, 2016 ; membre honoraire de l'Académie australienne des technologies et de l'ingénierie, 2021 ;
Hommage En 2005, elle est classée dans le Top 20 des 100 meilleurs intellectuels d'Australie.
En 2020, le Groupe de travail sur la nomenclature des petits corps (CSBN) de l'Union astronomique internationale a officiellement approuvé l'astéroïde 1979 ML sous le nom de 7809 Marcialangton en l'honneur de ses efforts pour intégrer les connaissances de l'astronomie autochtone australienne dans le cursus éducatif du primaire et du secondaire.
Publications Ouvrages
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Articles
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Films 1989 : court métrage, réalisation Tracey Moffatt, Marcia Langton dans un rôle 1993 : , série , réalisation Ned Lander 2008 : , réalisation Rachel Perkins, série pour SBS television, commentaires de Marcia Langton 2011 : Here I Am, long métrage de Beck Cole, Marcia Langton dans un rôle, récompensé par ImagineNative Film + Media Arts Festival
Bibliographie
Notes et références
Voir aussi Article connexe Aborigènes d'Australie
Liens externes
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