L'expédition Penobscot est une opération navale des forces armées américaines lors de la guerre d'indépendance des États-Unis exécutée entre juillet et afin d'expulser les troupes britanniques récemment débarquées dans l’État du Maine.
Le , les forces armées britanniques sous le commandement du général débarquent et commencent à établir une série de fortifications centrées sur , située sur la péninsule Majabigwaduce dans la partie supérieure de la baie de Penobscot. L'objectif est d'établir une présence militaire sur cette partie de la côte de l’État du Maine afin d'établir la colonie de la Nouvelle-Irlande (Maine). En réponse, le Congrès de la province de la baie du Massachusetts, avec le soutien du Congrès continental organise une expédition pour expulser les Britanniques. La flottille américaine composée de 19 navires de guerre et de 25 navires de soutien, quitte Boston le en direction de la baie de Penobscot. Elle embarque un corps expéditionnaire fort de plus de 1000 marines coloniaux et miliciens ainsi qu'un détachement d'artillerie de 100 hommes sous le commandement du lieutenant-colonel Paul Revere.
Les troupes américaines débarquent à la fin de juillet et tentent d'établir le siège de fort George par une série d'actions malheureusement entravée par les désaccords entre le commandant des forces terrestres, le général de brigade et le commandant en chef de l'expédition, le commodore Dudley Saltonstall. Ce dernier sera renvoyé de la Marine pour incompétence à la suite de l'échec de l’expédition. Les combats ont lieu à la fois sur terre et en mer autour de l’embouchure du fleuve Penobscot, de la rivière Majabigwaduce et de Castine sur une période de trois semaines. Le général McLean résiste aux assauts américains en attendant la flotte de secours britannique commandée par Sir George Collier. Cette dernière arrive à New York le , puis conduit la destruction de la flotte américaine sur le fleuve Penobscot. Les survivants de l'expédition américaine sont forcés à évacuer par voie terrestre vers le Massachusetts avec très peu d'arme et de nourriture. Cette opération est la plus grande expédition navale américaine de la guerre. Si c’est l’une des plus grandes victoires de la guerre pour les Britanniques, c’est aussi la pire défaite navale des États-Unis avant Pearl Harbor 162 ans plus tard..
Contexte Après la bataille de Machias en 1777, ainsi que l’échec de la campagne de Saratoga menée par le général John Burgoyne, les stratèges britanniques cherchent une autre approche pour reprendre le contrôle des colonies de la Nouvelle-Angleterre alors qu'ils concentrent leur effort de guerre contre les colonies du Sud. Le secrétaire d'État aux Colonies lord George Germain, et son sous-secrétaire, William Knox, décident donc l'établissement d'une base sur la côte du Maine (qui, jusqu'en 1820, comprend aussi une partie du Massachusetts actuel) afin de protéger la Nouvelle-Écosse contre les raids Américains et les corsaires...
Plusieurs autres raisons spécifiques ont conduit au déclenchement de cette opération britannique. Cette occupation a pour but de maintenir ouvert l'approvisionnement en bois de construction de la côte du Maine pour la Royal Navy. La côte du Maine est aussi relativement proche de la grande base navale britannique à Halifax. Et enfin, les réfugiés loyalistes de Castine ont proposé la création d'une nouvelle colonie, la Nouvelle-Irlande (Maine)... Cette dernière raison est fortement soutenue par Sir Francis Bernard, ancien gouverneur de la province de la baie du Massachusetts qui vit alors à Londres. Ce dernier veut créer une zone protégée pour les loyalistes persécutés de la Nouvelle-Angleterre..
En , afin de promouvoir l'idée d'établir une présence militaire britannique dans le Maine, William Knox incite John Nutting, un loyaliste qui avait déjà appuyé l’expédition de Sir George Collier contre Machias en 1777, à écrire, puis à rendre visite à lord George Germain. Ce faisant Nutting décrit Castine comme ayant un port qui pourrait contenir la totalité marine britannique et comme une place facile à défendre où seul un millier d’hommes et deux navires pourrait suffire à protéger la zone contre toute attaque des forces continentales. Il décrit la zone comme l'emplacement stratégique idéal afin de porter la guerre en Nouvelle-Angleterre ainsi qu’assurer la protection de la Nouvelle-ÉcosseLettre de Nutting à Germain, Londres, 17 janvier 1778, Public Records Office, Londres, Colonial Office Papers. CO. 5, America and West Indies, 1689-1819, vol. 155, no. 88, Public Archives of Canada, Ottawa. Bien que l'amiral Collier ait demandé à Nutting, un an plus tard, ce qui l’avait décidé à recommander cet endroit, à la lumière des événements ultérieurs, les éléments avancés par Nutting pour la défense à Castine se sont avérés étonnamment précisLettre de Collier à Clinton, Penobscot, 24 août 1779, British Headquarters (Sir Guy Carleton) Papers, 1747 (1777)-1783, Historical Manuscripts Commission, Report on American Manuscripts in the Royal Institute of Great Britain (Londres, 1904-09), 2: 18-19.
Le , lord George Germain rédige les ordres adressés au lieutenant-général Sir Henry Clinton, commandant en chef des forces britanniques en Amérique du Nord ordonnant la création d’une province située entre le fleuve Penobscot et le fleuve Sainte-Croix et l’installation d’un fort militaire sur le fleuve Penobscot afin de défendre la zone contre toutes les tentatives des rebelles américains.. Le Bureau des Colonies charge Nutting de porter les ordres à New York. C’est l'idée de Knox de nommer cette province la Nouvelle-Irlande. Malheureusement, pour les Britanniques, le navire de Nutting est capturé par un corsaire américain, et il est contraint de jeter ses dépêches à la mer. Nutting arrive finalement à New York en , mais le général Clinton a reçu une copie des ordres par d'autres messagers. Ce dernier a déjà confié l'expédition au général basé à Halifax et il envoie Nutting le rejoindre avec les instructions détaillées de lord Germain..
L'arrivée des Britanniques Les forces de McLean embarquent à Halifax le , et arrivent dans la baie de Penobscot le . Le lendemain, McLean et le capitaine Andrew Barkley, le commandant du convoi naval, identifient un site propice pour établir un avant-poste.. Le , les forces commencent à débarquer sur la péninsule de Majabigwaduce (maintenant Castine), entre l'embouchure de la et à proximité de la baie menant au fleuve Penobscot. Les troupes britanniques comptent environ 700 hommes : 50 hommes du Royal Artillery and Engineers, 450 hommes du et 200 hommes du . Ils commencent à construire une fortification sur la péninsule, qui fait une saillie dans la baie et qui commande le principal passage vers l’intérieur.
est établi au centre de la petite péninsule avec deux batteries placées à l’extérieur du fort afin de fournir une couverture pour le , le seul navire devant rester sur zone. Une troisième batterie est construite sur une île au sud de la baie près de l'embouchure de la rivière Bagaduce. La construction de ces ouvrages occupe les troupes britanniques durant près d’un mois. Avec la rumeur d’une expédition américaine menée depuis Boston, les Britanniques redoublent d’efforts afin d’assurer l'achèvement des défenses avant leur arrivée... Le capitaine de l’Albany, prend très au sérieux ces rumeurs, bientôt suivies de rapports faisant état d’une flotte au départ de Boston. Il convainc le général de maintenir sur place davantage de navires pour assurer la défense de l’expédition. Cependant, un certain nombre de navires du convoi sont déjà partis; Et seuls les sloops HMS Nord et reçoivent le contre-ordre de rester sur zone.
La réaction américaine Quand la nouvelle du débarquement britannique arrive à Boston, les autorités américaines se hâtent e faire des plans pour chasser les Britanniques de la région. Le fleuve Penobscot est la porte d'entrée de terres contrôlées par les Indiens Pentagouets plutôt favorable aux Britanniques. Le Congrès craint que si les Britanniques réussissent à implanter un fort à l'embouchure du fleuve, toutes les chances de s’attacher les Indiens Pentagouets comme des alliés soient définitivement perdues. Le Massachusetts est également motivé par la crainte de perdre le droit à revendiquer légitimement cette région face à d'autres états dans le cas d'un règlement territorial après la guerre..
Fer de lance de l'expédition, le Massachusetts sollicite le Congrès des États-Unis pour l'utilisation de trois navires de guerre de la Continental Navy, le sloop de 12 canons , le brick de 14 canons , et la frégate de 32 canons . La flotte d’une quarantaine de navire commandée par le commodore Dudley Saltonstall est aussi composée de deux navires de la marine d'État du Massachusetts et de navires privés sous contrat. Les autorités du Massachusetts mobilisent plus de 1000 miliciens et une artillerie de six canons. Les forces terrestres sont placées sous le commandement du général de brigade . Le corps expéditionnaire quitte le port de Boston le et est arrivé à Penobscot six jours plus tard, dans l'après-midi du ..
Le débarquement et l'assaut vignette|droite|Carte décrivant les actions militaires lors de l'expédition de Penobscot, 1785. vignette|droite|Sir John Moore servant sous les ordres de Francis McLean comme Lt. dans le . Le , entre 15 h 30 et 19 h 00, neuf des plus grands navires de la flottille américaine échangent des tirs avec les navires de la Royal Navy. Au même moment, sept bateaux américains s’approchent de la rive pour débarquer des troupes. Mais ces derniers sont refoulés par les tirs ennemis qui cause la mort d’un Indien allié à bord..
Le , envoie une force de Continental Marines capturer la batterie britannique sur (également connu sous le nom de Banks Island)A Naval History of the American Revolution: Chapter XII, The Penoboscot Expedition, http://www.americanrevolution.org/navy/nav12.html, tandis que la milice est chargée de débarquer à Bagaduce. Les marines atteignent leur objectif, mais la milice doit se retirer quand les tirs britanniques renversent le bateau de tête, entrainant la noyade du Major Daniel Littlefield et deux de ses hommes.. Pendant ce temps, 750 hommes sous Lovell débarquent et commencent la construction des installations de siège sous le feu constant..
Le , l'artillerie américaine bombarde la flotte britannique pendant trois heures, blessant quatre hommes à bord de l'.
À l'aube du , avec le soutien de l'artillerie des navires , Hunter, et Sky Rocket, le brigadier général Peleg Wadsworth conduit un assaut terrestre fort de 400 hommes (200 marins et 200 miliciens), citation du général Wadsworth. à Dyce's Head sur la pointe ouest de la péninsule, avec l'ordre de capturer fort George. Ils débarquent sur une plage étroite et avancent jusqu'à la falaise escarpée qui mène au fort. Les défenseurs britanniques, parmi lesquels le lieutenant John Moore résistent vaillamment, mais sans renfort du fort, ils sont contraints de se retirer, laissant les Américains en possession des hauteurs. Huit soldats britanniques sont capturés. À ce stade, Lovell ordonne aux assaillants de s’arrêter et de conforter leur position. Au lieu d’attaquer directement le fort, Lovell décide de construire une batterie au sein des lignes britanniques et de les bombarder pour les contraindre à se rendre..
Les pertes américaines dans l'assaut sont sévères: cent hommes sur quatre cents hommes dont une majorité de marins continentaux, citant l'ouvrage de William D. Williamson, History of Maine, 1839. Williamson a obtenu ces informations directement du général Wadsworth.. Le commodore Dudley Saltonstall est tellement horrifié par les pertes subies par ses marins qu'il refuse de poursuivre le débarquement et menace même de rappeler ceux déjà sur le rivage. En plus du vaisseau-amiral, la frégate continentale subit des dégâts considérables lors de l'engagement dont son grand mât et le mât de charge..